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LXI

ACTION MICROBICIDE DU BOUILLON DE TOURAILLON (1) SUR LES BACILLES DU CHOLÉRA ASIATIQUE, PAR LE DOCTEUR ROUX.

L’auteur dit que si à 2 centimètres cubes de décoction de touraillon à 5 p.c., on ajoute 1 centimètre cube de culture très active de bacilles cholériques, dans le bouillon de bœuf, aucun développement ne s’opère dans le

m Le touraillon est le résidu de l’orge germée, dont on se sert pour la fumure des terres. W D' B.

MISCELLA.NÉES

mélange à la température de .38° c., et, de plus, que tous les bacilles sont tués après vingt-quatre heures, comme le démontrent les ensemencements dans le bouillon peptone pratiqués avec ce mélange. Par conséquent, il recommande ce remède contre le choléra, dont la visite est peut-être prochaine.

On doit se demander si cela est sérieux. Et d’abord comment le docteur Roux peut-il dire que le bouillon de louraillon tue les bacilles de Koch, quand il a été admis par Koch lui-même que dans le choléra foudroyant ou sec, le bacille n’existe pas et qu’il faut un certain degré de fermentation pour le produire (comme probablement tous les microbes)? On aura donc beau donner le bouillon de louraillon, le malade succombera faute d’un traitement physiologique, e’est-à-dire l’emploi des alcaloïdes défervescents.

SOLUTION CONTRE LES VOMISSEMENTS INCOERCIBLES, PAR LE PROFESSEUR HUCHARD.

Prendre 5 gouttes, matin et soir, au moment des repas, de la solution suivante :

Teinture (l’iode.j -

Chloroforme.j aa p. c.

11 y a longtemps que le Répertoire universel de médecine dosimétrique a signalé l’utilité de l’iodoforme dans les vomissements de la deuxième période de la grossesse. C’est un moyen plus pratique que celui indiqué par M. Huchard, l’iodoforme granulé Chanteaud se conservant indéfiniment. En cas de crampes douloureuses, à l’iodoforme on ajoutera la strychnine et la morphine : 1 granule de chaque tous les quarts d heure, jusqu à cessation des vomissements. Le mot incoercible n’est donc applicable qu aux méthodes anciennes., au point qu’en désespoir de cause on a pratiqué l’accouchement prématuré ou l’avortement. D r B.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE!

MONOLOGUE d’üN VIEUX MÉDECIN.

Nous empruntons au feuilleton du Journal de médecine de Paris (août, 1890), l’article suivant, où l’auteur traite la question des microbes au point de vue clinique :

« Je le dis avec regret, l’invasion des savants de laboratoire dans le domaine de la médecine devient très inquiétant pour l’art de guérir. Les mégères, les devins, les médecins du secret, les rebouteurs, voire les simples herboristes, sont à présent infiniment moins dangereux et moins malfaisants — je souligne ce mot — que les docteurs visionnaires qui s’égarent à la recherche des petites bêles, et qui ont la prétention de bouleverser la vieille pratique médicale. Pourquoi je pense ainsi? C’est parce que leur qualité de savants sâvantissimes, fait qu’on leur suppose un esprit judicieux qu’ils ont rarement, un bon sens que les connaissances scientifiques ne sauraient donner à ceux qui n’exercent pas une profession. Le monde aujourd’hui est trop clairvoyant pour se laisser prendre aux grossières supercheries d’un guérisseur qui marmotte des prières et qui fait à rebours des signes de croix. Mais comment nier ou mettre en doute les affirmations positives d’un homme sérieux et digne de foi, qui affirme avoir découvert la cause secrète d’une maladie, qui a vu le bacile spécial dans les crachats de tous les phtisiques, et qu’on ne retrouve pas dans les crachats des énrhumés ordinaires ; qui a distingué et mis en couleur les microbes du typhus, de la variole, du choléra, etc.? Nous connaissons, grâce à lui, la cause ; il nous sera facile d’en arrêter les effets. » Voilà- ce qu’on dit. Aussi c’est à qui créera une nouvelle entité morbide en décrivant avec précision et minutie la morphologie d’un nouveau microbe ; c’est à qui établira les caractères de détermination du nouvel agent spécifique, ses réactifs, son genre de vie, l’histoire de ses évolutions dans les bouillons de culture et au sein de l’économie vivante. Que si vous objectez à ces historiens du monde des infiniment petits, que leurs recherches sont plus amusantes qu’utiles, que leurs découvertes n’ont pas toute la portée qu’ils supposent, que depuis longtemps on avait l’idée de ces développements d’organismes minuscules qui pouvaient..., etc., etc. « Oui, oui! nous répondent-ils, mais les auteurs ânonnaient sur tout cela! Ils faisaient une

