PAR LE DOCTEUR DE LA ROCHE, CONSULTANT A SAINT-RAPHAËL
(,Journal de médecine, de Paris, 4 décembre 1887.)
L’auteur a soin de nous dire que ce moyen est tout domestique, il n’en revendique pas l’honneur. Ce n’en serait un que relativement aux opérations chirurgicales instituées dans ces derniers temps contre les coliques hépa-
DE MEDECINE DOSIMÉTRIQUE. 105
tiques. Nous allons donc reproduire son observation, tout en la complétant.
« Le docteur ,Tust Tanatre, de la Nouvelle-Orléans, aurait obtenu la guérison de deux cas de coliques hépatiques par félimination des calculs biliaires à l’aide d’un moyen aussi simple qu’inattendu (?), qui consiste dans l’ingestion de vingt-quatre cuillerées à soupe d’huile d’olive de bonne qualité, prises en deux fois, à un quart d’heure d’intervalle. Il fait mâcher des tranches de citron pour empêcher l'huile d’engluer la bouche et le gosier. Par une coïncidence absolument fortuite, au moment où je prenais connaissance de ce fait clinique, je donnais mes soins à une dame d un tempérament nervoso-bilieux très' accentué, sujette depuis de longues années à des coliques hépatiques périodiques, dont les traitements les plus variés (cures à Vichy comprises), n’avaient pu triompher. Cette malade était en proie, depuis quatre jours, aux plus vives souffrances, que le chloroforme, l’éther et la térébenthine n’avaient pu calmer. Je ne parle pas des autres moyens.
» Impossible d'obtenir l’élimination des calculs engagés dans le canal cholédoque, cause évidente des coliques. A bout de ressources et convaincu, du reste, que si l’huile d’olive ne faisait pas de bien, elle ne pouvait en aucun cas faire du mal, j’en conseillai l’emploi à ma malade, qui lasse de souffrir avala les vingt-quatre cullêrées d’un seul trait, avec un courage vraiment héroïque. Un malaise gastrique, bien explicable, suivit de près l’ingestion, suivi d’une exacerbation momentanée des douleurs hépatiques et surtout de la névralgie sympathique du phrénique droit, névralgie qui coexiste d’ordinaire avec les maladies du foie, à 1 épaule et au cou. Quelques heures après, la malade éprouva dans le point correspondant à l’épiploon hépathique, la sensation d’un corps qui se détachait (textuel) avec sentiment de pesanteur très accusée au fondement. Une selle en boule massive et d’une évacuation très laborieuse eut lieu. Le tamis fit voir une dizaine de calculs biliaires. Le soulagement fut immédiat. Depuis la malade jouit d’une santé relativement bonne. »
Dans les coliques hépatiques, quelle qu’en soit la nature, il faut recourir à l’emploi simultané de la strychnine et de l’hyosciamine, au besoin avec l’huile de ricin ou l’huile d’olive, comme véhicule. Nous rappellerons ici l’observation d’un médecin brésilien, le docteur Venanzio Nogueira, da Silva, qui a eu le bon esprit de se mettre au courant de la méthode dosimétrique, soins que beaucoup de médecins d’Europe négligent au grand détriment de leurs malades.
« Carlos Travassar, dix huit ans, tempérament sanguin, constitution robuste, habitant la ville de Penhu, Ses souffrances consistent en une
douleur profonde dans la région hépatique rayonnant dans la région épigastrique et le côté droit du thorax. Anxiété, vomissements alimentaires et bilieux; pendant les accès, il ne trouve aucune position convenable; il se roule à terre, une sueur froide le couvre et il ne se trouve soulagé que dans des bains d’eau très chaude. Ges accès arrivent ex abrupto, après ses repas et surtout la nuit.
» Traitement. — Sulfate de strychnine, hyosciamine et bromhydrate de morphine, un granule de chaque tous les quarts d heure, pendant l’accès; et ensuite deux cuillerées à café de Sedlitz Chanteaud dans un verre d’eau. En dehors des accès, quatre et même cinq et six granules de benzoate de soude par jour.
» Après quinze jours de ce traitement, le malade nous apprend que les accès n’ont pas reparu, qu’il a pu manger à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et que par conséquent il se considère guéri.
» Je lui ai conseillé l’usage journalier du Sedlitz Chanteaud. »
(Revue portugaise dosimétrique, de Mugy-Murem, Saint-Paulo, Brésil, 1"' juin 1882.)
Remarques. — Y-a-t-il eu ici des calculs biliaires? C’est possible. En tous cas, si les calculs ont existé, ils ont été entraînés avec la cessation des coliques hépatiques.
Est-ce à dire que la cholétomie ou la cholectomie ne doivent plus être pratiquées? Nullement : nous applaudissons au contraire à ces opérations in extremis, mais elles seront d’autant moins nécessaires qu’on aura soigné l’exonération régulière du foie par le Sedlitz, la quassine, i’arséniate de soude, el à la moindre colique hépatique : la strychnine, Phyosciamine, la morphine. D' B.