CHAPITRE IV
Graffites Tamoudéens.
La question de l’écriture tamoudéenne est encore hérissée de difficultés. L’origine de son alphabet, la place qu’il occupe dans le développement des dialectes du nord de l’Arabie, la valeur de ses signes gravés sur les rochers du désert constituent autant de problèmes qui attendent une solution (1). Les graffites que nous avons relevés dans notre dernier voyage pourront être considérés comme une légère contribution à cette étude; ils ne feront pas la pleine lumière ; ils ne sont pas assez nombreux et surtout il n’y a pas de texte considérable. Peut-être une prochaine cueillette plus abondante permettra-t-elle de reprendre l’examen de la question et de proposer des conclusions motivées. Pour le présent, nous nous contentons de faire quelques brèves remarques, dans le courant de l'interprétation.
Les graffites nos 181-217 sont donnés dans le même ordre que les graffites minéens et libyanites, en allant d’el- Ela à Médâin-Sâleh. On notera qu’ils sont rares dans la région de Hereibeh où abondent les inscriptions lihyanites et minéennes. Les Tamoudéens ont dû se contenter d’effleurer cette contrée, alors qu’ils dominaient en maîtres sur tout le désert aux environs de Teima et de Tebouk.
Nü 181. — Ce graffite et les 24 suivants se trouvent sur les rochers de la montagne située à l’ouest des jardins de Mensiyeh près d’el- Elâ (pl. CAL).
ybis p Celui-ci est Tala\
Le premier signe H I, lu généralement n par Littmann, a été déjà regardé par nous comme ayant la valeur de ï ou de - (JS., Mission..., I, p. 271). Aux arguments allégués pour exclure la lecture N, on pourrait
(1) Cf. Lidzbarski, Epliemeris..., II, p. 25 ss. et 354 ss. On y trouve un résumé des travaux antérieurs et quelques nouveaux aperçus. Mais les copies de Iluber, auxquelles il doit la majeure partie des graffites tamoudéens, ne lui inspirent pas une grande confiance. Littmann, Zur Entzifferung des thamud. Inschr., a utilisé surtout les carnets d'Euting, et a fait faire un véritable progrès au déchiffrement du tamoudéen. Nous n'avons eu connaissance du travail de J. J. Hess, Die Entzifferung der lhaniùdischen Inschriften, qu’au moment de corriger nos épreuves.
ajouter la constatation suivante, à savoir : que le tamoudéen emploie un signe différent pour rendre jx « moi »; cf. les nos 2, 18, 46, 84, 92, 93, 248, 628 etc. Quoique ce signe puisse à la rigueur représenter un x une fois ou l’autre, il semble cependant établi qu’il a régulièrement une autre valeur. U répond aux deux lettres T et 7, suivant notre première remarque. En faveur de son équivalence avec 7 on peut citer les nüs 31, 43, 48, 57, 357, 525 etc. Et d’après ces documents, Lidzbarski ne serait pas en droit de lui contester la valeur ", pour ne lui reconnaître que celle de 7 (1;. Il établit cette dernière équivalence par le mot 737ns, copié par Huber (2). Si vraiment la valeur de 7 doit être reconnue au signe I, 011 pourrait citer à l’appui le premier terme de notre graffite. n, si fréquent en tamoudéen, cf. n05 184, 185, 190, 194, 202, 203, etc., paraît être 1 équivalent du minéo-sabéen p et du nabatéen N 7, ,737. Par conséquent, c est par 7 qu il serait bon de rendre le premier signe, même pour les
n 8 50 et 149 (1 * 3 4 5)- Le J de p parait certain, malgré sa forme déve¬
loppée. — yVo. Le premier signe représente ordinairement un n. D’après cette équivalence, on aurait ici ySn; mais la racine ne semble pas exister. Devant cette difficulté on peut se demander si ce signe n’équivaudrait pas, en certains cas, à un 13, suivant la remarque de Lidzbarski (4). ybiD, qui doit se lire aussi au n° 328, répondrait à une racine « monter, paraître ». Ici encore le même signe répondrait à deuxlettres différentes ! Retenons l’hypothèse pour ce qu’elle vaut, jusqu’à ce que de nouveaux documents fassent la pleine lumière.
