‹ Miscellaneous pamphlets on NirotChapitre 7 sur 22 · PLACE DE LA BRÈCHE · texte numérisé non relu

PLACE DE LA BRÈCHE

La grande inondation de 1747 til ouvrir un canal parallèle au Merdusson pour déverser directement dans la Sèvre Teau de Bouillounouse stagnante en tout temps hors du rempart, rétablir les ponts emportés par la crue et ouvrir la porte de la Brèche,

Des plans et devis turent présentés pour ces divers travaux par Bonnichon, ingénieur des Ponts et Chaussées, et de Bompar sous-ingénieur donna aussi son avis. Les opérations prévues paraissent s'être achevées vers 1760. On avait même pu dès 1750 tenir la foire de Mai sur le marais en partie comblé et nivelé. Enfin, en 1769, le sous-ingénieur Mathieu était chargé de dresser un projet de champ dé foire et de promonade publique. Un plan conservé à l'Hôtel de Ville eu donne la singulière disposition. Deux allées partent du bout de la rue du minage (1) pour aller en divergeant rejoindre les grands côtés de la place. Il est à croire que cette disposition en éventail a persisté jusqu'à la vente des remparts sotis f Empire et qu'alors seulement la Brèche prit la forme d'un carré barlong qu'elle a conservée, en perdant le terrain triangulaire situé du côté de la ville, simultanément aliéné (2).

(1) Ricard aujourd'hui.

(2) Cette vente du terrain triangulaire pourrait bien avoir eu pour cause la permanence de Pinvasion des eaux de Bouillounouse malgré l'ouverture d'un canal, insuffisamment prolongé en amont. On sait que pendant longtemps les maisons de la rue de la Boule-d'Or et de la route de Paris restèrent privées des fournisseurs les plus indispensables, ce qui les obligeait à s'approvisionner en Pille. Mon grand-père, né vers 1783, racontait que dans sa jeunesse, les boulangers de Niort desservaient à certains moments ce quartier au moyen de voitures à chiens, innovation fort remarquée, qui leur permettaient de traverser le marais du bas de la Brèche.

Rien ne prouve qu'on eut, après la vente des Remparts^ ridée d'une porte purement ornementale. On dit cependant qu'il fut projeté d'y transporter le portail de la rue Saint-François à coup sûr beaucoup trop étroit pour être mis à l'entrée d'une ville (1). En 1818, il aurait été même encore question d'en décorer le Passage du Commerce. Les précautions prises par La Marcardière pour assurer la conservation de son monument en ladite année, prouvent tout au moins que le propriétaire n'était nullement favorable au projet.

Une pyramide fut érigée sur la place de la Brèche en souvenir du passage à Niort du Comte d'Artois en 1777. Cfr. pour l'histoire de cette pyramide Van der Cruyssen. La place de la Brèche et la pyramide du Comte d'Artois. Niort, L. Clouzot 1895.

(1) On remarqaera que Pidée du transport à la porte de la Brèche du portail à colonnes de la rue Saint-François ne peut dater de 1709, époque où il n'était pas construit.

JEAN-BAPTISTE Etienm DUNESNIL

Cet architecte, né à Niort vers 1743, avait épousé, le 16 février 1767, Marie-Louise Bergeonneau et habitait en 1784 le quartier Saint-André. Il était fils de Jean-Baptiste Paul Dumesnil, alias Dumény, ingénieur du roi, et de Jeanne La Roche. Son père, mort le 27 mars 1765, fut inhumé à Notre-Dame au fond de l'église, vis à vis de l'orgue — c'est-à-dire à peu près où se trouve aujourd'hui le maître-autel — dans la sépulture des Dumény, Ce détail donné par l'Etat civil, prouve que la famille résidait depuis longtemps à Niort.

Les travaux exécutés par l'ingénieur nous sont inconnus. On doit -à l'architecte les portes « lourdes et disgracieuses » (1) ouvertes à Notre-Dame, au Levant, de l'un e^ l'autre côté du grand vitrail, dans les dernières années du règne de Louis XV et l'hôtel Arnauldet, rue Saint- Gelais, construit de 1784 à 1787.

