‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 52 sur 246 · XC1X · texte numérisé non relu

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ENCORE LANTIPYR1NE !

Le journal la Semaine médicale dans son numéro du 25 janvier 1888 passe en revue « quelques progrès de la thérapeutique médicale pendant l’année 1887 ». Il est bien entendu qu’il n’y a pas un traître mot de la dosimétrie, qui est « la réforme de la thérapeutique médicale ».

Nous ne nous plaignons pas de ce mutisme, car il nous permet d’étendre

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notre publicité et d’augmenter le tirage de notre journal qui se fait actuellement à25,000(nous disons vingt-cinq mille!) exemplaires par mois. Peu de journaux ont une publicité aussi grande, aussi le Répertoire est-il répandu dans tous les pays où la presse libre a accès, et où des journaux semblables se publient, preuve qu’on est avide de science nouvelle.

Parmi les quelques progrès de la thérapeutique classique, la Semaine médicale cite l’antipyrine et il ne sera pas inutile de reproduire ici ses appréciations au sujet de ce précieux médicament (?). Les voici :

« On sait qu’en 1886 j’ai appelé l’attention sur les propriétés nerveuses de l’antipyrine et de l’acétanilide; mais c’est seulement eu 1887 que cette découverte a été vulgarisée, grâce surtout aux communications retentissantes de M. le professeur G. Sée à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine, et aussi grâce à un certain nombre d’intéressantes publications faites à l’étranger. Seulement M. G. Sée n’a préconisé que l’antipyrine, ce qui est un exclusivisme regrettable, car il est tels malades qui sont mieux soulagés pa'r l’acétanilide que par l’antipyrine, et l’emploi de ce premier médicament, quand il nest pas prolongé, n’a réellement aucun inconvénient (on ne dit pas ses avantages, B.) chez les sujets atteints d’un certain degré d’anémie. La phénacétine (acetphénétidine) peut quelquefois aussi être utile (ce qui ferait supposer quelle peut être nuisible, B.), elle a l’avantage de ne pas attaquer les globules rouges autant que lacétanilide (habemus fatentem reurn. B.). Il ne faut pas se plaindre du nombre toujours croissant de ces médicaments antipyriques, car 1 action nerveuse de chacun d’eux est assez notablement différente : il y a 1 ivresse de la quinine, celle de l’acétanilide, celle de l’antipyrine, celle du salicylate de soude. Un médecin intelligent ne s’y trompe pas. Ces différents agents impressionnent donc, chacun à sa manière, le système nerveux; rien d’étonnant dès lors à ce que, suivant les cas, les idiosyncrasies, un d’eux ait une action supérieure à celle des autres. C’est à la clinique à tenter maintenant à préciser l’indication de chacun, et le seul moyen pour faire avancer cette étude, est de se laisser guider par les malades (comme l’aveugle dont parle Barthez, B.). Du moment qu’il s’agit d’un phénomène subjectif, ils sont les observateurs les plus compétents (mais aussi les plus souffrants, B.). Il n’est pas impossible qu’on ne soit un peu enclin à abuser de ce précieux (?) médicament comme on fait des meilleures choses (et des plus mauvaises, B.) possibles : peut-être quelques praticiens émerveillés de la grande puissance et de la parfaite innocuité dans l’immense majorité des cas, ne se rendent pas bien compte des dangers que l’antipyrine peut exceptionnellement présenter chez certains malades doués d’une idiosyncrasie spéciale, ou bien chez des fébricitants quand l’emploi en est trop

longtemps prolongé. Dans une récente discussion à la Société médicale de Lyon, presque tous les orateurs ont paru se préoccuper vivement du danger que l’on ferait courir, d’après eux, aux typliisésen les gorgeant d’antipyrine ; plusieurs d’entre eux la proscrivent pour ce motif dans le traitement de la fièvre typhoïde. Mt\l. Bard, Perret, Vinay déconseillent aussi formellement son emploi, et M. Bard ajoute qu’elle est à ses yeux particulièrement contreindiquée dans les rechutes. Sans entrer dans cette voie de proscription, je ne puis m’empêcher de trouver assez judicieuse la réserve formulée par M. Bard, car il y a certainement un inconvénient, -pour ne pas dire un péril, à renouveler l’administration à haute dose d’un médicament, si peu toxique qu’il soit, chez un sujet qui en a déjà été saturé, surtout si le rein n’est pas dans un état d’intégrité parfaite. Dans ce dernier cas, d’après M. le professeur Benaud, l’antipyrine pourrait favoriser le développement de la forme éclamptique de la fièvre typhoïde, dont il n’a jamais vu, dit-il,' d’exemple chez les typhiques soumis à la balnéation froide. (Prenez mon ours ! B.ï

» L’entraînement pour l’antipyrine estsi grand que l’onsemet à l’employer contre les fièvres palustres. Je ne prétends pas assurément que dansjfeettc affection l’antipyrine et l’acétanilide soient contre-indiquées. J’ai publié ici même un cas de fièvre paludéenne d’Algérie où l’antipyrine paraissait plus apte que la quinine, mais il ne faut pas oublier que les nouveaux antipyriques n’exercent point sur l’agent de la malaria l’action spécifique de la quinine; ils combattent l’hyperpyro'sie contre les retours fébriles, mais ils, ne s’adressent pas à la cause. Oublier ce fait, maintenant acquis, exposeraità de graves mécomptes. »

La raison d’être (ou plutôt de ne pas être) de l’antipyrine, c’est quelle fait tomber rapidement la chaleur animale, mais à la manière des hydrocarbures en général, qui sont des extincteurs des globules rouges du sang. Or, il y a là un danger réel dans les maladies adynamiques, où la descente du thermomètre au-dessous de la moyenne physiologique est un indice de mort. Ce n’est donc plus de sa maladie que meurt le malade, mais du remède. C’est l’histoire des spécifiques en général, et nous ne saurions trop tenir nos lecteurs en garde contre ces réclames abusives. La thérapeutique doit être une méthode et non un système : 'ce sera l’éternel avantage de la dosimétrie sur l’allopathie. D r B.

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