Nu 182. — A côté du précédent.
’înrab Par Mazra y.
Le S au début de très nombreux graffites tamoudéens peut avoir la valeur du lamed d appartenance ou du lamed auctoris, comme dans les inscriptions safaïtiques (5). Nous lui donnerons en général le sens du lamed auctoris. — Witd serait un nom gentilice, indiquant un individu de 3nfn, nom de localité — connu en arabe — ou nom de tribu.
(1) Voir Epherneris..., II, p. 29 et 31, p.
Z n' f®’ Le,.Ca3- eSt'Ü absolume,,t Probant? Nous ne le croyons pas. La lecture est possible, et pour 1 existence de ce nom, voir DM., Mission..., 585, 630, 770, 857.
(3) Dans Mission..., I, p. 271, la transcription du démonstratif sabéen par ... 5 est une incorrection; il faut ^3) . u J
(4) Voir les autres cas cités par lui dans Epherneris..., II, p. 31.
(5) Voir, à ce sujet, les remarques de Dussaud et Macler,’ Mission..., p. 82.
Graffites tamoudéens.
N° 183. — Au même endroit.
nbnttia [7]ay lAb[d] Basâmlât.
A droite et à gauche du graffîte se trouve un signe qui semble être un wasem, et dont il ne faut pas tenir compte dans l’interprétation, a y nous parait être pour 7 ay « serviteur » comme au n° 449 Sya ay est pour bsmay Dans les deux cas, le 7 a disparu entre les deux a; cf. l’arabe pour
[Kit. el-A<j., XVI, 159). — nSnaia est composé de deux éléments : du nom divin nb, Lut, odill et de nuia. L’arabe connaît le nom propre tÙS (lux Dor., 130, G; Yaqut, I, 498; III, 338, etc.).
^2^3, p Celui-ci est Badd'aws.
Sur p v. n° 181. Le nûn est uni avec le a. i wj~\2, nom composé. Le premier élément, 7a, se trouve dans le nom composé arabe Jlio (Yaqut, III, 873) et dans le nom propre safaïtique nbba, l’équivalent de l’arabe JIâj (DM., Mission..., 476, 643). Le second élément ne nous est connu ni comme nom propre d’homme, ni comme nom de divinité. Faudrait-il restituer ttilp? En arabe, signifie « garde de nuit ».
N° 185. — Sur un grand rocher, à une soixantaine de mètres plus au nord .
ijaT ananbn p Celui-ci est Malatmuhib b de Zabbân.
nbn serait un nom nouveau. L’arabe signifie « secouer ». — ann
parait être le participe de la quatrième forme, au masculin singulier,
comme le nom propre arabe (Wüstenfeld, Registe/'..., p. 321) est
une forme du même participe au féminin, LW, «aimant, aimante ».
ana se retrouve aux nos 647, 650, et peut-être au n° 204. — ijaî peut
équivaloir à une forme arabe ; « appartenant à », nom propre (Yaqut, I, 570; II, 322; Ibn Dor., 126, 7; 172, 16). ’:a* est d’une lecture assez probable; cependant la lecture iaî ne serait pas absolument impossible. Dans ce cas cf. l’arabe (Yaqut, I, 702; II, 379, etc. *, Kit. el-Ag., XIV, 73, 75).
N° 186. — Un peu plus au nord, sur la même montagne, en face de la gare d’el-'Ela.
ba’ny ' Ammyam.il .
boiny est un nom composé de ny « l’oncle » ou « le dieu 'Atnm » et de Soi répondant à imparfait du verbe J U « avoir de la sympathie ». Sa^ay peut donc signifier : « le dieu 'Amm a de la sympathie ».
N° 187. — Au même endroit.
