SOCIÉTÉ DES SCIENCES MÉDICALES DE LILLE
Séance du 12 Mai 1009. — Présidence de M. Bosquieii, président.
Étaient présents : MM. A.ugier, Bonnet-Laborderie, Bosqnier, David, Delfosse, H. Desplats, R. Desplats, D'halluin, Faucon, Guermonprez, Lemière, Thilliez, Lepoutre.
S'étaient fait excuser : MM. Camelot, Delassus.
Présentation de malades. — Sur le traitement des tumeurs blanches en général, de la coxalgie en particulier,
par M. Guermonprez.
M. Guermonprez ne veut annoncer aucune découverte, il ne propose aucun bouleversement sur des questions devenues anciennes après de nombreuses et bruyantes controverses. Il se borne à répondre à l'actualité par un petit nombre de faits observés publiquement dans son service. S'il les produit c'est pour exposer des faits concrets à une discussion assez largo pour en établir l'authenticité. C'est surtout pour montrer sans délai qu'il existe en France des méthodes d'origine française, qui donnent des résultats réels et qui ne paraissent pas suffisamment connus à l'étranger. L'actualité est récente encore.
A la Société de Chirurgie de Paris (5 mai 1909) M. Chaput a parlé de la méthode de Dier, pour déterminer l'hyperhénie temporaire dans les tumeurs blanches. Quatorze cas ont été traités do la sorte : la compression a été faite chaque jour pendant 12 heures ; pour le membre inférieur, le repos a été organisé dans une gouttière ; pour le membre supérieur on s'est contenté d'une simple écharpe. Cette méthode a été immédiatemeut contestée. « Elle ne donne aucun résultat >» dit M. Pierre Delbet, et il profite de l'occasion pour reprendre l'argument fondamental, d'Àmédée Bonnet : tous les épanchements articulaires quo l'on étiquete tuberculeux ne le sont pas aussi souvent qu'on l'admet.
Ra
A cet argument, M. Arrou riposte que la mothodo é ncrait dos résultats favorables dans tes Lui (I). MM. Tuffler et Quenu affirment chacun u Kilt pas obtenu de gvérlaon. Et c'est sur 00 jugement que | Société de Chirurgie tic Paris clôt sa discussio rendu prèle ce mot a M. Tuffler. Après Jeux années d'applio tionde lu méthode de Bior. uu tr m meurs Mu
j'y ai renonce complètement parce que
pas paru favorable. D'aproa le même compte rendu wwnll II. Routier et non M. Quenu, qui aurait .lit j'ai appUVj métliode de Bior dans deux cas do tumeur blanche ; pourfai de ces faits, oU il s'agissait du genou, j'ai dû faire une amputation de cuisse ; pour l'autre qui con un cou . résultat a ctè nul. » La question du traitement dos tut blanches n'est certes pas nouvelle ; mais elle repi I tel lalité ;■ Paris. Il en est de même au trente-huitième Congrès de la Société altem Ck* ranjk H au 17 Avril l'.KK)). Tandis qu'à Paria 01 méthode hypérômique retour d'Allemagne, il e- ni li remarquer '-niuinent à Berlin on discute sur le Irait ankylose des ostcoarthrites de nature tuberculeu coxalgie*. ' u; fait systématiquement la « mobilisation des an lations » ;et un chirurgien berlinois a soutenu la guérison dek coxalgie ave.- un état fonctionnel articulaire part résultat soit possible, co n'est pas douteux Qu oo y n souvent c'est moins démontre, l'our le moment il dire, en France, que la priorité «le la méthode de mobili appnrtientà Amedce Bonnet (Traita des maladies tirs art., Pari* Lyon, 1845; 2 vol.). On ne l'a pas dit au CottyrtU de Berlin de IHH
M. Klapp ^do Berlin) s'est exprima ainsi. On volt coxalgie guérir avec un état fonctionnel articulaire ps
qna la radiographie montre l'existence d'unecarie osscum prononcée. Dans les cas où l'on intervient l'interposition «J'i
(1| Celn prouve qucdnns un petit nombrn de cas de ta^i'i'ritloseotéréi |S méthode de Bier peut fourn >oint. Ce n'est pas un m-' 1
tenter raveeton dans toute* les occasions. Mieux vaudrai! connaître ci »er4es indications.
cartilage ou do tissu musculaire entre les surfaces articulaires est toujours utile ot, s'il s'agit de l'articulation du coude, il faut enlever l'olécràne pour assurer une certaine mobilité. Dans un cas de fracture ancienne de la tête de l'humérus, qui avait guéri avec un allongement du col, j'ai fait une résection triangulaire de celui-ci et j'ai place la partie cartilagineuse sur la diaphyso; le résultat fonctionnol a été excellent.
