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DU NAPHTOL COMME MÉDICAMENT ANTISEPTIQUE, PAR LE DOCTEUR BOUCHARD

(Académie des sciences de Paris, séance du 24 octobre 1887.)

M. Bouchard tient à son système d’asepsie. Au lieu de laver journellement la surface intestinale, il veut qu’on l’encroûte par des corps insolubles, formant barrière à la fermentation et à l’absorption intestinales, sauf à évacuer ensuite l’excès. De même que dans les maladies de la peau il bouche les pores extérieurs pour empêcher l’entrée des microbes. Pauvres infiniment petits! on les croit donc bien méchants, puisqu’on veut les exclure de partout. Qu’en pense M. le professeur Semmola?

M. Bouchard a déterminé et mesuré le pouvoir antiseptique et le pouvoir toxique du naphtol, et de cette double notion il a été amené à conclure que cet agent doit, pour certains objets, être préféré h tous les antiseptiques actuellement connus, et qu’il doit cette supériorité à sa très faible solubilité. Pour désinfecter une surface facilement accessible, les antiseptiques solubles suffisent, et l’on n’a que l’embarras du choix. Pour pratiquer l’antisepsie générale, il faudrait de toute nécessité un antiseptique soluble; maison n’en possède pas encore qui puisse être introduit dans le sang à doses suffisantes pour entraver la vie des microbes sans compromettre la santé ou l’existence des malades.

Pour l’antisepsie dans l’épaisseur d’un tissu, ou celle des cavités difficilement accessibles, où l’on ne peut pratiquer des lavages continuels, les antiseptiques insolubles ou. difficilement solubles, peuvent seuls être employés avec avantage. Ils doivent être préférés pour le traitement interstitiel de certaines maladies des tissus, pour l’antisepsie des cavités séreuses et surtout pour l’antisepsie du tube digestif. Seul, un antiseptique insoluble soustrait à l’absorption par son insolubilité même, restera partout présent dans toute la longueur du tube digestif et pourra être administré à dose suffisante pour rendre impossible toute fermentation, sans qu on ait à redouter son action générale sur l’économie, dans laquelle son insolubilité l’empêchera de pénétrer. C’est cette extrême faiblesse de solubilité du naphtol (0.2 pour 1000) dans l’eau qui l’a fait adopter par M. Bouchard.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 119

Si nous voulions faire un méchant jeu de mois, nous dirions que « Bouchard « vient de « boucher », mais la haute personnalité du professeur nous impose le respect que, du reste, nous professons pour sa haute science.

g mérites relatifs de l’élegtrolÿse et de la dilatation rapide dans le

TRAITEMENT DE LA STÉRILITÉ ET DE LA DYSMÉNORRHÉE, PAR LE DOCTEUR HENRY FRY, DE WASHINGTON.

Notre siècle est à l’électricité puisqu’on l’applique jusqu’à l’art de faire des enfants à volonté. L’auteur s’efforce de démontrer que de tous les modes de traitement de rétrécissement du col de la matrice, 1 électricité est le meilleur, car, dit-il, le spermatozoïde est si petit qu’il lui suffit d un passage imperceptible pour passer. Et d’abord, est-ce bien le spermatozoïde qui constitue la virtualité du sperme? On peut en douter malgré les doctrines stratégiques de Spallanzani et de Leuvenhoeck. L’auteur ne croît guère à l’aspiration active du col utérin : « la plupart des femmes, dit-il, restent passives pendant le coït. » Le contraire est que sans jouissance il n’y a pas de conception. On pourrait opposer la fécondation des poissons et des mollusques, mais là encore les sexes se recherchent, se rassemblent, et il faut des conditions vitales pour que le sperme du mâle d’une part et les ovules de la femelle de l’autre soient efficients.

L'agénésie de la femme est donc le pendant de l’impuissance de l’homme. Il est vrai que ce dernier cherche à se faire la part du lion : Quia leo! Il est vrai que c’est là souvent une prétention mal fondée. Nous nous souvenons d’un couple très en vue sous le rapport de la fortune où la femme, plaidait en divorce contre le mari sous prétexte d’impuissance de ce dernier. Le tribunal donna gain de cause à la femme. Le mari détrôné convola en secondes noces et, comme dans les Contes de Perrault, eut un grand nombre d’enfants. Encore ne saurait-t-on dire que l’électrolyse, si elle ne fait pas de bien ne fait pas de mal. Toute opération sur le col utérin peut être nuisible.

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