ontologie hypothétique! Ils supposaient! tandis que nous, nous la voyons la petite bête ; nous en constatons l’existence et la réalité : nous les savons par cœur... » Elle est belle, leur science ! Est-ce donc à voir le renard qui prend nos poules que j’apprendrai à m’en garer? Est-ce que la démonstration du microbe abrégera d’un jour l’alitement de nos fiévreux? Est-ce que la constatation de la cellule cancéreuse dans la glande, a jusqu’ici modifié en quoi que ce soit la thérapeutique? — Vous croyez que ceci les embarrasse? Erreur! Vous ne faites que les mettre en verve. Avec eux vous n’aurez jamais le dernier mot dans des discussions de cette nature, où l’esprit de système prend le pas sur la bonne et vieille expérience ; vous n’aurez — dis-je — le dernier mot parce que la folle du logis qui argumente contre le bon sens, c’est l’esprit sophistique qui est en lutte avec l’esprit d’observation. Écoutons les fanatiques du microbe! « Nous allons créer partout des laboratoires de culture. Nous sacrifierons des hécatombes de chiens, s’il le faut, des milliards de lapins et de cobayes, pour arriver à des conclusions rigoureuses ! Et nous y arriverons. Le tout c’est d’arriver à connaître la loi des antipathies bacillaires ; d’avoir la raison des incompatibilités entre atomes vivants qui infectent l’économie et qui sont faits pour se manger les uns les autres. Nous opposerons donc bactéries à bactéries, microcoques à virgules ; les baciles de l’impaludisme serviront à neutraliser ou à exterminer les bâtonnets de la pthisie, etc. Contraria, contrariis. Ou bien nous inoculerons préventivement les microbes, comme on l’a fait pour la variole, comme le docteur Beck proposa de syphiliser le monde il y a quarante ans pour en extirper la vérole. Pourquoi pas? Similia, similibus. On a cru que la vie sédenlaire et confinée prédisposait à la phtisie; que les excès pouvaient engendrer les névroses, amener le ramollissement, produire la folie?... Nous ne voulons pas contredire à tout cela; mais cela importe peu. Nous n’aurons qu’à saturer l’économie du microbe spécifique pour rendre les plus intempérants invulnérables et pour les'faire vivre autant que Mathusalem. Quo non ascendam? Nous aurons simplifié l’art de guérir, en créant la vraie science des entités morbides, dont l’École de Paris s’est moquée il y a soixante ans... De sorte qu’avec de la propreté et des antimicrobes suffisants et de bonne marque, on n’aura pas besoin de médecine. Nous n’en voyons pas beaucoup la nécessité. Autrefois, nos bons confrères de la ville appelés en consultation, venaient porteurs d’un plessimètre en ivoire ou d’un stéthoscope en bois léger, soidisant pour se rendre compte des choses anormales qui se passaient dans le thorax du patient. Plus tard, ils tirèrent d’un étui un thermomètre à maximaqui indiqua au juste l’hypertherme du fébricitant... Tout cela fait bien dans le tableau. Mais à côté de cette mise en scène, ils se livraient à

