PAR LE DOCTEUR H. DESPLAS (LILLE
{Journal des Sciences médicales.)
Après avoir fait le procès aux médecins qui, par curiosité ou par désir de se mettre en évidence, se rendent coupables d’expériences multipliées d’hypnotisme et de suggestion, et après avoir reproché amèrement au public et au monde médical lui-même, la défaveur qui a longtemps accueilli et qui accueille encore parfois l’emploi du magnétisme dans un but thérapeutique, l’auteur publie le résultat de sa propre pratique. C’est un recueil de dixsept observations de pseudo méningite, de crises d’hystéro-épilepsic, de vomissements, d’aphonies hystériques, de paraplégie, de délire nerveux au cours d’un érysipèle grave, etc., guéris par la suggestion. On y trouve même une observation de phtisie pulmonaire au troisième degré, améliorée par des séances répétées d’hypnotisation, et une autre guérison, en quelques minutes, d’une paralysie consécutive à une fièvre typhoïde par la crainte de séances douloureuses d’électrisation. (Il est vrai que l’auteur a soin de dire que les accidents paralytiques lui ont paru, dans ce cas, être simulés et non réels.) Enfin, il relate un cas de guérison malheureusement passagère d’une hémiplégie hystérique avec hémianesthésie, par deux bains de piscine à Lourdes.
Nous le demandons, est-ce là le propos d’un médecin qui se respecte? Nous laissons de côté les affections purement hystériformes où l’imagination joue un si grand rôle. Mais que dire de la suggestion dans un accès de
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délire au cours d’un érysipèle grave? Que dire surtout d une phtisie pulmonaire au troisième degré améliorée par des séances répétées d hypnotisation? Si cela continue, Notre-Dame de Lourdes seule suffira et les médecins ne seront plus que .des augures pour rire. D 1 B.
GXII
RELATION DUNE ÉPIDÉMIE D’ENTÉRITE CHOLÉRIFORME ET DE CHOLÉRINE. SUCCÈS OBTENUS PAR LE TRAITEMENT DOSIMÉTRIQUE.
La médecine dosimétrique est surtout avau tageuse dans le traitement des maladies des enfants.
D r Burggraeve.
Une épidémie de cholérine et d’entérite cholériforme qui a sévi sur la commune de Saint-Nicolas-d’Aliermont et sur les communes environnantes, pendant les mois d’août et de septembre (1880), m’a permis de juger de l’excellence de la médecine dosimétrique, surtout de la facilité de son application chez les enfants au-dessous de deux ans. Je ne m’arrêterai point sur les symptômes anatomo-pathologiques de cette maladie, car ce que j’ai surtout en vue, c’est de montrer la divergence d’opinion de nos maîtres sur le traitement et le succès que l’on peut espérer par la méthode du docteur Burggraeve.
Il suffit de lire la description que Trousseau a faite des symptômes de l’entérite cholériforme, pour ne pas confondre cette maladie avec.la diarrhée catarrhale et la diarrhée inflammatoire. Le choléra infantile ou maladie d’été, apparaît surtout pendant les grandes chaleurs, et affecte de préférence les enfants au sevrage. — Dans cette commune, sur une moyenne de 30 naissances par an, il y a à peine un enfant élevé au sein. Je dis à peine, et je ne dois être nullement taxé d’exagération, car depuis trois ans que j’exerce dans ce pays, excepté mon propre enfant, les quelques qui ont pris le sein ont été sevrés à l’âge de deux à trois ans.
La principale industrie du pays est l’horlogerie, et beaucoup de femmes travaillent chez elles, mais elles prétendent qu’élever un enfant au sein leur causerait trop de fatigue et quelles ne peuvent s’astreindre à consacrer toute leur journée à ce soin. La diarrhée est donc frequente ici et dans les communes environnantes, qui vivent presque de la même industrie. A quelle.cause faut-il attribuer l’épidémie d’entérite cholériforme del’été 1880 ?
