CHEZ L'AUTEUR
12, Rue Jean-Jacques-Rousseau
NIORT
CPj'é^ >C/^ j:^.
Il y avait même eu un oommencement d'installatioa de juillet à septembre 1792 pour la maison de justice (4).
Enfin, dans le vieil hôtel de ville, le service de la bibliothèque publique fondée par le curé Bion ne fut supprimé — faute de lecteurs — que le i^' mai 1793 (2). Le 10 octobre 1793 le eqmité de surveillance établi à Niort va siéger dans la salle des séances du ci-devant hôtel de ville, rien ne prouve qu*on ait disposé de ce bâtiment pour un service permanent.
De son côté l'auteur de cet article a fort à regretter d'avoir, dans une étude antérieure, (3) sans qu'aucun document ne Ty autorisât, admis la présence du tribunal criminel à l'ancien château. Ce ne fut qu'un projet longtemps caressé resté sans solution et on ne saurait citer aucune dépense faite à ce sujet dans le Donjon.
Une visite des bâtiments et édifices appartenant au roi dans l'étendue du siège royal de Niort en 1779 (4), permet de se rendre compte de la déplorable installation de l'ancien Palais. Elle devint tellement insuffisante lorsque le tribunal criminel se transforma en tribunal révolutionnaire jugeant sans appel un nombre toujours croissant d'accusés, c'est-à-dire vers février ou mars 1793. qu'il fallut se décider à le transporter ailleurs.
Il paraît impossible de préciser l'époque où la chapelle des ci-devant Carmélites subit ce triste avatar (S)* On s^it
(1) Compte rendu du Directoire des Deux-Sèvres au Conseil du départcmeoL Niort, Lenranc-Elies.
(2) Registre des délibérations. L*abbé BirauU, bibliothécaire, recertit 900 livres.
(3) La Justice i Niort après la Révolution.
(4) Bull, de la soc. de st. III 129 (Bardonnet).
(5) Les Carmélites envoyées de Paris par le couvent de Vlncamation arrivèrent à Niort le' 1*'' septembre 1648 et y fondèrent un monastère dit la Passion. François Meaulme, curé de N. D., bénit la première chapelle le 2 octobre de la même année. D'après feu le doct. Aug. Tonnet, la première prieure de Niort serait morte en 1653. Arthur Bouiieault a recueilli Tépitaphe d'une autre prieure, dont le nom a disparu, — la seconde sans doute, — décédée le 17 octobre 1666. Le 28 juillet 1674, les Carmélites de Niort traitèrent avec François Leduc dit Toscame, poar la construction de leur église et de leur chapelle vendues en Tan VIII, prix convenu 12,000 fr., délai un as. La pierre commémorative porte la date du 14 mars 1675.
seulement que le 26 décembre 4792 aucune objection n'avait été faite à Bernard d'Agescy proposant de créer dans l'ancien édifice religieux une galerie avec jour sidéral et larges fenêtres pour l'exposition des tableaux provenant des confiscations révolutionnaires, ce qui exclut toute idée d'une autre destination déjà décidée ou prévue à court délai.
Bientôt après le Garmel recevait le matériel de transport et un dépôt de vivres de l'armée de l'Ouest, il est envahi par les malades en un temps où les anciens établissements et même le nouvel hôpital créé à la Tour de Magné, ne suffisant plus, on en met un peu partout, à l'Oratoire, à Notre-Dame, etc. (1).
Avec les malades, il y a les prisonnier». Le 5 avril 1793, plus de 80 personnes détenues dans le couvent dans des cellules sans cheminées, demandent qu'il soit établi une chambre à feu commune à toute la maison. Visite des logements est faite par les officiers municipaux, la chambre la plus commode pour le chaufToir étant occupée par la citoyenne A vice de Mougon et sa famille, ils décident qu'elle ira à V.ancien parloir au bout du corridor, à droite. Enfin, le 21 mai 1793, on arrête encore que les personnes suspectes enfermées au Ghâleau seront transférées aux Carmélites (2). On trouve cependant des prisonniers sous la tente dans le jardin du Château (3) et plusieurs maisons d'émigrés sont en sus occupées par des détenus.
Bernard d'Agescy obligé de se rabattre sur l'église
des Oratoriens, y établit un plancher et peignit des
'draperies sur les murailles, mais fut encore chassé de
cet autre local par un dépôt de vivres et les malades,
force lui est faite à la fin de laisser ses toiles roulées.
