‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 30 sur 246 · LAVEMENTS DE LIQUIDE TESTICULAIRE, PAR LE PROFESSEUR BROWN-SEQUARD · texte numérisé non relu

LAVEMENTS DE LIQUIDE TESTICULAIRE, PAR LE PROFESSEUR BROWN-SEQUARD

(Société de biologie, 14 juin 1890.)

L’auteur revient sur ses précédentes expériences et cite un certain nombre de cas où des lavements avec 40 ou 50 grammes deau par deux testicules de cobayes, ont eu raison de maladies des plus diverses : fièvres intermittentes, ataxies, hémiplégies par cause organique, insomnies, intermittences cardiaques, dyspepsies, anémies, etc., etc., etc. Ace compte, il ne faudra plus de pharmaciens : on ira chez les marchands d’animaux chercher ses sujets.

La communication de l’honorable professeur n’a donné lieu à aucune discussion. Il y a des circonslances.où le silence est d’or.

USAGE DU CANABIS IND1CA DANS LE TRAITEMENT DES NÉVROSES ET DYSPEPSIES GASTRIQUES, PAR M. G. SËE.

(Académie de médecine, juillet 1890.)

Pour M. G. Sée, le médicament le dernier venu est le meilleur et qui exclut tous les autres. Pour lui, le canabis indica est le véritable (seul et unique!) sédatif de l’estomac, sans aucun des inconvénients les narcotiques : comme l’opium et le chloral ; les absorbants : comme le bismuth ; les sédatifs généraux : comme le bromure de potassium ; les para-analgénisants : comme l’antipyrine, médicamenLs qui ont tous, indistinctement, des effets défavorables sur le tube digestif. L’action du canabis réclame nécessairement le concours des autres méthodes curatives, tels que les alcalins à haute dose, certains purgatifs et plus rarement des antiseptiques. Que MM. Brown- Sequard, Dujardin-Beaumelz, Bouchard, etc., se le tiennent pour dit!

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MOYEN FACILE ET EXPÉBITIF DE RECONNAÎTRE LA PRÉSENCE DU SUCRE DANS L’URINE, PAR LE DOCTEUR BECKER, CAIRE (ÉGYPTE).

On sait que dans la fabrication du bristol pour cartes de visite, on emploie la potasse, afin de le rendre plug lourd et plus solide. Il suffit de tremper une carte dans une solution de sulfate de cuivre et de la laisser sécher à l’air ou au feu. Si sur celte carte ainsi préparée, on trace avec une allumette trempée dans l’urine à examiner, une ligne, celle-ci devient brune s’il y a du sucre, et la coloration est d’autant plus foncée qu’il y en a davantage.

Ce mode d’investigation est donc accessible à chacun. Reste à déterminer le traitement, qui variera d’après les causes du diabète, le camphre monobromé, la strychnine, les arséniates, etc.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

DES EFFETS DE LA STRYCHNINE SUR LE CERVEAU, PAR LE DOCTEUR G. BERNATSKI.

(Wrotch, n os 6 et 8, 1890.)

L’auteur, par une série d’expériences faites dans le laboratoire du professeur Fouinas, à Varsovie, a voulu constater que la strychnine n’agit pas seulement sur la moelle épinière (substance grise), mais sur le cerveau dans la région des centres psycho-moteurs. Pour nous, qui faisons usage de sulfate ou d’arséniate de strychnine et qui en avons fait le cheval de bataille du praticien, les résultats de l’auteur n’ont rien qui nous étonne -hors les centres psycho-moteurs... des lapins. Le bon La Fontaine aurait-il eu raison plus qu’il n’a pensé, en faisant parler les bêtes?

Quoique l’auteur ne parle pas de faits relatifs à l’homme malade, voici les conclusions auxquelles il s’est arrêté :

1° La strychnine agit sur le cerveau en diminuant l’irritabilité des centres psycho-moteurs ;

2° Il n’est cependant pas certain que la strychnine agisse directement sur la substance grise des hémisphères cérébraux, puisque la diminution de l’irritabilité des centres psycho-moteurs peut dépendre d’une irritation de la moelle épinière, ainsi que d’autres parties du système nerveux

central; t . •.

3° Les effets favorables de la strychnine contre l’alcoolisme, 1 epilepsie et l’insomnie, doivent être attribués à sa propriété déprimante de la substance grise de l’écorce cérébrale ;

4° Il y a lieu d’essayer la strychnine dans tous les cas d’irritation de la région psycho-motrice et, en particulier, dans la manie.

