‹ Miscellaneous works of Edward Gibbon, EsqChapitre 9 sur 165 · xi. p · texte numérisé non relu

xi. p

Nicol. Damas.

in Excerpt.

Vales. pe 425.

Justin. |. i. c 2:

Diod, 1. ii.

ke 135

- Goguet. Origine des Loix, &c. tom. i. p.92.

Fuseb. Præpar.

Evangel. 1. x.

Freret dans

les Mém. de PAcad e LOM. Xe

le premier des trois que M. Freret a distingués,

fille du roi Ivachus. Du tems d’Inachus, c'est à dire 1800 ans avant J. C.* les Assyriens étoient déjà (dans le sentiment d’Héredote) une nation qui possédoit une côte maritime, et qui alloit de pair avec les Egyptiens pour la réputation, le luxe, et les arts, 4. On me demandera peut-être pourquoi le nom d’Assyrig ne s’est Jamais étendu aux provinces Orientales de l'empire? Je n'en sais rien, mais je répondreis volontiers que les fondateurs de la monarchie ont obscurci la gloire de leurs successeurs qui ont subjugué ces provinces long tems après eux. Cette conjecture expliqueroit très bien les 420 ans de règne qu’Hérodote accorde aux Assyriens sur les Mèdes, Il paroît que le dernier roi des Assyriens f avoit reçu de ses pères yn empire qui s’étendoit depuis les frontières de l'Inde jusqu’à ’Euphrate et l'Halys. La Syrie propre s’en étoit détachée depuis cent cinquante ans, et les extrémités dela monarchie, telles que l'Arménie et les Çôtes de la Mer Rouge, étoient encore plongées dans la barbarie lg plus grossière. | |

Avec l'empire Sardanapale avoit hérité de la mollesse de ses pères. Depuis long tems on ne voyoit plus les rois d’Assyrie à la tête des armées. La chasse leur étoit aussi inconnue que la guerre, Renfermés das leur palais, ils ne régnoient plus que sur un sérail dans lequel tout, jusques aux plaisirs, ne respiroit que la langueur, la contrainte et la servitude, Mais leur nom régnoit encore sur l'Asie, et les sages institutions des premiers monarques sembloient assurer la puissance de leurs foibles suecesseurs. Une armée nombreuse, composée de toutes les provinces, se rassembloit tous les ans à Ninève; politique adroite, qui environnoit le trône. d’une garde formidable, et qui la dispersoit sans lui donner le tems de connoitre ses forces.

Ce fut cependant dans le sein de ces troupes que la révolte se forma. Arbace, qui commandoit les troupes de la province de Médie, possédoit la: faveur publique et la méritoit par toutes les vertus opposées aux vices de son maître. Ce guerrier, qui se sentoit digne de donner des loix, rougissoit d'en recevoir d’un souverain qu'il méprisoit. Il ne cherchoit que les moyens de s’en affranchir, et les conseils de son ami Belesus

* Phoronée, fils d’Inachus, étoit contemporain d’Ogyges qui a vécu 1020 ans avant la première Olympiade, c’est à dire 796 ans avant l'ère Chrétienne. + Dernier roi selon Vinterprétation de Ctesias. C'est le Sardanapale de Velléius Paterculus,

achevèrent

‘SUR LA MONARCHTE DES MEDES. 7

achevèrent de développer le gertne d’une révolte qui changea la face de picdor. sic. Li

l'Asie. Ce chef Chaldéen lui annonça hardiment cet empire que tes ” 17.

astres (dont il se disoit l'interprète) lui destinoient. Arbace, ébloui luimêtne par les promesses de cet art trompeur, ou charmé d’en éblouir les autres, le crut sans peine. Dès ce moment il ne s’occupa plus qu’à inspirer sés sentimens à tous les chefs de l'armée. Il ne seroit pas difficile de cortiposer la harangue d’Arbace. La mollesse de Sardanapale, la honte de lui obéir, la facilité de la révolte, le bien public étalé avec beaucoup de pompe, et les avantages parfticuliers insinués avec art :—telles furent

sans doute les raisons qu’il employa. A force d’intrigues, de promesses 14... 188.

et de présens, ‘il associa à ses desseins les Mèdes, les Persans, les Babylôhiens, ét quelques tribus d’Arabes qui reconnoissoient la supériorité plutôt que le joug de l'empire. Au commencement de l’année suivante, tous ces Corps s'avantèrent vers la Capitale sous prétexte de faire leur service. Les anciennes troupes se joignirent à cellés qui les relevoient. Arbace arbora l'étendard de la liberté, ét se cathpa près de Ninéve à la tête de 400,000 hommes composés de ces quatre nations.