(1) A Notre-Dame on déballe les marcbandises les jours de fuire. C'est momentanément une halle aux bles, en 1795» elle sert de magasin pour les subsistances militaires quoi qa'on y dise la messe.
(2) Registre des délibérations de la municipalité.
(3) De Lastic St-Jai. L'église et la Révolution» p. 163.
De cet encombrement général résulte une mortalité effroyable.
Les services de Tarmée de l'Ouest envahissent tout. L'église de St-André sert pendant plusieurs années de magasin de fourrages, il y a aux anciennes hospitalières de la rue St-Gelais, un dépôt de salpêtre et des écuries, un arsenal aux Bénédictines (1), une caserne de vétérans aux Ursulines, une boucherie militaire aux Capucins, un magasin de campement et d'équipement aux Cordeliers.
L'hôpital de Niort doté de l'ancienne maison des frères Saint-Jean de Dieu confisquée nationalement, la louait en l'anV au département qui y centralisa tous les services judiciaires. Les travaux nécessités par l'appropriation de cet autre hôpital à sa nouvelle destination n'étaient pas encore commencés le 25 ventôse an V (2). Leur importance (3) démontre jusqu'à l'évidence que le tribunal criminel et les autres juridictions ne purent ouvrir leurs audiences avant la fin de Tan V (1797).
Un devis des ouvrages à faire pour les réparations de la maison des ci-devant Carmélites de Niort pour les dispositions nécessaires à la translation de l'administration centrale du département évaluées à 28.000 fr. dressé par Demetz le 7 thermidor ^n V, nous apprend que cette administration songea à aller occuper leur beau couvent dès que le départ du tribunal eut été décidé. Ce devis réapparaît le 17 thermidor an VI et finalement toute idée de translation est abandonnée sans autre dépense faite qu'une réparation importante à la toiture très éprouvée par l'ouragan du 15 pluviôse an IV dont on trouve le
(1) Qui reçoivent en outre des moriboDds. De LasUc 8t-Jal, 163.
(2) Archives des Deax-Sèvres N, édifices départementaux.
(3) Constatée par les demandes des chefs des diverses juridictions et deux plans qui subsistent dont celui d'un prétoire commun par Dlncourt-Demetz (de Limoges) architecte départemental.
de^is évalué à 5.400 francs alias 5.422, à la date du 9 vendémiaire an VI (1).
Bientôt après surgit un autre projet cette fois mené à exécution.
Un devis présenté par Demelz, dont nous aurons si souvent à signaler le zèle, relatifaux réparations les plus urgentes à faire pour l'étc^lissement de$ Archives dwdéparternes dans le$ plus anciennes ailes du couvent des Carmélites est suivi du vote d'un crédit de 2.438 fr. le 5 germinal an VI (2).
Enfin le 15 frimaire an VIII, le directoire du déparlement approuvait un mémoire de 3.154 fr. 25 présenté par le citoyen Clerc Dufief, commissaire, nommé pour, de concert avec l'ingénieur en fhel, faire faire à une partie du local des ci-devant Carmélites les travaux nécessaires pour rinstallation des Archives du département (3), Nous verrons bientôt la réserve faite de cette installation au profit du département — aussi bien que de celle du tribunal criminel — preuve manifeste du soin apporté aux travaux. D'un autre côté la différence sensible entre la somme prévue et la dépense totale montré que des additions importantes au plan primitif avaient été consenties.
L'installation de Claude-F^an^ois-Etienne Dupin» premier préfet des Deux-Sèvres (28 ventôse an VIII) étant antérieure de plusieurs mois à la vente du monastère, ce fut là évidemment qu'il trouva en bon ordre les Archives départementales lorsqu'il eut l'idée malencontreuse de les faire transporter à la Charité où elles devaient subir le terrible incendie de décembre 1805.
Il n'est guère d'autre document officiel signalant la présence du tribunal criminel au Carmel qtAe Fexpertise de ce couvent faite, le 15 prairial an VIII, par Demetz,
(t> Arcb. d«s Deui-Sèvrei L. 193.
(2) ^reh. des Deox-Sèrres L 193.
