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INJECTIONS SALINES DANS LES VEINES, DANS LE COMA DIABÉTIQUE

PAR LË DOCTEUR DICKENSON.

(Société de médecine de Londres, mai 1890.)

L’auteur cite le cas d’une femme de 23 ans, diabétique au plus haut degré, sur laquelle dans une attaque de coma, il a fait une injection intraveineuse d’une solution de chlorure de sodium, chlorure de potassium, sulfate, phosphate et bicarbonate de soude. Il injecta d’abord en une heure trois litres de solution dans les veines des bras : dix minutes après l’opération, la malade reprit connaissance et parla à ceux qui l’entouraient. Le lendemain, le coma éLait aussi profond qu’avant l’injection. II introduisit alors dans les veines de la jambe, deux litres de solution, et il constata une diminution de la lividité et une augmentation dans la force du pouls. La malade reprit connaissance, mais au bout de neuf heures-, elle retomba dans un profond coma, qui cette fois se termina par la mort. L’autopsie fit voir une congestion veineuse de la plupart des viscères avec fluidité du sang.

Réflexions. — Ce n’est pas la première fois que les injections salines intraveineuses ont été faites. Ainsi dans le choléra indien, durant la période asphyxique, on a cherché à ranimer la circulation. Il y a eu des réussites, mais aussi de nombreuses déceptions. On comprend ces injections dans le choléra où le sang est épais, poisseux, mais plus difficilement dans le diabète où le sang est appauvri de ses matériaux albuminoïdes. Le coma diabétique est plutôt dû à l’anémie cérébrale. C’est donc à la transfusion du sang qu’il faudrait recourir, en ayant soin de donner en même temps les

MISCELtANBES

excito-moteurs et les hémapoïétiques : arséniate de strychnine, arséniate de fer, comme nous en avons cité un cas dans une hémorragie traumatique, La médecine ne doit pas être une experientia in anima vili, mais une thérapeutique physiologique.

CORRESPONDANCE

12 février 1890.

Cher et vénéré Maître,

Les nombreux malades, les travaux et les embarras de toute sorte, et les fatigues m’avaient empêché de terminer un petit travail que je voulais vous adresser avec mes vœux de bonne année.

Votre carte et votre petit mot m’ont confondu.

C’était à moi de vous prévenir, cependant je voulais faire-droit à votre demande. Ce n’était qu’une trop juste réparation.

Mais je n’avais plus de photographies.

Il m’a donc fallu poser chez le photographe. C’est la seule manière que je me permette.

J’ai beaucoup de notes et des travaux en chantier.

Malheureusement, pour rédiger, le temps me manque.

Il faudrait un peu négliger la clientèle — surtout celle des campagnes... Et vous le savez — la clientèle, c’est le pain du médecin et de sa famille. Et on nous le dispute si cruellement, si malhonnêtement ce pain quotidien, à nous dosimètres.

Mais je travaille toujours sans perdre courage.

J’étudie, je fais venir des revues, des livres. Je suis attentivement tous lés travaux des maîtres de tous les pays.

Je les annote, je les critique. J’espère qu’un jour verra paraître ces notes et ces critiques.

Je ne me presse pas de paraître en public.

Que d’écrivains auraient gagné à se taire!

Que de maîtres ont regretté leurs premiers écrits!

Surtout dans les sciences expérimentales, la patience est bonne conseillère.

Que d’erreurs enseignées par Broussais!

Que reste-t-il de son œuvre?

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

Que d’écrits postérieurs déjà oubliés !

Nos maîtres du siècle dernier n’agissaient pas aussi légèrement.

Ils enseignaient avec moins d’aplomb, mais avec plus de sagesse.

Stahl est resté un maître qu’on lit toujours avec profit, et Sydenham et Hufeland !

Pinel publiait la 6 e édition de sa monographie philosophique en 1818, à lage de 73 ans.

Il avait plus d’expérience que Broussais. Il s’appuyait sur des faits au lieu d’inventer des théories.

Et vous, vénéré Maître, avec vos 84 ans, vous nous enseignez encore chaque jour des choses utiles à l’humanité.

Vous nous donnez l’exemple de l’expérience, du travail et de l 'activité.

C’est ce qui me fait rougir.

Je m’en confesse.

Je suis sûr que vous pardonnerez à votre disciple de la première heure.

