A LA PLACE DES BIJOUX ABSENTS, UNE LETTRE
m'a promis de m'épouser. M. de Preyssas est riche, ou, du moins, il le sera. Malheureusement, sa mère lui donne encore très peu d'argent ; et c'est parce qu'ib faut vivre jusqu'au moment où cette dame consentira au mariage que je vous fais ce léger emprunt. Robert n'en sait rien ; je vous prie de ne pas le lui dire. Qu'est-ce que cela vous fait de vous passer de ces bijoux pendant quelque temps ? Ils ne sont pas des plus beaux, et vous êtes assez fortunée pour en acheter d'autres. Vous ne voudrez pas compromettre une pauvre jeune fille. Si, d'ailleurs, cet emprunt vous contrarie décidément, vous n'avez qu'à m'écrire en poste restante, à Brème (Hauptpost, H. B. \I23)> Je vous promets sur l'honneur de vous les renvoyer aussitôt. Mais vous aurez le remords d'avoir mis dans l'embarras deux êtres intéressants, qui s'aiment.
« Robert écrira sous peu à Mme Luce. Il dira nos projets et lui demandera respectueusement son consentement. Je voudrais que vous joigniez aux siennes vos sollicitations. Je serais heureuse d'appeler Mme Luce « ma mère » et Mme de Lambert- Noirf ont « ma sœur ». Et, puisque le mariage se fera de toute façon (Robert et moi le voulons), pourquoi mettre des bâtons dans les roues ?
« Adieu, mademoiselle Sabine, ou, plus probablement, au revoir ; car je ne' désespère pas que tout s'arrangera et que nous reviendrons un jour bons ami»; à Bellecombe. (Vous savez que Robert n'a jamais pensé sérieusement à se marier avec vous. C'était une amitié d enfants, vous comprenez, et cela ne doit vous faire aucune peine que cela n'ait pas abouti.) Je regrette de n'avoir pas pu contnuer cà vous enseigner l'allemand. Je me plaisais bien avec vous, qui êtes très gentille bien qu'un peu vive, Je -me plairais même mieux avec vous qu'avec votre père et votre mère, que je respecte, mais qui sont par trop fantasques. Je crois que cela vient de ce qu'ils n'ont pas, comme vous et moi. un parfait estomac ; ils sont bons, au fond. J'aime aussi beaucoup votre frère Raymond, qui est trop railleur, mais qui sera un Don Juan quand il sera homme ; toutes les dames et demoiselles en raffoleront.
« Veuillez, je vous en prie, présenter à tous mes hommages et croire que je vous reste, mademoiselle Sabine, bien sincèrement dévouée.
« HlLDA BOSHEIM. »
« P. -S — Je vous répète que, sur votre demande, je vous retournerai aussitôt les bijoux. Mais je n'accerjterais pas que vous m'accusiez de les avoir dérobés, car, d'après la présente lettre, ce n'est pas vrai. Et, si vous taisiez une chose si coupable, je serais obligée de montrer des lettres que vous avez écrites à mon fiancé, et qui vous ennuieraient certainement d'être montrées.. — H. B. »
Malgré la menace de chantage contenue, comme en une poche à venin, dans le post-scriptnm. savez- vous. Hannah, l'effet que me produisit cette étonnante épître ? Aux yeux ébah s de Francine, je tombai dans un fauteuil, secouée par un rire inextinguible, un rire qui m'irritait et qui me faisait mal, mais où s'exprimait la sensation d'un comique énorme, d'une cocasserie sentimentale et morale telle que jamais un cœur ni une impgination de Française n'eussent été capables de l'inventer.
— Que mademoiselle se calme, suppliait Francine. Mademoiselle va se faire éclater les nerfs.
Oui, c'était bien cela. Mes nerfs, tendus à l'excès tous ces derniers tempj.
allaient « éclater ». comme disait Francine, à moins que, soudain, ils ne se détendissent d'un coup, sous l'effet de ce révulsif inattendu. Ce fivt ce qui arriva. Brusquement, au persistant effarement de Francine, je me calmai : je refermai la lettre, la cassette et l'armoire, et j'achevai de m'habiller pour dîner.