□by pib Lawa'an a tracé.
qui signifie prêtre en minéen (JS., Mission..., I, p. 253), paraît être ici un nom propre. — üby « a tracé »; cf. Littmann, Zur Entzifferung ...,
Nu 188. — Au même endi^oit.
runsby in aby A tracé ’Add ' Alakmandt .
ix pourrait rappeler le nom propre hébreu lia (I Reg. 11, 17); le nom a été trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 306e, 532 etc.); cf. Répertoire..., p. 16'k Nous le rencontrerons plus loin, n° 632. En arabe on a
(Ibn Qut., 36, 8). — ruoaby. Le dernier élément de ce nom composé, Manât, revient assez fréquemment dans les graffites tomoudéens, comme en nabateen et en lihyanite. On en conclura que cette divinité avait obtenu un culte presque universel dans l’Arabie du nord occidentale. Le premier élément de ce nom composé aby a été probablement trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 574) où la lecture devra être maintenue. Dans notre graffite, le second signe a quelque apparence de nûn, mais le doute est levé par les il0’ 406 et 480 où la lecture bîoby est certaine.
N° 189. — Au même endroit.
□by mypn Maq'adat a tracé.
mypQ rappelle le nom propre arabe oia*J| (Ibiv Dor., 235, 21); la terminaison en n n’est pas rare dans les noms masculins. Nous ne pensons pas qu’il faille traduire par « obyn ~ypn Muq'ad a appris ».
raan p
Celui-ci est Munbit.
GRAFFITES TAMOUDÉENS.
T)22V peut être rapproché de l’arabe ci»' « faisant pousser, faisant
prospérer » ou Peut-être faudrait-il lire nna dans DM., Mission...,
308a, au lieu de 212a, et de même daus Vogüé, 7. On notera, dans notre graffite, la forme des nûn et le n final qui pourrait aussi être lu n.
N° 191. — Au même endroit.
ml ioSs. A LabîC Yalûb.
Le 2 se rencontre assez fréquemment devant les noms propres, où il a vraisemblablement le sens de « pour, à ». ; cf. Littmann, Zur Entz..., p. 37, 38. Lorsque le s se trouve, non pas devant le premier nom, mais devant le second (n0* 274, 275, 426 etc.), nous lui donnons la même signification. Mais il serait possible de le traduire autrement; par exemple de lui reconnaître parfois le sens de « avec ». — xab répond à l’arabe .jJJ! (Ibn Dor., 196, 10); en safaïtique mob (DM., Mission..., 284). — nrn peut répondre à « il se repent »; cf. le nom propre hÿ (Ibn Qut., 44, 1). Une racine w^>, imparf. « couper », serait aussi possible.
N° 192. — Au même endroit.
□bn Et Ballam.
□Sa aurait-il quelque rapport avec Sa (Littmann, Zur Entz., 34, 53)? Le n final serait, alors, une simple mimation. Il est permis de supposer aussi une racine Jj « être emporté par la passion » ou bien Le mot j[,' est donné comme nom de lieu dans Yaqut, IV, 900.
Nü 193. — Copie; à quelques pas plus à l’ouest du précédent.
naaiy Samâmat.
Cf. le lihyanite 41, 2.
N° 194. — Sur un grand rocher, auprès de l’inscription hébraïque n° 2.
narra iaa Makij Mahtûb.
’ao rappelle l’hébreu ua (Num. 13, 15). Le nom revient au n° 260. — narra. Le second signe représente plutôt un n qu’un n. Le troisième signe peut représenter un a; cf. n° 181. narra répondrait à v
« fiancé ». De la racine wJaâ., l’arabe connaît le nom propre ,lks. (Ibn
Dor., 160, 2).
N° 195. — Même région.
nïa ]37D p Celui-ci est Ma an Badat.
pn, qui reparaît au n" 627 sous la forme pyn, répond au nom propre arabe ^ ; cf. Littmann, Zur Entz., 41. — njh paraît être un nom nouveau, peut-être d’une racine jk « être tendre » ou de jaj « être blanc »; l’arabe connaît le nom propre jaj (Yaqut, II, 800); cf. rÎ2, en lihyanite,
N° 196- — Au même endroit. Le graffite se lit de gauche à droite.
A 'Awf RâHlud.
