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^,.,|-Ç3 grands ouvrages d^ thçâtre d'u^ç part, d^ Jl'autjre les bluelles, voilà, de i^os jours, les sçulg iijîobiies des répulalions musicales ;..jl faut s'atla^ cher soit à l'anneau supérieur, §pU.à Tar^neau infé'rieur, si l'on veytse Irouvç?:^^ vi^^; c'est ur^p chaîne assez semblable^ à la^ dan§ç provençale appç.lée fqrandoide; on n'en ^pprçjpjt distinctement que la lêtç et la queue, tout je. r,este ne s'obseryant qu'en masse et avec une^orte de confusion. 11 ne serait pas cependant forf diOîcile de prouver qup le, compositeur d'église, le théoricien, le professçi^f SiBh^m ^ps^?Jf^F/9ift# »9i^.?; cligna, 4^. quel-
( 324 ) que attention ; je ne crains donc pas d'appeler celle des artistes et des amateurs sur un célèbre musicien bolonais dont je ne sache pas que jusqu'à ce jour V éloge ait été prononcé dans F Académie des Beaux-Arts de Paris, bien qu'il fût correspondant de cette Société, et qu*à ce titre il eût droit au panégyrique accoutumé,
Stanislas Mattei naquit à Bologne le 10 février 1750. Son père, Giuseppe Mattei, pauvre et honnête artisan,, exerçait J'état de forgeron ; sa mère- se nommait Teresa Boisari. Stanislas ne reçut dans son enfance d'autre instruction que celle des écoles de charité, savoir : les éléments de la langue latine et de l'arithmétique. Ce fut cependant un grand bonheur que son père, malgré sa pauvreté, consentît à ce qu'il fréquentât ces classes et ne prétendît pas, ainsi qu'il arrive trop souvent, tirer parti de son fils en lui apprenant son métier dés l'âge le plus tendre et en employant ainsi tout ^on temps : il pensa fort sagement que l'exercice d'une profession mécanique n'exclut pas la nécessité d'acquérir au moins une instruction vulgaire. Ce n'est pas sans dessein que je fais cette remarque; on voit encore trop souvent, même dans les pays les plus civilisés, les artisans s'inquiéter peu de faire apprendre à lire et à écrire à leurs enfants, pourvu que le travail de ceux-ci augmente de quelques centimes le salaire de la journée : l'extrême misère peut seule atténuer leur tort; mais, pour rentrer dans le sujet de cette notice, il est digne
d'observation que la nécessité de Téducation pri^ maire pour les ouvriers ait été une opinion à peu près générale parmi les Bolonais du siècle dernier. Au reste, le bon sens de Giuseppe le servit bien en cette occasion, car Stanislas montra tout aussi KM de l'application et du goût pour l'étude , en sorte que dès l'âge de huit ans il était remarqué parmi ses jeunes camarades.
Ses dispositions pour la musique ne tardèrent pas non plus à se manifester, et purent presque aussitôt, par suite de circonstances favorables, se développer sans aucun obstacle. A cette époque l'ordre des Mineurs conventuels, appelés aussi Franciscains ou Cordeliers, occupait, à Bologne, le beau couvent de Saint-François , et dans la belle et vaste église qui en dépendait il y avait tous les jours messe et vêpres en musique, sans parler des fêtes où s'exécutaient des morceaux de grande dimension, le plus ordinairement avec orchestre et à grand nombre de voix -, il y avait quelquefois jusqu'à quatre chœurs. A peine Stanislas sortait-il de l'école, tant au milieu du jour que le soir, qu'il courait à Saint-François entendre Toffice. Du haut de la tribune où il battait la mesure, le père Martini remarqua l'assiduité de l'enfant et l'intérêt avec lequel il paraissait écouter la musique ; il le fît venir, le questionna, reconnut ses heureuses dispositions, et l'admit bientôt au nombre de ses élèves en lui offrant toute facilité pour entrer dans son ordre comme novice, et se chargeant à cet égard de toute
••«■^Tàîl^ytt^i norftMël'^H^é Saint-François flem ibgW(/,' on Iri'e jiëftnëtT^h ll'dWvWr ici une pai^èrrtlië^ '{)Our dire que cet immdhse viiis!s6nii, prés(^ub'àli5?s'î "^grand què'tl^ëfui d\^'S. Pëtrbhib h'e% mô'fce Vilfé, 'ffiîFt'àuj(^trW^hui de dépôt a h 'doïiarie ; les^cFiapenés latérales sontdevenues des écuries, les porlesontet% %iirées. lés vitrés dés fenêtres bi^isées, l'e's peintu- "Hêsanéîirifies*j3ar manque dé s6ïn et d*ehtrélien ; il e*st inutile 'd'.'rjouter que l'églîse à ét'é entière toenï "d^floliilléè et 'que 'nombre de 'itionumeYîts "(ïù'i s*y "tVo'iAaic^nt'oht dispar^u ou bien ont idlë'mutnés. Xfe's 'conquêtes et les réVëliitîoris'péàVent êt'rè ùrle fort telle chdse, mais il faut pou'r cela quVlles n*érit'ràî- ''fretit point la destruction ou là détérioration 'àës 'pîùslreàux et dës'plus t^e^pectabiès édifices. Falîaitil donCcIbsôlufriènt prendre u fie églr^c *jî)blfr y |ljïid- ^?er 'la^dôùarie? 1\''V avait-il "iVs dans^'ute ï'etendiié 'delà ville dés bâtiments h tous égards ]^Ws cbhVenal)'les pour une tefle déstîtiatiort? Àh ! si IVs 'gefns d^g^oû^ et 'de sens eussent été consultés il y a ([jiîjrfr^nte ans à cesujet : G'artlez-VôusVsé seValênl-ll's '^ë(^rife iÎjVî'cinin*iément,'^àrd^éz-vous de fermer Saiht- Fi^an^()'is'! S'ils l'étaient aujourdnuï : Rouvrez vite Sainl-François, envoyez promener douane et doîianTei^s, diraiéhi-ilstbut d'iirîe voix. Tel éstauss!^ nie dit-on, le voeu formel de S. S. te phpe Gr-ég'^îre XVI, et il a plus d'uhe fdi^ témoigne ses ïn tentions éh ce sëtiè : ptiissent les ci rcérls tancés lui 'permettre 'de
Hâtëf cette (ogWi'é' dê'^ réparation (1), digne d'iin pontife ami des beaux-i»rls !
