PAR LE DOCTEUR H. BARTH
(Société des hôpitaux, séance du 27 juin 1890.)
Il faut rendre cette justice à l’auteur : qu’il n’est pas exclusif. « La réfrigé"“directe dans la pneumonie - dit-il - est et doit rester une méthode d’exception inutile dans les formes bénignes, «Ue n est appl»b « que dans certaines des formes graves. Le premier soin à ndre ™nt d’appliquer les bains froids au traitement de la pneumonie, eest de reqhe^ cher si le cœur, les vaisseaux, les centres nerveux, sont en état
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supporter. Si la réponse à cette question est franchement négative, pat exemple chez les cardiaques, chez les diabétiques, chez les athéromateux avancés, on fera prudemment de s’abstenir et de ne pas risquer de hâtei la catastrophe que l’on ne saurait empêcher. Mais si on est dans le doute, si, par exemple, l’asthénie cardiaque constatée semble être le résultat de la pneumonie elle-même, mieux vaut pécher par trop de hardiesse que par trop de timidité. » C’est le cas de répéter :
Devines si tu peux et choisis si tu l’oses.
Dans la pneumonie grave, c’est par la paralysie pulmonaire que la mort survient après une agonie plus ou moins longue. Il faut donc, non un traitement unique, tantôt par le froid, tantôt par le chaud, ici par les hyposthénisants, là par les hypersthénisanls, mais d’après les indications. Voilà pourquoi la dosimétrie n’exclut aucun système, mais à la condition de ne pas perdre de vue la vitalité. Ainsi dans la pneumonie grave, les alcaloïdes sous toutes les formes sont indiqués : strychnine, aconitine, vératrine, digitaline, pilocarpine, etc., selon les indications. Le médecin doit être un pilote prudent, et non un simple matelot, obéissant à un capitaine souvent aveugle dans son omnipotence. Ce sont les médecins ayant subi les déceptions d’une longue pratique qui ont accepté la dosimétrie
comme un bienfait pour les malades.
DE L’EMPLOI DE LA CAFÉINE DANS LES MALADIES DU COEUR, PAR LE PROFESSEUR HUCHARD.
(Revue générale de clinique et de thérapeutique, 1887.)
Nous allons d’abord laisser parler l’auteur ; nos observations viendront ensuite :
« Un cardiopathe arrivé à la période terminale de son affection présenta tous les symptômes et les dangers de la parésie du cœur : les fibres du myocarde sont envahies par la dégénérescence granuio-graisseuse, les battements du cœur sont sourds, mal frappés et faibles, la matité transversale du cœur très augmentée par la distension des cavités droites, le reflux veineux dans les jugulaires est considérable, tous les organes sont envahis par la congestion et l’œdème, les membres sont infiltrés, la face
gg MISCELLANÉES
et les extrémités cyanosées, les urines rares et albumineuses, la dyspnée à son comble. Tous les médicaments cardiaques restent sans action ; la digitale, qui est et restera toujours le premier de ces médicaments, est inactive, inefficace, elle devient dangereuse pour l’estomac ; elle peut même devenir une nouvelle cause d’asyslolie. Le péril est grand : que faite? Recourir à un médicament qui produit une diurèse plus rapide, qui ne présente pas comme la digitale les mêmes effets accumulateurs ou toxiques ; ce médicament, c’est la caféine, qui devient alors un véritable tonique, le quinquina du cœur. Comment doit-on la prescrire? a) il faut d’abord savoir que l’action cardiaque de la caféine prescrite à faible dose de 20 à 50 centigrammes, est presque nulle, que seules les doses moyennes de 1 à2grammes deviennent utiles et efficaces ; V) c’est à tort que les praticiens font le plus souvent usage des sels de caféine : ces sels (citrate, bromhydrate, etc.) sont instables, partant infidèles ; c) il faut employer la caféine pure; mais comme elle n’est soluble que dans la proportion de 1 gramme pour 9,3 grammes d’eau, il faut l’associer à d’autres médicaments pour assurer sa solubilité, comme le benzoate ou le salicytale de soude; d) la forme pilulaire ou granulaire ou en cachet est défectueuse, surtout parce que ces préparations peuvent, par l’action locale de la caféine sur l’estomac, déterminer d’assez vives gastralgies. La forme liquide est préférable; en voici les principales formules :
Eau distillée.
