MONSEIGNEUR DE CHEVERUS
Monseigneur Lefebvre de Cheverus, premier évêque de Boston, ne s’occupait pas seulement de son troupeau de fidèles, mais il entretenait les meilleures relations avec nos frères séparés, qu’il attirait par ses maniérés de gentilhomme, et en qui il s efforçait de détruite les absurdes préjugés religieux dont le puritanisme les avait saturés. La lettre inédite suivante se rapporte manifestement à cet aspect de sa carrière apostolique:
The Rev. Thomas Carliste,
Salem.
Boston, May 13 th, 182.x.
Rev. Sir:
I hâve the honour to send you Milner s letters to which he refers in the préfacé of his "End of Controversy Please to accept of them with my earnest prayers for the restoration of your health and the assurances of the sincere respect with which I remain ,
Rev. Sir,
Your ohedient and humble servt.
John Cheverus,
R. C. Bishop.
Permit me to présent my best respects to A\rs. Carliste.
[traduction]
Révérend Monsieur:
J’ai l'honneur de vous faire tenir les lettres de Milner auxquelles celui-ci réfère dans la préface de sa Fin de Controverse. Veuillez, s’il vous plaît, les accepter avec mes ferventes prières pour votre retour à la santé, et l’assurance du sincère respect avec lequel je demeure, révérend Monsieur, votre humble et obéissant serviteur.
Jean Cheverus,
Evêque catholique romain.
Permettez-moi de présenter mes meilleurs respects à Mme Carlisle.
Et voici autre lettre de ce grand Evêque, dans une note bien différente. Ce n’est plus le controversiste qui parle, mais le père et l’ami. L’adresse porte:
Archevêché
de Bordeaux Mr. John C. Walley ,
Boston, U. S.
Bordeaux, le 14 avril 1830.
My dear godson:
Y ou ivere so y oun g when I left that y ou can but hâve a faint remembrance of me, but still you know me, for I am often the subject of conversation in your dear family. I hope, my dear, that you grotv every Jay in u isdom as well as in âge. I shall be happy to receive a letter from you, to know what you are doing. You u ill, I am confident, be the corn fort of your dear and respected parents.
I remain with patentai affection,
Your friend and godfather,
John, Archbishop of Bordeaux
Si
Autres Lettres Inédites de Mgr de Cheverus
[traduction]
M. John-C. Walley, Boston.
Mon cher filleul,
Vous étiez si jeune quand je vous ai quitté que vous ne pouvez avoir de moi qu'un vague souvenir; vous me connaissez cependant, car je suis souvent le sujet de la conversation au sein de votre chere famille. J espère, mon cher, que vous croissez chaque jour en sagesse aussi bien qu’en âge. J aurai plaisir à recevoir une lettre de vous, à apprendre ce que vous faites. \ ous serez, j’en suis sûr, la consolation de vos chers et respectés parents.
Je demeure avec paternelle affection,
Votre ami et parrain,
Jean, archevêque de Bordeaux.
Touchante missive. Quel jour elle jette sur la tendre nature de celui que dans un poème lu dans le King's Chapel — forteresse du protestantisme d’alors— en 18x5, le jour anniversaire de la naissance de Washington, James Freeman Clarke appelait "un saint.
Qui était ce jeune Walley auquel l’ancien Evêque de Boston portait tant de sollicitude? Appartenait-il à une famille d’origine catholique? Ses parents n’étaient-ils pas plutôt des convertis? Cequiestcertain, c’est qu’il était le filleul de l’évêque. Il n’est pas moins sûr, d’après le ton de cette lettre, que Monseigneur de Cheverus, grand par l'esprit, savait aussi, selon une jolie expression, ‘‘se gouverner selon les lumières du cœur." — Et cela nous rend sa mémoire plus sympathique et deux fois bénie.