Ainsi placé sôus la protection du F. MafiitH, Stanislas revêtit Th^bit religieux, et, pénétré d'urië piété sincère et tiendre, telle que son maître était digne de l'inspirer, il prononça ses vœux à l'âge de seize ans et continua de s'adonner a l'élude de la philosophie, de la théologie, et plus particulie»remenl de la musique. Ses progrès dans la composition furent tels qu'il devint bientôt Taccompagnaleùr du couvent et fil i ensuite désigné par Martini, tant pour le remplacer dans les leçons qu'il donnait à une quantité considérable d'élèves que pour battre la mesure à l'église loisque sa santé, devenue mauvaise, ne lui permettait pas de remplir les fonctions de maître de chapelle.
Cependant Mattei n'avait pus négligé les études ecclésiastiques; il fut ordonné prêtre sitôt qu'il eut atteint l'âge fixé par les canons, et dès lars il ne cessa de remplir avec, la; plus scrupuleuse exactitude les nouveaux devoirs de sa profession, passant des journées entières à son confessionnal vers lequel accouraibnt quantité de gens attirés surtout par la piété, la simplicité, la droiture et le désinléressentent dia jeune franciscain. Il fut riiêrne dès cette époque le confesseur de plusieurs personna-
• >; t >ihjlo/Vi ;.l
J'^fl) Cet espoir qoe je Tnanifcstais en 1839 a été eTtaiicé : il y â dexik ans Saint-François a repris sa première déstinalion et à été rendu aux MineUrS (î^oiiveuluels dc Bologne. '-^
ges marquants en divers genres; son maître, devenu son frère et son ami, se mil sous sa direction spirituelle, et à sa mort, arrivée le 3 août 1784, il eut la consolation d'être assisté au moment suprême ûar le plus cher et le plus reconnaissant de ses élèves, qui ne le furent pns tous à beaucoup prés. Avant de mourir, le P. Martini prononça ces mots qui furent les derniers : Je sais en quelles mains lombeiU mes livres el mes papiers. C'était faire de son élève le plus bel éloge (1). Mattei avait étudié sous le P. Martini et vécu avec lui pendant dix-liuit ans , dans une lettre au P. Délia Valle, Téléve, après avoir
(1) Dans un article tiré de celui-ci , M. Fétis ( Sio^rap/r/t' universelle des musiciens) fait à ce propos la remarque suivante : tt Je ne sais si Mettei justifia la confiance de son maître dans le sens qu'il y attachait; car un tel legs ne pouvait être fait que dans le but de la continuation de ses travaux el surtout du quatrième volume de l'histoire de la musique , dont le P. Martini s'occupa jusqu'à ses derniers moments : or son élève , qui peutêtre comprenait sou insuffisance pour un semblable travail , n'en a pas publié une ligne , quoiqu'il ait survécu trente-neuf ans ( il fallait dire quarante et un) à son maître. » Je ne crois pas que Martini ait jamais supposé que Mattei continuerait son histoire; un tel travail ne convenait nullement à celui-ci. Les travaux qui deyaient former le quatrième volume, que j'ai eus sous les yeux rt que j'ai attentivement examinés, ne demandaient que les soins ordinaires d'un éditeur; mais, sans parlei de la dépense d'iuie telle publication , il faut songer que les événements amenés par la révolution française la rendirent bientôt impossible. Au reste , ce que Martini paraît avoir eu surtout en vue , c'est que ses ma nuscrits ne fussent pas mis au pillage et que d'autres ne s'attribuassent pas ce fruit 4e «^es Jal^orieuses recherches
( 329 ) raconté les circonstances de la mort de son maître, ajoute ces paroles d'une simplicité vraiment touchante ; « Depuis dix ans il était mon confesseur et j'étais le sien; j'ai toujours eu lieu d'être édifié de sa conduite vraiment chrétienne et religieuse, et plût à Dieu que j'en eusse profilé. Pensez quelle doit être ma douleur en perdant un maîue qui a été véritablement pour moi un père et im ami. J'ai passé avec lui dix-huit années et j'étais seul présent à sa mort, mais j'espère qu'il est dans le. ciel, il n'est donc pas perdu pour moi. »
Quelles que soient les opinions religieuses que Ton professe, il me semble difficile de n'être pas ému parce tableau de deux bons moines dont l'un a élevé et instruit l'autre, qui en avançant en âge devient son émule en vertus et eu talents; ils vivent ensemble dans la plus parfaite union, s assistent au spirituel comme au temporel, versant dans la couscience l'un de l'autre leurs plus intimes secrets: entre eux la confession n'est qu'un nouvel épanchement de l'amitié; et si l'un quitte cette terre, il semble ne partir le premier que pour préparer la place de son ami auquel il a donné rendez-vous dans l'éternité.