Le dîner ne fut point ennuveux. Une trêve état consentie en l'honneur des Lambert-Xoirfcnt : on ne se disputa pas autour de la table. Je dus entendre, néanmoins, touchant Missette. le chœur d'éloges accoutumés, auquel Ravmond seul mêla les notes discordantes de quelques» rosseries. La propre sœur de Robert apprit ainsi à connaître celle qui se flattait de l'appeler bientôt : « Ma sœur. » Moi je ne dis rien, et je laissai dire. Le ridicule de cette scène ne m'échappait pas, et il ne me déplaisait point de penser :
« Si je voulais... d'un seul petit mot !... »
Mais, au fond, j'étais triste. La vilenie dont je connaissais le secret dépassait les bornes d'une drôlerie. Et, comme je n'ai pas mauvais cœur, je souffrais d'avoir trop raison contre mes parents.
Au cours de la soirée, je décidai que mon secret était trop lourd à garder, seule,
toute une longue nuit. Quand le signal du coucher fut donné, quand on se fut dit bonsoir, je rejoignis maman dans le corridor qui menait à sa chambre et je lui demandai quelques instants d'entretien.
Immédiatement, elle fut un peu rétive : la trêve Lambext-Xoirfont n'était bien qu'une trêve.
— Cau-ser avec moi ? à minuit ? Mais tu es folle... Tu as eu toute la soirée pour causer avec moi.
— Maman, je ne peux vous dire cela qu'en tête à tête...
— Allons ! lite lie, résignée, mais de mauvaise grâce.
Vous imaginez aisément les « oh ! ».
les « ah ! ». les « pas possible ! », les « Sabine, j'étouffe! » de ma pauvre bonne chère mère, quand je lui montrai la cassette vide et que je lui fis lire la lettre... Ah! douce H annah ! Heureusement que notre existence familiale est, à l'ordinaire, dépourvue d'événements graves. Frappée par ce coup inattendu, maman me fit tendrement pitié. Je lui demandais conseil et appui ; ce fut elle qui s'effondra, qui cria : « Tout est perdu ! » et qu'il me fallut soigner.
Papa, mandé finalement, ne fut guère plus brillant. Ils s'interrogeaient l'un Vautre :
— Que faire? Que faire?... Prévenir Luce. c'est indispensable. Mais comment lui dire?... Son fils qu'elle aime tant! En qui elle a tellement confiance!... Enlevé par cette fille!... Qui aurait cru pareille chose? Cette petite si sérieuse, si charmante. Non... ce n'est pas possible! C'est un coup monté contre elle... Sabine, es-tu bien sûre que la lettre soit d'elle?... Relisons-la encore...
Ce désarroi dura jusqu'aux environs de deux heures après minuit... A ce moment, je sentis s'appesantir sur ma pauvre tête enfiévrée le douloureux besoin de sommeil qui suit infailliblement mes grandes émotions. Je laissai papa et maman à leurs lamentations réciproques et j'allai dormir : je ne tenais plus debout... Je ne repris conscience des choses qu'au grand jour, dans un brouhaha de conservations entremêlées. Toute la famille, y compris Raymond et les Lambert-Noirfont, campait et discutait dans ma chambre, autour de mon lit, guettant mon réveil. Les veux encore chargés de torpeur et les idées brouillées dans mon cerveau, je dus répondre à vingt questions :
— M'étais-je aperçue de quelque cîiose entre Robert et Hilda ? On avait bien vu que je n'aimais guère Hilda ; mais pour quelle raison me méfiais- je d'elle ?... Robert m'avait-il fait quelque confidence ? Y avait-il eu une scène entre Robert et moi ? ou entre Missette et moi ?
Peu à peu, plus lucide, je répondis qu'il n'y avait eu aucune « scène » entre
Je laissai papa et mamak a leurs lamanta-
TroNS RÉCIPROQUES.