Je ne vois que l’influence de la saison chaude, puisque l’épidémie a sévi dans tout l’arrondissement de Dieppe, avec une égale intensité. On avait prétendu que les émanations produites par le cuivre ou le poussier de ce métal pouvait contribuer à développer cette diarrhée : en effet, quelques enfants dont la propreté laisse à désirer, présentent une teinte verdâtre des cheveux ; mais l’année dernière l’été ayant été peu chaud et assez humide, nous n’avons point eu d’épidémie dans la commune.
Le pronostic de cette affection est très grave en général : l’entérite cholériforme est plus terrible que l’entéro-colite aiguë ; elle frappe de mort la plupart des enfants quelle atteint (Bouchut). Dans cette commune, sur environ 30 à 32 cas d’entérite, les deux premiers, traités par la méthode allopathique, ont fourni deux décès; huit enfants sont morts sans avoir reçu de soins, et sur vingt enfants que j’ai traités par la méthode dosimétrique, un seul a succombé pendant le traitement. Mes confrères dans les communes environnantes ont eu un assez grand nombre d’insuccès.
Le pronostic est donc bien différent selon le mode thérapeutique que l’on emploie. Il y a deux ans que la mortalité des enfants a été assez élevée et l’épidémie avait été moins meurtrière et d’une durée moindre que cette année. Je suivais alors les errements de mes confrères, en traitant mes malades par la méthode allopathique.
Traitement. — Si nous feuilletons les principaux auteurs qui se sont occupés des maladies infantiles, nous voyons une divergence d’opinion bien marquée : les uns adoptent certains médicaments comme donnant des résultats très bons ; les autres rejettent ces mêmes médicaments comme inutiles et même nuisibles (1). Passons en revue les principaux auteurs : Trousseau, Bouchut, West.
Trousseau recommande la diète absolue, ne donne à l’enfant que des boissons féculentes et de l’eau albumineuse. Une médication puissante pour lui, pendant la première période, c’est le bain sinapisé. Puis il conseille d’employer concurremment l’opium à faibles doses : 30, 40 centigrammes administrés en deux ou trois prises; les stimulants diffusibles, le sirop d’éther (2) à la dose de 100 à 200 grammes dans les vingt-quatre heures; pour tisane, de l’eau panée, la décoction blanche de Sydenham. Il conseille également les purgatifs, de préférence Yhydragirum cum creta (3).
Quant à la médication opiacée employée par West et Grisolle, il la blâme comme dangereuse. « Dans le choléra infantile, l’opium, sous n’importe quelle forme, doit être rigoureusement proscrit ; si dans quelques cas il
(1) Ces divergences ne devraient-elles pas faire adopter une méthode unique i D r B.
(2) L’éther qui éteint les globules rouges du sang (!). D r B.
(3) La plus détestable des préparations, vu qu’elle se concrète. D' B.
suspend les vomissements, il amène trop rapidement aussi la période typhoïde, et celle-ci est d’autant plus redoutable quelle arrive plus près du début de la maladie, absolument comme dans le choléra asiatique. Dans l’entérite aiguë simple,, sans rejeter complètement ce médicament, il n’emploie que le laudanum de Sydenham; puis, s’il y a amélioration, vésicatoire sur le ventre; et dans le cas où il est très tendu, douloureux et la fièvre intense, l’application d’une ou deux sangsues sur l’abdomen.
West est aussi partisan des émissions sanguines au début: «Mais, dit-il, il faut surveiller l’enfant pour que l’hémorragie ne soit pas trop abondante (1). »
Bouchut rejette l’emploi des sangsues; il conseille, comme Grisolle, d’agir sur la peau par un vésicatoire à l’épigastre, ou sur le tube digestif (2), comme Trousseau, par l’ipéca, à la dose de 30 à 60 centigrammes : « Lorsque par les évacuations on peut supposer l’acessence considérable des sucs gastriques, il faut employer les neutralisants ou absorbants : le sous-nitrate de bismuth à la dose de S à 15 et 20 grammes, dans un sirop de gomme, ou du lait; la poudre d'oculi cancrorum, le phosphate de chaux et la magnésie décarbonatée, aux mêmes doses. » (Bouchut, Maladie des enfants (3).)