Après la mort du P. Martini, le P. TMattei prit la direction du chœur de musique de Saint-François ; le général de l'ordre, sur la demande du titulaire. Pavait nommé à cet emploi dès 1770^ quand il n'avait encore que vingt ans ; le P. Martini avait pris cette précaution connaissant bien le caractère de
( tio )
Matteî qui se serait facilement laissé écartétjiàr àèh ihlrigants dont l'activité dissimule en quelques cas et ppiir quelque temps la nullité et rignoràiiéë^ ignobles charlatans de l'art que l'on rencontré pkt* tout, dans les cloîtres comme ailleurs, et qui n'atfraient pas manqué d^àgir eh tout seiis', per fas ei hel /as, et seraient peut-être parvenus à écarter le vrai mérite, là véritable capacité. ""^ inom.hlKtfv.y^tH
Ouoi qu*il eh soit, Mattéi, qui jusqu'alors n'avait donné que peu de morceaux de sa composition, §oit qu'il eût l'honorable scrupule de hë point faire' ètéfcuteir ses ouvragés aiix dépens de ceii)^ dé son niaîtrè, soit qu'il crût prudent d'atttrhdre que Vétudè eût amené son talent à une parfaite rhàturiJé, s'a-ibandonna aux inspirations de l'art excité'éfe idt épàrées par l'esprit i'eligièux ; chacun de ses ouvrage parut aux àuditeiiri tin nouveau progrés. Dans toiït ce que j'ai examiné de ses corn posiliôh^riihtîyscH* tes, j'en ai trouvé fort peu d'antérietirës'a 1776 ; il est du reste possiljle que'Matièl en aît détruit pïtf'~ sieurs comme peu dignes 'de lui. Ces premier^^^dPceaux sont presque tous à huit parties en dèiil chœurs, selon l'usine fok répandu etlCOrë* 'à celte époque; on y remarque une grande "Vlvâtilié ddtik l'alterna lion des cleûx niasses, et de'témps èh temps l'introducliondë pàss:iges qui dui-enl alors exciter quelque surpr-ise pnrmi les vieux côntre-pointistès attachés à l'ahciehriërî^uéUr du stj^lë eccléâria^tique. Dan^ les hîoj-cèfaiix à qiintr-é ][)':1rtiéS, Màtléi èsteiicoré plus hardi- oh v81t auSsi qii'îl dohHë^
l^^ircfie^streVlus aMmpàrtancWcjae y^^ ■fôi/é fei cbhfiplribties,'qui,ïurloul danklà"iliiisiq'ué 9'^^ifsë, W'y ttiëltiient alors aucun pn\, '' CÀ Wt1i\iysi Vé'riè'erteeïî)o<^âe queMalfâ co'rh[iôsa ïa tt'àài'ciViè a^'un peVït 6'pérÂ'aestiné non au theàtW; ma?^au sénrïiWàire dé Ôolcigne, et représenté devant ïè-MiWîhàV-archev1^'4"è Gi'ôanetil;téUé forcé ecrîtlî daiVs l'e Siyte de CimarJ)sa était ïntVtuIée Là bàttegà àeîilbrajo; riiùteaf du Tibrelto était lé chàWôitie Piliri'p]6c Nïcoli ; les quatre rôles de la pièce fiir en t joilës 1^^ i):6\s màhsiomkes (1), 'deux de Saînl-Pëtrinrië î?t un d'eSaiiit-Piérre, et par un clerc attaché à cette dernière église. L'ôrcKestre, presque entièrertiëht cbri^[iosè d'amateurs, était dirigé par lé docteurfftëdécili OnUpbrè Mandihî"; lé War^liis i^ébàstîeA 'fâ'i'iari tenait le pianb. Mattel "côrhi)ô§!a pbur' le même établissement la musique H^ d'elle bHoéùrs
*^'^n Ï*7b2f jî écrivit ufaé Mi^5[J\ië nouvelle Sut fXratbrio de Métastase intitulé 'taVaisiom'àvNl^. ^ôhû-Crisio qui fut é^èecutéë dàlfis l'a kaison du c^rliaVil éi âôutî'nt sans peiné 'la è^mparais(in avet cèllëéd'e'dîîux maîtres c}îstingufes,^l5cisiii éttlarrus6; elle né tarda Vriême pas a être tout à JPait pi-éferêé, puisque âpres la première représentation, elle continua a être donnée sans âllernalion Avec les cleux précédehVés. Ôrt àir^e toujours à suivre les coriipôsiteurs quand ils s essayent dans un genre qui ne
(Ij Chapelains ou prêtres oaûitucs.
leur est pas habituel ; la crainte qu'on a eue de les voir échouer donne, lorsqu'ils réussissent, un nouvel éclat à leur succès; Mattei, qui jusqu'alors n'avait composé que sur les paroles latines de la liturgie, yit ainsi sa réputation s'accroître encore lorsqu'il eut composé sur des paroles italiennes. Plusieurs personnages éminents désirèrent avoir des copies de la Pussionej et Gervasoni, dont en ce cas l'opinion n'est pas à mépriser, en parla dans le temps (^Nuova Teoria, etc., p. 180) avec une vive admiration : après avoir dit qu'en cette circonstance il n'est que l'interprète des juges les plus compétents, il loue l'expression des sentiments religieux et le bon goût de cette composition, qualités, dit-il, qui s'y montrent à un plus haut degré que dans les ouvrages écrits en ce genre par les maîtres les plus habiles.
