L'AMICUS D'ANDREAS
Le 8 septembre 1818, on trouve ArnauU Jean -André Marcardière (sic) à Sainl-Maixenl où il comparaît par devant le notaire Presles-Duplessis pour consentir à Farrentement de son hôtel à Gabriel Sury, capitaine de l'ex 2® régiment de Lanciers, Chevalier de la Légion
(1) Elle se nommait Mtrie Ck)uhé. On la retrouve en 1826 mariée à Pierre Grisaud, instituteur primaire.
(S) Cet hôtel avait été bâti avant 1808 par Marin qui le tint jusque vers 1824, époque à laquelle il fut affermé à Sarrazin, hdte auparavant de VHôtel de France.
Goûtant acheta et rebâtit PHôtel de France qu'il réouvrit en 1828.
(Notes de M. Eugène Chotard, bibliothécaire municipal).
d'Honneur et à Marguerite Petit, son épouse, domiciliés ensemble quoique séparés de biens, rue Saint-Gelais à Niort.
Il déclare avoir recueilli cette maison, sise à Niort rue Saint-François dam la succession de ses auteurs.
Elle comprend un corridor d'entrée dont le dessus appartient à M. Proust, (1) un salon, une salle, une cuisine^ une autre salle très grande ayant trois croisées sur la rue Saint-François « après les croisées de cette salle, il y a un superbe portail en colonnes et en chapiteaux, il est muré depuis plusieurs années », une seule cave sous la maison. Derrière le portail est une cour et un jardin, dans la cour se trouvent un puits, un hangar avec une petite chambre au-dessus, à la suite une autre cour qui a sortie sur la rue Rochette, dans cette dernière cour il y a une écurie et un fenil au-dessus, un bûcher... un second puits mitoyen avec M. Proust, un ballet ou galerie...
Dans le haut de la maison, il y a trois chambres et des cabinets, deux grands greniers, sur l'un de ces greniers est un petit appartement dominant toute la maison (2).
Confrontant le tout par le devant à la rue Saint-François, d'un côté à la maison de M. Proust, d'autre à la maison de M. Busseau, d'autre à la maison de M. Decemme et à celle de M. Cornuault et par le derrière à la rue Rochette et à la maison occupée par M. Vauguion père (3).
A cet acte interviennent Marie Petit, mère de la dame Sury, à laquelle est concédée la jouissance viagère, après
(1; M. Proust fut le premier receveur général du département. M. Germain Hecond titulaire transporta le siège de la recette générale rue des Petits Bancs.
(2) Ce belvédère existe encore au n* 13 bis. v
(^ Bien que nous ne nous proposions point de faire l'historique de toutes les maisons de ce quartier, nous dirons que le n* 6 de la rue Rochette confisqué sur Pémigré Benjamin-Louis-Charles Brochard de La Rochebrochard et occupé tout d'abord par la régie des domaines, avait été vendu nationalemeut en Germinal an Y à Jacques-Zacharie Chabosseau qui après Tavoir habité l'avait affermé à Louis-François Vauguion agent de change. M. Vauguion l'acquit en 1828. C'est dans cette maison qu'est né le 3 Brumaire an XI (25 OcL 1802) Charles-Amédée Chabosseau fondateur de la galerie de tableaux de la viUe de Niort.
Cette maison paraît avoir été bâtie sur l'emplacement du jeu de paume de la Cantelle.
- sole décès du vendeur, d'un appartenant convenable et décent à son rang et dont elle ne pourrait être expulsée sous aucun prétexte.
Et Marie Couhé domestique du cédant, mise en jouissance pendant sa vie, après la mort de son maître :
1*» De la chambre haute sur la petite salle, ayant vue sur le jardin « et qui est celle où couche actuellement M. Marcardière » ;
2° De la petite chambre régnant sur la grande salle, ayant vue sur le jardin ;
3° Du droit de se servir de la cuisine pour son usage et de puiser de l'eau aux deux puits ;
¥ De déposer dans la cave le vin à son usage personnel ;
5** De se promener dans le jardin et de recueillir la moitié des fruits des arbres et des treilles ;
Mais tout droit de sous louer lui est interdit et elle ne pourra mener avec elle ni parents^ ni amis,..
Les preneurs devront enfin « faire renouveler par Fleury peintre à Niort, l'épitaphe (sic), en lettres d'or qui est au portail côté du Jardin et il y sera ajouté, de même en lettres d'or au bas (1) de la dite épitaphe ces mots latins :
HVNC (2) DOMVM VENDIDIT AMICO
Cet ouvrage se fera de suite, la dorure sera renouvelée toîts les cinq ans pendant tout le temps que les sieur et dame Sury seront en possession de ladite maison ».
L'arrentement est consenti moyennant le pot de vin de 6.100 francs et la rente viagère de 300 francs exempte de toute espèce de retenue et dïmpôt créé ou à créer, acquittée avec le pot de vin en passant l'acte et payable à Tavenir le 8 septembre jusqu'au décès du vendeur.
(1) Ou a déjà dit qu'ils avaient été mis au dessus faute de place au-dessous de lUnscription première, comme il avait été prévu.
(2) La faute d'orthographe de La Marcardière, authentiquée par le notaire, pieusement recueillie par Sury, a été finalement monumentée par le lapidicide.
Tous les intéressés, sauf Marie Gouhé qui ne sait pas écrire signent avec les notaires, nous avons déjà dit qu'au bas de cette pièce, le seul prénom d'Arnault apparaît dans la signature de Charrier de la Marcardière (1).
Dès le 18 septembre 1818, Gabriel Sury abandonne à sa femme en pleine propriété tous les biens meubles qui lui appartiendront au jour de son décès, par testament authentique reçu par M® Jacques Pierre Pougnet notaire à Niort.
Les conditions aussi onéreuses que désagréables imposées par Marcardière à son ami Sury ne lurent pas longtemps supportées. La fidèle gouvernante s'unit à Pierre Grisaud, instituteur primaire, dès l'année qui suivit le décès de son maître ; ne pouvant plus, aux termes de Tarrentement, conserver les divers droits de jouissance qui lui avaient donnés dans la maison de la rue Saint- François, elle en faisait abandon aux époux Sury le 4 novembre 1826, moyennant 200 francs par acte au rapport dudit M* Jacques Pierre Pougnet.
l'e son côté Marie Petit, mère de Madame Sury, décéda au plus tard dans les premiers mois de 1827.
Enfin le capitaine Sury passa lui-môme de vie à trépas et sa veuve convola en secondes noces avec le sieur Calixte Dupont qu'elle perdit encore, on la trouve en 1852 confinée dans la rue Trigalle.