M. Payr a dit ensuite 11 y a synostose, Il y a aussi des modiûcalionsdans la capsulearticulaircquiestrùtrécie et excessivement sensible. Si Ion ne peut pas reconstituer une articulation à fond, il vaut mieux l'enlever complètement ; les chiens supportenteette intervention avec un résultat fonctionnel excellent. Il faut avoir soin de ménager les ligaments latéraux, qui sont indispensables pour la solidité de l'articulation. Si l'on vuut obtenir une articulation mobile, il faut absolument interposer un tissu quelconque entre les deux os, que ce soit un fragment de cartilage de périoste ou un lambeau musculaire. Les muscles qui dépassent deux articulations et ne s'atrophient pas facilement doivent étro surtout ménagés. — M. Schulthess (de Zurich) dit à son tour : « 11 ne faut pas oublier que les lésions tuberculeuses guérissent aussi sans le moindre traitement local, môme sans fixation, par do simples mesures hygiéniques. C'est ainsi que l'on observe bon nombre de tuberculoses chirurgicales guéries dont il suffît de corriger les malformations qu'elles ont déterminées. Le malade est atteint de tuberculose, mais il n'en est pas de môme pour l'articulation. » — M. Schanz ^de Dresde) : ■ La grande majorité des tuberculoses chirurgicales guérissent avec un rétablissement parfait de l'état fonctionnel. Ce qu'il faut éviter, c'est de mobiliser brusquement des articulations raidies. J'ai recommandé d'interposer du tissu adipeux entre les os pour en empêcher la réunion, et je suis toujours satisfait de cette manière de faire. »
On a donc soutenu deux fois au Cumjrfis de Berlin de 190Ï), que les tumeurs blanches, et spécialement les coxalgies, peuvent puérirpar la «-mobilisation des articulations malades» et mémo guérir complètement, puisque le résultat fonctionnel est parfait; et on ajoute que ce serait obtenu souvent, c'ost-a-dire dans la grande majorité dos cas, dos tuberculoses chirurgicales.
« m H ê uiu eafea da coté droit» qui ont «a* ! at hait jours ; pa» Itpt recommeocer à ane. Le 1S août 1*>7. smbtteaaeal, létat de ta veno pias grave. Majoré le salJcvLàte de se ; i . a 5 ». : zaes
. ? ir i : >xa -.:- se *: : ::-.f.:-i. - .:.■-.-. . .. -mps iae imposs&Lite absolue de marcher. Lorsque l'infirme été présente dans ie service le 25 novembre 1ÇQ8, il faisait jnib>ment quelques pas en se servant de deox cannes et la anche paraissait absolument ankvlosêe. II a été soumis a* raitement par l*b vdroUiii mo thérapie ; mais on ne loi a fait naine mobilisation manuelle; il s'est borné à utiliser ses oisirs en se servant des ressources ordinaires d'immobilisation ians ce serrke. Cet homme n'est certes pas guéri, mais il a ians la hanche une mobilité indolore et de bonne étendue ; il parvient à faire sans peine une marche d'un kilomètre jawrae quatre fois par jour, et cependant il porte une gomme tuberculeuse incontestable sur une cuisse, dont la hanche est atteinte depuis vingt-et-un mois d'une grave et tenace arthropathie. Il est donc certain que la mobilisation peut donner de bons résultats. Pour démontrer la part d'Amédée Bonnet dans cette méthode. M. Guennonprez propose à la Société de publier un mémoire, qui ne peut pas être lu en séance.
Il ne prétend pas faire mieux qu Araédée Bonnet- Ce célébra chirurgien a obtenu des guerisons parfaites ; mais il ne les a pas cataloguées parmi les tuberculoses. Il faut savoir renoncer à une rt$lilutio ad inlegrum. On rend déjà service lorsqu'on observe les contre-indications énumérées par Am. Bonnet : on obtient des adaptations fonctionnelles, que les infirmes sauront parfaitement utiliser. Cela peut faire l'objet d'un autre mémoire. M. Tiulliez. — A quelle date de la coxalgie faites-vous la mobilisation ? Est-ce au début I
M. G lermonprez n'a pas pris l'initiative de cette question parce qu'elle est la source de controverses sans issue ; mais il y répond volontiers. Quand on lui présente un cas annoncé comme un début de coxalgie, il s'enquiert de la possibilité de réaliser les soin? consécutifs ; puis il impose les soins préalables ; et, dès que les circonstances semblent favorables, il entreprend
l'opération de la mobilisation manuelle. Il est probable queutt était la conduite d'Amedee Bonnet, puisqu'il a fait une fdb l'application de 6a méthode pour combattre la raideur hanche consécutive a une arthrite aiguô.