L'invasion française vint interrompre les inoffensives et fructueuses études du bon Père, qui resta plusieurs années sans écrire pour les églises, où l'on ne faisait presque plus de musique; il eut peut-être alors quelque velléité de composer pour le théâtre, car j'ai vu dans ses papiers des fragments qui m'ont paru ne pouvoir appartenir qu'à une action théâtrale; mais il ne donna point suite à ce projet. Lorque les couvents furent supprimés en 1798, Matlei se soumit avec résignation et rentra dans le monde, non sans regretter l'habit de Saint- François, non sans reporter souvent des yeux humides de larmes vers le cloître où il avait reçu les
leçons d'un maître sur les traces duquel il marchait avec tant de succès, Timitant dans la pratique de Tart comme dans celle de la vertu. Malgré la juste douleur que lui causait un changement qui venait inopinément bouleverser son avenir, il accepta les circonstances et ne songea qu'à tirer de ses talents les moyens de mener une vie honorable et indépendante. Il ne participa jamais aux déclamations et aux intrigues contre l'autorité alors existante, se renfermant tout entier dans la profession de son art. J'en ai trouvé dans ses papiers une preuve assez singulière; sur la copie d'un psaume de sa' composition, écrit en 1795, un de ses élèves mit le titre suivant : Cùm tnvocarenij etc., del Padre maestro Slanislao Mattei, minor conventuule ^ checche ne dica Vateistîca reppublica itaîiana,
Pallida e truce invidia si rahusti Che di nuocere a lui stolto è il desio ; Lo gtiati e taccia e il soppraciglio arnisti,
IVfaltei, probablement sans approuver ni désapprouver son élève, prit sur-le-champ une plume et effaça ce qui n'avait été écrit que pour lui faire plaisir et pour vexer la république italienne à laquelle de pareilles bravades ne faisaient sans doute pas grand tort. C'est en raison de la diversité des encres employées l'une à écrire, l'autre à effacer, que je suis parvenu avec quelque peine à lire ce tercet, assez mauvais du reste, en dépit des termes
>rieilli§ ç^ prjét^nlieux dpnt l'auteur a fait usagç. J,a y^érilablje j^plilique dçs artistes dans les révolution? ^9it; tpujoyr^ êtfp, pellç de Mattei : regretter,. §'i| y ,^.Jiçu^^ 1^ pass.ç^^^upporter le présent, espérer dans, Ta^venir, et cependant s'adonner tout entier à J'.çxerçicç de son art sans s'avilir avec personr^ç.^ sanSj p^osfjituç^^ une noblç profession, mais aussi ^^ns sç con^pçomettrç inutilement par d'impuissantes et puériles rodomonta^çs.., ^j, ^ |.^ ,^ La prçiïiière chose que fît Matiei en retournant h la yie séculière fut de prendre avec lui sa mè^e qu'il e^t la consolation de conserver jusqu^ç dans ua âge fort avancé.. Il s'aclonna dès lors tout entier ^ l'enseignement dq la compositipji et; forma dç nombreux élèves ; sa réputation comme professeur ne tarda pas à s'étendre dans toute l'italiq çjl^de 1^ dans les pays étrangers; beaucoup de voyageurs amateurs ou artistes eurent avec lui des relations et trouvèrent à profitfjr, de, ses conseils., ^insi ce
n'est pas sans un vif plai^iir quç j'a^ lu^ur plusieurs de ses manuscrits le nom des personnes pour qui le morceau avait été copié, et je ne puis résister au plaisir de nommer parmi ceux qui se sont ainsi procuré des ouvrages de notre coipiposileur Texcellent yiçlpniste Amèdée Hardisson, qui pendant le s^our q^' il fit à Bologne voulut prendre des, leçons c^e Mattei. Ce généreux amateur a laissé dans presque toutes les villes d'Italie; des souvenirs de ses talents çt de Sci^ munificence; conibien de ibis j'ai entendu içf^,iï3Hjisiçien$i dont il a.ya^t, çncouragé les premiers
flçapept çf , % f^çonnaj^sapce (j^jj daus ]es cœqrs l)ien placés neT-eçoit aucune. ^Ueiale du cours dei^
^^^.' ^ti^nurfu.
^T|,|Ccperidc|nt Matlci ne s'en t,çnait pas à l'enseignenç)p;pl pral, il.aypit une nombreuse correspondance niusicale, i;ecçjYaii,t (}eç leltri?^ jde plusieurs per^on-j nages én)içienks soit pai: leur pqsitipn sociale, soit p^r le [jiv m c r i l e arliel . 11 f u l de t ou t le ^p ps t ré^fréquemment consulté sur des questions d'art, et les réponses qu'il eut à ft|ire en ces circonstances \p (^Venl nommçr menibre correspondant ou associé delà plupart des académies philharmoniques ou sor çiétésapalpgues de J'itaîie. .a;.. .;..:,.,. xi
}. Unp dç CCS sociétés, dont l'existence, due à la noble famille;)^9l9na:^se dçsGarati, re.iïionteà une époque déjs|éloignée, l'académie des Philharmoniques de Bolp^ g/îc survécu ta la deslructiop de divers établissements semblables, mais crut, |ofs d^^ changements politiques surjvenus dans la Péninsule, devoir apporter quelques modifications à ses statuts, et il fut décid^ que les membres d'ordres religieux ne pourraient plus faire partie des membres actifs; Mattei fut donc mis dans la classe des honoraires ; ceci se pas^ sai^ en 1799 ; il faisait depuis longtemps partie de cettq société et, comme j'ai pu le reconnaître d'après une note de sa main, il en avait ^té le président ou, comme l'on dit dans cette académie, le prince en 1794. Ce fut aussi en 1799 que s'ouvrit à Bologne le Lycée communal de musique. Lorsqu'il fut ques-
lion de nommer le professeur d TAcadémie des Philharmoniques'ai tei Tarticle du règlement qui excl de la classe des compositeurs en ac au nombre des concurrents sans le expériences et aux examens prescrit Cette dernière détermination était j cessité, car la mort avait enlevé la ] ciens académiciens, et ceux qui resti le concours étaient presque tous él Ses concurrents furent Zanotti, Gil rio ïesei ; au scrutin il l'emporta d les deux premiers et de douze sut^
Lors de la réforme de V Académie italienne de sciences , lettres et arts^'\ fut l'un des huit membres de la secti On sait que cette société cessa d'e> temps que le royaume d'Italie.
Ces distinctions honorables n'éta saires pour répandre de plus en pli réputation du professeur; le soin aux fonctions de l'enseignement sulï et donna lieu à la publication de basses chiffrées dont nous aurons
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complètement à ses besoins et à ceux de s mère.
On offrit également à Mattei la direc chœur de diverses basiliques, et particuli de celles de Lorete et de Padoue; il ne ( devoir les accepter, mais il prit avec plaisir emploi dans la collégiale de Saint-Pélro composa beaucoup de musique pour l'u cette église. 11 saisit plus tard l'occasion dt gner sa reconnaissance à la duchesse de L qui l'avait nommé son maître de chapelle raire, en dédiant le seul ouvrage qu'il ait p prince Charles-Louis de Bourbon.
Mattei s'est fait un trop grand honneui nombreux élèves qu'il a formés (dès 181i comptait plus de 150) pour que l'on ne cit< deux d'entre eux dont la réputation est (j européenne, Rossini, et plus tard Donize l'ructu arbor agnoscùur.