Faute d'avoir consulté les registres de recettes et dépenses de la fabrique de Notre-Dame, on ne s'est guère entendu sur l'année où cette église fut gratifiée de ces nouvelles issues. Le 2 mai, J.-B. Elienne Dumesnil reçoit un acompte de 300' sur le prix des deux portes qu'il doit faire suivant devis et le 2 février 1772, il est donné à Ligaut vitrier, 9442«6** pour solde des travaux par lui faits aux vitraux des nouvelles portes ; c'est donc entre ces deux dates, c'est-à-dire en 1771, qu'elles furent ouvertes.

(1) Abbé Taury.

REMANIEBfENT A NOTRE-DAME EN 1771.

On lit dans le Mémoire de Thibault de Bouteville, rédigé vers 1740, que les principales entrée^ de Notre-Dame sont sur les ailes dans Fendroit où se forme la croix (1), ce qui doit s'entendre de la grande porte du Nord murée en 1771 et de celle du clocher, alors accessible du dehors.

Notre-Dame, comme toutes les vieilles églises, s'était entourée d'un cimetière plus tard en partie envahi par les maisons. Au xvin* siècle, les sépultures formaient encore deux groupes séparés par l'église et par les bâtiments du prieuré. Il fallait traverser celui du Sud, dit le grand cimetière pour atteindre la porte du clocher. Par le petit cimetière, au Nord, on parvenait à la grande porte fermée à l'heure actuelle. Un plan conservé aux archives municipales (2), sans date ni signature, montre des clôtures établies autour des deux champs de repos mais tandis que la grande porte reste facilement accessible, du côté du petit cimetière, grâce à des ouvertures pratiquées sur la rue Notre-Dame et au bout de la rue du Tourniquet, un mur continu s'élève de la rue Torse au coin de l'église, par suite il n'est, plus possible aux gens de la ville de se servir de la porte du clocher et l'église se voit réduite à sa belle mais énorme baie gothique, glaciale par suite de son exposition au Nord, vu Tabsence, bien évidente à cette époque, de tambour ou de double porte.

Le mur du grand cimetière devait déjà être construit en 1757 année où Ton prend conseil relativement à cette question des portes à un habitant de La Rochelle nommé Ricard (3) ; plein de respect pour les vieux monuments et très désireux de les voir conserver dans leur intégra-

(1) Mém. de la soc. de sUt. 9* s" III 204.

(2) Voy. L. D. Cimetières de Niort 1896 p. 32.

(3) Notes de l'abbé Tauiy. U s»aglt s. d. de Ricard directeur des fortifications à La Rochelle en 1766.

lité, il engage à se contenter de dédoubler la grande baie où il semblerait cependant qu'un meneau vertical existait déjà.

La louable intention de désaffecter complètement le cimetière primitif de Notre-Dame et de ne plus consacrer aux inhumations que le seul cimetière extérieur, ou de la porte Saint-Jean, semble bien être la principale cause de la clôture des portions subsistant encore de l'ancien cimetière paroissial. Il fallut cependant bientôt y revenir par suite de l'interdiction par l'autorité épiscopale du cimetière extérieur en 1743, pour cause de mauvais état des clôtures. Comme il s'agissait d'y obvier au plus vite, ou n'hésita pas à convertir le vieux cimetière en carrière (1) (1768).

Il est difficile de savoir si les inhumations cessèrent, même momentanément, d'être pratiquées autour de Notre-Dame ; un plan de la ville dresse vers 1775, conservé aux archives municipales, montre Venclos du prieuré complètement envahi par les sépultures et c'est là que fut enseveli l'abbé Hayez qui périt sous la hache révolutionnaire le 1*' avril 1793. (Abbé Alfred Largeault, communication verbale).

Si les plaintes des fidèles, dues aux inconvénients de la grande porte, ne furent pas étrangères à la grave détermination prise par la fabrique en 1770, le clergé pourrait bien aussi avoir vivement désiré l'établissement d'une sacristie. On ne trouve tout au moins antérieurement aucune mention de cette utile annexe.

Toujours est-il qu'un remaniement général de Notre- Dame était décidé.

(1) 1760 6 janvier. Charroi de pierres et de sable pour la clôlure du nouoeau cimetière (les pierres amenées du grand cimetière) 20* 5-.