Quoi qu'il en soit, voici comment le fait s'est présente un. encore à une époque presque récente. Un ancien élève Faculté catholique devient inquiet de voir sa fille, àpve .le !5aa* devenir boiteuse, avec gonalgie, amyotrophie du mon, 1 rttfMllUS tenace de la hanche : il appelle un de ses anciens
p», qui montre tous les arguments classiques d'un de*butd* coxalgie avec l'indication, tout aussi classique, d'un appareil plâtre tout de suite et pour quelques mois. La famille poi
lion d'un traitement par la mobilisation. C'est dans en condition*, que la jeune malade est explorée de nouveau. Tous !*• symptômes sont vérifiés. Lo repos au Ht est imposé en permanence pondant une huitaine de jours, avec des catapbi ou qurlquen Nungnues; les muscles cessent leur contractie c'e»t dam ce» conjonctures qu'est menée une seule manœuvra do mobilisation tu'Uiodique. Rapidement on fait l'extension, U rotation, la flexion et la circumduction partielle ; les ruj : ne sont ni rudes, ni nombreuses, et le membre est ramena U rectitude. Ensuite le repos est complet pendant une dizain Jours : 11 cesiic au moment où sont communiques les pre;;. '•-fiicnts pendant lo decubitus dorsal; ensuite il en est \ié d'autres dans la station assise; et co n'est qu'au bout d'un <|w ■ ;.-■■ premiers pas sont conduits avec précautions, grâce !*i l'appui de doux personnes de taille égale. Depuis longtemps la guerUon est acquise et lu jeune fille marche comme une autre. Il M faut cependant jamais l'oublier: il y a toujours un point faible dans les faits de ce genre : c'est la confusion tant de foîl fiiiLu entra la coxalgie vraie et les fausses coxnlgics. La pr.
lUfl : il est douteux que l'arthropatliie guérie par une mobilisation soit une véritable coxalgie. Amedee Bonnet l'a parfaitement enseigné ; et ses descriptions demeurent absolument différentes pour les entorses, les contusions, les arthrites aigu.-s, les chroniques, les hydarthroses, les lumeurs fondées, les abcès, les ankyloses. Il savait parfaitement qu méthode ne s'appliquait pas toujours aux tuberculoses, qu'oti
appelait do son temps et selon les circonstances des fongoaites, des abeè» ou des ankyloses.
Cest lo niôme chirurgien, qui a dit et précisé les indications et les contre-indications de sa méthode. On fera bien de les connaître telles qu'elles sont.
Il serait exagéré de prétendre que la méthode d'Araôdée Bonnet ne soit connue de personne. La vérité c'est qu'elle est peu mise en pratique. En conséquence, elle est de moins en moins étudiée. On en parle encore de loin en loin, comme on accorde une mention de souvenir aux grandes manœuvres dont il fut fait tant de bruit naguère pour opérer le redressement de la cyphose dans le mal de Pott, dorsal ou dorso-lombairc.
Cela ne suffît pas pour connaître la méthode complexe sur laquelle Amédée Bonnet a écrit trois et mémo quatre volumes. Plusieurs croient la connaître, qui se font illusion; et c'est fricheux.
M. F. Calot, de Berck-sur-Mer, a écrit (1 précisément en 1909: il y a une douzaine d'années. . . j'opérais les tuberculoses, coxalgies, maux de Pott, tumeurs blanches, comme on le faisait d'ailleurs partout et comme beaucoup le font encore aujourd'hui... Actuellement, vous éviterez la méningite, en vous abstenant de toute opération sanglante et de tout redressement brusque, ce qui ne veut pas dire que vous ne ferez pas le nécessaire et le suffisant pour redresser les attitudes vicieuses. Non, vous les redresserez. Mais il y a la manière ! (C'est M. Calot, qui souligne il y a ta manière). Autrefois je faisais les redressements brusques a la manière de Bonnet, de Lyon (2), qui est encore celle de tous les chirurgiens, par manœuvres alternccsdc Ûexion et d'extension, manœuvres prolongées pendant une
■Ra
[1] Journal des Praticiens. Paris, 20 mars liH)9, précisément le lendemain «lu centenaire .de la naissance d'Amëdêe bonnet, pp. 180, 181.