L’auteur, nouvel Épiménide, a-t-il dormi pendant les vingt ans que le Répertoire universel de médecine dosimétrique humaine et vêléiinaire ne désemplit pas de faits cliniques faisant voir que la strychnine est le fouet de la vitalité, et qu’en certaines circonstances il faut y associer l’hyosciamine, la digitaline, l’aconitine, pour rétablir l’équilibre physiologique? Mais de Paris à Varsovie la distance est grande. Et puis, comme disent les paysans russes : « Dieu est trop haut et le Czar trop loin. » Dieu? l’X moral. Le Czar? l'autocratie de l’École.

DES INJECTIONS INTRA-TRACHËALES COMME VOIE D’INTRODUCTION DES MÉDICAMENTS, PAR LE DOCTEUR BOTEY (BARCELONE).

{Académie des sciences, séance du 17 juillet 1890.)

Ces tentatives ne sont pas nouvelles. Dans noire livre : Le Génie de la chirurgie contemporaine, nous avons signalé les injections de nitrate d’argent dans les foyers tuberculeux des poumons, faites.par des chirurgiens américains. N’était la difficulté dans la pratique courante, ce moyen'pourrait être utilisé, mais comme auxiliaire du traitement général, par les antifébriles et les. reconstituants : alcaloïdes, arséniates, ferrugineux. Si nous indiquons les tentatives du docteur Botey sur lui-même, c’est pour mémoire. B 1 B.

RAPPORTS DE LALBUMINURIE AVEC LES ALIÉNATIONS MENTALES (PSYCHOSES), PAR LE DOCTEUR RAYMOND.

Société médicale des hôpitaux, 13 juin 1890.)

On sait que, en 1885, le docteur Dieulafoy a nommé folie brightique la manie aiguë — hallucinations et vociférations, lypémanie, etc. — coïncidant avec l’albuminurie ou maladie de Bright. Le docteur Baymond cite un cas analogue. 11 est constant que les aliénés ne sont pas des malades : rarement ils ont la fièvre et quand ils l’ont, il faut les traiter comme des malades sains d’esprit. En général, on fait trop peu de thérapeutique dans les maisons d’aliénés, alors cependant que les alcaloïdes pourraient y rendre les plus grands services. Dans une visite que nous eûmes occasion de faire à l’hospice de fous de San-Servolo, à Venise (les loustics disent sans cerveau), nous constatâmes plusieurs cas aigus dont les alcaloïdes défervescents eussent eu raison..Est-ce pour n’avoir pas tort qu’on s’en abstient !

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

DE L’INUTILITÉ DE l’AIR SURCHAUFFÉ DANS LE TRAITEMENT DE LA PHTISIE, PAR LE DOCTEUR G. THOMSON.

(Med. Record., New-York, avril 1890.)

Jusque! à quand — Quousque tandem! — continuera-t-on à mettre les phtisiques tantôt au chaud, tantôt au froid? Le traitement par l’air surchauffé qu’un médecin des stations de la Méditerranée est venu apporter à l’Académie de médeoine, M. le docteur Daremberg, vient de recevoir d’un docteur Thomson, de New-York, un démenti expérimental. 11 a introduit dans-Ma trachée-artère et les poumons d’animaux, de l’air à haute température, et il a constaté que l’inhalation, continuée pendant une heure et plus, d’air pur à 92 c. et à 150° c., ne produit dans quelques cas aucune élévation de la température des poumons, et que, dans d’autres cas, il y a à peine une élévation de 1° à 2° due à diverses autres causes que l’entrée de l’air surchauffé dans les alvéoles pulmonaires. La température de la trachée, dans les mêmes conditions, ne s’élève que de 2 à 4° c. L’air froid ne diminue pas plus la température que l’air chaud.

La conclusion, c’est qu’il faut aux phtisiques une température constante et un air suffisamment dense, chargé de molécules salines, comme aux bords de la mer, où l’air est constamment raffraîchi par la brise maritime. On savait, avant les expériences du docteur américain, que la température de l’air expiré n’est pas celle de l’air ambiant, mais en rapport direct avec la chaleur propre du corps : entre 37 et 38° c., même par les températures les plus élevées : 40° c.; l’équilibre se fait par la transpiration, qui est aux corps vivants ce que l’évaporation est aux corps inertes. Les températures les plus basses ne vont pas jusqu’aux alvéoles pulmonaires, même quand il y a des glaçons dans l’air. La pleurodynie, la pleuropneumonie se prennent à l’extérieur et non au dedans des poumons, puisque la température y est constante à 1 ou 2° près. La phtisie pulmonaire est une maladie de misère physiologique, soit morale, soit physique. C’est un produit de castes où le sang ne se renouvelle point, dans les classes nobles et la classe ouvrière. La consanguinité y a donc une grande part. La tuberculose est dans le sang avant d’être dans les tissus. Nous avons émis dans le