Id. 8 janvier. Charpentier, tailleur de pierres' pour façon du mur de clôture du nouveau cimetière 37' lô*.

Id. 15 janvier. Claude Isamber, 12 journées employées à aplanir et déblayer le chemin du nouveau cimetière ? V. (Comptes de la fabrique de N.-I).).

Il semblerait donc bien que le cimetière de la porte Saint-Jean ait eu sa clôture complètement refaite en 1760, ce qui avait été contesté.

Le sol de Féglise bosselé par les sépultures fut aplani, on n'hésita pas à démonter l'orgue livré en 1746 par Jacques-Antoine Glocker facteur à Poitiers, pour ouvrir au-dessous dans le mur du pied de la croix, une porte destinée à desservir la sacristie si longtemps désirée (1). Qui pis est l'église se désorienta complètement grâce au transport du maître-autel de l'Est à l'Ouest, sans crainte des désagréments bientôt manifestes résultant du trop grand voisinage du puissant buffet et du chœur.

La grande porte, qu'on pourrait bien qualifier de porte fatale en cette occasion, était à jamais murée (1771). L'abside devenue vide après l'enlèvement du maître-autel, on en ouvrit deux autres au Levant, clergé et fidèles tout le monde fut content sauf peut-être les gens de goût encore rares à cette époque reculée.

J.-B. Etienne Dumesnil est responsable de ce méfait, nous l'avons déjà dit.

L'entrepreneur Pinoteau qui prendra plus tard, luimême, le titre d'architecte, les exécuta sur ses plan et devis. Ces portes sont si laides qu'on a pu parfois être tenté de les attribuer à une époque voisine de la Révolution.

La façon {T) de l'architecte n'est que le fidèle reflet de la mode alors régnante. Nul n'était choqué — pourrait-on dire encore à la décharge de Dumesnil — de voir plaquer sur des monuments de Fépoque gothique jugée ftarftare, de tristes nouveautés alors trop appréciées.

Pinoteau fut chargé do l'exécution de la pyramide dédiée par les Niortais au Comte d'Artois en 1779, il est l'auteur du dessin très correct recueilli par feu Paul Frappier. Van der Cruyssen lui attribue en outre un plan

(1) L'ascension du buffet amena la ruplure du tour. Le facteur Ghambon, chargé de remettre Porgue en état reçu 708'.

(2) Abbé Taury.

— sodé la ville de Niort (1). Le 18 janvier 1793 on l'adjoint à Dumesnil pour dresser les plans des maisons des cidevant ordres religieux et du bâtiment neuf de l'oratoire, envoyés au Ministre pour qu'il put juger celles qui seraient propres à des établissements publics.

Dans la liste des Maires et Conseillers municipaux de 1790 à 1865 d'Alfred Bouneau, Pierre Pinoteau architecte figure comme notable de 1792 à 1795.

(1) Van dcp Gruyssen. La place de la Brèche et la pyramide du Comte d'Artois, 1095. n est bon de dire qne Bernard d'Agescy s'attribua aussi le dessin de la Pyramide. Bull, de la soc de sut. VU 90.

Les pyramides restèrent en honneur après la Révolution. Dans le célèbre parc de Grellet-Desprades à la MouJatriOf on voyait les cénotaphes de Vir^e et d'Horace. Celui d'Horace était en forme de pyramide, je l'ai vue encore en place en 1860.

L'HOTEL ARNAULBET (i)

Madame Edmond Arnauldet a bien voulu nous communiquer le iraUé passé avec Dumesnil, auteur du plan de son hôtel, chargé en outre d'en diriger les travaux. C'est un acte sous seing privé, sans doute en était-il souvent ainsi entre propriétaires et architectes (2), ce qui expliquerait comment nous avons vainement cherché dans les minutes notariales le traité de La Marcardière avec Farchitccte resté inconnu qui bâtit le portique de la rue Saint-François. D'un autre côté, il y avait peu de chance de le rencontrer parmi les seuls titres de propriété livrés /au dernier acquéreur en 1862, que Madame Charrier livrait à nos recherches avec beaucoup d'empressement.

Traité relatif à la construction de l'hôtel Arnauldet 26 mars 1784 (3).

Entre nous soussignés Marie Magdelène Caterine Papineau (4) veuve Rouget (5) demeurant en la ville de Niort paroisse Saint-Amfré, d'une part,

(1) Rue St-Gelal8 n- 28.