, . 300 gramm e
Benzoate de soude . . . .
Sirop de framboise . . . .
. 250 gramm 81
Caféine. ..
Benzoate de soude . . . .
ni
Benzoate de soude.3 gramm e
Caféine.2,50 »
Benzoate de soude ...... 3,40 »
Benzoate de soude.3 gramm e
Caféine.2,50 »
Eau distillée.6 »
» Les deux premières préparations se prennent intérieurement à la dose de six cuillerées à potage par jour (avant les repas). Les deux dernières formules sont pour les injections hypodermiques.
» Ces préparations, dit l’auteur, produisent des effets remarquables, non seulement dans les affections du cœur, mais aussi dans celles des reins, dans tous les cas où la digitale est contre-indiquée, inutile ou nuisible. »
Réflexions. — On sait que le café vert avait déjà été préconisé en France contre les maladies du cœur. Le Répertoire de 1871-72, a relaté la lamentable histoire du baron Pelletan, que ses confrères de la Charité laissèrent mourir, sous prétexte d’une simple cardialgie contre laquelle ils faisaient administrer des lavements au camphre. En s’attardant à parler de 1 emploi
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de la caféine, l’honorable professeur Huchard s’est privé des ressources que présentent la strychnine et la digitaline, comme tout médecin dosimètre le sait aujourd’hui avec compétence. La caféine est plutôt un sédatif du cerveau ; et en y joignant le benzoate ou le salicylate de soude il l’a rendue diurétique, tout en s’exposant à des retours fâcheux sur l’estomac, le cœur et le cerveau et à précipiter ainsi la catastrophe. Il est toujours fâcheux de se constituer garant d’un spécifique « tant qu’il guérit encore ». D 1 B.
DE L’EMPLOI DE LA FÈVE DE CALABAR DANS LE TRAITEMENT DE LA CHORÉE ET AUTRES MALADIES SPASMODIQUES, PAR LE DOCTEUR RIETS.
(Berlin. Klin. Wôchensch., mai 1887.)
L’auteur a repris l’étude de la fève de calabar dans le traitement de plusieurs des maladies nerveuses accompagnées de spasme musculaire, pour lesquelles elle avait été recommandée autrefois sur la foi de son action physiologique : diminution de l’excitabilité des ganglions médullaires. G est l’alcaloïde (iserme, physosligmène) qu’il a particulièrement expérimenté dans quarante cas différents de chorée, dont la durée semble avoir été notablement abrégée. Dans le tétanos, les résultats ont été peu marqués; il en a été autrement dans les tremblements nerveux d’origines diverses : alcoolisme, débilité sénile ou autres nervosismes : non seulement il y a eu amélioration rapide, mais dans un tiers des cas la guérison a été complète. Dans la paralysie agitante, dans le tremblement symptomatique de certaines maladies des centres nerveux, le remède fut également utile. L’auteur s-est servi du sulfate de physostigmène en injections hypodermiques une fois par jour, puis deux fois, à la dose de l milligramme jusqu’à 4, pour l’adulte. Ces injections produisent quelquefois des vomissements, mais sans duree ni gravité. Vu l’altérabilité de la solution, il ne faut la faire qu’en petite quantité à la fois.
Réflexions. — Les lecteurs du Bépertoire savent qu’il relate de nombreux cas de chorée traités avec succès par la strychnine (sulfate) et 1 hyosciamine. Ainsi, dans ks tomes V, V1I-VIII, on lit des observations des docteurs Blond-Thoret, Juhel et Masson, de chorées infantiles ou chez des adultes, traitées et guéries par ces deux alcaloïdes qui, quoique antagonistes
en apparence, répondent à la double indication spasme et paralysie. Le médecin vétérinaire Duliège rapporte un cas de chorée chez un chien, et le médecin vétérinaire Henriet un cas de chorée avec paraplégie également chez un chien (tome X). Les études du docteur Oreck viennent confirmer ces observations. D r B.