‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 108 sur 165 · NOTICES GENERALES · texte numérisé non relu

NOTICES GENERALES

J. Aw. Inguity in into the State of the Ancient Measures ; the. Attic; the Roman, gnd particularly the Jewish; by Dr. Jahn Hooper, Bishop of Bath.and ‘Wells, livre vraiment admirable dans son. genre.” L'esprit le plus systématique éclaire partout la ‘plus: profonde érudition. On: peut pearfectionner quelques détails, mais je crois: qu'il faudpa-toujeurs bâtir sur les principes de ce savant évéque: C'est pourquoi je vais ely donner une idée abrégée.

On ne- pent s’arrêter qu’à ces “poids, qui- existent eneore: et qui peuvent se camparer avec les nôtres. La’ drachme Attique bien connue nous donnera par ses rapports tous Les autres poids de l’antiquité. : On sait que lorsqu'il est question dé-poids.et. surtout de.monnoies il en faut toujours choisir les ‘plus pessntes.; Le-tems, la rouille, l’avidité des hommes leur ôtent toujours une partie de leur velume.que . rien ne peut augmenter. L’exact Greaves, le père,des expériences de ce genre, avoit pesé beaucoup de tétradrachmes Attiques... Leg mieux: conservées lui donnoient un poids de-268 grains::ou.de 67 pour la drachme. Deux. didrachmes: d’or: de Philippa ¢¢ d'Alexandre lui indiquoient une drachme de. 67,25 grains. M.. Eisenschmidt avoit dans sa possession une tétradrachme de 4x §3} grains: de Paris; 68,36 des nôtres. La mine Attique « de 100 de ces dernières: drachmes . aura pesé 6836 grains.

Les hommes se conduisent rarement par cette liberté d'indiférénce

qu’ils

ad

qu'ils s’arrogent si souvent: dans les institutions les plus arbitraires il. leur faut quelque motif. . C’est ainsi qu’ils.ont fixé lés mesures longues sut les parties du corps -humain, la .coudée, le pied, la pale, où lé’ doigt; qu’ils en ont employé les cubes pour des mesures de capacité, et qu’ils ont déterminé leurs poids par celui d’une de ces cubes rethpliede eau gu de vin. Parmi ces mesures la cube palmique, (terme moyen entre les autres,) a pu paroître la plus généralement utile. On sait par: expérience qu’une cube d’eau de 12 pouces doit peser 76 livres, ‘cube: de la palme nous donnera par conséquent 6840 grains. Un rapport: aussi précis (car le pied Grec ne différoit presque point du nôtre) nous persuade que .nons. avons: trouvé la mine. Attique construite sur les. mémes principes hydrostatiques que cette. livre ? Palme que nous venons de supposer.

Les Grecs reconnoissent, malgré leur + vanité, qu'ils doivent à la. colonie Phénicienne de Cadmus leurs poids et leurs nrésures dont ce. peuple à été l’inventeur. Une nation commerçante et industrieuse a dû trouver de bonne heure: des proportions réfiéchies qui méritentseules à eet égard le nom d'invention, L’ésprit humain fait des progrès rapides lorsque l’intérêt se joint à la curiosité. Le commerce: des Phériciens a porté leurs arts:sur. toutes les côtes de la .Méditerran. née: . On leur attribueroit avec plaisir. la. construction - de. la livre. palme, et Pégalité du talent: Attique:avec celui de Tyr, formellement: énoncée par un des anciens, nous permet de le faire. :

Si-nous balançons à admettre cette égalité sur la foi-de Heron, nous pouvons: nous en assurer par l'égalité. qui. a:towjours ‘subsisté à cet égard’ entre deux peuples très éloignés: qui se connoissoiemt à peine l’tine. l'autre, mais qui ont toujours eu des lfaisons très intimes avee les Phé-. niciens, je veux parler des Juifs et des Athéniens. Joatphe, Philon, les. Septante ont: égalisé le’ shekel de Jerusalem. ét: la. tétradrachme: d’ Athénes, et l'on ne doit pas seulement écouter les rabbins * lorsqu'ils sont opposés à des écrivains aussi anciens et aussi instruits.. Qu’on me rende raison d’un accord aussi singulier. sans supposer que les-deuxnations ont eu-un modèle commun 5 et. quel modèle oseroit le disputer avec celui de ‘Tyr? |

* M. Hooper les écoute un peu longuement.