(2) Cependant, le traité passé entre Jean de Baudéan-Parabère, gouverneur de Niort, et Jacques Trotin, architecte du roi en Poitou, pour des ouvrages de maçonnerie et de charpenterie à exécuter au château de La Mothe-Saint- Héraye (1* octobre 1804) est un acte notarié Bull. soc. de stat. des 2-S., VII 197.

(3) De la main de Dumesnil.

(4) Paraît avoir été Pun des derniers représentants de cette famille à Niort. Louis-Joseph Papineau, patriote Canadien, président du Parlement de notre ancienne colonie en 1827, se réfugia aux Ëtats-Dnis après la révolte de 1837. De là, il gagna Paris où il connut Béranger, Cormenin et Lamennais. U mourut après 1850. Sa famille était originaire de Niort.

(5) Pierre-Paul Rouget de Meignau, conseiller du roi, élu en l'élection de Niort depuis 1768, mort le 26 mars 1770. De leur mariage était issue Louise, née le 17 novembre 1772, mariée à Marc- Antoine Busseau, dit parfois B. du

Le s^ Jean Baptiste Etienne Dumesnil architecte demeurant en cette ville sus dite paroisse, d'autre part.

Ont été consantie et rédigé les clauses et conventions suivantes, scavoir que moy Dumesnil appelé par la dite dame Rouget pour lever le plan d'une maison sise rue Saint-Gelais qucle veut y faire construire, me suis engagé et m'engage de faire exécuter les dits plans accepté par la dite damme et ses amis, de veiller à la conduite des ouvrages tant maçonnerie que serrurie, menuiserie, vitrage, peinture et généralement tout se qui contribue à la solidité et perfection de la maison élevé sur les dits plans et d'apporter tous mais soins à ce que le dit ouvrage soufre le moin de délay possible. En prévoyant à la fourniture [des matériaux] et les plus urgens en les demandant au propriétaire et les faire travailler par les * ouvriers et pour cela moy Dumesnil demande pour mais peines et soin à la dite dame veuve Rouget la somme de huit cents livres qui me sera payé scavoir celle de deux cent livres à la Saint-Michel prochaine, celle de trois cent Uvres à la Notre Dame de Mars suivante et enfin celle de trois cent livres restante à la fin et perfection des dites ouvrages.

Tout se que dessus moy dite dame Veuve Rouget est pour agréable, accepte et m'engage de remplir pour se qui concerne le payement de la dite somme de huit cent livres payable aux époque cy dessus fixée et pour Taccomplissement et Texécution de bonne foy des présentes, nous dite dame veuve Rouget et Dumesnil avons engagé et ypothéqué tous nos biens présents et avenir, lait double sous nos sings à Niort, le vingt six mars mil sept cent quatre vingt quatre.

Approuvé écrit de main d'autruy.

Signé Papineau veuve Rouget

DUMESML.

Meignau, à qui passa Phùlel de la rue Sl-Gelais. Enfin, le mariage — 25 juillet 1826 — de Sophie Busseau avec Louis Arnauldcl, plus tard député et président du tribunal civil, le transmit à la Tamille Arnauldet.

A la suite se trouvent les quittances de paiement à l'architecte, la première est du 29 octobre 1784 et le compte final dn 1*' mai 1787. La construction de l'hôtel commencée en 1784 ne se termina donc qu'en 1787.

Dumesnil, notable en 1790, est officier municipal de 1791 à 1794 (Armoriai Bonneau). II demande en 1792 1.000 francs pour rétablir la pyramide de la Brèche, la somme fut jugée trop élevée, il est cependant facile de voir qu'il continue à être souvent employé par la ville. Nous lui avons vu confier avec Pinoteau le plan des maisons religieuses supprimées (18 janv. 1793). Toujours en 1793, il a à procéder à l'évaluation des matériaux provenant de la démolition des halles. Il prend encore part à l'organisation de la fête du 20 août an 11 et à l'érection de l'autel antique.

L'HDTEL DE LA MARSARDIÈRE

LE PORTAIL DE LA RUE SAINT-FRAPiÇOIS

Qui ne connaît à Niort les hautes colonnes radmtm de Tancienne rue Saint-François (i) et l'entablement délicatement touillé quelles soutiennent ?