A propos de Rossini, je ne veux pas n l'occasion de relever ici une erreur fort ré] et sur laquelle il est bien temps d'éclairer le Quand on parle de la jeunesse de ce grand siteur, on ne manque ianiais de répéter à
' ( 338 ) jaunes gens qui se croient dés Rossini parce qo^ils passent des journées à l'estaminet sans étudier autre chose que les earteè ou le billard. Je prendrai lalibertéde dire à ces messieurs que Rossini, lors* qu'il vint à l'âge de quinzeans étudier sous Maltei, s'adonna au contraire à l'étude avec une ardeur extrême : non-seulement il travaillait assidûment avec son maître, qui n'avait pas eu de peine à deviner son génie, mais il mettait en partition 'dés quatuors de Mozart et de Haydn, et fort souvent, après avoir fait de la musique en société de quel-** ques camarades, i^l se hâtait de rentrer pour noter les passages et efTets qui l'avaient frappé. Je tiens de lui-même qu'il a lu et étudié beaucoup de musique de toutes les époques, cherchant partout ce qui pouvait lui ouvrir de nouvelles routes, et voulant d'abord bien connaître toutes celles qui avant lui avaient été pratiquées. Qu'il lui soit*arrivé plus d'une fois de s'amuser avec les jeunes gens de son âge, personne ne songe à le nier; mais ne vous y trompez pas, si l'homme de génie perd une journée, il la redemande souvent à la nuit; le travail est toujours compagnon du génie, et bien que Rossini eût reçu de la nature une pénétration et un tact qui ne le trompèrent jamais, bien qu'il fût doué d'une excellente mémoire, d'une prodigieuse facilité dans l'analyse mentale des formes et des ef^ fetsde la musique, soit dans sa jbartie technique', soit dans sa partie dramatique ; sans le travail, ces inappréciables qualités n'auraient eu* qu'une faible
porlétî, se seraieiit successivement amointîrits. . troublées, efîacées, et auraient fini peul-ôtre par disparaître, tandisqu'un exercice dé tous les jours, de tous les instants, n'a cessé de les eatretcnir, d^. les développer, de les accroître. Aussi tout le monde s'esl-il étonné que l'artiste si heureusement né ait voulu s'arrêter de si bonne heure, et per-rsonne ne peut^ui pardonner le repos obstiné dans lequel il semble se complaire. 11 est triste en effet de n'avoir plus aie louer que par dB&.regeeta pour lui glorieux, pour l'art stériles. 'H ''ri.fî'.MÎ î ' n> Et cet élégant Donizetli, dont les mélodies claires et gracieuses, l'inslrunientatioD légère; les fortwes hardies et incisives charment aujourd'hui tant de théâtres, vous imaginez-vous q^tie cette facilité de composition qui donne à tous ses. ouvr;lges une tournure naturelle et dissimule souvent avec tan^t de bonheur la faiblesse de l'invention, lui soit ve^ rmô sans peine et sans une longue application? Non-rseulement il a dû travailler, mais que de ïo\% il a dû s'ennuyer pour s'instruire ! Écoutez : Quand Donizetti eut passé plusieurs années à l'école de Dergame,sous la direction du très-estimable Simc«i Mayer, celui-ci lui conseilla d'aller se perfectionner sous Mattei avant de se livrer à la composition théâtrale. Maltei était déjà vieux à cette époque et te* nait à ses habitudes; pour obtenir de lui des levons particulières, le jeune Donizelti devait aller ïe ré^ laiicer dans quelque église de la ville où lu boiï religieux, passé à l'état de prêtre séculier, (lUait or-^
( 340) diiiairement, dans l'après-dînée, faire ses dévotions ou confesser. Donizetti revenait avec lui à Saint- Pétronne où Mattei ne manquait jamais de réciter son chapelet vers l'iieure de VAve Maria, c'est-à-dire aucoucher du soleil ; Félève s'ag enouillait à côté de son maître et priait avec lui, puis le reconduisait jusque vers Santa-Catarina di Porta Saragozza où il demeurait } arrivé là, Donizetti devait faire la partie de cartes avec la vieille mère du professeur. Mattei soupait, et ce n'était enfin qu'après cela qu*il donnait un coup d'oeil aux essais du futur auteur de Parisina, qui pouvait avoir alors seize ou dix-sept ans. Un élève qui, à cet âge, se soumettait à tout pour recevoir en particulier les conseils d'un maître dont il appréciait la haute capacité, méritait d'obtenir les succès qui lui ont valu la place qu'il occupe parmi les compositeurs de l'époque.
Mattei remplit jusqu'à sa mort les emplois de professeur de contre-point au Lycée et de maître de chapelle de Saint-Pétronne. Ce ne fut que l'avantdernière année de sa vie qu'il donna ses Partimenti au public; peu de temps après cette publication, il eut la satisfaction de se voir nommé correspondant de l'Institut de France sans avoir fait à cet égard aucune démarche : la délibération de l'Académie des Beaux-Arts qui lui confère ce titre est du 24 janvier 1824. Elle vint jeter une dernière lueur sur l'existence affaiblie de notre musicien, qui depuis quelque temps éprouvait les atteintes inévi-
( 341 ) tables de la vieillesse ; ses dernières années ne furent pas exemptes de chagrins, il reçut plus d'une fois des marques d'ingratitude de la part de ses élèves : la conduite de .son maître le P. Martini qui s'était souvent trouvé dans le même cas fut le modèle de la sienne ; tout en méprisant les ingrats et sans songer à leur nuire, il s'expliqua toujours ouvertement sur leur compte.
Après la mort de sa mère, Mattei s'était retiré cliezD. Batistini, curé de Sainte-Catherine deSàragosse et conseiller communal; c'est là qu'il termina sa laborieuse carrière le 12 mai 1825, après un maladie de cinquante jours. Tant qu'elle dura, il ne s'occupa, pour ainsi dire, que de la vie meilleure dans laquelle il allait entrer : cependant il ne cessa point, jusqu'à la veille de sa mort, de donner ses soins aux élèves qui se hâtaient de recueillir les dernières paroles et les derniers avis de leur maître chéri, empressé jusqu'au moment suprême de répondre à leurs désirs, corrigeant d'une main tremblante, mais d'un esprit aussi juste que ferme, les essais qui lui étaient soumis, et apprenant pour la première fois à dissimuler, car il s'efforçait de leur cacher ses souffrances.
