JE RÉGLERAI QUAND JE SERA! MARIÉ
— Vous réglerez quand vous serez marié!
Admirable! mon garçon, admirable, en vérité, l'idée de faire payer un jour vos folies de jeunesse par la femme et les enfants!
Ainsi donc, vous allez co’itinuer à vous amuser gaiement, à gaspiller votre argent avec vos amis et vos blondes, à puiser largement dans la caisse du patron, et plus tard, plus tard, quand vous serez marié, vous paierez tous ces emprunts!
Vous forcerez votre femme à économiser sur se toilettes, vous imposerez des sacrifices à vos petits enfants, vous leur refuserez les plaisirs de leur âge, vous les ferez vivre chichement à la maison... Tout cela pour rembourser les quelque deux ou trois mille piastres que vous devrez alors au patron!
Vraiment, le plus fin des diables n'aurait rien pu inventer de mieux!
Tenez, jeune homme, jouons cartes sur table. Je vais être bon diable pour vous et vous ire franchement ce que votre ange gardien vous aurait dit à ma place, si vous l'aviez consulté.
Vous êtes dans une illusion complète, pour ne pas dire dans la mauvaise foi la plus coupable, en Yous imaginant qu’une fois marié, vous pourrez payer ces emprunts frauduleux.
I surviendra chaque jour cvelcue difficulté nou-
velle qui vous empêchera de mettre de l'argent de côté, et votre conscience rester: chargée de ces milliers de piastres, prises autrefois pour satisfaire vos caprices de garçon.
De plus, appelons les choses par leur nom. Mettons de côté tous ces prétextes futiles que vous vous donnez pour excuser votre conduite.
« Vous empruntez », dites-vous. ;
Oui, à la façon de l’homme qui, pénétrant dans le vestibule d’une maison, emprunte un capot de fourrure, pour l’hiver, avec l'intention bien arrêtée de le remettre à son propriétaire, plus tard, au printemps ou dans le cours de l'été, quand il n'en aura plus besoin.
Vous empruntez!
Oui, comme le flou qui entre dans une chambre à la dérobée, et emprunte une montre ou l'argent des tiroirs. Plus tard, quand il sera en moyens, il remettra le tout fidèlement, parole d'honneur!
Vos prétendus emprunts sont tout simplement des vols, ct malgré vos grands airs de Monsieur, je vous donr le nom véritable qui vous convient.
Vi tes un vulgaire escroc, un voleur!
Au revoir, jeune hornme!….
Un dernier conseil avant de nous quitter... Cessez vos emprunts à la caisse, restituez au plus tôi ce que vous avez pris à votre patron, autrement, nous aons bonne chance de nous revoir un jour... au pénitencier ou chez le diablel
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QUATGRZIÈME CAUSERIE