Or^ lit sur ce beau portique, du coté du Jardin :

HVNC (sic) DOMVM VENDIDIT AMICO

Et au-dessous, en lettres de plus grande dimension :

ANDREAS CHARIER (sic) DE LA MARCARDIERE (2) HOC .EDIFICAVIT MONVMENTVM ANNO DOMINI 1790 (3)

Comme on le verra bientôt, Tinscription la plus élevée ne remonte qu'à 1818, elle devait être p\acée inférieure' ment. Si cette précaution eut été prise, elle eut indiqué plus clairement encore que celui qjii vendit n'était autre que le bâtisseur.

Cette date de 1790 est bien en rapport avec le faible relief du rinceau de la Irise et des moulures des caissons, Tétroitessc des consoles et les vermicules à peine indiqués sur les bossages rustiques des murs latéraux du côté de la rue où des pilastres sont figurés derrière les colonnes.

(1) N* 13. Cette rue a repris depuis 1870 le nom de rue J.-J. -Rousseau qu'elle avait déjà reçue sous la Révolution.

(2) Le dictionnaire des postes et les dictionnaires topographiques des Deux- Sèvres et de la Vienne ne mentionnent aucune Marcardière.

(3) Le» lettres des deux inscriptions aujourd'hui peintes en rouge, étaient anciennement dorées.

Sur la face opposée, on ne voit plus que des pilastres, une guirlande de feuillage retenue par une couronne encadre la vaste baie, cette décoration plus simple parait de meilleur goût, quoique l'architecte n'ait point encore fait preuve d'invention.

Pour une raison restée inconnue, cette baie avait été murée « plusieurs années » avant 1818.

Feu Thomas Arnauldet, autrefois attaché au Cabinet des Estampes et plus tard bibliothécaire de la ville de Niort, attribuait ce portail à un architecte de Poitiers, dont il ne fit pas connaître le nom.

Peut-être n'est-il pas impossible de retrouver cet artiste.

François Boucher, peintre du roi, avait provoqué la création dans les principales villes d'un enseignement artistique. Sur la demande de Pierre, directeur de l'Académie royale de peinture après Boucher, une Ecole gratuite de dessin fut fondée à Poitiers en 1771, elle se transforma en 1774 en Ecok royale académique de peinture, sculpture^ architecture et arts analogues du dessin, et resta confiée à Aujollest-Pagès comme jadis l'Ecole gratuite (1).

Bien que l'architecture ait eu pour professeurs spéciaux Pinchault, architecte de la maîtrise des Eaux et Forêts et du Comte d'Artois, et de Lapeyre, inspecteur des Ponts et Chaussées (avec Niboudet, curé d'Ingrandes, ancien ingénieur des Ponts et Chaussées, comme professeur honoraire de mathématiques) (2) et que le directeur semble se confiner dans l'enseignement de la pein-

(1) Jouyneau Desloges, Programme de PEcole de Poitiers. Alm. proç. de 1777 et années suivantes. Après cette mention et plusieurs autres, nous n'avons pas été peu étonné de retrouver cette Ecole gratuite indiquée concurremment avec l'Ecole Royale académique de peinture etc., dan^ VAbrumach du Poitou de 1790. Il ne serait pas difficile de trouver d'autres preuves de leur coexistence jusqu'à la Révolution. Il ne peut même y avoir oonAision car V Ecole royale académique n'est nullement gratuite, on en a pour preuve la fondation de trois bourses en 1778. Aff. du P. 1778, n« 26, p. 113.

On songea en 1772 à l'établissement d'une école gratuite de dessin à Niort. Aff, du P. 1772, n* 16, p. 63.

(2) On comprend comment Ch. Bauchal a pu dire dans son Dict. des Architectes Pr. Introduction, \UI. « Pendant le XVll* siècle et surtout pendant tout le XVIIl*, presque tous les édifices construits en province le furent sous la direction des Ingénieurs du roi ».

ture, jouissant même du titre de peintre du Comte d'Artois, on ne tarde guère à le voir désigner comme architecte du duc de Chartres gouverneur du Poitou (i). Bien plus, le 9 juillet 1585, après la mort de Pinchault sans doute, le registre municipal de Poitiers reproduit des lettres patentes nommant AujoUest-Pagès architecte du Comte d'Artois en Poitou. (G*»" de M. P. Rambaud).