(^ Arcb. des Deux-Sèvres L 15.
ingénieur en chef du département avant la vente^ sur réquisition du préfet, dont une copie authentique a été heureusement rencontrée aux mains du représentant de l'un des acquéreurs de Tan VIII. Le plan dema«««dressé par ringénieur est perdu ainsi que tous les documents de cette nature, les Archives n'ont finalement conservé que les procès- verbaux des adjudications où l'absence des confrontations ae permet guère de se reconnaître. Enfin si il y est question d'un prétoire rien ne prouve qu'il s'agisse de la juridiction criminelle.
Gomme l'estimation indique déjà l'allotissement conservé lors delà vente du 9 messidor an VIIL nous avons cru rationnel de réunir les indications fournies par les procès-verbaux d'aliénation et l'estimation préalable, pour éviter des répétitions inutiles. Les procès-verbaux toujours très laconiques (1) ne donnent point les confrontations qui nous ont paru essentielles.
Les bâtiments élevés par l'architecte François Leduc, dit Toscane en 1674, formaient un carré, avec cloîtres, circonscrivant un parterre, auquel la chapelle était adossée au couchant, et ouvert au Nord sur un jardin, on y créa cinq divisions.
Le 1^' lot formé par la chapelle acttieUement occupée par le tribunal criminel, les petites bâtisses qui l'entourent sur trois cotés, la petite cour d'entrée ac/tieïte et la portion du terrain comprise entre le prolongement en ligne parallèle du mur longitudinal à gauche du tribunal et à 4 pieds en dehors du dit prolongement. Le tout d'une contenance de 1.143 m. q. joignant au levant du côté de la nouvelle entrée, à la rue de la Préfecture, au midi au jardin des Garméljtes et au bâtiment des Archives dont le mur de séparation sera mitoyen, au midi à la rue du Petit- Banc et au nord à la rue Barbezières.
(1) Archives départementales. Q 74. Procès-verbaux des ventes do Gartnel n» 67, 68, 69, 70, 71 et 191.
iXota. — Toutes les terres provenant du redressement (le la rue à effectuer en avant du présent lot seront portées et régalées sur la portion de rancien jardin faisant partie du 2* lot. Le mur longitudinal à construire sur la partie gauche de la dite rue et qui doit la séparer du 2® lot, sera fait aux frais de Tacquéreur du 2® lot, sur toute la longueur du dit mur, le pavé à construire dans la dite rue sera au compte des acquéreurs des 1" et 2* lots, les terrasses seules et les plantations seront aux frais de l'acquéreur du 1*' lot. (Expertise). On lit dans le procèsverbal de vente que la nouvelle rue aura 18 pieds de large et appartiendra à la ville (1).
Le i«' lot fut adjugé à J.-B. Lefranc pour 196,000 liv. avec réserve au profit du département des boiseries du prétoire et des cloisons de la Chambre du Conseil.
Leiranc agissait, bien qu'il n'en fut rien dit, comme mandataire de la société qui fit bâtir par Demetz, sur l'emplacement de la chapelle dont le mur du chevet fut conservé, le théâtre ouvert au public le 22 vendémiaire an X(U octobre 1801).
Le 2^ lot comprenant un rez-de-chanssée, un premier étage avec mansardes, un grand escalier en pierre de taille et une cave voûtée, plus une portion de l'ancien cloître et du grand jardin, d'une contenance de 780 m. q., confrontant au levant au 6®, au midi au 3% au couchant au 5« et vers le nord au 1*% d'une contenance de 780 m. q. passa pour 150.000 1. à Pierre Aimé Elies, imprimeur du département, qui y transporta ses presses (2).
Le 3® lot composé d'un rez-de-chaussée, d'un premier étage avec mansardes et escalier en pierre, un autre
(1) lya perte du pUn rend ces conditloDS difficiles à comprendre, il ne nous parait pas douteux qu'elles furent modifiées lors de la construction du théâtre et que Taspect de ces lieux changea encore lors du don fait à la ville par le décret de 1808 pour le dégagement de la préfecture.