Chez les enfants gravement débilités, Bouchut conseille les toniques : extrait de quinquina; teinture de mars; les astringents; l’acide sulfurique, à la dose de 30 à 60 gouttes. Il n’est pas très partisan des opiacés, que West emploie à des doses élevées, ainsi qu’en fait foi la formule suivante :
Huile de ricin.3.00 gr
Gomme pulvérisée.1-30
Sucre blanc ... .. • 2.00
Teinture d’opium.0.20
Alcoolat de muscade.1-00
Eau de fleur d’orange.40.00
Une cuillerée à café toutes les quatre heures, pour ui d’un an (!).
Si les évacuations sont accompagnées de ténesme, un lavement avec 3 ou 4 gouttes de laudanum, les calmeront plus efficacement que tout autre moyen.
Nous sommes donc là en présence de deux opinions bien tranchées r pour et contre. Lequel a tort (4)? On nous répondra bien que le malade peut
(1) Pour ne pas dire mortelle. Dr B ’
(Z) Les vésicatoires chez les petits enfants précipitent les convulsions et donnent lieu à la néphrite ■.y . D r B.
albumineuse.
(3) C’est-à-dire autant d’agents concrescibles. D r B.
(4) Tous les deui.
servir à trancher le différend : Si le résultat est bon, tant mieux ; mais si l’on s’est trompé (1) ! Je partage l’avis de Trousseau pour les opiacés ; et dans une épidémie antérieure, chaque fois que j’employais le laudanum, il m’était assez difficile de prévoir le résultat : c’était ou trop, ou trop peu d’effet ; le laudanum ne calmant nullement parce qu’il était rejeté aussitôt, ou bien plongeant l’enfant dans une sorte de stupeur toujours inquiétante.— Quant à l’usagedes stimulants préconisés par tous, l’époque en est très variable et, d’après l’avis de West, ne peut être que transitoire. Le meilleur stimulant d’après le médecin anglais, c’est l’eau-de-vie (2), à la dosede 2 grammespour un enfant d’un an, toutes les deux ou trois heures, puis quelques gouttes à la fois dans du lait froid, coupé d’eau ou d’arrow-root liquide. Je n’avais donc que l’embarras du choix; mais comme je devais guérir mes petits malades, j’ai cru plus simple de suivre les avis de mon maître, certain de trouver de son côté le meilleur moyen de guérir ces petits êtres.
Je ne m’occuperai pas, dans cet aperçu, du traitement de la deuxième période, pour cette simple raison : que le traitement dosimétrique agissant rapidement, la maladie entre franchement en résolution, sans passer par toutes ses périodes ; et je puis dire que plus elle est aiguë, plus les chances de guérison sont favorables.
Dans son Manuel des maladies des enfants (3), à l’article « Entéro-colite », le docteur Burggraeve dit « que le traitement doit consister dans le lavage intestinal au moyen du sel de Sedlitz, puis après : aconitine, hyosciamine, codéine, brucine, selon l’intensité des symptômes. » C’est ce traitement, un peu modifié, que j’ai mis en usage ; et c’est à lui seul que je dois les beaux succès que j’ai eus à enregistrer. Au début de cette épidémie, je n’osais me servir de cette méthode, je l’avoue franchement, et les deux premiers cas que j’ai eus à traiter je le fis par la méthode allopathique. Mais ce furent deux insuccès complets (4) ; il fallait donc promptement changer cette thérapeutique si je ne voulais voir cette épidémie effectuer une marche plus meurtrière, dont j’eusse été, il faut bien le dire, responsable, en voulant persister dans les errements de la médecine allopathique (5). Je laissais immédiatement de côté les potions et les autres substances, et en attendant; le Manuel du docteur Burggraeve que j’avais fait demander, j’appliquai aux enfants le même traitement que j’employais pour combattre la cholérine
(1) Il faut bien que ce soit l'un ou l’autre. D l 2 3 4 5 B.
(2) Faut-il s’étonner qu’il y ait tant d'ivrognes dans ce pays? Id.
(3) Ce manuel étant épuisé, je l’ai refondu, ainsi que les autres manuels, auxquels j’ai ajouté des
nouveaux, qui formeront une bibliothèque dosimétrique, format Charpentier. D r B.