Nous ne connaissons aucun travail d'architecture confié au directeur de l'Ecole de peinture de Poitiers, mais ces deux délégations eussent-elles été purement honorifiques suffiraient à prouver qu'Aujollest était alors considéré comme un homme de haute valeur ce que nul d'ailleurs n'a jamais contesté. On ne trouve même en 1790 dans toute la région aucun autre artiste qui puisse se dire son émule (2).

C'est donc bien vraisemblablement à lui qu'Arnauldet avait dû penser, guidé par le seul titre d'architecte du duc de Chartres donné à Aujollest-Pagès par VAlmanach provincial du Poitou dès 1780, car il est peu probable que les lettres patentes de 1785 lui conférant la même charge

(1) Almanach de 1780.

(2) Il y eut en 1776 et en 1777 des expositions à l'Ecole de peinture de Poitiers. Le catalogrue de 1777 a été publié par Aqjollest-Pagés, breveté de FAcadémie royale de peinture et sculpture de Paris, peintre de Mgr le duc de Chartres au gouvernement de Poitou, agréé à l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Bordeaux, directeur perpétuel de PAcadémie de peinture etc. de Poitiers. Braud, impr. de l'Ecole royale Académique de Poitiers prés les Gordeliers 1777 et reproduit par H. Beauchet-Filleau père dans Pièce* inédites rares ou curieuses concernant le Poitou. Paris, Académie des bibliophiles, 1870. Titre : Explications des tableaux^ esquisses et dessins de MM, les professeurs, académiciens et amateurs de VEcole roy. Acad. de Poitiers, (Rien n'est dit des travaux des élèves). Aujollest-Pagés n'expose pas moins de 19 articles. Le n* 13 présente les esquisses des tableaux qu^il se propose de faire pour sa réception à l'Académie de Bordeaux, le n* 19 contient aussi plusieurs dessins, le n* 14 présente deux tableaux d'architecture sur toile de 12 pouces. On ne sait si ces exhibitions continuèrent après 1777. Aucun autre tableau d'architecture ne figure à l'Exposition de 1777. Depuis la publication par Beauchet- Filleau père du livret de 1777, celui de l'exposition de 1776 a été retrouvé mais non publié. C'est V Explication des tableaux et dessins exposés pendant 15 Jours par MM. les Académiciens et par les élèves de l'Ecole roy. Acad. de Poitiers le 26 août 1776 dans un salon de MM. de la faculté de droit. Poitiers, \*, Braud, 1776, in-12 de 11 p. (de la Bouralière, Bibl Poil., p. 61.

Dès 1772, il y avait eu à l'école gratuite des prix pour la figure, le paysage, l'ornement, l'architecture civile et l'archiiecturc militaire. (Afllches du Poitou, 1773, p. 50. En 1774, il y eut un concours de charpentes. Id. 1774, 120.

près (lu Comte dAptois, apanagiste du Poitou, lui aient été révélées.

Nous verrons bientôt que La Marcardière était inspecteur gMéral des chasses du Comte d'Artois, Il est assez naturel que des relations se soient établies entre ces deux officiers de Tapanagiste de la province et Ton pourrait supposer encore avec quelque probabilité que ce fut .à l'occasion de portraits faits à Niort par le directeur de l'Ecole de peinture de Poitiers.

Feu Beauchet-Filleau observe que l'absence de toute notice sur l'Académie royale de Poitiers laisse une lacune fort regrettable dans Thistoire de l'art dans notre province d la fin du xvm« siècle. Les élèves de cette école restent absolument inconnus.

Il n'a pas mentionné le Programme ou introduction d'un cours complet de dessin en faveur des élèves de l'Ecole centrale du département de la Vienne, présenté aux citoyens administrateurs de ce département par le citoyen François Aujollest-Pagès, professeur de dessin et arts analogues à la même école centrale, capitaine du corps de gmie militaire, Nantes, Guimar, an VI, in-4*' de H p. Ue la Bouralière. Hibliographie Poitetine. Mém. antiq. de ro., 1907, p. 30

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