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VI

TRAITEMENT DE LEMPOISONNEMENT PAR LES CRDSTACËS : MOULES, ÉCREVISSES, ETC.

La saison d’été, où les moules et les écrevisses entrent pour beaucoup dans l’alimentation, donnent lieu à de nombreux empoisonnements. Nous venons d’en observer un formidable chez une dame qui, pour avoir mangé des moules à son souper, a été prise, au milieu de la nuit, d’un gonflement érythémateux de tout le corps, avec resserrement au gosier et sputation, comme s’il s’était agi d’une hydrophobie. Le pouls était très déprimé et la peau brûlante, couverte d’ampoules, comme dans l’urticaire. Ne voulant nous servir du tartre émétique à cause de la.constriction de la gorge, nous avons eu recours à la strychnine, la vératrine, l’acdtiitine', la digitaline, un 'J/2 milligramme de chaque, un granule toutes les dix minutes. La défervescence ne larda pas à se faire, par la diurèse et la diaphorèse; le pouls se releva et devint souple et la malade s’endormit tranquillement et se réveilla parfaitement remise au matin. Pour provoquer l’élimination du poison, nous lui fîmes prendre une double dose de Sedlitz Chanteaud. On voit par là la puissance des alcaloïdes défervescents donnés jusqu’à effet thérapeutique. La vératrine agit sur la peau, comme la digitaline .sur le cœur et les reins. La strychnine relève le système neryeux de sa stupeur et laconitine régularise la circulation en dégorgeant le système capillaire. Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir une méthode plus sûre, plus rapide et plus commode. Il n’y a dans ce traitement rien de spécifique, puisque nous ne connaissons pas la nature du poison. Les uns prétendent que ce sont de petites étoiles de'mer, dont, à certaines époques de l’année, le mollusque ne s’est pas dégorgé. D’autres parlent de microbes. Mais ce qui importe, c’est l’application du remède physiologique afin que tout rentre dans l’ordre. Qu’il y ait intoxication, c’est incontestable, l’effet étant instantané, c’est-à-dire une fermentation des humeurs, mais il faut également admettre le trouble vital. C’est ce qui doit diriger le traitement. Les évacuations par le tartre émétique sont trop pénibles pour ne pas ajouter à l’anxiété des malades, mieux vaut donc commencer par le trouble vital, sauf à évacuer ensuite par en bas le restant du ferment. C’est ce qu’on fait par le traitement que nous venons d’indiquer.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

EMPLOI DE LA PHÉNACÉTINE DANS LA ROUGEOLE COMME ABORTIF, PAR LE DOCTEUR WANGH.

(The Times ancl Register, Philadelphie, 17 mai 1890.)

L’auteur cite une expérience singulière (sic) faite avec la phénacéline : Une petite fille de quatre ans avait eu la rougeole, accompagnée d’une violente pulmonie catarrhale. Elle commençait à entrer en convalescence, quand sa plus jeune sœur présenta des symptômes de rougeole. On lui administra la phénacétine à la dose de 10 centigrammes, avec 3 centigrammes de poudre de Dower, à prendre toutes les deux heures. Le lendemain, les symptômes morbides avaient disparu ; la température de la petite malade était redevenue normale et l’enfant joua et mangea comme d’habitude. Le lendemain elle eut de nouveau la fièvre, éternua et toussa, mais après une nouvelle dose des médicaments précédents, -ces symptômes disparurent.—Une autre petite sœur, âgée de six ans, présenta également les symptômes précurseurs de la rougeole, qui furent enrayés grâce au même traitement. Aucun d’elles n’avait eu la rougeole auparavant. L auteur ne peut affirmer d’une façon absolue que la phénacétine ait fait avorter la rougeole dans ces cas, mais d’après les résultats obtenus, il conclut quon devrait préconiser ce remède et l’essayer sur une large échelle.

Ces faits confirment ceux du Répertoire quant à l’avortement des fièvres éruptives. Déjà Boerhave avait mentionné des variolœ sine variolis. Nous rappellerons le cas suivant : Une dame de nos connaissances avait été faire visite à une de ses amies; comme elle avait avec elle sa petite fille de six ans, elle la laissa dans le salon d’en bas, pendant sa visite à l’étage, où se trouvait son amie donnant ses soins à son enfant atteint de scarlatine, laquelle régnait à l’état endémique dans le quartier. Le soir, elle coucha sa fillette comme d’habitude, mais dans la nuit lofant s.e réveilla avec un mal de gorge et la face rouge. Ayant été appelé au petit jour, je constatai les signes d’une scarlatine débutante et après l’explication de la mère, je lui dis que c’était elle qui avait transmis la contagion, ce qui l’étonna fort. J’ordonnai des cataplasmes vinaigrés autour du cou, un bain de pieds et des granules d’aconitine au demi-milligramme

à prendre de quart d’heure en quart d’heure, et un granule de brucine toutes les heures, contre la parésie. Ce traitement, suivi pendant toute la journée, en éloignant successivement la prise des médicaments, fit tomber la flèvie et le mal de gorge disparut. La mère, comme si elle voulait dégager sa responsabilité, me dit en riant : « Vous voyez bien, docteur Tant-Pis ! »

A quoi je répondis : « Attendez, et dans quelques jours la desquamation se fera. » Ce qui eut lieu, en effet, parce qu’il y avait eu intoxication scar-

Mais, dira-t-on, l’éruption? Nous répondrons que c’est un épiphénomène de la fièvre, et celle-ci ayant disparu, celle-là n’a pas de raison d être.