■ M, F. Calot, qui est docteur depuis i w '. n'est pas en âge d'avoir tu opérer les redressements brusques par Amédée Bonnet lui-même, qui est mort le l w décembre 1858.
Comment ne pas admettre que la manière d'Amédée Bonnet a pu être moditiée par d'autre» et même par M. Calot ?
demi-beare f < if m fait pma de ce* redre kwgiw usée» déjà. Or. j'arrive toat aussi bien iwe des procède» doox. lent» et prosjre*si/s, à /timde» vfcfctt sca et 1 toi c one anr t r corrigées. Et même. Voir le détail de cetie technique pour dans notre Ortàopéék nWtje*»ae*iV L'article est intitule : tbérapeatlqac chintr&v tabercoloee* externe* ; le» riaqoee de mort i conjurer. — Toat cet contraste eatre tin Ian< P«r la preste et le langage froidement emphaweet tan* rosjerk da c hirurg ien Ivonnai», dans tneilwdiqoement o rt o naaoces et sévèrement |
Toutes ce* divergences desaoctrent qoe le octêo-artb rites tuberculeuses est oa sujet de preoccuj^t tons les pays. Ceel oae ocr a aloti de déceptions soot amené» A reooocsr à War» haMlade» et è col '.xi* oubliée, qai devient on reaoaveaa.
1 Ccst dans «se BOOt <*«« M. F. CaloC précise .--ru* ■*« deeni-hrare ..et c est as qaart 4a**re qn'Aanedee Bonnet i M,-l,. 1 ., B f l l3M^àPim.UH,r»io* 1*3*. a IS^ptt-i
;.Vûi*tWUj w<Wr« die mur—a enl se* asssa
. rt c'était W cas dy aa ytrts r la :
prt mine le teraps tTiartarcaJar das exptaeataoae fsrtjsJe* et ;
de montrer aux etudiaat*. <i*i x en ani — I raMpfcHa Entra de I ctioiqur« d« I* Kantlti il» aafilecine 4a Pl-
Daoe le* coediboae onbnaare*. c'est earoee ssouss long-, : l'an kv lue* «W U ban^ae An»***» Bonnet prsew das» • thérapeutique des muiodurs «nieatauvi. Pan» 1*53, p » ralauT aaisissant U estas* an * asrca* a •ujncxftter «a I
à lui faii* ton vaut J« Uonc. A c» ttoanatrt de 6>t >< >s *
il faltt le» effort» J'etteaawa; et en répétant cas m<
aMaraatttl ut» eattala timbra de foie, a oe tattfe pas a entendre I
annoncent U roj.iur* «:dle-c> operre, •>« tacbe i plan par oa» rnv.uv*»*nU a* UMembilite. «|W
nues pendant nn»| a huit raïaatea. afin de ramener I sible le membre a la rnctitnde •. — o ±
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a •l'Aaaedaa Boas-' eaU 4 aarotr de
Malgré les incertitudes et les controverses, la cause en vaut la peine. Il ne faut pas dire que les guérisons parfaites bénéficient à des coxalgies avérées : c'est possible ; mais on ne peut pas le prouver. Il faut moins encore promettre des résultats parfaits, lorsqu'il s'agit de la vraie coxalgie il suffit d'atténuer l'infirmité par une adaptation fonctionnelle. C'est déjà très précieux.
Enfin, il est temps qu une voix s'éléve, en France, pour dire que les heureux résultats do la mobilisation des coxalgies appartiennent au glorieux patrimoine de la Chirurgie française. M. Augier. — Poscrii'z-vous comme régie générale que la mobilisation est le traitement de choix de toutes les coxalgies, surtout des coxalgies au début?
M. Guermonprez. — Amédée Bonnet a bien distingué les cas d'arthropathies justiciables de sa méthode. Pour les coxalgies, au début, je crois avoir répondu à la question de M.Thilliez. Pour le reste, je ne puis que répéter que le traitement de la coxalgie ne peut se résumer en une recette, en une formule. Il faut suivre les indications fournies par l'état du malade. C'est alTaire de doigté, de sens clinique.