Le a au commencement des mots a bien souvent la même valeur que le 3, cf. LirrMANsr, Zur Entz., 38, 51. — rjy peut rappeler l’arabe ^
« bonheur », nom propre masculin (Yaqut, II, 772; IV, 44 etc.). La racine wit serait possible aussi; wiàc est un nom propre en arabe (Yaqut, II, 537). “sy 1 est un quadrilitère, ou mieux un nom composé de deux éléments, de y*i répondant à ^.c! j >.<. pasteur » et de “S nom propre; cf. rib en hébreu, en arabe JJ est un nom de localité; cf. le numéro suivant.
N° 197. — Au même endroit.
iSjtp Sms
E t Ba ' al Yaralud.
lbini rappelle îbjn du numéro précédent; mais la forme est ici à l’impaLfait. Lela confirmerait peut-être l’hypothèse de l’existence de deux éléments dans ce groupe : le verbe njn et tS, un nom propre. Cependant il reste toujours la possibilité d’une racine quadrilitère.
N° 198. — Un peu au sud du minéen n° 110.
nton nnirn rrn
A salué Masâhat Tasumm.
n il parait être un 'erbe à la troisième personne du féminin singulier. Par suite, on regardera comme étant au féminin le mot suivant nrôn
GRAFFITES TÀMOUDÉENS.
qui pourra être comparé à l’arabe « don ». □irn est peut-être l’im¬
parfait du verbe nitf qui a déjà paru dans nacûr, n° 193.
N° 199. — Au même endroit.
ni cSy
Signe de Dardr.
□Si* qui peut être un verbe, n° 187, ne répugne pas non plus à remplir les fonctions de substantif, avec le sens de « signe, trace » ; cf. Littmann, 7aiv Entz., 28. — va peut répondre à l’arabe ^ ou Dans Yaqüt, II, 141, isjj est nom propre féminin.
N° 200. — Au même endroit; à côté de la représentation d’une vache.
S^nys A ' Amm'ïl .
Sur ai*, v. n° 186.
N° 201. — Sur la même roche.
D'il? p Qâsim.
üittp trouvé en lihyanite, n° 287, est fréquent en arabe sous la forme
rü.
N° 202. — Sur un rocher, un peu au nord du précédent.
T>Sn p Celui-ci est Tafîd.
"PSn répond peut-être à l’arabe x.:sâ, imparfait du verbe ds « utiliser » ; il peut être un nom propre sur le thème
N° 203. — A quelque distance du précédent, vers le nord-ouest.
HEï p Tÿi V 1T Celui-ci est Sa'd fils de Dabbal.
nai* semble être l’équivalent du nom propre arabe ’C/o (IbnDor., 117, 5; cf. Yaqüt, II, 324).
ni* est nom propre dans Littmann, Semit. inscript., p. 108, 128.
N° 204. — - A côté du nabatéen n° 385.
rramnn -vjb p
Celui-ci est Sa'd Maharrmamât .
rucsnc. L’avant-dernier signe est un n et la lecture matérielle est nnc. Mais nous croyons qu’il faudrait peut-être restituer un 5 et lire rue. Au n° 21> Mission..., I, p. 275, on a njmnn « l’élu de Manât ». Ici, le second signe n est pas un n, mais un n; cf. n° 181. Du reste iriQ donne un très bon sens, pouvant être l’équivalent de l’arabe « exempté, libéré » ; cf. Dozy, Supplément... njmnn signifierait donc « le libéré de Manât, l’affranchi de Manât ». nnmnn pourrait se traduire par « affranchi de la mort ».
N° 205- — Au nord de la gare d’el-'Ela, un peu au sud de kilom. 978, à l’est de la voie ferrée, sur la face sud d’un grand rocher.
nïin tona -557 p
Celui-ci est 'An. Tamka’ ha-Badat.
Ce graffite est très obscur. Le troisième signe de -J57 est effacé en grande partie : c’est peut-être un waw. — tonn est nouveau. Le signe qui vient après est un n ou un i. Le dernier mot se lit nia. L’interprétation Dÿa ou yiÿa serait aussi possible.
N° 206. — Sur le même rocher.
lanp ÿÿ pn p
Ce lieu, ' Aivd ( l’)a pris.
pa est l’équivalent de l’arabe « lieu » ; cf. lihyanite n° 233. ÿy semble répondre au nom propre arabe ^ (Yaqut, III, 635) et à 1 hébreu yw ; cf. lihyanite nu 272, 3. — nnp peut rappeler l’arabe ^
« prendre ». En tamoudéen, on aurait une formule analogue à la formule nabatéenne et lihyanite, pour indiquer la prise de possession d’un endroit.