446. DES POIDS, DES MONNOIBS, ET DES MESURES DES ANCIENS, &c.

On ne doit pas oublier que les Phénidiens, après avoir formé leur: livre palme ou mine, et leur talent, qui en contenoit 60, ant compté, je ne sais par quelle raison, un autre talent le double du premier, mais qu'en consetvant toujours les mêmes divisions, sa mine n’étoit plus la: livre palme. . Les. Juifs ont adopté tous les deux; le premier est leur talent profane ; celui-ci leur talent sacré mais le plus usité, parceque lea prêtres ‘ont toujours rédigé leurs annales. Les Athéniens n’ont. comm que le premier. Le second à passé enfin en Egypte sous le nom de talent d'Alexandrie.

- Cette mine Attique ou livre palme a toujours été la livre pondérale des Athéniens. Au commencement elle en déterminoit aussi la monnoie. Mais enfin on a frappé des drachmes plus légères, et la distinc tion d’une livre de poids et d’une livre de compte s’est introduite dans. la Grèce conime chez nous. Sous les empereurs Romains, la drachme monnoiè ne pesoit que 54,75 grains ou.la huitième partie de l’once Romaine. Comme poids elle étoit toujours de 68,40 grains. Cette’ distinction, autorisée par l’analogie et prouvée par les faits, répand un nonveau Jour eur lès -ekdroits les plus obscars de l'antiquité numis.’ matique,. oy '

- Les systèmes les mieux construits ont toujours leur endroit foible. M. Hooper l’a senti, Après avoir vu un poids formé.sur des principes hydrostatiques on s’attendroit du moins à voir que sa mesure étoit une des mesures creuses des Athéniens, Point du tout. La cotyle (mesure du creux des deux mains jointes ensemble) pesoit 60 drachmes, et le dicotylon, au lieu de peser une mine, pesoit'!,2 mine. On se sauve pourtant par ls distination reconnue chez les Juifs et supposée chez les Athéniens, d’une mine pondérale plus grosse d’un cinquième que la mine ordinaire, et dont-le dicotylon étoit la.cube. On se servoit (dit-on) de cette mine pour peser. les corps d’un grand volume et de peu de valeur. ‘Hy a effectivement peu de nations chez qui l'on ne trouve ces livrés différentes. Cependant j’aimerois: mieux remonter à la formation de la cotyle; et supposer queles Athéniens Pont déterminée par le sey! modèle d'une mesure. creuse que la nature leur offrait. J'ai dit les Athéniens; mais il faudroit dire plutôt les Phéniciens qui ont transmis aux Juifs et aux Grecs leurs mesures, aussi bien que leurs poids.

Les

DES ROEDS$; DES MONNOÏES; ET DES MESORES DES ANCIENS, &C. 447

Les Romains sé sont conduits avec beaucoup plus d'art, Lainphore étoit la cube de leur pied etpefbit 80 livres d’eau où de vin. : Le cotige étoit la cube du demi-pied. et pesoit 10 liv¥es. M. Hodpef est ‘néanmoins peu disposé à faire honneur aux pâtres de Roriutus d’ané'inven- | tion aussi subtile. Il pense que les Romains, qui tenoient leurs loix des Athéniens, en avoieñt aussi reeu les élémens de leurs mesures ; et qu’après avoir formé une livre, les trois quarts de la mine, ét un pied, les deux tiers de la coudée, ils ont chdisi le poids de dix livres pour obtenir une certaine égalité de leur conge avec le chous d'Athènes. Les cubes qui en ont résulté n’ont été qu’un éffet singulier du hasard. Du tems de Platon les Grecs eux-mêmes entendoient à peitie la duphicature de la cube. |

Ce poids du conge ou de ‘10 fivres s *appelloit denartus: | Lorsqu'on apps la première monnoie d’argent, le deriiet d’argent, qui valoit 10 livres de cuivre, ne pesoit que la septième partie de l’once. ‘Les deniers les plus forts qui nous‘ restent sont de 62 grains; ils nous donneroient une once de 4373 grains. Cette once répond avec une justice singulière à celle que Villalpandus et Gassendi ont trouvé par léur expérience sur le conge Farnèse. Elle est encore l’once Romaine de nos jours. Sous les empereurs le denier n’étoit plus que la huitième partie de l’once ; la livre et l’once étoient toujours les mêmes, pendant que leurs divisions devenoient moins fortes et plus nombreuses.