Mattei, quand il mourut, était âgé de soixantequinze ans et trois mois. 11 avait eu un frère nommé Clément, qui de même que Stanislas était entré de bonne heure dans l'ordre des mineurs conventuels •et s'était adonné avec succès à l'étude de la musique, puisque dès 1783 il était maître de chapelle à
Saint-François-d'Asisisè, dans le grand couvent de Tordre* il nnour^ul longtemps avant son frère, qui n'avait plus aucun prirent lorsqu'il descendit au . tôrtbeaù; ...
Peu dejôurs après la mort de Mattei, le conseil communal de Bologne décida qUe la ville lui ferait faire à sts frais un service solennel, et que sa dépouille mortelle serait placée âU' cimetière public dans la salle destinée aux personnages illustres qui Ont bien mérité de la patrie. La Société des Philharmoniques et celle des Professeurs de musique, placée souâ la protection de Notre-Dame de saint Luc, lui firent également de magnifiques funérailles où se pbrtérenl, non-seulement tous les professeurset aftiatéurs de musique, mais encore une grande par*tiède la population bolonaise. Les nombreuses in-^ Scriptions placées, selon là coutume du pays, au dedans et nu dehors des églises où eurent lieu ces cérémonies, furent co'm posées par le chanoine Phi* lippe Schiassi, professeur émérite de l'Université de Bologne. Ces sortes de pièces ne sont pas toujours exemptes d'emphase et n'offrent souvent qti'urie adulation poslhume : ici elles étaicrit l'expression de la seule vérité ;c'éfet cette- raison, autant que leur mérite propre, qui medécideii les Cortfeerverà h suite de cet écrit (1). Au-dessus de l'en^ droit où est enterré Mattei l'on a placé un beau buste efi rtrarbre, dû au sculpteur Giunli ; il y est
(1 ) Voyez \û numéj'o H dô VAppeUHea.
représenté dans son âge mûr ; on possède d'ailleurs plusieurs gravures de son portrait; la meilleure est. celle qui a paru il y a une vingtaine d'années et qui aujourd'hui ne se rencontre plus communément.'
Matlei était d'une taille moyenne, ît avait les yeiix noirs, ses -cheveux qu'il perdit d'assez bonne heure étaient blonds, l'ensemble de son visage était parfaitement beau et sa physionomie habiluellement paisible, mais, ainsi qu'il arrive fréquemment aux compositeurs, quand il s'animait et particulièrement lorsqu'il battait la rnésuré dans ses ouvrages, sa carnation blanche et légèrement colorée, faisait ressortir encore davaatage le feu de.^es yeux. '
• Sa conduite comme homme, <îomme artiste*, comme prêtre, fut toujours, recommandable. Con^ tent de l'existence modique mais suffisante que lui procurait la culture de-son art^iT vécut exempt d'ariTbitiOn et d'envie -'ses'ptéceptes a\t\ek étaient toujours mêlés de morale pratique,- en sorte que ises. élèves. se sentaient en général pénétrés de. respect autant pour sa personne que pour son t ilétit. Mattei, nous devons l'avouer, n'avait cependant pas autant d'affabilité et d'indulgence que son maître le P. Martini \ son caractère n'était pas toujours exempt de rudesse, mais ce défaut ne se manife*^ tait jamais sans sujets: ainsi l'ingratitude de ses élèves le révoltait et il en parlait sans-ménagement ; les succès des charlatans lui faisaient aussi quelqiie-»^
fois manifester son opinion d'une façon blessante pour celui qui était l'objet de sa critique. 11 lui esl même arrivé de faire contre des musiciens dont il avait à se plaindre des vers en dialecte bolonais, dont ensuite il composait la musique en forme de canon, car chez lui l'épigramme devait auxssi se produire musicalement.
Du reste, sa conversation habituelle avait beau coup d'agrément; on cite de lui plusieurs mots qui prouvent la justesse de soii jugement et la finesse de son coup d'œii. C'est ainsi qu'un maître incapable ayant été élu à une place importante au préjudice d'un homme plein de mérite, Mattei, pour consoler celui-ci^ lui dit tout bas en patois bolonais : Un saccK v.ud enn sla bn'sa in pi ^un sac vide ne. tient pas sur pied) ; en effet, on ne tarda pas - à reconnaître l'erreur dans laquelle on était tombé.
Un tromboniste, d'ailleurs ass( z habile sur son instrument, avait la prétention de posséder une telle sensibilité d'oreille qu'une note fausse l'aurait fait, disait-il, tomber du hautj mal,. si elle fût venue ie surprendre dans une situation agréable. Mattei, qui avait dans sa vie entendu plus d'une intonation fausse sans qu'il lui arrivât rien de pareil, ne put retenir un éclat de rire auquel fit écho toute l'assistance. Le tromboniste en parut vivement offensé et prit la chose tout à fait au sérieux ; Mattei lui demanda excuse, et, après divers propos d'amitié, l'invita, ainsi que la société qui était présente, à
venir quelque temps après prendre sa part d'un déjeuner où l'on devait manger d'un mets fort agréable au susceptible interlocuteur. Le jour du déjeuner fut retardé sous divers prétextes; il eut enfin lieu, mais à peine le plat chéri du convié auquel était principalement consacré le repas parut-il sur la table et fut-il distribué aux convives, que dans la chambre voisine on entendit le plus exécrable charivari qui se puisse imaginer : sept instruments à vent des plus vigoureusement embouchés firent entendre à la fois le même air sur les sept tons de l'échelle diatonique, et continuèrent impitoyablement jusqu'à ce que le morceau fût achevé; rire général dans la société auquel seul ne prend aucune part notre sensible et délicat tromboniste, qui toutefois n'en perd pas un coup de dent et dévore fort galamment la portion qui lui était destinée, sentant bien que 1 instant eût été mal choisi pour s'évanouir. « Eh bien ! dit alors Mattei à rassemblée , mon expérience medico- musicale a réussi, et bon est le remède, car il a promptemenl opéré ; voici notre ami guéri de ses évanouissements. »