M. H. Desplats. — Considérez-vous la mobilisation comme le traitement de la coxalgie ou simplement comme le traitement de l'ankylose?
M. Guermonprez. — La restitution de la fonction est le mode de guérison. Pour une articulation malade, si on restitue le mouvement, on guérit. La mobilisation est donc lo traitement do l'arthropathie.
M. Desplats. — Donc, suivant M. Guermonprez, il faut pratiquer la mobilisation dans toutes les affections articulaires. M. Guermonprez répond à la question élargie de la sorte et transférée dans le domaine de la thérapeutique générale. Entre les deux extrêmes, oui, certainement il se prononce pour la mobilisation. Le motif est que, pour les articulations aussi bien que pour les muscles, le mouvement, c'est la vie ; tandis que l'immobilisation obstinée, systématique, c'est la ruine. Cependant, il ne prétend pas faire mieux qu'Amédée Bonnet, de qui le savoir étendu avait embrassé toute la biologie. Pour lui, de même que toute action doit être suivie d'une réaction, de môme
Ra
le principe Ju mouvement a pour conséquence le princi du repos.
Il l'a tellement voulu, qu'il l'a organisé par uno série de gouttières, qui sont actuellement connues de tout le monde. Dans sa constante probité, il a dit et montré les pouttières d'Ambroise Paré, de Heister.de Wilson Gavin, de Lavaton, de Bouchet, de Lyon, de Delpech et de Mathias Mayor, de Lausanne, avant de présenter, d'expliquer et de justifier ses inventions; mais ce qui résulte de tous ses travaux, c'est qu'il a voulu organiser le repos (U, après avoir prescrit le mouvement; et il l'a fait avec une mesure et un talent que nul ne parait avoir dépassés.
Plus on étudie les écrits du chirurgien lyonnais, plus on apprécie la supériorité de son sens clinique ; et on comprend combien il est impossible d'enfermer la réponse à la question posée dans l'étroit espace d'une petite formule, quelque chose comme une recette (2), qui reste ne varietur.
1 1 - Depuis longtemps le repus des articulations est d'une importance justement appréciée, observe Amédée Honnet : tous les jours on l'impose aux arthrites aiguës, aux entorses; et les appareils, qui en assurent I 1 [MMinanence, sont remarquablement perfectionnés. Les bandages amidonnés réalisent même toutes les conditions désirables, en M m u ' regarde les articulations éloignées ducentre-,comme celles du genou, W coude et du pied. Mais, quoique moins imparfaits, sous ce rapport, <| uC les attelles et les gouttières qui les ont précédés, ils sont loin d'agir :i v ■ efficacité sur la colonne vertébrale, sur te hanche et sur l'épaule ; ^ s n'assurent point le repos de ces parties lorsque le malade est coucli< A plus forte raison, lorsque des soins de divers*; nature nécessitent * c déplacement de la totalité du corps. Je croîs avoir comblé ces laoun et fetpérs (1853) que lorsque le lecteur examinera mes ffouUief"** vertébrales, celles qui font un seul tout des membres et du tronc* jugera que le problème de l'immobilité est aussi bien résolu pour ï* s articulations centrales qu'il l'a été, par les travaux de mes prêdA seura. pour les articulations périphériques.» — Amédée Monnet iudi<| * *' dans son Traité dt 1 Xhéfapt'utique des maladies articulaires: pourl^^^ gouttières de la hanche, p. 418; pour celles de l'épaule, p. 567; pofl J celles de la colonne vertébrale, p. 6X1 et p. t>4o.
(2) Quand Amédée Donnet présente [introduction ij( son Traité a&* thèrapeuMqu* des maladies articulaires (1853), il le dit nettemem • L'une des pensées dominantes de ce travail est l'alliance de la payai logie et de la thérapeutique.