Veuillez agréer, cher et vénéré Maître, avec mes sentiments de reconnaissance, mes vœux les plus ardents de vous avoir longtemps encore à notre tête.

» F.-N. Lelièvre.

Réflexion. — Il faut admirer ces médecins de campagne, consacrant leur peu de loisirs à se tenir au courant de la science.

l’asthme des foins, pathogënie et traitement, par le docteur dreyfus-brisac. (i Gazette hebdomadaire de médecine et chirurgie, mai 1890.)

Le temps de la fenaison ramène une affection propre aux pays d’herbages, comme le canton de Vaud, en Suisse, la Hollande et la partie avoisinante de la Belgique. Cette affection, souvent très rebelle, est marquée par des accès d’éternuements qui finissent par dégénérer en asthme! Parmi les traitements en usage, les uns ont pour objet de prévenir et rompre les accès : quinine, etc.; les autres de modifier des idiosyncrasies, notamment les arséniates. Le docteur Dreyfus ne parle de rien moins que de la cautérisation galvanique des fosses nasales et même l’excision des cornets hypertrophiés ou ulcérés. Parmi les moyens internes, il cite le valérianate

de zinc, l’assa-fœtida, la belladone, elc. L'hydrothérapie est recommandée par M. Fleury. Des embrocations de glycérine et de cocaïne (au 40 8 ) auront pour effet d’insensibiliser la muqueuse nasale, sans lésion matérielle comme les moyens chirurgicaux énoncés plus haut. On se servira à cet effet d’un pinceau de blaireau introduit le plus haut possible. On fera bien de renifler la solution dans la paume de la main et on placera dans chaque narine un opercule de ouate imbibé de la solution. Quant au traitement antifébrile, l’arséniate ou l’hydro-ferro-cyanate de quinine sont indiqués : deux à trois granules de chaque toutes les heures.

Inutile de dire que r quitter le pays pendant la période de la fenaison est souvent une nécessité. D r B.

NOTE SUR LACIDE URIQUE ET SUR LES DÉPÔTS QUIL FORME DANS l’uRINE,

par le docteur j. roberts. (. Lumician lectures.)

(Royal College of Physicians.)

Souffrant nous-même du côté des voies urinaires, on comprend que cette note a dû appeler notre attention ; nous allons donc la reproduire avec commentaires.

« La présence de l’acide urique dans l’urine de l’homme est, en quelque sorte, une anomalie, car il n’est pas nécessaire pour l’élimination des principes azotés. L’urée constitue un véhicule bien plus approprié à l’évacuation des produits de ce genre dans une urine liquide, comme celle des mammifères. Peut-être l’acide urique n’est-il qu’un vestige de ce qui constituait l’état normal des ancêtres de l’homme, dans la série animale. (Darwin.)

» Quoique insignifiant au point de vue physiologique, l’acide urique présente une importance considérable en pathologie, et cela grâce surtout à la manière dont il se comporte dans les milieux liquides où il tend à former des concrétions. Toute urine donne un dépôt acide au bout d’un laps de temps qui varie de quelques heures à cinq ou six jours. Geci semble indiquer que la gravelle n’est que l’exagération pathologique d’un état normal. L’acide urique (11*11) est un acide bibasique qui forme trois orfipes dp, sels, les urafes neutres, (M*U),. les urates acides ou biurates

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

(MHU, H’U) découverts par Bencé Jonés. Les urates neutres ne se trouvent jamais dans l’organisme animal et sont simplement des produits de laboratoire. Les biurates existent dans les concrétions goutteuses et sont toujours signe d’un état-pathologique. Les quadrurales en revanche, sont les sels physiologiques'de l’acide urique. C’est exclusivement sous cette forme que l’acide urique existe en solution dans l’urine normale. L’excrétion urinaire des serpents et des oiseaux se compose entièrement de quadrurates. Par l’action de l’eau ils se décomposent en acide urique libre et en biurates (MHÜ, H 2 Ü + A 2 = H 2 Ü + MHÜ). Dans l’urine acide, les quadrurates se trouvent toujours en présence de l’eau et des superphosphates, de sorte que l’acide urique doit, une fois ou l’autre, devenir libre. La précipitation immédiate de l’acide urique est empêchée par la présence des substances salines et des pigments urinaires.