Robert et moi, non plus quVnfre Missette et moi. Je me gardai bien de raconter le rendez-vous de la Suissesse et de Robert, que j'avais surpris : mon orgueil eût trop souffert ; ce secret -là restera éternelilement. ma bonne Hannah. enfermé entre nous deux. Mais je convins que l'intrigue de mon cousin avec 'l'institutrice ne m'avait pas entièrement échappé.
— Non plus qu'à Ravmond. ajoutai-ie.
N'est-ce pas. Raymond ~J
— Parbleu ! répliqua flegmatiquement Raymond. Ça crevait les yeux. Il fallait même o être rien poire » pour n'y voir que du Bleu...
Sans relever ce que cette appellation comestible avait de peu déférent, papa s'écria :
— Comment ! Vous vous doutiez tous les deux ?. .. Et vous n'avez rien dit à votre mère ni à moi !... Mais c'est inqualifiable ! C'est une sorte de complicité morale.
— Plus souvent, grommela Raymond, que j'aurais touché à votre idole, à votre Missette !... Et puis, d'ailleurs, il n'y avait que moi qui avais le culot de la blaguer.
— C'est vrai, approuva maman. Raymond seul avait deviné juste, comme toujours.'Tiens, tu es un trésor !
Enlacement passionné, baisers sur le trésor. Puis ma mère se ravise : une idée la traverse soudain :
— Mais, au fait, mon petit Raymond, elle était très aimable pour toi, cette fille... surtout avant l'arrivée de Robert... Et la façon dont elle parle de toi dans sa lettre... c'est très inconvenant... Elle n'a pas, je l'espère, essayé ^e t'enlever, toi aussi ?...
L'idée de Missette enlevant Raymond, qui va entrer en troisième à la fin des vacances, nous mit tous en gaieté, malgré nos soucis divers. On se détendit un peu ; on causa plus raisonnablement. Il fut conclu que mon père écrirait une lettre sévère à l'adresse indiquée par Missette, lui enjoignant de renoncer à toute entreprise matrimoniale sur Robert de Preyssas ; tante Luce y joindrait quelques objurgations maternelles pour son fils. Si Robert rentrait sur-le-champ, non seulement aucune plainte ne serait déposée, mais les bijoux ne seraient même pas réclamés,..
— Moi, fit tante Euce, je vais prendre à l'Œuvre des jeunes filles étrangères des renseignements sur cette Hilda. Nous avons là un service parfaitement organisé.
— Ah ! vraiment oui ! s'écria papa.
Parlons-en, de ton service d'informations et de ton Œuvre ! On ne m'y reprendra pas à me confier à toi pour des affaires pareilles. Du reste, toutes vos Œuvres de prétendue charité ne sont que des parlotes pour vieilles toquées.
Ils quittèrent ma chambre en se disputant, accompagnés par le reste de la famille, qui s'efforçait de les calmer... Ray mond resta le dernier et vint gentiment, câlinement. nfembrasser dans lés cheveux.
— Hein ? Sabine, me dit-il... Sont-ils
assez à la cuiller, nos parents ? C'est moi qui ne me ferais pas une bile pareille !... Qu'ils laissent donc Robert tranquille.
Quand il n'aura plus de galette et que tes bijoux seront bouffés, faudra bien qu'il s'en retourne, et Missette-la-Vertu le laissera partir... Au lieu de ça, papa, maman, tante J Luce, vont faire un raffut de tous les diables... Ah ! ils n'en ont pas fini, tu verras...
Instant de réflexion, puis :
— C'est égal ! tante Luce avait mis la main sur un joli numéro... Toc au physique comme au moral, tu sais !... As-tu remarqué ses dents ? Oui, n'est-ce pas ? Ses cheveux, je ne sais pas, par exemple. Ça avait l'air naturel, et pourtant...
Il s'interrompit, respira les miens un instant, puis :
— Ça ne sentait pas vrai, comme les tiens.