(4) , Pauvre allopathie, ou plutôt pauvres enfants! -- M’.':
(5) Pardonnez-leur, mou Père, ils ne savent pas ce qu’ils font! .Id. .
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chez les adultes, avec une petite modification. Ce fut à la brucine et à la caféine que j’eus recours, avec le Sedlitz Chanteaud, et laconitine par intervalles, quand la température était un peu élevée. Le nombre des cas que j’ai soignés par cette médication exclusive , s’élève à vingt : neuf garçons et onze filles. Je n’ai eu qu’un seul décès à signaler sur ces vingt cas, ce qui porterait à 5 p. c. la mortalité pendant cette épidémie. Si quelques parents négligents, subissant l’influence de ce préjugé répandu dans nos campagnes: qu’il n’y a rien à faire pour les enfants, eussent fait soigner leurs propres enfants, le chiffre des décès eût été moindre encore.
J’eus, en effet, à constater quatre décès; et j’appris par le greffier de la mairie que cinq enfants avaient en outre succombé : un d’eux avait reçu mes soins, et après une guérison complète, avait dû, au bout de quinze jours, succomber à une rechute, pour laquelle la famille ne me fit pas appeler. Plusieurs fois, je n’ai dû le salut de l’enfant qu’à une médication très énergique ; le cas suivant surtout fut remarquable.:
Observation. — S..., petite fille de six mois, malade depuis l’avantveille : sa mère me fait appeler le 30, au matin ; l’enfant a eu toute la nuit des vomissements à la moindre ingestion de lait ou d’eau d’orge, et des selles continuelles, liquides, fétides, jaunâtres, mais passant rapidement à une teinte grise et verte. L’enfant a les yeux cernés, très caves, le faciès grippé, les extrémités refroidies et cyanosées. Je lui fais donner immédiatement : brucine et caféine, de chaque 1 granule toutes les deux heures, jusqu’à sédation ; je fais faire des frictionsavecuneflanellechaudesur les extrémités. Lorsque les vomissements se modérèrent, on donna les granules que d’heure en heure, et même de deux heures en deux heures, dans l’intervalle du lait frais coupé par moitié d’eau bouillie (il n’y a ici que de l’eau de citerne ou de mare) et additionné deux fois dans la journée d’une forte pincée de Sedlitz.
Le lendemain matin, je revis l’enfant; elle n’était plus reconnaissable : la figure était fraîche, rosée; les yeux avaient repris leur vivacité habituelle. La mère de l’enfant ne se rappelant plus mes recommandations, avait continué la brucine et la caféine, d’heure en heure; l’enfant, qui avait pris “20 granules de chaque en 18 heures, avait quelques secousses de temps en temps, mais cette excitation se calma seule.
Ce fait prouve jusqu’à quel point on peut employer la médication dosimétrique chez un enfant.
Le docteur Burggraeve (Répertoire de janvier 1880) nous rassure à ce sujet : « 11 n’y a, dit-il, aucun danger à donner les alcaloïdes à doses très rapprochées; le danger n’existe que dans l’imagination de ceux qui n’ont jamais manié ces précieux médicaments. »
MISGELLANËES
Mon observation prouve en outre la pureté du médicament, car si la brucine eût été falsifiée avec, la strychnine, j’aurais pu redouter quelques accidents. La guérison obtenue si rapidement s’est bien maintenue, et comme.ee fait se passait presque au début de l’épidémie, j’en fus très heureux pour me guider dans la suite. Les enfants au-dessous d’un an ont guéri plus rapidement que les enfants d’un an et au-dessus; cela me paraît tenir à ce que les premiers, plus gravement atteints, furent soignés d’une façon plus énergique et plus régulière. La durée de la maladie fut en moyenne de deux à trois jours chez les enfants sérieusement malades; elle fut plus longue chez ceux dont l’état était moins grave (1). En outre, j’ai remarqué que les enfants à qui je faisais mettre quelques grains de Sedlitz, une forte pincée, par exemple, dans le lait, matin et soir, ont eu une amélioration plus rapide que ceux qui n’en faisaient point un usage particulier. Ce fait prouve que pour l’absorption des médicaments dosimétriques il faut préalablement procéder au lavage intestinal. La nourriture donnée aux enfants fut toujours du lait de vache non bouilli, froid et de la traite la plus récente ; ce lait fut toujours coupé de moitié de son volume d’eau bouillie, car, ainsi que je l’ai dit, il n’y a ici que de l’eau de citerne ou de mare. Je faisais donner souvent de la tisane de café et quelquefois un peu d’eau albumineuse. Suppression presque complète de sucre dans toutes les boissons (2).