(2) Ce lot appartient aujourd'hui aux représentants de feu Théophile Girauieau. ancien syndic des marais. L'entrée en dut être faite sur la rue à planter.
bâtiment adossé au pignon du midi, une portion du cloitre et du grand jardin avec un très beau puits, etc. d'une contenance 1014 m. q. confrontant au levant à un ilôt de maisons, du midi à la rue du Petit banc, où pourra être établie la nouvelle entrée, au couchant au 4® lot et du nord a« 2* lot passa pour 111.000 1. à Augustin Chauvin Hersant, secrétaire général de la préfecture. On reconnaîtra la maison qu'occupe le docteur Fayard transmise héréditairement à feu le docteur Au- ^ guste Tonnet, fils de Tonnet Hersant.
Le 4^ lot. aile à droite du bâtiment principal, rez-dechaussée, premier étage et vaste grenier au-dessus, portion de Fancien cloître, cour au midi, propre à faire un jardin, etc., d'une contenance de 584 m. q., confrontant du midi à la rue du Petit banc, du couchant à la même rue, du nord au 5® lot et au levant aux 2« et 3% fut vendu pour 161.000 (. à Laurent Pret-Coursay demeurant au Petit-Prissé (1).
Enfin, le 5^ et dernier lot du bâtiment principal dans l'aile droite avec un grand bûcher en retour d'équerre et galerie en avant.
Plusieurs pièces au rez-de-chaussée ayant servi au tribunal criminel, premier étage avec une vaste pièce servant de dépôt aux Archives de la Préfecture, autre pièce au bout avec petits cabinets ou cellules régnant au-dessus du bûcher.
Escalier en bois et petit escalier en pierre, etc., d'une contenance de 553 m. q., confrontant au levant et du côté du midi aux 2* et 4* lots, du couchant à la rue du Petit banc et du nord au tribunal criminel dont il sera séparé par le mur mitoyen actuel et par deux petites cours, aux extrémités.
Adjugé à Jacques-Antoine Piet-Bernard demeurant à Niort, pour 161.000 1.(2).
(1) On reconnaîtra la maison où est décédée Mlle Corbin.
(2) La maison de Neuchaise, récemment vendue, occupe une pai'têê de remplacement du 5* lot. *
I/acquéreur ne pourra prétendre à la propriété des planches établies en rayons dans la grande salle des Archives qui servent au dépôt des papiers, non plus qu'à celle de la grande porte de la dite salle avec ses serrures qui fut posée par la ci-devant administration centrale, le tout étant réservé pour les nouvelles Archives.
Il y eut enfin un 6^ lot consistant en un terrain vague triangulaire situé en dehors du bâtiment principal et à l'extrémité de l'ancien jardin, qui fut vendu juste un an plus tard, jour pour jour, c'est-à-dire le 9 messidor an IX. Sa contenance était de 136 m. q., il confrontait des nord, couchant et midi aux l**, 2* et3« lots et encore du couchant à Pilotde maisons déjà mentionné à Toccasion du 3® lot, et fut adjugé à Pierre Clerc chirurgien à Niort, pour860 J. (1).
Les hapgars existant dans Tcnceinte dii Couvent appartenant à la commune de Niort, les acquéreurs n'y pourront prétendre et démolition en devra être faite dans un délai de six mois. Ces bâtiments avaient été évidemment élevés pour loger le matériel de transport de l'armée de rOuest.
On a vu combien il est difficile de se reconnaître, faute de plan, dans le procès-verbal d'estimation de l'ingénieur Demetz. Les changements opérés depuis lors apportent une confusion nouvelle. Le lot 6 est impossible à retrouver, le n® 5 acquis nationalement par Jacques-Antoine Piet-Bernard, plus connu sous le nom de Piet Rocquépine, a été vendu par lui dès le 3 vendémiaire an IX à Laurent Piet Coursais, déjà propriétaire du ¥, et à Pierre-Aimé Elies, imprimeur, propriétaire du 2« qui se le partagèrent. Rocquépine avait acheté le lot 5 au District le 9 messidor an VIII pour lôLOuO 1., il le revendait en son nom personnel le 3 vendémiaire suivant pour ^.600 I. en numéraire métallique, cet exemple si typique de la
(1) li eut ^ faire son entrée su^ la rut à planter .
dépréciation si rapide des assignats nous a paru bon à retenir. (1)
(1) Cfr. sur les Carinéiltes de Niort, Bull. soc. dt stat. IV 378. V 669. VI 654. VU S4. et album Arthur BoaoaultX. 876, pour l'épiUphe de la Prieure morte le 17 octobre 1666.