Telles furent les conclusions de mon petit frère. Missette a raison : pour son âge, il promet vraiment un peu trop.
Je ne vous fatiguerai pas, chère Hannah, en vous racontant par le menu les efforts de notre famille pour récupérer l'enfant prodigue. Sachez seulement que les prévisions de Raymond se vérifièrent de point en point. De si ingénieuses négociations furent engagées avec le couple fugitif que, douze jours après son départ, Robert n'est pas encore rentré au bercail ; que la rançon proposée a peu à peu monté jusqu'à cinquante mille francs ; et que — couronnement de ce beau travail — la silhouette d'un père courroucé et vengeur commence à se dresser derrière Missette-la-Vertu et à menacer de poursuivre Robert pour détournement de mineure. Heureusement, le service de renseignements de 1' « Œuvre », cet admirable service vanté par tante Luce. a fonctionné depuis l'enlèvement : foncticné un peu tard, liais fort bien... Ah ! ma pauvre Hannah ! on en a appris sut le compte de mon institutrice ! Premièrement, qu'elle est, en - effet, à peine majeure, comme l'indiquait son physique, j Puis, qu'elle a fait partie d'une troupe de dancing girls, en Autriche et à Londres. ' Puis, que les vieux parents de Triel... enfin, on ne m'a pas tout conté, vous concevez bien. Mais j'ai deviné ce qu'on me cachait. L'autre jour, Raymond, qui est au moins aussi renseigné que moi, a dit à tante Luce:
— Tantine, est-ce que vous n'auriez pas, dans votre Œuvre, une autre Vertu
disponible ?... Ce serait pour moi, cette fois... Pour m'aider à finir mes devoirs de vacances...
Tante Luce n'a même pas répondu...
Elle est effondrée. C'est manquer de générosité Que de l'accabler.
Et moi, dans tout cela ?
Eh bien ! moi, chère Hannah, j'ai conquis, grâce à ces événements, une « situation » dans ma famille (si Ton peut dire) te1 le que je ne l'ai jamais eue, même au temps où votre influence protectrice s'étendait sur moi. On m'avait tellement comparée à Missette, pour conclure en ma défaveur, que, Missette partie, la comparaison a continué, par habitude. Seulement.
on juge Missette, désormais, sans indulgence. Et, comme mes chers parents sont très impulsifs et vont tout de suite jusqu'à l'extrême bout de leurs opinions, j'ai repris tout ce que perdait la fugitive. On veut bien accorder, désormais, qu'un excès de naturel et de sincérité est moins dangereux qu'une trop parfaite surveillance de soi, et que mieux vaut, pour une jeune fille, jouer son vrai personnage, attrayant ou non, que de se déguiser en ange... La franchise, le « tel quel », sont redevenus à la mode dans la famille. Cela durera ce que cela durera ; mais j'y gagne de sentir autour de moi une chaude .affection, un peu repentante, qui m'est très douce. Et, comme je suis moins surveillée, moins contrariée, tout naturellement je suis meilleure. Je me suis mis en tête de prouver que, malgré mon caractère explosif et mes lubies, je suis capable de battre Missette, même sur son terrain de choix. Je travaille le piano et l'allemand : je fais des progrès. Je mets au courant ma correspondance. J'aide maman à gouverner la maison. Je suis correcte avec les visiteurs. M. Leribour (vous savez, le vieillard des Inscriptions) avant passé quarante-huit heures chez nous, j'ai causé avec lui : il paraît qu'il n'en revenait pas d'avoir trouvé dans ma tête quelques onces de cervelle. Ravissement de papa, nui m'a demandé mon avis sur sa dernière brochure : Médita/ions optimistes, et qui, sur mes respectueuses observations, a modifié la fin d'un chapitre.
— Comme intelligence, m'a-t-il déclaré, il y a un abîme entre la Suissesse et toi. Elle appréciait mes travaux, mais elle a laissé échapper quelques grosses sottises sur Spencer et Hgeckel.