» Les conditions qui favorisent la précipitation sont à un haut degré d’acidité, la pauvreté de l’urine en matières salines et en pigment, la présence d’une grande quantité d’acide urique. »

Commentaires. — Nous ferons remarquer que le régime influe sur la production de l’acide urique, ainsi le régime animal plus que le régime végétal, mais ceci regarde seulement les calculs uratés. Le régime végétal donne lieu à l’acide oxalique et par conséquent aux calculs durs ou d’oxalate de chaux. Dans le cours de notre carrière chirurgicale, nous avons pratiqué cinq fois la taille périnéale sur des-enfants de 5 à 10 ans, nourris principalement de substances féculentes et saccharines.

Le docteur Harrisori, chirurgien de la marine anglaise, dans la discussion à laquelle la note du docteur Maw Roberts a donné lieu, a rappelé que le sel est un préservatif contre les calculs qui sont communs dans l’Inde, précisément par manque de cette subslance dans l’alimentation. Cependant, ceci est un fait véritable. Le docteur J. Johnstone, qui a exercé la médecine pendant vingt ans dans différentes parties de la Chine, a observé que les calculs vésicaux sont rares à Shangai et très fréquents, au contraire, à Canton, et cependant le-régime varie peu entre ces deux régions : le Chinois des basses classes mangé surtout du riz et ne boil pas de vin.

Il faut encore tenir compte de l’hérédité. Les accidents uriques dont nous souffrons, est un fait d’atavisme; et s’ils ont tardé à se déclarer à l’époque où ils se dessinent ordinairement, c’est grâce à la trinité dosimétrique, arséniate de strychnine, aconitine, digitaline et le sel de magnésie. Les deux opérations de lithotritie que nous avons subies à quatre années d’intervalle, y ont contribué. Voltaire disait : « Mon miracle est d’exister » (à 82 ans) ; nous dirons : « Notre miracle est la dosimétrie »

(84 ans). Une saison à Kruznach, dont les eaux sont bromurées et iodurées a amené une amélioration à notre arthritisme.

GLIII

MASSAGE ET MOBILISATION DES FRACTURES, PAR LE DOCTEUR LUCAS-CHAMPIONNIÈRE.

Ce traitement comprend :

1° Le massage immédiat et continu dans les fractures susceptibles de peu de déplacement et dont le déplacement gêne peu les fonctions du membre fracturé ; le radius ou le péroné, occupant le voisinage des articulations : fractures partielles du coude, du col de l’humérus, des condyles du fémur et des fractures sus-malléolaires.

Nous ferons remarquer, tout d’abord, que ce sont celles qui gênent le plus les mouvements et même les rendent impossibles.

2° Massage avant de mettre le membre dans l’appareil : fractures du poignet avec grande mobilité, fracture sus-malléolaire de l’extrémité supérieure de l’humérus.

Que devient alors le 4°?

3° L’appareil ôté au bout de deux à trois jours pour un massage méthodique pour réunir ; et ainsi chaque fois, pour les fractures qui n’ont que peu de tendance à la mobilité : jambe, bras, avant-bras, avant-bras surtout.

Mais ce sont au contraire celles-là qui sont les plus difficiles à contenir.

4° Immobilité pendant quelques jours, au bout desquels la somme des soudures est assez considérable pour qu’on puisse enlever l’appareil et pratiquer le massage. Dans certains cas, il faut remettre l’appareil pendant un certain temps après la séance de massage : dans les fractures de l’extrémité supérieure et de l’extrémité inférieure de l’humérus.

Toujours l’incertain pour le certain. Quelques jours! un certain temps!

El pour conclure, les avantages suivants (selon l’auteur) : disparition rapide de la douleur, — rétablissement presque immédiat de la fonction du membre — disparition du gonflement et rapidité extrême de la formation du cal ! ! !

Revenons-nous au temps des rebouteurs?

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

En vérité, c’est à ne pas y croire !

Est-ce parce que les appareils ouatés sont simples et font disparaître immédiatement l’effet de la fracture, sans gonflement ni douleur, que M. Lucas de la Championnière veut y renoncer? Quel est le chirurgien qui voudra prendre sur son temps et sa responsabilité de semblables expériences? C’est bon dans les hôpitaux où la surveillance est'de tous les instants. Et encore! Nous ne contestons pas; nous ne faisons qu’exprimer nos doutes.

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