Répertoire l'hypothèse des globules blancs du sang ou leucocylbes émigrés des vaisseaux dans les tissus connectifs et s’y développant comme l’ivraie dans un champ appauvri. C’est donc à amender le terrain organique qu’il faut s’appliquer, et non y souffler tantôt le chaud, tantôt le froid. On a argué de la contagiosité de la phtisie et on a eu l’idée inhumaine de séquestrer les tuberculeux comme les lépreux au moyen âge. Mais les vingt mille léproseries qu’on comptait en Europe prouvent que là n’était pas le remède. La lèpre s’est éteinte, sa cause venant à disparaître, c’est-à-dire la. misère physiologique. Malheureusement il n’en sera pas de même de la tuberculose qui est un mal social. On pourra, cependant, en restreindre le nombre en améliorant les conditions morales et matérielles des populations, en rendant les familles plus circonspectes dans le choix des alliances, en rendant la vie matérielle plus facile par la liberté du commerce; en rétribuant le travail d’une manière équitable, en améliorant les demeures ouvrières, en réglementant l’industrie mécanique devenue d’ordre public, etc. On répondra que c’est vouloir l’impossible, alors n’en parlons plus et laissons agir la loi naturelle de la destruction. La médecine doit-elle se désintéresser dans cette question sociale? Elle aussi a des devoirs à remplir. C’est ainsi quelle peut améliorer les conditions du sang qui est au corps animal ce que l’engrais est au corps végétal. Et comme la phtisie est la plupart du temps héréditaire, c’est dans l’hérédité qu’il faut l’atteindre en augmentant la plasticité du sang par les arséniates, les phosphates, ainsi qu’on fait en agronomie.

Nous avons soutenu trop souvent cette thèse pour qu’il soit nécessaire d’y insister.

EMPLOI DU SUC DE RÉGLISSE POUR FACILITER L’iNGESTlON DE CERTAINS MÉDICAMENTS.

(Société de thérapeutique, 11 juin 1890.)

MM. les allopathes ne savent plus comment faire pour faire prendre leurs médicaments grossiers aux malades. Ne leur parlez pas de granules, ils vous prendraient pour des homœopathes. Et, cependant, quelle forme médicamenteuse est préférable à celle-là? Les granules étant enveloppés d’une coque de sucre de lait se conservent indéfiniment, même les substances les

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plus volatiles : telles que l’iodoforme. Nous conservons des granules de cette substance, préparés par la maison Clianleaud et C k , depuis plus de deux ans, qui n’ont rien perdu de leur force. Il n’y a que les substances très hydrophiles, telles que les iodées et les phosphorés, qui se conservent difficilement et qui doivent être souvent renouvelées. Dans les pharmacies galéniques les substances médicamenteuses sont généralement mal conservées : elles sont desséchées, ou couvertes de moisissure. On parle de microbes, mais ces derniers se développent souvent dans les officines. Eh bien ! malgré ces inconvénients et ces dangers, la vieille pharmacie reste debout, étant sous le couvert de l’École, et le médecin ne peut jamais compter sur ses prescriptions. De plus, il a à lutter contre les répugnances des malades. En vain on édulcore, le fiel n’en reste pas moins aux bords du vase. Il en est ainsi avec le jus de réglisse, qui vient d’avoir les honneurs d’une séance à la Société de thérapeutique. Un membre a proposé la glycyrrhizine ammoniacale. Un autre a demandé que la Société fasse un appel à ses membres pharmaciens pour les prier de s’ingénier à préparer quelques formules commodes et agréables pour l’emploi des médicaments nouveaux. L’ancienne Pharmacopée— a-t-il dit — était très riche en préparations de ce genre. Aujourd’hui, pour les médicaments nouveaux, il faut bien convenir que nos formules ne sont pas toujours très soigneusement faites. On fait dissoudre le corps tant bien que mal, on aromatise le tout avec une substance s'accordant plus ou moins bien avec la première, et l on obtient bien souvent des potions que le malade a beaucoup de peine à avaler. Il y aurait certainement ici des recherches intéressantes à faire et d un réel intérêt pratique. Eh bien, Messieurs de l’École, adoptez les formes dosimétriques et vos malades vous béniront. D r B.

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