Bref, chère Hannah. j'aurais lieu d'être plus calme et plus heureuse que jamais si... Vous devinez ce qui reste en suspens derrière ce « si... ». Je sais que j'ai amputé à temps mon pauvre cœur ; je sais que ce que j'ai perdu ne valait guère ; je vous jure que je n'aime plus du tout l'absent et que je l'abandonne sans le moindre regret à Missette, pour la vie, si elle le veut... Mais je porte, malgré tout, un cœur amputé : la plus belle raison que j'avais de vivre, et d'aimer la vie, et d'espérer en elle, est
Elle a fait partie n une troupe de "dancing GIRLS ".
abolie. Tandis que j'étudie une fugue de Bach, que je traduis Hermann et Dorothée, que je refais les comptes d'un fermage ou que je cause avec papa de sa future grande œuvre : Manuel raisonne du Bonheur humain, je sens parfois comme une sorte de brusque arrêt intérieur, et, selon l'excellente expression de Raymond : mon moteur cale... L'inutilité de tout ce que je fais m'apparaît. A quoi bon vivre, puisque je ne vis plus pour personne ?... Comme iî serait doux, même au prix de cette passa gère agonie où ma fièvre lutte contre l'im-
périeux sommeil, — comme il serait doux de s'abîmer pour longtemps, longtemps, dans cette inertie opaque où nulle sensation ne survit...
Je vous entends protester :
— Sabine ! Sabine ' pas de neurasthénie...
C'est que justement, chère Harmah, je me sens devenir neurasthénique... Et je n'ai plus d'espoir qu'en un seul moyen de cure : vous revoir, revivre un peu près de vous. Oh! n'avez pas peur. Je ne vais pas encombrer toute votre existence. Un mois à Limerick, près de vous, si le bon Jim y consent. Et je reviendrai en France, réconfortée, j'en suis sûre. Voulez-vous ? Mes parents le permettent... Je me ferai toute petite : Jimmy m'apercevra à peine... Ne refusez pas. Je ne serai pas une Orphé- Ke éplorée, je vous le promets. Il y a des moments où je ris, comme avant... J'ai ri bien des fois en vous racontant ma triste et comique aventure... Je ris encore... Mais, dans Iee moments où j'ai envie de pleurer, personne ici ne sait me dire les mots qu'il faudrait.
Vous saurez, vous. Or. c'est votre faute si tout cela est arrivé. Oui. Hannah : vous n'aviez qu'à ne pas vous marier, a continuer mon éducation encore très imparfaite, et il n'y aurait jamais eu de Missette ici, et l'absent ne serait pas absent. Votre devoir est de relever les ruines que vous avez fai-
tes. Et puis... et puis... j'ai besoin de vous, de me réfugier dans vos bras et dans votre sagesse. Vous ne me repousserez pas.
Si, vraiment, — comme vous me l'aviez assuré en quittant la France, — ma présence chez vous ne vous incommode pas, écrivez-moi bien vite. Je ne rentrerai même pas it Paris, et. avant que ma famille quitte Belleccmbe, je m'embarquerai pour votre île.
Hannah ! Hannah ! Vous revoir ! Bavarder, rire, se confesser, pleurer peut-être un peu — très peu. je vous le promets — près de vous... Quel soulagement ! Quel bonheur !... Vous n'avez pas idée de l'impatience avec laquelle j'attends votre réponse.
Votre élève qui vous chérit.
Sabine.
Post-Sscrififîim. — Dernières nouvelles l Détails sensationnels !... Robert écrit à tante Luce pour la prier respectueusement de lui permettre d'épouser Missette. Il sait qu'elle a les cheveux teints. Il sait qu'elle a de fausses dents. Il sait qu'elle a été dancing girl. et le reste. Il sait que la famille suisse organise le plus savant chantage contre nous... N'importe, il est épris :. il veut se marier. C'est beau, l'amour! Oh ! chère Hannah... Dites... Je puisaller vous rejoindre ?