■ Supprimer complètement les fonctions des joiutures, ou en foire ai
revu; pratique
es faits concrets sont tellement diversifiés qu'Amedce Bonnet
pas pu se borner à inventer les gouttières pour garantir le
os et la môcanothérapie pour organiser le mouvement. 11 a
conduit à pousser plus loin ses perfectionnements. Autant
e personne, il a connu la parabole de l'aveugle et du para-
iquo ; et il en a fait la très précieuse application aux arthro-
thies de toute sorte, parce qu'il a imaginé les mouvements
i participation. Sans doute, le mot ne so rencontre nulle
irt dans les écrits de ce puissant esprit ; mais le fait
y trouve en maint passade, et il lui appartient en propre.
est lui, et non un autre, qui a imaginé l'appareil de mobi-
sation volontaire du genou curaidi. Le pied n'y peut rien d'utile
t la hanche non plus : Amédôe Bonnet fait intervenir les deux
nains du malade et le problème est résolu. C'est lui qui, pour
nouvoir un coude rigide, fait pousser par lo malade lui-môme,
jui se sert de la main du côté congénère. C'est lui encore qui,
pour obtenir certains mouvements du poignet, fait conduire le
-poignet par la main do l'autre côté; dans tous les cas, les
membres valides participent au mouvement de celui qui ne l'est
pas. — Le principe est lo même lorsqu'une tierce personne,
chirurgien ou autre, intervient pour fournir une participation,
que le malade ne peut s'accorder lui-mémo. Le mouvement est
obtenu, même s'il est incomplet, fût-il encore très minime, et
c'est le principal. Le mouvement est suivi de repos, et c'est
nécessaire.
Vainement on objecterait qu'il s'y trouve une contradiction. On ne réforme pas les choses de nature, et il faut partout la succession de la fonction et du repos. Le difficilo est d'harmoniser les alternances de l'un et de l'autre, sans abuser du mou-
HA
les éléments les uns après les autres ; — tirer de ce repos, — ou de cet exercice élémentaire, — des puissances curatives en générât négligées : — telles sont les vues qui mont le plus souvent servi de guide* et que l'on retrouvera A chaque pape de ce Traité. » Jules Kochanl a donc eu raison d'attribuer au chirurgien lyonnais <• l'édification d'une méthode comptât e, ou toutes les indications sont posées, où les moyens «le les remplir sont nettement formulés. C'est là ce ((u'Amcdèc Bonnet a eu le mérite incontestable de faire. ■> {Hisl.de la Chirurgie française au XlX'stècle. Paris, 1875, p. 350).
renient jusqu'au surmenage. tans excéder la 1>ilih • fait piner de h ripldltf Jusque
raï 'à que ; sont chJm*>riq
prétentions vers le rigorisme si Los
clinique* sont d'une variatiili d'un MM I un autre, mais encore d'une période à I ou âla suiv
n'y psuteufflr»; .t il faut un d- .jours tllflldi
dâUoaf [lj. mm Ceg rose. porten
h la généralité du principe. Dans leur maladies articulai] es doivent être traitées par le mou
en | ' u mriit, 0>»1 1rs ;
organiser le mouvement avec pi ta
perfectionner le repos tout autant que le non
M. Augier. — L'n genou a Cto sol^.
blanche. On a obtenu la «uerlson, mats avec r*i moment, vous mobilises. D'autres n'ont rien ne dit qu'on ne déterminera pas de la aorte nouvelle.
M. Faucon. — Je demande & reprendre la question M. Desplats, et serais reconnaissant k M Go«i dire s'il considère la mobilisation comme le traite coxalgie nu début et & la période d'état, ou celui d articulaire consécutive à la coxalgie gliéi
M. i mpre2. — Je crois avoir clairement in
manière de voir dans ma réponse à M. Thllllex.
M. Faucon. — La réponse de noire a? no
satisfaire Cette question a trop d'importance pour q piveisfoni pas. Je ne puis laisser croire n coux de nos
i [4 prlvilAffi -t Ktnédi e Bon pasosi ) tow ti< .On i« trouve rien qui l
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ésents, dont certains suivent ma consultation à S'-RaphaOl, où -'H soigne et mets en pratique le contraire, que la mobilisation »it lo traitement de la coxalgie. C'est pourquoi je tiens à dire le je me sépare absolument de M.Guermonprezdans la manière 3 concevoir et de mettre en œuvre le traitement de cette arTecon. En préconisant l'immobilisation, je ne fais que suivre les réceptes posés par tous les chirurgiens qui s'occupent du raitement des ostéo-arthrites tuberculeuses. La coxalgie est ne variété d'arthrite provoquée par un foyer tuberculeux léveloppo le plus souvent dans une portion osseuse juxtairticulaire. Le début se caractérise par un ensemble de symp- •ômes que nous connaissons tous. A ce moment, recourez-vous ïu traitement par la mobilisation ?
M. Guermonprez. — Je l'ai fait.
M. Faucon. —Je vais plus loin. Quand l'arthrite est installée, oserez-vous poser en principe que le traitement soit la mobilisation ?
