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DE LA COLOPEXIE DANS LE TRAITEMENT DES PROLAPSUS GRAVES DU RECTUM

PAR CHAMAYAN.

« Dans les prolapsus du rectum, l’influence des moyens de fixation de l’intestin est prépondérante. L’insuffisance du plancher périnéal, envisagé dans son ensemble, est en général secondaire ; elle agit plus sur la permanence que sur la production du prolapsus.

» Il convient, pour la cure du prolapsus, de s’adresser de préférence aux agents de fixité de l’intestin. La colopexotomie remplit cette indication. Elle a de plus l’avantage, en procurant le repos de l’organe, d’amener la disparition des phénomènes inflammatoires et de permettre une action directe sur le périnée. S’adressant à tous les éléments de la maladie, c’est une opération complète. Elle est longue, les actes opératoires sont nombreux, la difficulté et les dangers sont minimes.

»La colopexie est indiquée pour les prolapsus graves réductibles, incoer-

cibles. Elle est contre-indiquée dans les cas compliqués de sphacèle, d'étranglement, de néoplasmes, partout, en un mot, où la résection s’impose. Chez les vieillards et les enfants, on pourra dans certains cas se borner à la colopexie simple sans ouverture du côlon. Elle pourra, dans quelques circonstances, être associée à l’opération de Schwartz. »

Voilà donc ce qu’on enseigne dans l’École! Toujours tailler, ravauder, suturer, mais de thérapeutique, point! Nul égard aux causes qui déterminent le prolapsus du rectum chez le vieillard et chez l’enfant : chez le premier, le relâchement, souvent la paralysie du releveur et du sphincter; chez le second, une constriction, suite de mauvaise habitude.

Dans la chute du rectum par paralysie, il faut en arriver, après la réduction, à la strychnine pour tonifier l’appareil défécateur. Dans la chute ou plutôt l’évacuation de l’anus, l’eau froide, ou les styptiques suffisent généralement et toute opération mécanique est superflue sinon dangereuse.

POUVOIR DIURÉTIQUE DE LA DIGITALINE ET LE TRAITEMENT DES CARDIOPATHIES A LA PÉRIODE D’HYPERSYSTOLIE, PAR LE PROFESSEUR HUCHARD.

(Société de thérapeutique, 8 juillet 1890.)

M. Huchard est un homme bien avisé; dès qu’il trouve une porte ouverte il y entre et chante, comme Jean de Paris : Cette auberge est à mon gré, m’y voici, j’y resterai. « Beaucoup d’auteurs, dit-il, prétendent que la digitaline est douée d’un faible pouvoir diurétique. Il est probable que la diversité des résultats thérapeutiques obtenus, dépend non seulement du produit employé, mais aussi et surtout du mode d’administration. Je prescris la digitaline à dose massive, en une fois et pendant un jour seulement : 50 gouttes d’une solution au millième de digitaline cristallisée. » Qui pourrait dire combien il y a là de digitaline en poids ? C’est pour le coup que les disciples de Hahnemann triompheront. Depuis des années nous prenons la digitaline associée à la strychnine et à l’aconiline contre un arthritisme avec symptômes cardiaques, et, grâce à ce régime, nous voici arrivé à quatre-vingt-six ans. Parfois, à la digitaline nous ajoutons la colchicine : trois granules de chaque au demi-milligramme le soir au

coucher. 11 n’y a qu’un inconvénient : c’est de devoir me lever plus souvent la nuit pour uriner ; mais cela prouve l’efficacité du traitement. La diurèse chez le vieillard, c’est son fleuve de Léthé qui lui fait oublier son

TRAITEMENT ET MORTALITÉ DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE DANS LES HÔPITAUX DE PA-RIS.

(Société médicale des Hôpitaux, séance du 4 juillet 1890.)

Un membre, M. Merklin, a lu, au nom d’une commission, un rapport dont voici les principaux résultats statistiques :

« De 1866 à 1888, le taux moyen de la mortalité de la fièvre typhoïde a été de 17 à 19 p. c.

» De 1882 à 1888, de 14.1 p. c. ;

» De 1888 à 1889, de 13.5 p. c.

» Il y a donc un abaissement dans la statistique générale.

» Il était intéressant mais plus difficile d’établir la comparaison entre les statistiques particulières ; malheureusement, tous les médecins des hôpitaux n’ont pas cru devoir répondre à l’appel ; il n’a été possible de réunir que 21 statistiques, donnant un total de 916 cas, avec un taux de mortalité de 12.44 p. c.

» Ces malades ont été soumis à des traitements variés qui, dans certains services, ont été appliqués d’une façon continue et peuvent seuls être utilisés dans une statistique. Dans les uns on se contente d’intervenir dans les complications et de soigner les symptômes, c’est le traitement symptomatique ; dans les autres, on s’applique à prévenir ces accidents par l’usage d’une thérapeutique toujours la même : bains froids, antipyrétiques, antiseptiques, c’est le traitement systématique.