Mattei prévit de bonne heure la prochaine décadence du beau chant italien, et manifesta nettement son opinion à cet égard, lorsqu'il entendit le célèbre ténor Jean David faire un emploi abusif des notes de fausset, et le servile troupeau des imitateurs s'empresser de copier ce défaut, en l'outrant encore selon la coutume. « Ce système, disait le
vieux maître, amènera la ruine du beau chant italien et gâtera le style des compositeurs; le ténor envahit le domaine du contralto qui sera bientôt réputé inutile, plus tard la basse entrera de même dans la juridiction du ténor, et l'on verra disparaître la voix de baryton- si pleine de douceur et de dignité; le grand registre des cinq ou six voix humaines et naturelles sera réduit à trois; on n'aura plus que des voix bâtardes de basse et de ténor, et si le soprano se conserve, c'est que sa position l'aura misa l'abri des envahissements. «Tristeet fatale prédiction qui ne s'est que trop promptement vérifiée ! Mattei avait, par testament, institué pour son légataire universel D. Batistini, chez lequel, comme on l'a vu il ny a qU'un instant, il s'étcjit retiré après la mort de sa mère. On agit beaucoup auprès de celui-ci pour obtenir la remise des ouvrages du savant compositeur ; on écrivit même à Rome à ce sujet en revendiquant la possession des manuscrits de Mattei comme une sorte de droit. D. Batistini ne voulut ni tirer parti de la précieuse collection qu'il possédait en la vendant à quelque riche étranger, ni en priver la ville de Bologne. Il donna au Lycée communal de musique les ouvrages relatifs à l'enseignement delà composition et déposa' tout le reste dans la bibliothèque de Saint-Georges-des- Mineurs-Conventuels, voulant que la succession de Mattei fît ainsi retour à Tordre qu'il avait illustré et auquel il n'avait jamais cessé d'être uni de cœur, et en même temps qu'elle ne sortît pas de lô ville
qui avait donné naissance à un si éminent citoyen* Aux manuscrits de Maltei se trouvaient joints les papiers particuliers du P . Martini que celui-ci lui avait remis en mourant ; j'ai pu examinerle tout en 1 839, grâce à la complaisance du U. P. Tonini, alors gài*^ dien du couvent de Saint -Georges; il a été le premier à me fournir toutes les facilités pour extraire et copier ce qui pouvait m'èlre utile,. et j'ai depuis rencontré le même empressement chez tous les religieux de son ordre ; je me trouve heureux d'avoir ici l'occasion d'en témoigner publiquement ma reconnaissance.
Avant l'époque où j'ai été à même de visiter la bibliothèque de Saint-Georges, on n'avait dressé aucune liste des œuvres du P. Maltei; j'ai rédigé celle qui se trouve à la stiite de celte notice en examinant une à une toutes les pièces que Ton y con^ serve. Je Foi augmentée de la note des pièces existantes dans la bibliothèque du Lycée, que je n'avais pu me procurer en temps convenable, et ^ui a été depuis publiée par Mi Pàncaldi. Ainsi, la liste cjui fornte le premièt* appendice peut être regardée comme offrant l'œuvre complet du cam?pos(iteur bolônaiSi.' •> '• > ' . *;"m , . i: • /
Dans toutes cescompositionsilest une qualité qui domine toutes les autres et dont l'influence est telle qu'elle absorbe la plupart des imperfections : je veux désigner l'admirable richesse d'une harmonie pleine de vigueur et de netteté, toute brillante de couleurs naturelles et d'effets obtenus Éans effort, sans
tiraillement, sans déviation. La musique de Matlei se présente toujours comme une belle reine éclatante de noblesse et de fierté, entourée d'un nombreux cortège qui relève encore sa majesté, et dont elle semble ne pouvoir se séparer : c'est une puissante souveraine dont la dignité ne saurait s'abaisser à tout ce qui est vulgaire ou puéril, il lui faut une vaste enceinte pour se prélasser ; elle prend ses aises partout, parce qu'elle sent qu'elle ne fait qu'user d'un droit; ses jeux même sont graves et réservés comme sa personne; tout en elle inspire le respect et l'admiration.
On comprend, d'après cet énoncé, que les morceaux les plus frappants des<:ompositions de Mattei sont les chœurs et morceaux d'ensemble où il peut à son aise étaler tout le luxe de la science, toute la magnificence d'une somptueuse' harmonie. Si'S chœurs eu placage sont du plus bel effet et acquièrent un nouveau relief de l'accompagnement de l'orchestre danslequel se trouvent quantité dartific^s toujours placés avec bonheur, et qui soutiennent merveilleusement l'attention de l'auditeur. Aucun compositeur n'a su donner à ses fugues plus de vivacité et en même temps pi us d'élégance; il excelle à manier la matière harmonique, il la dispose sans efforts sur différents plans, de telle façon qu'elle se présente sous l'aspect le plus avantageux, qu'elle offre le coup d'œil le plus satisfaisant et le plus accompli. Mattei a été, je crois, le premier à introduire dans l'orchestre ces imitations fré-
( 349 ) quentes d un petit trait de chant qui se répercute ordinairement à l'octave entre différents instruments, et dont Rossini a fait depuis un usage si heureux et si spirituel dans les inimitables chefsd'œuvre dont il a enrichi le répertoire moderne. C'est aussi Mattei qui dans sa musique d'église a donné plus de mouvement à la basse instrumentale quij avant lui, marchait presque toujours avec la basse vocale dont elle ne faisait que détailler les tenues; enfin on voit par la chaleur générale qui règne dans toutes ses compositions, que ce feu qui communique la vie aux conceptions des arts existait en lui à un degré éminent et s'alimentait sans cesse des inspirations de la piété fervente dont il était animé.