M. Guermonprez. — Je ne puis employer de formule. Je me laisse guider par l'étude du malade. Je crois la mobilisation indispensable, et je prépare le malade de façon à agir au moment opportun.
M. Faucon. — Quand on a affaire à une coxalgie au début on est presque certain, par un traitement bien compris, d'enrayer la marche de la maladie.
Mais, si L'affection est restée ignorée ou a été méconnue, pourquoi le malade souffre-t-il, boite-t-il, pourquoi la coxalgie devient-elle avérée ? Uniquement parce qu'il a continué a mouvoir son articulation dans la marche ou qu'on a permis a la maladie d'C'VOluer. A ce moment, où les muscles se contractent pour venir au secours de l'articulation en l'immobilisant ; oscrezrou9 pratiquer la mobilisation?
Pour ma part, je maintiens que la coxalgie, au di>but ou à la période d'état, doit être traitée par l'immobilisation. On peut immobiliser de différentes manières ; soit, dans un appareil plAtré qu'il faut parfois laisser à demeure, on le renouvelant suivant les besoins, un an, dix-huit mois et plus ; la gut'rison, dans ce cas, s'obtient en général avec ankylose ; soit par Vcxlcnsion continue. .\vec cette dernière, quand la maladie
Ra
n'est pas trop avancée et que les phénorn disparu, il est permis dViécufer d« temps ai dix ou quinze jour» et arec précaution flexion de la cuisse sur le bassin ; on a guérir arec conservation des mouvoments. II n'r rsstr, rtsn ds nouveau.
J'en arrivée la mobilisation tardive. San» i que dans certains cas do raideur nrUcuJaJn?
traitement, on puisse rendre service en rompant les ; Ois qu'il est Indique de s'abstenir dans fa conl a pas d'attitude ricii- If justifier l
tout à l'heure par M. Aubier, je citerai un Mf( qui particulièrement .ne DUO que j'avais soignée
sept ans pour uneosteo-nrtlirlto fongueuse tfa Rrxw bilisatlon avait guéri avec ankylose osseuse. Elle sns et était, malgré son Infirmité, resplendissante lorsque l'abbé Crud vintinsiaileraux portes dr i soi-disant orthopédique. Elle eut in funeste Idée hospitaliser et traiter. L'ankylose fut rompue, la mise en œuvre.
Ces manœuvres n'eurent d'autre résultat que de accidents disparus depuis 11 ana, do provoquer a arthrite qui me força û pratiquer une résection. OW me parait convaincante.
M. Guermonprez. — Je ne fais que suivre Amedés
1) - Le traité rjtjo j'ni publia en I8i.'» sur loi malo fions a été honora par l'Académie des St de l'un de* prix M >Dt] on. M. I*» docteur KrupB M I ■ une traduction allemand!- : et la plupart des auteurs, qui ont cbirurgiSi ta ont Issu compte dan* I<<t» article* consacrée spéciaux donl ip- 1 .
Csl aocooil bienveillant ne m*i pa -, litAm<
.naître les lionnes si las tfom de mon "'urre
•*h««i«' thodee de iraJU
i . si i-nriHi.'iiiinwcit recherche 1 le plue puïaeai rss.
tas qui ont enrichi i rrorta n'i
^^^^B suivi ic rnoU»«n«nt de U çtur urg...-
.auteur donne des contre-indications et je les tiens pour vraies.
maintiens que t lorsqu'on peut faire la mobilisation, le
iultat est encourageant. Il est important de savoir que
la lésion est ancienne, on ne peut avoir alors une guérison
égrale, mais une guérison relative comme celle du malade
e je vous ai présente. Quand la maladie est prise au début, on
des résultats remarquables comme dans le cas de cette jeune
. le, fille de médecin, que je vous citais tout à l'heure.
M. Faucon. — S'agissait-il bien, dans ce cas, d'une véritable jxalgic ? Bien que la coxalgie soit plus facilement méconnue ue diagnostiquée à tort, il est parfois nécessaire de tenir les talades atteints de claudication en observation pendant quelque emps, sous peine de s'exposer à faire une erreur de diagnostic •t de les immobiliser intempestivement. Ces cas sont rares, j'en U rencontré cependant parmi les nombreux enfants atteints de claudication qui viennent a S B -Raphaol. Ce sont des cas douteux qui ne peuvent entrer en ligne de compte lorsqu'on veut apprécier la valeur d'un traitement.
