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LE DOCTEUR KOCH AU CONGRÈS INTERNATIONAL DE MÉDECINE DE BERLIN

(août 1890).

On connaît les mésaventures du docteur Koch : à Calcutta (retour d’Égypte), où il fut mis en demeure de montrer le bacille en virgule du choléra indien, et à Berlin (retour de Calcutta), où le docteur Virchow le mit littéralement au pied du mur. Malheureusement, ou plutôt heureuse-, ment pour le docteur Koch, le choléra avait cessé, et d’ailleurs il n’attend pas les bacilles pour remplir son rôle d’exterminateur. Au dixième Congrès international de médecine tenu à Berlin (dans un cirque équestre), le docteur Koch a été plus explicite. Il a admis les microbes, mais comme des êtres sans corps (comme les ombres des champs Élysées). « Les recherches bactériologiques — a-t-il dit ■—• n’ont pas répondu à nos espérances. Nous ne sommes pas arrivé par les plus forts grossissements à pénétrer la structure intime des bactéries. Ce n’est que tout récemment qu’on est arrivé, par les méthodes de coloration, à distinguer une partie interne des couches externes, à découvrir des flagelles. C’est surtout dans les affections pour lesquelles on ne s’y attendait pas, telles que les exanthèmes aigus, l’influenza, que la bactériologie nous a donné des mécomptes; pour aucune d’elles, il ne nous a été possible de trouver les agents pathogènes. Nous ne pouvons expliquer, ces résultats négatifs que par l’insuffisance de nos moyens d’investigation. On pourrait peut-être émettre l’opinion que

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dans ces maladies zi ne s'agit pas du tout de bactéries, mais d organisations de toute autre nature, comme les protozoaires, par exemple. Mais la science ne pourra faire des progrès de ce chef avant quon ait trouvé le moyen d’isoler les protozoaires dans des cultures artificielles. Il est très vraisemblable que dans l’avenir la science des protozoaires pathogènes constituera une des subdivisions de la bactériologie. Le public se demande souvent à quoi sert cette science d’une culture si difficile. Le savant se désintéresse de la question, il poursuit sa voie sans s’enquérir de 1 utilité de ses travaux. Et cependant les résultats pratiques de la bactériologie ne sont pas à dédaigner : nous savons maintenant pratiquer la désinfection dune façon scientifique, la filtration des eaux, la stérilisation du lait, l’examen de l’air dans les écoles, celui des aliments, constituent notre bagage utilitaire. Les vaccinations préventives de Pasteur contre la rage, le charbon, sont une conquête de la bactériologie, quoiqu'on puisse objecter peut-être que la cause de la rage n’étant pas connue, elle n’est pas du tout d'origine bactérienne. »

Qu’en dira M, Pasteur? Et à quoi bon alors ses cultures bactériennes?

Plus loin, le docteur Koch a dit : « Quoique la science bactériologique, malgré un labeur considérable, n’ait pas donné des résultats très notables, il y a lieu d’espérer qu’il n’en sera pas toujours ainsi ; elle a certainement pour la thérapeutique une importance très considérable. Il faut plus attendre d’elle dans les affections de longue durée que dans celles dont la durée d’incubation et le cours sont rapides. Telle est la tuberculose, contre laquelle nous avons fait de nombreuses tentatives thérapeutiques, qui ne peuvent malheureusement être renouvelées chez l’homme. Quand on a découvert des substances qui troublent le développement des parasites dans les cultures, il faut commencer par les essayer sur les animaux. Un grand nombre de substances sont susceptibles, même en petite quantité, d’entraver le développement des bacilles tuberculeux ; cela suffirait, car il n’est pas indispensable de les détruire. Parmi ces substances se trouvent les builes caustiques, des produits aromatiques comme la paralolnidine, des substances colorantes, comme le bleu de mélhyhne, des composés d’argent et d’or et tout particulièrement le bromure d’or. Mais tous ces produits sont inefficaces chez les animaux. Malgré ces insuccès, il ne faut pas se décourager. Toutes les recherches sur les bacilles de la tuberculose sont de très longue durée ; mes expériences ne comportent donc pas encore de conclusions définitives. J’ai injecté à des cobayes — animaux peu réfractaires à la tuberculose — les substances dont je, viens de parler et je les ai inoculées : ils ne sont pas tombés malades. D’autre part, chez les cobayes qui étaient tubereulisés, le processus pathologique fut complète-

ment arrêté, grâce à l’injection des dites substances. De telles recherches je ne puis tirer d’autre conclusion que celle-ci : C’est qu’il est absolument possible de détruire les bactéries dans un corps vivant. » Pourquoi pas alors chez l’homme? Le docteur Koch a oublié que l’homme est un cire essentiellement moral et que chez lui les impressions de lame priment les impressions corporelles. Voyez la nostalgie, dans les armées, dans les couvents, dans les prisons, où la tuberculose emporte les sept dixièmes des malades. 11 y a également la misère physiologique, mais celle-ci toujours d’ordre secondaire. Le docteur Koch a parlé des progrès que la bactériologie a fait faire à la thérapeutique; quand il l’aura prouvé, nous irons le dire à Rome. A coup sûr, ce n’était pas la peine d’aller à Berlin. (Voir notre ouvrage, Dossier du docteur Koch.) D r B.

FRÉQUENCE RELATIVE DES DIVERSES DÉTERMINATIONS PNEUMONIQUES AEX DIVERS ACES AU POINT DE PÉNÉTRATION HABITUEL DU PNEUMOCOQUE, PAR LE DOCTEUR NELLER.

(Société de biologie, séance du 26 juillet 1890.)

Aujourd’hui tout est aux microbes et la clinique est'devenue l'antichambre du laboratoire. L’auteur nous apprend que depuis quatre ans il a recueilli tous les cas dans lesquels, à l’autopsie, il a pu constater des lésions qu’un examen bactériologique permettait de rattacher aux pneumocoques. Ces cas sont aujourd’hui au nombre de cent vingt et un, dont quatre-vingt-deux adultes ou vieillards. C’est à frémir. Nous qui sommes parvenu à quatrevingt-six ans, nous devrions nous attendre à être envahi, à chaque instant, par ces mystérieux ennemis. Mais nous sommes saturé de strychnine, d’aconiline, de digitaline, qui font sur les microbes L’effet de l’eau bénite sur le diable. Que les bactériologues nous imitent et ils auront moins à se fatiguer la vue sur le microscope.

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