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DU MICROBE DE FRIEDLÆNDER DANS LA SALIVE DE PERSONNES SAINES

PAR M. NITTER.

; (Société de biologie, 24 décembre 1887.)

M. Nitter, de Iguel, a pu isoler dans la salive de trois personnes bien portantes un microbe bacillaire encapsulé, identique absolument à celui que Friedlænder a établi en 1883, et qu’il a considéré comme l’agent de la pneumonie chez l’homme. Ce microbe n’a pas été signalé par les autres auteurs, tels que Vignal ef Biondi ; cela n’est pas trop surprenant, car sa présence est relativement rare. M. Nitter dit ne l’avoir trouvé que trois fois sur cent cinq sujets et sur cent quatre-vingts examens. Biondi n’a examiné la salive que do cinquante personnes.

D’autre part il peut se faire que le microbe présent à un premier examen ne le soit pas à un examen suivant. Peut-être, ajouteM. Nitter, ce micro-organisme est-il celui que Kreebohm a trouvé deux fois dans la salive, une fois dans l’enduit lingual, et auquel il a donné le nom de Bacillus crassus. Cet organisme, d’après Flügge, ressemble énormément au microbe de Friedlænder, mais il en diffère par quelques détails qui ne permettraient pas une identification absolue. « En tous cas, dit M. Nitter, l’organisme que nous avons trouvé dans la bouche de sujets bien portants, a déjà été observé par Thost dans les fosses nasales de sujets sains, et nos propres constatations démontrent la présence à l’origine des voies aériennes d’un microbe auquel on attribue un rôle important dans la pathogénie de la pneumonie. » Cette constatation paraît fort importante à l’auteur; si ce microbe peut être présent dans les voies aériennes de personnes bien portantes, il pourra pénétrer dans les poumons des pneumoniques, et il ne suffira pas de constater sa présence dans le foyer hépatisé pendant la vie, pour établir qu’on est en présence de l'agent pathogène de cette pneumonie; il faudra tout au moins prouver qu’il existe seul et qu’il a toujours existé seul dès le début. Pareille démonstration n’a pas été faite d’une manière probante, non pas seulement dans les cas où l’on s’est exclusivement appuyé sur l’examen microscopique absolument insuffisant, mais même de ceux où l’on a fait des cultures. Celles de Friedlænder ont été faites dans des conditions qui n’auraient pas permis le développement du micro-organisme de Frænkel, cause incon-

testablement la plus fréquente de pneumonies. Il est bon .de rappeler que Friedlænder n’a isolé le microbe que dans trois cas de pneumonie et que, dans plusieurs cas, les cultures n’ont rien donné. Ajoutons que le microbe de Friedlænder n’a été trouvé que rarement dans la pneumonie ; qu’il ne l’a jamais été dans les complications extra-pulmonaires, occupant les régions inacessibles à des parasites simplement cantonnés dans les voies aériennes.

Nous ne contestons nullement la présence des microbes dans les produits pathologiques, puisqu’on en trouve dans les produits physiologiques; mais nous demandons comment on peut ajouter tant d’importance à ces infiniment petits dans la pathogénie, alors qu’il y a tant de causes patentes, appréciables de maladies. Heureusement que ces microbes n’existent qu’exceptionnellement dans la salive. Si ce n’est pas une garantie, cest du moins un avertissement. B r B.

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