‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 39 sur 246 · PAR LE DOCTEUR BIGNON, DE LIMA · texte numérisé non relu

PAR LE DOCTEUR BIGNON, DE LIMA

Aujourd’hui on peut dire que les alcaloïdes (ces affreux poisons, au dire de l’École) pénètrent partout : on les étudie au point de vue expérimental et pharmacodynamique, comme on cherche à reconnaître leur synergisme

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 85

et leur antagonisme. C’est sous ce dernier rapport que le confrère de Lima a étudié l’antagonisme de la strychnine et de la cocaïne. Ses exp riences ont été faites sur des chiens : il leur administrait 2 milligrammes de strychnine, par kilogramme de poids vivant, et les maintenait sous l’influence de la cocaïne, par voie hypodermique, jusqu’à l’élimination complète du sel de strychnine. L’animal survivait, même quand on commençait les injections de cocaïne, après les premières convulsions tétamformes. Des doses plus élevées de strychnine produisaient la mort, mais celle-ci était retardée par la cocaïne.

Réflexions. — Cela fait voir qu’il ne faut pas donner des alcaloïdes aussi puissants que la strychnine par kilogramme de poids vivant, mais les subordonner aux susceptibilités ou idiosyncrasies.

Mais ce que l’auteur voulait établir, c’était l’antagonisme de la strychnine et de la cocaïne, par conséquent il a poussé jusqu’à intoxication, et il a vu. ce qui était à prévoir - que la cocaïne fait cesser l’état tétamforme produit par la strychnine. En thérapeutique, on ne peut aller jusque-la, c’est-à-dire dépasser l’état physiologique. De là le principe dosimétrique : « Aux maladies aiguës un traitement aigu », c’est-à-dire que la force du médicament doit être en raison du trouble fonctionnel qu’il est appelé à combattre. Quant à l’antagonisme entre la strychnine et la cocaïne, il est plus apparent que réel, c’est-à-dire que c’est plutôt du synergisme puisque l’équilibre physiologique se trouve rétabli. On se trouvera toujours bien de combiner la cocaïne à la strychnine dans les spasmes douloureux. Ainsi dans le tétanos, on donnera à la fois les deux alcaloïdes, un ou deux granules de chaque, toutes les dix minutes. Si le tnsmus empêche l’écartement des mâchoires on les injectera sous la peau, ou, ce qui est mieux, on les donnera en lavements.

Page 1