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des investigations fort désagréables sur les antécédents morbides du sujet, sur ses dispositions héréditaires, ses habitudes, son régime, etc. Bientôt 1 archiatre muni de ses petites fioles à analyse et à réflexion, d’un spectroscope, de liquides colorants, n’aura plus besoin de recourir à des ilite 1 rogatoires indiscrets. « Taisez-vous! dira-t-il au malade qui voudra le renseigner, taisez-vous et tenez-vous tranquille! Il m’importe peu que vous soyez un intempérant ou un homme sobre, chaste ou débauché... Iaissezmoi déterminer quelle est la virgule qui vous travaille! » — « Mais alors, allez vous dire, la simplification de la médecine va faciliter l’œuvre du médecin? » — « Eh! nullement. Chaque procédé nouveau demande un noviciat-à l'application ; chaque découverte a son enseignement et une mnémotechnie spéciale, chaque hypothèse, si absurde quelle soit, a eu momentanément sa raison d’être et son crédit, et historiquement a besoin d’être retenue, tâche immense pour la médecine moderne? Comment se reconnaître dans ce capharnaum de théories scientifiques, d affirmations à vérifier, d’illusions ou d’erreurs à éviter? Car enfin il y a des microbes salutaires, s’il en est qui sont homicides, et il ne faudrait pas confondre les uns avec les autres. Quand on a eu l’honneur d’assister pendant cinquante ans à l’évolution des moeurs professionnelles, on a remarqué bien de changements. Qu’est-ce qui croyait encore à la contagion des maladies il y a cinquante ans? Qui? Quelques modestes praticiens de province qui n’osaient pas dire tout haut ce qu’ils pensaient; quelques médecins attardés qui avaient plus confiance dans la simple observation que dans les raisonnements ou les démonstrations scientifiques. A coup sûr, la plupart des grands artistes delà capitale de ce temps-là n’y croyaient pas. Une commission de l’Académie de médecine envoyée à Barcelone pour étudier la fièvre jaune, s’en revint déclarant que cette' peste n’était pas contagieuse... L’esprit de système avait évidemment inspiré leur rapport... La fièvre typhoïde, et à plus forte raison la phtisie, étaient considérées comme des états morbides spéciaux, si l’on veut, mais dont le germe éclos dans un organisme individuel s’y développait et s’y finissait... Tous les vrais savants étaient opposés carrément à l’idée de la contagion... Aujourd’hui c’est tout le contraire. Si les doctrinaires de 1840 excommuniaient quiconque osait croire à la petite bête, ceux d’à présent prétendent bien nous imposer une croyance contraire : Toute maladie doit procéder d’une maladie semblable; autrement dit : Un microbe ne peut provenir que d’un autre microbe: Omne vivum ex ovo! Ces cascades scientifiques ne sont pas faites pour donner à l’art de guérir beaucoup de considération; et si la tâche humanitaire que nous accomplissons n’assurait pas à notre caractère de médecin un certain respect, nous deviendrions la risée des gens d’esprit. Où est-il?

D-oil vient-il 9 Car enfin, de nihilo midi. Un microbe ne saurait s’engendrer tout seul, il doit avoir un père quelque part. Un animalcule pas plus qu un éléphant ne peut naître spontanément... C’est acquis. Or, le sol sur lequel nous marchons, l’air que nous respirons, les aliments que nous aval n , renferment des légions d’êtres atomistiques, d’organismes minuscules don le rôle sur la santé des organismes supérieurs est à déterminer. Qu allonsnous devenir, mon Dieu! L’eau de nos puits, de nos fontaines de nos réservoirs, étant un réceptacle de germes suspects, susceptibles de constituer chacun une espèce morbide, comment faire pour nous en préserv . Comment nous soustraire à l'invasion de ce monde invisible 9 ... C e tout ce que nous mangeons? Mais la pitance se refroidissant, le mieiobe > reviendra... Stériliser nos boissons? Désinfecter nos vêtements? Nos couteaux? Nos fourchettes? Avec quoi?... Quels tourments! ^ ^

Nous répondrons seulement à la dernière question de l’auteur ; celle-ci : Comment nous garantir de l’invasion des microbes? Eu fortifiant en nous la résistance vitale, en nous saturant d’alcaloïdes qui sont les P MSlU0 ^ donnés par la nature. Le reste importe peu : ce que sont les ,

ils viennent. Le point essentiel, c'est qu'ils ne puissent nous nuire. Lexpe rienee est là pour le démontrer : La quinine empêche la fièvre intermittente • comment? En nous stérilisant, c’est-à-dire en nous rendant indemnes du microbe palustre. Il en est de même de toutes les fièvres miasmatiques. La question de la contagiosité disparaît alors.

traitement de la pneumonie graye par les bains froids,

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