‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 63 sur 246 · PAR M. LABORDE · texte numérisé non relu

PAR M. LABORDE

(Académie de médecine, 27 mai 1890.)

Les Académies sont comme les carabiniers d’Offenbach. Elles arrivent quand la chose est faite.

C’est ainsi que l’alcaloïdo-thérapie est parvenue à enfoncer les portes fermées de l’Académie de médecine, quand depuis plus de dix-sept ans elle (la dosimétrie) était appliquée dans les deux mondes par des médecins non académiciens et par conséquent libres de toute coterie. Il en est de même du sujet traité par M. Laborde : les applications de l’éther, du chloroforme et du chlorure de mithylène, puisque c’est ce dernier qui est généralement employé comme laissant le cœur tranquille, tandis qu’avec l’éther et le chloroforme on a à craindre des accidents. Mais ce qui rend la communication du savant professeur neuve, c’est Yexperientia in anima vili. Ainsi, M. Laborde a fait voir à l’Académie qu’en coupant les nerfs trijumeaux sur des lapins ils restent insensibles à la syncope par le chloroforme, qui se produit au contraire très rapidement sur ceux où ces nerfs sont intacts. Il en est de l’anesthésie comme de tous les moyens médicaux : c’est-à-dire qu’il faut savoir s’en servir à bon escient et non d’une manière inconsciente, comme nous l’avons vu faire à Londres dans une ovariotomie. Le chloroformisateur (1) allait toujours, de même que le chirurgien, quand la femme était déjà morte depuis plus d’un quart d’heure. Ce ne fut que l’opération terminée et le pansement fait qu’on s’en aperçut, en voulant mettre la malheureuse victime au lit. Ce qui nous a particulièrement frappé, c’est l'absence de moyens artificiels pour rappeler la vie.

(1) On sait qu’en Angleterre l’opérateur ne s’occupe pas de la chloroformisation. D r B.

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