Qur.nt o. la médication adjuvante, par ce que M. Guermonprez appelle l'hydrothermothérapie, je puis dire que dans 95 % do cas, les ostéo-arth rites que nous voyons ont été traitées par les cataplasmes, les bains, les révulsifs les plus divers, sans modifier en rien la marche progressive de la maladie.
Dès que l'immobilisation est appliquée, la scène change du
tout au tout, a rencontre de la mobilisation préconisée par
M. Guermonprez je persiste à croire et affirme que l'immobili-
. sation est le seul traitement à appliquer dans la coxalgie au
début et à la période d'état.
M. Gufrmonfrez. — J'étais dans le même état d'Ame avant 1895, mais j'ai vu pratiquer et je pratique moi-môme la mobilisation, et j'en reste partisan convaincu.
Cependant ces travaux récents, épars dans des recueils périodiques, sont difficiles à consulter; et il importe d'en réunir l'exposition et l'examen aux acquisitions de la science qui remontent a une époque plus éloignée. — Le Traité de thérapeutique des maladies articulaires a pour but de satisfaire s ce besoin. On ne doit pas le considérer comme une seconde édition de mon Traité des maladies des articulations, auquel je renvoie pour l'ctiologie, le (îingnoetic de l'anatomie pathologique. L'ouvrage <iue]e publie aujourd'hui .15 mars 1853t. est une œuvre nouvelle, exclusivement consacrée aux questions thérapeutiques: introduction).
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Quoiqu'il en soit des divergences de moyens pour accréditer les témoignages, ou pour susciter les doutes et pour les superposer par système, il y a des bases, dont il faudra bien tenir compte : ce sont les faits ; ceux d'Amédée Bonnet sont tout aussi démonstratifs (1), que d'autres très modernes avec des radiographies de contrôle. Il en est si peu question dans les ouvrages modernes, que la pratique en a été complètement perdue.
Quoi qu'on en dise, pour beaucoup de modernes, la méthode d'Amédée Bonnet pour le traitement des maladies articulaires est en formelle contradiction avec celle qui est actuellement et universellement classique, à Lyon, aussi bien que partout ailleurs.
Un officier de santé, M. Prévost, a continué celte pratique, encore après la mort d'Amédée ttonnet ; il a même adapté sa ferme patrimoniale de Pont -d'Ain, pour répondre aux besoins de sa clientèle, devenue vraiment spéciale. C'est là, qu'un neveu, alors séminariste, se rendait utile pendant le temps des vacances, en donnant sa part de collaboration au vieil oncle, chez lequel il était hébergé. L'abbé Crud n'a jamais fait d'études médicales; mais, devenu missionnaire au Canada et dans des régions peu accessibles des Ktats- Unis de l'Amérique du Nord, il a eu mainte occasion d'utiliser ce qui lui était connu et dans une région où il n'existait pas de médecin. C'est encore la même pratique dont il fut tant parlé, d'abord à la Kelle-en-Hermois (Loiret), puis à Sens (Yonne); et c'est en vain qu'un transfert fut entrepris
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témoignage d'un hommage, comme serait celui qui porte en triomphe un personnage, pour ainsi dire, élevé sur le pavois.
[h Quand il le fallait, Amcdée Bonnet se montrait sévère pour la science de son temps. Aux problèmes posés en clinique il donnait une réponse... » non pas empirique comme celles qui ont cours itans la ■cience, mais générale et pouvant être systématisée sous forme de loi. • {Traité de thérapeutique a"es maladies articulaires. Paris, L)on, 1&33; introduction ; p. Vj.)
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.Mimilb de Lille. Quanti eQCrvpresdre genre dans une clinique privée, qui n'a pas les l'hospitalisation, c'est possible pour tout ce an membres supérieurs ; mais c'est presque pour la coxalgie. Dans des conditions plus prop; pourront devenir nombreux.
tellement, il faut savoir se borner a établir lej ta méthode iTAmédf* lUmnrt pour If trattcnurnl \ dits ai «s n'es! pas une cktmèrr.
II n'y a aucun doute sur sa valeur, quand on est sur les faits.
Vainement on opposera les déconvenues des I incomplets, ou . - prétentions int*m|
ivre erienlifiqueet humanitaire du chiru:
rra souffrir des modifications apportées en aura toujours quelques fuits pour ramener aux pr lamcntaux, dont ce puissant esprit a conduit I titloo avec une sagacité, une mesure et une cireur qui renieront comme des modèles à suivre.