Une des guérisons dont je puis m’enorgueillir, c’est celle d’un enfant de' quinze jours : lorsqu’on me fit appeler l’enfant était dans un état d’émaciation tel qu’il ne pesait pas plus d’un kilogramme. Je lui administrai comme médicament la brucine et la caféine, à doses rapprochées, avec du Sedlitz, trois fois par jour. Deux jours après, l’amélioration était bien sensible. Lorsque les vomissements furent complètement calmés, je fis continuer la brucine et remplacer la caféine par la quassine, à la dose de 4 granules par jour : la diarrhée s’arrêta ; et aujourd’hui cet enfant si chétif a beaucoup engraissé. Pendant la période aiguë, l’enfant perdit un œil, par fonte purulente, en quelques heures.
En résumé, on peut voir dans cette épidémie d’entérite cholériforme les succès obtenus par la médication dosimétrique. La mortalité si grande dans l’arrondissement, eût été insignifiante dans ma commune si les parents eussent été plus soigneux de la vie de leurs enfants. Ce serait une bien bizarre coïncidence, s’il fallait admettre que je n’ai soigné que les cas heu-
(1) Pourquoi alors ce reproche de mercantilisme qu’on me jette à la tête, comme si mon contrôle
n’était une garantie? D r B.
(2) Le sucre est nuisible aux enfants, parce qu’il s’acidifie dans leur économie et produit ainsi la lithiase oxalique, ce qui n’empêche que les sirops ne forment la base des prescriptions allopathiques.
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reux. Je ne me rappelle pas exactement la mortalité de 1 épidémie de 1878, mais elle eut des proportions plus grandes que celle de cette année, et si j’ai eu plus de succès en 1880, j’en remercie notre vénéré maître, le docteur Burggraeve, qui par sa persévérance et ses encouragements m’a permis de triompher d’une maladie souvent mortelle.
D r Nitet.
Remarques. — Cette déclaration m’a vivement touché, et après sept années j’en conserve la plus grande reconnaissance à son auteur. 11 parle de ma persévérance : il m’en faut, en effet, pour soutenir une lutte aussi longue et aussi déloyale. Mes adversaires ont cru pouvoir compter sur ma vieillesse; et voici que le vieil homme vit encore pour leur éternel opprobre! Qu’on ne dise point que je suis violent : je suis humain avant tout; et devant ce devoir je ne reculerai pas jusqu’à mon dernier souffle, persuadé que la victoire restera à la vérité. Et maintenant, que mes adversaires continuent à me faire la guerre du silence, en attendant que le silence éternel se referme sur eux. D r
CORRESPONDANCE
New-York, 15 août 1890.
A Monsieur le professeur Burggraeve, fondateur de la Médecine dosimétrique.
Monsieur,
Je viens justement, par un hasard tout providentiel, de tomber sur un de vos Guides de médecine dosimétrique.
Frappé de la justesse de vos remarques et enchanté ou plutôt entraîné parla logique de la nouvelle méthode thérapeutique, je me propose d’aller à l’Université de Gand pour puiser à cette nouvelle source vivifiante les connaissances voulues de la bouche même du maître. Mais désirant me mettre au courant, avant d’entreprendre un si long voyage, vous voudrez bien m’envoyer un prospectus, ou me donner certains renseignements concernant l’hôpital civil, maternité, privilèges attachés aux étudiants, dépenses à encourir, etc., etc.
Je commence à peine ma carrière médicale, aussi j’espère que vous
daignerez me tendre une main secourable pour me tirer de ce labyrinthe inextricable’ de l’École allopathique, avec ses matières médicales hiéroglyphiques et son vieux formulaire des Mille et une nuits.
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations les plus respectueuses.
!)' Gustave Jassé,
465,4“® Avenue, New-York.