‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 75 sur 165 · MAGNA · texte numérisé non relu

MAGNA

c:MaGnA Gracra.. Lorsque ‘les Grecs traversèrent la mer Ionienne V. V. Clavier, Ital pour chercher de nouvelles terres, frappés de l’immeënsité de ce continent Btrabs Geog. Iv. dont ils ignoroient les bornes, ils lui donnèrent le nom de la Grande ” ™ Grèce. Dans les premiers tems on donnoit hardiment ce nom générique À tous les pays à l'occident de la Grèce où la ation avoit des colonies, la Siéile, l'Italie, la Gaule, et Espagne. ‘ Seriblables aux Européens en ‘Amérique ils ne comptoiént les barbares pour rien; ils croyoient qu’un établissement sur les côtes leur donnoit des droits sur un pays immense peuplé de cent nations dont ils connoissoient à peine les noms. Dans un sens plus précis ces colonies mêmes étoient la Grande Grèce : mais dispersées sur une grande étendue de côte dont elles n’occupoient que des portions détachées, on ne peut en fixer les bornes qu’en en faisant le dénombrement. Depuis Cumes cependant jusqu’à Tarentum, toute la côte (aussi bien que celles de la Sicilè) étoit couverte de colonies Grecques dont les territoires se touchoient. Cette circonstance détermina enfin le nom de la Grande Gréce 4 ces pays exclusivement. Les malheurs de la nation, plusieurs villes détruites, et d’autres qui devinrent barbares, resserrèrent encore la Grande Grèce, qui ne s’étendoit plus que de Tarentum au promontoire Leucopetra ; c'est à dire dans le canton qu’on appelloit le front de l'Italie. Dans cette description de la Lucanie aussi bien que dans les autrés régions, j'ai marqué la plûpart des colonies Grecques. Du tems’ de: Strabon, Tarentum, Rhegium, et Naples étoient les seules qui conservoient encore les mœurs Grecques. Quant à l'époque de ces migrations il y a du fabuleux et de V’historique. C’est dans la première classe que je mets les Oenotriens, les Arcadiens, Evandre, Philoctète, Epée, Diomède, et tant d’autres chevaliers errans qui se sont établis en Italie avant la première Olympiade. Pesons mes deux raisons. 1. J’ose assurer que du tems d’Homére la côte occidentale de FItalie n’avoit point reçu de colonies Grecques; et par conséquent Cumes est beaucoup moins ancienne qu’on ne l'a dit. Ce n’est pas dans un pays fempli de Grecs qui soutenoient des rélations les plus étroites avec leur pays, que ce poéte auroit placé des géans, des enchantemens; ét le séjout même des morts, prodiges qui ne conviennent qu’à un | moride nouveau à peine découvert et-qu’on ne connoissoit encore que par les hyperboles mal interprétées des voyageurs Phéniciens.” 2. Il y a peu de villes de la. Grande Grèce qui n’ayent une double origine. L’uné‘qui

remonte

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remonte aux dieux et aux héros de la mythologie ; l’autre plus historique et plus récente. Peut-on balancer? Qui ne supposera pas avec raison que les fondateurs réels ont voulu se donner des ayeux imaginaires pour relever l'antiquité et la noblesse de la colonie? Il me paroît que les migrations commencèrent un peu après la première Olympiade, et qu'elles durèrent environ 300 ans. On voit (sur-tout par Strabon) que leurs discordes civiles et les courses des barbares les livrèrent enfin à la tyrannie des Syracusains, et que les guerres des Samnites, de Pyrrhus, et d’Hannibal les ruinérent si totalement, que la Grande Grèce paroissoit

Cicero.inLalio. détruite du tems de Cicéron.

Ovid. Fastor.

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