» Le traitement symptomatique a donné sur 1,065 cas :

» En 1888, 14.39 p. c. de mortalité; en 1889, 11.33 p. c. de mortalité; soit au total, 12.51 p. c. de mortalité.

» Le traitement systématique sur 323 cas :

» En 1888, 3.50 p. c.; en 1889, 11.28 p. c.; soit au total, 9.90 p. c.

» Si de ces chiffres on retranche les hôpitaux militaires et les hôpitaux

' MISCELLANI5ES

. d’enfants, dont les conditions vis-à-vis de la fièvre typhoïde sont spéciales, il reste :

» Traitement symptomatique, 14.15 p. c. de mortalité; traitement systématique, 9.90 p. c. de mortalité.

» Dans ce dernier traitement, on peut établir des sous-divisions, qui sont :

» 1° Emploi combiné des antipyrétiques et des bains froids : 11.97 p. c. de mortalité;

» 2° Emploi combiné de la quinine et des bains tièdes : 7.32 p. c.;

» 3° Emploi de la quinine dans les cas moyens et des bains froids dans ■ les cas graves : 10.83 p. c.

» Il est évident que la valeur se juge non seulement par le taux de la mortalité, mais aussi par la marche, la durée, les complications, etc., de la maladie. A cet égard les détails manquent. Ces statistiques n’ont qu’une valeur relative eu égard à ce quelles nembrassent ni une période assez prolongée, ni un nombre de cas suffisants. De plus, dans les hôpitaux civils, on a affaire à des malades qui viennent à une période trop avancée de la fièvre typhoïde pour que les méthodes de traitements préventifs puissent avoir un plein effet. Aussi est-on loin des statistiques de Brand, qui donnent 1 p. c. de mortalité sur 1,200 cas. Mais il faut tenir compte que Brand a pris ses malades dans la clientèle de la ville ou dans les hôpitaux militaires. »

Ce qui frappe dans ce rapport, ce sont les traitements, les uns symptomatiques, les autres systématiques, et nullement le traitement vital. Or, s’il y a une maladie où le principe vital doit être soutenu, c’est bien la fièvre typhoïde. Une mortalité excédant 10 p. c,'est évidemment trop élevée quand avec le traitement dosimétrique on arrive à une mortalité de 2 p. c. et même au-dessous.

Le rapport présenté à la Société des hôpitaux est donc la condamnation des deux traitements mis en regard. A quand donc le traitement dosimétrique? D r B.

I.’lODURE DE POTASSIUM A TRÈS HAUTE DOSE DANS LA SYPHILIS ANCIENNE.

Le docteur Haslund, de Copenhague, a préconisé dans ces derniers temps, le traitement du psoriasis par Tiodure de potassium à la dose de

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30 à 50 grammes par jour, que les malades, à sou dire supportent liés bien. Le docteur Wolf, de Strasbourg, a appliqué le traitement a quelques cas de syphilis tertiaire rebelles au mercure et à l’iodure de potassium aux doses ordinaires. Un de ses malades, atteint de syphilis maligne, présentait, un an après l’injection, une arthrite du genou avec ostéophyte, une altération de l’amygdale et un épuisement extrême.

L’iodure de potassium, employé d’abord à la dose de 3 à 8 grammes par jour, ne procura aucune amélioration. L’altération du pharynx augmenta même au point de nécessiter l’alimentation par la sonde œsophagienne, mais un résultat rapide fut obtenu lorsque les doses de médicament furent portées jusqu’à 50 grammes par jour, quantité que le malade prit pendant trois mois de suite. 11 consomma en tout, 5 kilogrammes d’iodure de potassium; et à la fin de ce traitement, sùn poids avait augmenté de 14 kilogrammes. Dans un autre cas de syphilis où quarante-deux frictions avec l'onguent mercuriel restèrent sans effet, le docteur Wolf dit avoir obtenu un bon résultat par l’administration de 30 grammes d’iodure de potassium par jour, pendant deux mois. Au bout de ce temps, le poids du malade avait augmenté de 10 kilogrammes 500 grammes. Pour éviter les phénomènes d’iodisme, il administra le médicament dans une décoction de riz qui neutralise l’iode métallique formé dans l’estomac. U combat la céphalée iodique par l’antipyrine.

Tout cela fait voir que les hautes doses d’iodure de potassium ne sont pas sans inconvénients. Au reste, ce traitement avait déjà été préconisé par le docteur Melsens, à Bruxelles, contre le mercurialisme. 11 est constant que l’iodure de potassium est un puissant moyen de drainage et renouvelle ainsi complètement les humeurs du corps. L’appétit étant augmenté, l’embonpoint augmente. Dans notre service à l’hôpital civil de Gand, nous nous sommes bien trouvé de l’iodure de potassium à doses croissantes, jusqu’à 20 et 30 grammes par jour, dans les cas de tumeurs glandulaires. Nous le donnions dans de l’eau distillée. La précaution du docteur Wolf de le donner dans de l’eau de riz est bonne, parce quil se forme ainsi un iodure d’amidon qui est inerte.

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