A la nouvelle de la révolte Sardanapale se réveilla de sa léthargie, et brisa les Hens de la mollesse, des plaisirs, et de l'habitude. IL assembla

bientôt whe atmée nombreuse, marcha à la rencontre des rebelles, les

attaqua, les battit après tn combat sanglant, et les chassa jusqu'au pied des mütitagnes qui terminent la plaine de Ninève. Après avoir vainement mis à prix les têtes d’Arbace et de Bélesus, il livra une seconde bataille aux troupés d’Arbace, et réttiporta une ‘autre victoire plus décisive-queé la première. Cés défaites réitérées n’ébranitrent point la constance du chef des révoltés, qui se montra digne de soutenir l’entreprise qu'il avoit commentée; mais les autres conjurés, découragés par le malheur, parloient déjà d'éviter, par la fuite, la vengeance d’un prince irrité, occuper les forteresses de leurs pays respettifs, et d’y attendre tranquillement tt moment plus propice. Arbace avoit inutilement employé toutes les ressources de la politique ; mais celles de la superstition sont

inépuisables. Belesus annonça à l’armée consternée que les dieux les

éprouvoient pour couronner enfin leur constance. Le fanatisme ranima:

le courage des chefs et des soldats, mais il ne leur donna point la victoire.

Sardunapale les battit une troisième fois, s’empara de leur camp, et les

poursuivit jusqu'aux frontières de la Babylonie.. Le général des Medes. so fut:

Diod. Sicul:

Li p. 199..

Diod. Sicul.

Id. p. 141.

fut blessé dans ce dernier combat aprés s’y étre distingué par-mille actions de valeur. Les confédérés, effrayés par la constance de leur infortune, résolurent de se retirer; mais le prophète Chaldéen, qui sentoit que l’instant de leur séparation seroit celui de leur destruction commune, tenta encore de les arrêter. Il y réussit. Il passa la nuit entière à observer les astres. . “ Les Dieux (leur dit-il le lendemain) vous annoncent par ma voix une révolution subite et mespérée, un grand secours que vous n’attendez point. Dans cinq jours vous verrez l’accomplissement de leur parole.” Belesus et Arbace savoient sans doute que les troupes de la Bactriane s’avançoient au secours de la capitale. Ce dernier, accompagné d'un corps choisi, alla à leur rencontre. Il eut l’art de lier une négociation avec eux, son éloquence et ses intrigues leur firent aisément préférer le parti de la liberté à celui du tyran: il les ramena avec lui au camp des confédérés, et sans donner le tems aux ennemis d'apprendre cette nouvelle, il attaqua l’armée Assyrienne, enivrée encore de sa dernière victoire et plongée dans la débauche et la négligence. Il en fit un carnage excessif, tua Salæmène, beau-frère du roi et général des Assyriens ; et poursuivit leurs débris dispersés jusqu’aux portes de la capitale. | Le roi y attendit l'ennemi sans crainte ; il se confioit dans la force de la ville, aux anciennes prophéties, et aux secours qu’il espéroit de recevoir des autres provinces de l'empire. Le siège, ou plutôt le blocus de Ninève, dura deux ans; et elle ne seroit peut-être jamais tombée sous la puissance des Mèdes si le Tigre, en se débordant avec une violence extrême, n’eut renversé vingt stades des murs. Sardanapale vit alors que l'oracle étoit rempli, puisque le fleuve étoit devenu ennemi de la ville, et qu'il ne lui restoit plus qu’à choisir entre la mort et la captivité. 1l fit dresser un vaste bucher dans la cour du Sérail, le couvrit de tout ce qu'il avoit de plus précieux, d'un nombre infini de robes de pourpre, cent cinquante lits d’or, et un trésor incroyable.* Il s’y enferma (dans une chambre qu’il avoit fait bâtir) avec toutes ses femmes. Ses eunuques y mirent le

