PAR LE DOCTEUR J.-A. LINDSAY
(The intern. Journ. ofmed. sciences, avril 1890.)
Il y a longtemps que la puissance curative de l’air marin a été proclamée. Les forçats qu’on embarquait autrefois sur les galères, malgré les fatigues et l’encombrement, guérissaient des maladies les plus virulentes, telles que la syphilis. Il en était de même des affections des voies respiratoires : bronchites ou autres. Nous exceptons toutefois la tuberculose vraie ou miliaire qui se reproduit d'elle-même. Les voyages en mer peuvent donc être recommandés pour toutes les affections respiratoires guérissables et
(1) Voir notre livre, A la mer. D r B.
MTSCELLÀNÉES
n’exposant pas aux hémorragies pulmonaires. Nous reproduisons ici la note du docteur Lindsay.
« La puissance curative de l’air marin dépend de sa pureté, du degré d’humidité et de sa richesse en ozone, ainsi que de la constance de la température et de la pression barométrique. Le voyage sur mer est surtout profitable aux scrofuleux, aux personnes atteintes de fièvre de foie, des. maladies du palais et du pharynx, ainsi qu’aux convalescents de maladies graves, et aux phtisiques. C’est surtout dans la première.période de la tuberculose, chez les sujets jeunes, qu’on obtient de bons résultats, puis chez les malades où la tuberculose s’est développée par suite d’une vie sédentaire ou d’un séjour dans un air contaminé, enfin dans des cas de tuberculose avec phénomènes nerveux. Quant aux phtisiques, avec tendance aux hémoptysies, aux diarrhées, ainsi que ceux qui ont une forte fièvre, pour ceux-là l’air marin est plutôt nuisible qu’utile. »
Ceci revient à dire que la mer est salutaire à ceux qui peuvent la supporter, car il faut compter avec le mal de mer qui va quelquefois jusqu’à faire cracher du sang. Nous avons cependant un remède dans la strychnine (arséniale ou sulfate), l’hydro-ferro-cyanate de quinine, qui sont également des modificateurs de la crase sanguine. Aux personnes qui ne peuvent supporter la mer, on se bornerait à conseiller le séjour sur les côtes ombragées et exposées aux vents du midi, comme l’île de Jersey, côté sud. L’air vif augmente l’appétit et amène en peu de temps une augmentation du poids des malades, pouvant aller jusqu’à dix et quinze kilog. De celte manière l'autophagie est empêchée. On vit de l’intérêt et non du capital, organique.
LES PRODUITS MICROBIENS ET LES CENTRES VASO-MOTEURS, PAR MM. GLEY ET CHARRIN.
(Académie des sciences, 28 juillet 1890.)
« Il appartient à M. Bouchard d’avoir démontré que la diapédèse qui se produit dans certaines conditions, en particulier chez les animaux vaccinés, lorsqu’on inocule des germes virulents, peut être empêchée à des degrés divers, si on injecte dans la circulation générale, les sécrétions de ces germes privés de tout microbe par la chaleur ou le filtrage. Quel est
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 13
le mécanisme de cette action d’arrêt? S’agit-il de propriétés de chimitoxies? Nous ne le pensons pas pour des raisons que l’un de nous, avec M. Gamaleia, a données ailleurs. La physiologie nous fournit une explication plus satisfaisante: nous avons cherché à savoir ce que deviennent sous linfluence des produits solubles du bacille pyocyanique, les réflexes vaso-dilatateurs auxquels commandent le bulbe et la moelle. Pour cela il a fallu interiogei,, aux divers moments de l’expérience sur des lapins auxquels on a injecté des quantités variables de ces substances, l’excitabilité du nerf dépresseur et du nerf auriculo-cervical. Or, dans ces conditions, on voit constamment que la vaso-dilatation déterminée par l’excitation de ces nerfs est beaucoup moins intense que sur l’animal normal. On peut conclure de là que 1 excitabilité des autres vaso-dilatateurs est considérablement diminuée. Par suite, la diapédèse ne peut plus avoir lieu aussi facilement et la phagocytose devra également se trouver enrayée. »
Conclusion : Dans toutes les intoxications de nature non chimique, soit autochtone, soit hétérochtone, donner la strychnine, afin de relever l’excitabilité des centres vaso-dilatateurs et la diapédèse et la phagocytose se feront également facilement.