Mattei ne réussissait pas aussi heureusement dans les solos; il semblait gêné de ne pouvoir employer toutes ses forces, et sa composition se sentait un peu de la situation incommode dans laquelle il se trouvait : on eût dit un athlète plein de vigueur qui aurait fait convention de combattre en tenant les coudes accollés au corps et ne faisant mouvoir que les avant-bras. Néanmoins les mélodies de Mattei sont toujours naturelles, renfermées dans des limites convenables et bien écrites pour les voix dont il connaissait parfaitement la portée et le caractère, ayant fait lui-même une étude particulière du chant dans sa jeunesse. Ses morceaux concertés à deux, trois ou quatre voix sont souvent des ch^fis-d'œuvre de conduite harmonique et mélo-
( '3^0 ) dique, et ne méritenl pas moins d'éloges sous le rapport de ^expression et de la couleur. ' On ne peut guère considérer Mattei comme écrivain didactique proprement dit : les préliminaires placés en tète de ses basses chiiTrées et de ses contre-points non-seulement sont écrits sans profondeur et sans étendue, mais ils n'offrent pas même l'assemblage des notions vulgaires, rédigé et exposé avec méthode et clarté* Du reste, il est évident que notre auteur n'attachait pas la moindre importance à ces incomplètes notions ; il suffit de voir comment il termine celles qui concernent l'harmonie : (c Toutes les règles, dit il, seraient peu de chose sans l'habileté du maître et l'étude continuelle del'éléve; chacun devra donc apporter grand soin au choix du premier, et seconsacrer entièrement à l'autre. » On voit que le théoricien sent tout ce qui manque à ses préceptes; mais il ne veut ou ne peut plus rien ajouter : en conséquence il recommande de prendre un bon maître et de travailler. Mattei s'exprime ici avec la candeur qu'il apportait dans toutes ses paroles, et cela vaut mieux, selon moi, que les phrases pédantesques de quelques didactiques modernes. ' .:
Du restev le titre même de l'ouvrage : Pralim d'actompagnamento e contrappunli, indique assez que Tauteur n'avait eu d'autre but que de composer des exercices réguliers et des exemples corrects pour former ses élèves; et sous ce point de vue, le moindre examen montre évidemment qu'il ne pou-
vait mieux réussir. En effet, avaht Mallei, les nombreux exercices d'accompagnements au moyen de la basse chiffrée répandus en. Italie n'étaient plus au niveau de la science. Les partiments de Durante, de FenaroIi,de Sala,duP; Vallotti, quelqueeslimables qu'ils fussent, étaient devenus insuffisants depuis l'abandon de l'ancien style ecclésiastique sur lequel plusieurs d'entre eux étaient basés, et depuis l'emploi fréquent et presque continuel d'accords et de formules dont on ne se servait auparavant qu'avec une extrême réserve. Les basses de Mattei vinrent remplir cette lacune, et sans faire oublier les ou-* vrages du même genre, dont l'étude est toujours utile aux commençants, ils donnèrent à la science harmonique une nouvelle impulsion dans toute l'Italie. Ce beau travail méritait, selon moi, plus de succès encore qu'il n'en a obtenu. Que les qualités des compositions de Mattei s'y résument heureuse^ ment ! que d'énergie dans la conception ! combien l'enchaînement des accords est heureux, naturel^ et quelquefois inattendu! Que de ressources pour varier les conduits harmoniques ! que de richesses déployées avant d'amener une cadence finale ! quelle facilité dans la modulation! quelle sagesse d'ordonnance! Le seul reproche qui pourrait être adressé à l'auteur serait de n'avoir pas suftisam-? ment varié la conduite de ses pièces, dont chacune offre une disposition à peu près semblable quant à la reproduction du motif principal ; mais il était bien difficile, sinon tout à fait impossible^ d'échapper ^
cette monotonie. Le retour d*une idée purement mélodique, même quand elle se rencontre sans être assaisonnée d'une nouvelle harmonie, a toujours du charme si l'idée primitive possède les qualités requises, parce que celle-ci a été d'abord conçue, puis élaborée avec toute la liberté nécessaire. 11 n'en est pas de même d'une idée destinée à servir de basse à tout un morceau; elle doit nécessairement être établie sur les formules propres à la partie la plus grave de l'harmonie, et dans la circonstance dont nous nous occupons elle ne saurait être relevée par aucune mélodie positive dans les parties supérieures, celle qui résulte ici de la succession des accords ne présentant, à vrai dire, qu'un fond de tableau dont la basse occupe le premierplan . Les contre-points de Mattei ne sont pas moins recommandables que ses partiments; ils montrent que l'auteur en s'astreignant aux règles les plus sévères savait toujours donner une bonne tournure à la cantilène et se jouer de toutes les difficultés. Ils sont tous écrits en style moderne, et c'est ici le lieu de relever l'erreur impertinente et volontaire de certains professeurs de nos jours qui ne citent jamais que leurs propres ouvrages, et annoncent fièrement qu'ils ont réformé tous les abus, introduit toutes les améliorations, en un mot recréé la composition musicale : ils feraient preuve à la fois de modestie et de vraie science, en avouant que toutes ces choses avaient été faites avant eux, sans eux et mieux qu'eux.
( 353 ) 11 nous reste à considérer Maltei comme professeur; sous ce rapport nous sommes forcé d'avouer que sa méthode d'enseignement n'était pas au niveau de son talent de compositeur. Il manquait de facilité pour exprimer ses pensées et communiquer ses sensations; il avait du reste un coup d'œil extrêmement sûr, et à la première inspection il remarquait sur le papier toutes les fautes que l'élève pouvait avoir commises; mais expliquer les causes productrices de l'erreur, motiver le changement à introduire pour régulariser la marche du morceau, c'eût élé trop d'affaires pour Mattei, qui après avoir dit queslo non va benc (cela ne va pas bien), se contentait d'effacer la faute commise et de lui substituer la correction convenable sans davantage s'expliquer; on sent combien cet enseignement tout pratique était peu rationnel et peu philosophique; il n'en a pas moins formé d'excellents élèves parce que, si d'un côté Mattei ne rendait compte de rien et se bornait à exiger que ses écoliers se conformassent aux règles voulues, de l'autre il ne leur celait rien de ce qui pouvait hâter leurs progrès; il n'avait pour eux aucun mystère, il leur communiquait sans difficulté tous les résultats de son expérience, et sa haute probité d'artiste se serait révoltée à l'idée de conserver par-devers lui un moyen d'effet particulier un secret quelconque de composition. Il savait qu'un maître consciencieux, du moment qu'il s'est consacré à la noble et respectable profession de l'enseignement, a fiiit abjuration de
( 354 ) tout amour-propre; les succès de ses élèves seront ses succès, et leur gloire, quelque resplendissante qu'elle puisse dever;:r, émanera de lui, rejaillira sur lui , et il ne cessera jamais d'y avoir une part qui ne lui sera point ôtée.