Lorsque les Romains avoient soumis la Grèce, la drachme Attique tomba de 68,40 grains à 62,50 et devint égale au denier Romain. C’est cette égalité, clairement annoncée dans tous les auteurs depuis Polybe jusqu’à Plutarque, et qui ne peut s’expliquer que dans le systéme de M. Hooper. Chaque natjon invents bientôt des expédiens pour applanir toutes les difficultés du commerce. Les Romains inven- ‘tèrent une livre de compte (pondo auri vel argenti) de 100 deniers, égale par conséquent à la mine Attique; et d’un autre côté la drachme monnoie accompagna le denier dans toutes ses variations, et devint, comme lui, la huitième partie de l’once Romaine, 64,75 grains.

Les vaincus poussèrent encore plus loin leur complaisance. Avant le tems de Constantin les Athéniens s’étoient formé une livre pondérale partagée, comme celle de leurs maîtres, en 12 onceg et 96 drachmes. Le drachme étoit Ja drachme de poids de 68,40 grains, et cette livre,

qu’ils

448 . DES POIDS, DES-MONNOIES, ET DES MESURES DES ANCIENS, Aic.

qu'ils nommèrent Lira, étoit à la mine comme 24225. On se souvient que la-mine étoit à la livre Romaine.en raison de 4 à 3. Cette livre Attique, qui n’a point pu se dérober aux yeux pénétrans de M. Hooper, explique sans peine les fragmens obscurs.et corrampus de Fannius, de Cleopatras, de Dioscorides, et de. St. Epiphane. On comprend sans peine qu’il se forma dans l’orient plusieurs de ces litres dont le poids étoit. différent selon leur drachme primitive. . Le ratel de Cairo est connu dans tout lorient. Les Arabes l'ont toujours regardé comme la mine Attique. Son poids les justifie. Il est de 6886 grains, divisé en 12 onces, 144 dirhems, et 1728 kirats, ou ca rats. Nous y reconnoissons une litra dont les auteurs ont quitté la drachme pour continuer la progression Romaine. Cette drachme est — cependant la huitième partie de leur once, sous le nom de drachma At. tica, ou de darchemy. On peut observer une légère différence entre La litra d'Athènes et le ratel de Cairo, Les uns ont multiplié la drachme, les autres ont partagé la mine. Mais les Egyptiens ont rendu té. moignage au procédé. Attique par le poids étranger de 68,32 grains qu'ils ont conservé sous le nom de mitheale.

Le ratel de Cairo s’est répandu dans l'occident avec Les conquêtes et le commerce des Arabes. Ce ratel se retrouve avec peu.de change-

ment dans la livre d’Espagne, et dans celle que nous nommons avoirdupoids. Nous avons adopté, aussi bien que les Francois, un ratel de 10 dirhems, qui différoit moins de la livre Romaine. Les Arabes (en un mot) sont les fameux Esterlins, qui ont fixé le poids sterling de es pays.

aL : L'ANTIQUITE.

' SEcTIOX I.

. J'AIME beaucoup les tables décimales. Elles ont le double mérite de la précision et de la facilité. J’en donnerai ici quatre sur les principes de M. Hooper calculées pour les quatre différens états que nous connoissons de la drachme Attique. 1. Le premier commence au règle-

ment

ment de Solon vers l’an 600 avant Jésus Christ, et pourroit s'étendre ‘jusqu’à la mort d'Alexandre. La drachme égale à celle de poids étoit toujours à 68,40 grains. 2. Depuis la mort d’Alexandre jusqu’à la conquête de la Grèce par.les Romains, elle étoit à 65,5 grains. 3. Elle devint égale au denier Romain de 62,57 grains. 4. Cette égalité subsistoit encore sous Tibère et sous Vespasien. Celse et Pline ancien Com. Cels. 1. v.

1. Plin. Hi en sont nos garans: mais Galien, qui vivoit sous les Antonins, recon- Nat, a era se noît que le denier et la drachme n’étoient plus que le huitième de Baril. Gr. 0 l’once Romaine, c’est à dire 54,75 grains. On pourroit fixer ce. change- tom. il, pe 8

ment au régne d’Adrien.

Of.

Table des Drachmes Attiques de 68,40 Grains en Parties Décimales de la Livre Sterting,

FT | 00068124008 | | 00868124998 2 | 00736249996 | - 8 | 011043749904 4 | 01472499999 5 | 01840624990 | 6 | 02208749988 > 7 | 02576874966 | | 8 | 02944999984

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