GEORGES, GASTON
GEORGES
Sois sérieux un moment.
GASTON
Hum ! voici )
GEORGES
Tu ne trouves pas ma femme changée?
GASTON
Depuis quand?
GEORGES
Depuis...
GASTON
... Que tu t'en es aperçu?... C'était fatal... Ingrat I
GEORGES
Comment? Que veux-tu dire?
GASTON
Hé! parbleu! ta femme n'a que trop fait pour te plaire !
GEORGES
Oh! pas plus que d'autres.
i2 MISS FANFARE
GASTON
C'est ce que j'appelle trop!... Tu Tas voulu, mon bon!...
GEORGES
Je l'ai voulu I comment?
GASTON
Elle est ce que tu l'as faite.
GEORGES
Ohl ohl
GASTON
Elle avait des dispositions?... Tu les as flattées?
GEORGES
Hé! mon cher...
GASTON
Oui, je sais.... Elle avait, même jeune fille, ce petit air de bravoure et de gaité, cette crânerie, cette allure... Miss Fanfare, enfin, comme l'appelait son père!... C'était miss Fanfare pour la vaillance de sa mine, autant que pour sa voix claire et pour son joli rire!... Et c'est par là, n'est-ce pas, qu'elle t'a d'abord charmé?... Mds, quoi! n'était-ce pas une crânerie gentille, une allure coquette, aussi différente de l'effronterie que de la gaucherie ou de l'embarras?... Son père, — qui était bien le plus léger des pères, comme il avait été le plus coureur des maris, — aimait, je m'en souviens, à la promener à son bras; et si les gens alors feignaient de ne pas le voir, avec des airs de discrétion, il souriait, le vieux beau! et négligeait de les détromper... Oui, mais cependant parlons net, mon camarade, et, puisque tu le demandes, soyons sérieux un moment... C'est une innocence qu'on t'a confiée , n'est-ce pas?... Innocence avisée,