‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 24 sur 165 · DE L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

DE L'EMPIRE ROMAIN

élu leurs chefs : témoin le brave Martius. (16) Il est vrai que cette élec- (16) Te Liv. -tion passoit pour illégitime.(17) Mais dans des usages qui favorisent 37 er Le À nos prétentions nous nous spuvenons de la pratique, et nous oublions sa xxv. « rss condamnation.

IIL L'équivoque du mot d’Imperator leur fournissoit une nouvelle

raison; je crois méme que c’est celle qui a eu le plus de poids. Les sol-

dats conféroient le titre d’Imperator, imperatorem salutabant, comme auparavant, (18) mais ce mot avoit bien changé de signification. Sous (8) Vide ie la république il n’étoit que le titre d’un général vainqueur, sous l’empire voce Imper. il avoit ajouté à son ancien sens un autre bien plus relevé, c’étoit le nom

de la première dignité de l’état; la personne qui l’avoit reçu devenoit généralissime absolu de toutes les armées. (19) Nouvel exemple de l’at- (19) Dion. Hist tachement des hommes aux noms, et de leur négligence pour les idées 3 qu'ils renferment.

Il faut: (suivant M. de la Bleterie) considérer le titre d’Auguste sous

trois points de vue différens. 1. Pour Octavien, c’étoit un titre person-

nel; comme Pius, Magnus, Feliz. . Les Romains lui reconnoissoient

par-là quelque chose supérieure à l'homme, qui tenoit de la divinité. 2.

Pour Tibére, pour Livie, pour Caius, c’étoit un nom de famille. 3. Il

devint un titre de dignité sous les empereurs suivans. Cependant il / conservoit toujours quelques marques de son origine personnelle. C’é-

toit le seul titre que gardoient | les princes qui avoïent abdiqués. C’étoit

le. seul qui ‘on communiquoit aux femmes des empereurs. - °

REMARQUES CRITIQUES SUR LE NOMBRE DES HABI- TANS DANS LA CITE DES SYBARITES.

Bot.eav apprit à Racine l'art de rimer difficilement. Je voudrois que M. Wallace m'eût l'obligation de lui avoir appris à croire difficilement. Il en auroit assez besoin. Les treis cens mille combattans de Sybaris ne lui font aucune peine. Quel Pyrrhonien que ce M. Hume! La seule incrédibilité du nombre le lui fait rejetter.* Entrons cependant dans la pensée de ce M. Hume, et faisons voir que le territoire de Sybaris n'a jamais pu être peuplé à ce point-là. La littérature ne comporte guères les démonstrations. Quel bonheur pour nous, Si NOUS. en trouvions!

Crotone, l’ennemie de Sybaris, en étoit éloignée d'environ deux cens stades du côté du midi.f- Ces deux cens stades sont donc la plus grande étendue possible de la cité de Sybaris. Héraclée, sujette aux Tarentins, l'empéchoit de s'étendre beaucoup plus loin vers le septentrion. + La mer qui baignoit ses murs formoit sa frontière orientale, et l’on n’a qu’à - jetter les yeux sur la carté pour voir combien l'Italie, rétrécie elle-même, lui fournissoit peu de conquêtes occidentales. Pour mettre les Sybarites À leur aise, accordons-leur un cercle dont le rayon soit de deux cens stades.

Le stade Grec est composé de six cens. pieds. Or, comme le pied Grec est au pied de roi en raison de 23 à 24, 600 pieds nous donnent 575 pieds de roi. Le rayon du cercle en a 155,000, et par les opérations ordinaires, la circonférence 974,286, et l’espace circonscrit par le cercle contiendra 37,997,154,000 pieds quarrés. 28,800 pieds quarrés des Romains, ou 24,365 pieds de roi formoient le jugerum. Ce cercle contenoit 1,559,498 yugera. |

Du tems de la foridation de Rome deux jugera suffisoient pour l’entre- : tien d’une famille] composée de sept personnes.** Le territoire de Sy-

* Vide Wallace upon the Numbers of Mankind, p. 303. + Strabon, L. vi. p.404.

t Voyez Masochii Comment. in Tub. Heracléens. ap. Journal des Savans, Novembre, 1758, p. 16.

§ Eisenschid. de Ponderibus et Mensur. Veterum, p. 110. lj Plin. Hist. Natural. 1. xvili. c. 2.

at Wallace, page 119.

| | baris,

Page 1