* Ce trésor étoit célèbre : Hérodote en fait mention. Mais je crois qu’Athénée ou plutôt Ctesias se sont laissé éblouir par une exagération orientale, qui désignoit plutôt un nombre

: infini, qu'elle ne fixât une somme particulière. Ce nombre est de mille myriades de talens

d’or, et de dix mille myriades de talens d’argent. A n’employer que des talens Attiques, et une ‘proportion: décuple,.il nous donnera plus de quarante quatre milliards de livres sterling ;

à toute rigueur, £ 44,17 4,999,760.

feu,

feu, et T incendie dura quinze jours. Cependant les ennemis entrérent par ja brèche, se rendirent maîtres de Ninéve, et une assemblée générale des chefs salua Arbace comme roi. Telle fut la fin de Sardanapale, qui vécut Tacit. rist.'t. 6. et qui mourut comme Othon. Tous les deux ils montrérent à l'univers Ge que la mollesse peut étouffer des vertus qu’elle n’éteint pas. Tel fut encore le sort de cette dynastie Assyrienne; voici le tableau énergique : et vrai d'un homme qui voyoit beaucoup d'histoire dans une seule réflexion. “ Après les trois ou quatre premiers princes, la corruption, le Esprit des Lo®, luxe, l'oisiveté, les délices s'emparent des successeurs; ils s'enferment rer dans leur palais, leur esprit s’affoiblit, leur vie s’accourcit, la famille décline, les grands s'élèvent, les eunuques s'accréditent ; on ne met sur le trône que des enfans, le palais devient ennemi de l'empire, un peuple oisif qui l’habite ruine celui qui travaille, l’empereur est tué, ou détruit par un usurpateur, qui fonde une famille dont le troisième ou quatrième successeur va dans ce même palais se renfermer encore.”

Dans ce récit abrégé je ne me suis point arrêté à corriger une erreur de mes originaux qui, dans plus d’un endroit, placent la ville de Ninève sur les bords de l’Euphrate : elle étoit située sur ceux du Tigre. Plusieurs critiques ont déjà relevé cette méprise que je ne saurois attribuer | à Ctesias. Il y a des fautes géographiques qu’un homme qui à parcouru Phot. Biblio, l'Asie, d’Ephése jusqu'aux Indes, ne peut jamais commettre et les com- F mettre encore sans motif et sans intérêt. Je ne craindrois pas de la reprocher à un Diodore qui ne se perdoit que trop souvent dans l'immensité de son ouvrage et dans l'abondance de ses matériaux. Mais qu’il me soit permis de conjecturer quelque expression équivoque dont Ctesias aura pu se servir et qui laissoit quelque incertitude dans l’esprit de Diodore ; les Orientaux disent souvent le grand fleuve, le fleuve royal, en, parlant de la rivière qui baigne les murs de la capitale. Si Ctesias avoit conservé cette phrase, la méprise du Sicilien seroit des plus naturelles. Si Ctesias avoit employé le nom Assyrien, ou Persan, du Tigre, s’il l’'avoit même exprimé par un nom vague qui désignoit toutes les grandes rivières qui sortent des montagnes de l'Arménie ; la situation de Diodore auroit été encore plus embarrassante, II est difficile d’ex. pliquer plusieurs des anciens sans supposer que le Niphates (nom d’une Cellar. t. i chaine de montagnes dans la Grande Arménie) avoit aussi ce sens vague grab, p. 725. #t général. Tzetes, qui lisoit encore l’histoire de Ctesias ou du moins 785. 727.

YOL. II. c | les

Lacan. Phas. les recueils de Constantin Porphyrogénète, confirme ma conjecture, en

Javenal. Set. vi. renchérissant sur l'erreur de Diodore; il ne met point l'Euphrate à la

| Firat. orat. Camm. i, place du Tigre, il y met le Nil.

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