‹ Miss Fanfare; pièce en trois actesChapitre 5 sur 45 · GEORGES, GASTON · texte numérisé non relu

GEORGES, GASTON

GEORGES

Sois sérieux un moment.

GASTON

Hum ! voici )

GEORGES

Tu ne trouves pas ma femme changée?

GASTON

Depuis quand?

GEORGES

Depuis...

GASTON

... Que tu t'en es aperçu?... C'était fatal... Ingrat I

GEORGES

Comment? Que veux-tu dire?

GASTON

Hé! parbleu! ta femme n'a que trop fait pour te plaire !

GEORGES

Oh! pas plus que d'autres.

i2 MISS FANFARE

GASTON

C'est ce que j'appelle trop!... Tu Tas voulu, mon bon!...

GEORGES

Je l'ai voulu I comment?

GASTON

Elle est ce que tu l'as faite.

GEORGES

Ohl ohl

GASTON

Elle avait des dispositions?... Tu les as flattées?

GEORGES

Hé! mon cher...

GASTON

Oui, je sais.... Elle avait, même jeune fille, ce petit air de bravoure et de gaité, cette crânerie, cette allure... Miss Fanfare, enfin, comme l'appelait son père!... C'était miss Fanfare pour la vaillance de sa mine, autant que pour sa voix claire et pour son joli rire!... Et c'est par là, n'est-ce pas, qu'elle t'a d'abord charmé?... Mds, quoi! n'était-ce pas une crânerie gentille, une allure coquette, aussi différente de l'effronterie que de la gaucherie ou de l'embarras?... Son père, — qui était bien le plus léger des pères, comme il avait été le plus coureur des maris, — aimait, je m'en souviens, à la promener à son bras; et si les gens alors feignaient de ne pas le voir, avec des airs de discrétion, il souriait, le vieux beau! et négligeait de les détromper... Oui, mais cependant parlons net, mon camarade, et, puisque tu le demandes, soyons sérieux un moment... C'est une innocence qu'on t'a confiée , n'est-ce pas?... Innocence avisée,

Page 1