Une autre fois, il s’est, agi d’une épidémie de rougeole qui régnait a Tournai et aux environs. La plupart des enfants mouraient et la consternation était générale. M. Duroy de Blicquy, bourgmestre de la commune de ce nom, vint se réfugier à Gand, chez sa belle-mère, avec sa jeune famille, composée de cinq enfants, dont l’ainéc, une fillette de douze ans. Comme j’étais le médecin de la maison, on me pria de venir. Il faut dire que M. Duroy de Blicquy était un éleveur, et que déjà il avait eu recours à la dosimétrie pour ses animaux, entre autres un jeune poulain atteint dune névrose du cœur, laquelle avait cédé à la digitaline et la strychnine. Il me demanda si je ne pouvais pas appliquer ma méthode à ses enfants au cas où ils eussent la rougeole. Je lui répondis que s’étant trouvés dans le foyer de l’épidémie, probablement ses enfants l’auraient à leur tour, mais que, le cas échéant, nous les traiterions dosimélriquement, s’il en prenait la responsabilité vis-à-vis de la famille, car cétait au début de la méthode et des confrères charitables criaient à 1 empoisonneur ! Il me répondit qu’ayant constaté par lui-même l’efficacité des granules dosimétriques, il me donnait carte blanche. En effet, l’aînée commença à se plaindre et à présenter les symptômes avant-coureurs de la rougeole. Immédiatement je fis donner la vératrinc : un granule tous les quarts d heure (C’était à neuf heures du matin.) A midi, les symptômes ne s’étant pas amendés, je fis continuer le traitement, après avoir fait donner un lavement de fleurs de tilleul. A ma visite du soir rien n’avait encore apparu, mais la peau commençait à se couvrir d’une légère moiteur. Je fis continuer les granules — qui avaient déterminé des nausées et recommandai à la garde-malade de s’arrêter dès que la fièvre serait tombée—ce qui aurait lieu probablement vers minuit. On fit boire à l’enfant du thé de tilleul et de temps à autre une cuillerée de bouillon clair. Ce que j’avais prédit eut lieu : quelques piqûres rubéoliques apparurent à la face, au cou et la fièvre tomba. Il n’y eut pas de convalescence. Les autres enfants eurent tour a tour une rougeole commençante, qui fut jugulée par la vératrine. Au plus

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

jeune, un fort garçon de quatre ans, je dus donner l’émétine, pour combattre une broncho-pneumonie menaçante. .

On voit par tous ces faits que la jugulation de la fièvre éruptive n est pas une supposition gratuite. Ce qui est certain, c’est que les germes lèvent comme la semence dans un sol rafraîchi par une pluie printanière. Les faits sont des faits, qu’on ne discute pas. Ils peuvent manquer, non a cause des médicaments, mais de leur mauvaise qualité ou leur administration maladroite.

ÉTUDE PVTHOGÉNIftüE THÉRAPEUTIQUE SUR LA DILATATION DE LESTOMAC ET SUR SON INFLUENCE DANS LA NÉVROST11ÉNIE DES DÉSÉQUILIBRÉS DU VENTRE, PAR BLANC-CHAMPAGNAT.

Le mot déséquilibrés du ventre est joli. Autrefois on se- contentait de de dire les « ventrus », mais la politique les a évincés. Pourquoi à l’âge de retour (de quarante à cinquante ans) fait-on du ventre ? Parce quon la trop bien soigné. Si l’on était sobre, cela n’arriverait pas. Mais enfin, quel est le remède ou plutôt le régime? L’auteur, dans la patliogén.e des troubles névrosthéniques repousse complètement la théorie (très séduisante, il est vrai) de M. Glenard sur l’entéroplase et ses conséquences,^ pour admettre la théorie de M. le professeur Bouchard sur le rôle palhogémque de la dilatation de l’estomac. Il regarde la théorie nerveuse comme insutlisante et incapable d’expliquer les cas où les symptômes dyspeptiques ont réellement précédé les symptômes nerveux. Dispute de mots — ou le '.distinguo de Thomas Diafoirus. Le tube gastro-intestinal s’est déséquilibré a force d’être distendu. Il faut donc en arriver à un régime sobre, a 1 usage journalier du Sedlitz Cbanteaud, le matin, à jeun, et le soir — au couc er

la strychnine, l’aconitine, la digitaline, pour équilibrer les trois systèmes

organiques nervoso-musculaires, circulatoires et sécrétoires.

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