N° 207- — Sur un rocher isolé, à Hereibeh, au sud du kilomètre 974.
mby 557 p ibn p
Celui-ci est Malad fils de ' Awg ’Albat.
iba peut être comparé à la racine Ab « mentir » ou bien à Ab ('plaisir», de AJ. — 557 est vraisemblablement l’équivalent de l’hébreu 5157, nom du loi de Basan , cf. 1 arabe (Yaqut, I, 123), nom propre d’homme, et
(Yaqut, III, 746), nom propre de tribu. — rub57 est un nom propre et
GRAFFITES TAMOUDEENS.
répond à l’arabe ïllc. (Hamdany, 170, 14); cf. aussi nom propre arabe (Ibn Qut., 48. 15), et l’hébreu ynSy-inN (II Sam. 23, 31).
N° 208. — Au même endroit.
ŸpŸy dÿj p
Celui-ci est Nadm ' Awdqadd .
DŸJ est nouveau. — ÿpŸy, composé de ÿy, voir n° 206, et de ÿp qui peut rappeler le nom propre hébreu yip (1 Chr. 4, 8). Ce nom est précédé de l’article, yipn, dans Esdr. 2, 61 ; Né h. 3, 4.
N° 209. — Au même endroit.
□ Ÿp p (Dp p
Celui-ci est Qamaz fils de Qadam.
T Dp est un nom nouveau. Le dernier signe pourrait être aussi un 7, v. n° 181. — p est douteux, 7-n? — DŸp peut rappeler l’arabe « glaive ». Peut-être aŸp est-il le même nom que Ÿp du numéro précédent, avec la mimation en plus?
N° 210. — Sur le même rocher.
rmai Ÿy n:y ay p
Celui-ci est cAivg "Anzy ' Awd ...
vuy peut être un nom gentilice, signifiant que ay est de la tribu de sy& sur laquelle v. Kit. el-Ag., III, 126; XX, 185. — l'jy pourrait être lu aussi ifSy. — Le dernier mot rpioi est nouveau et d’une explication difficile. Peut-être ru 101 ou rvuD'».
N° 211. — Au nord de Hereibeh, à une distance de 1.400 mètres environ, dans la vallée; se lit de bas en haut.
mŸb nyyy dSSt Du Laivlab ' Ablab à Diddat.
7 (1) doit répondre à l’arabe ^ 5 et en avoir la signification : « pos-
(1) Le signe rendu par 7 répond souvent à un n, v- n°‘ 220, 530, 534, 556, 711, etc. Encore un signe auquel on reconnaît, jusqu’à ce moment, une double valeur.
sesseur, seigneur de » ; mais il a aussi un sens relatif comme le > syriaque et le H éthiopien. Alors on peut le traduire par « appartenant à » ; cf. Littmann, Zur Entz., 19, 21, etc. 7 équivaut parfois à bna « la famille de ». C’est ainsi qu'il faut le traduire ici et au n° 343; sur l’emploi de 7 dans les inscriptions minéo-sabéeniies, v. Hartmann, Die arabische Fraye , p. 340 ss. — nbb reparaît au n° 343 et se trouve en lihyanite. — TJTJ rappelle le nom propre arabe (Ibn Dor., 213, 12). Le signe qui vient ensuite est clairement un b sur une de nos copies. — mï, nom nouveau, peut être comparé à l’arabe ÜJUr, féminin de 5^> « adversaire » et « celui qui vient au secours ».
N° 212. — Un peu au nord du kilomètre 962, sur un grand rocher situé à l’ouest de la voie ferrée.
7Qp Je suis Qamad.
iap paraît être nouveau. L’arabe -Ci signifie « retenir, s’appliquer à une affaire ».
N° 213. — Sur un grand rocher, appelé Mahzin al-Gencly, situé au kilomètre 961, près de la voie ferrée, à l’est.
■jboïnaN p*ia upï nu Nâbil Daqby a soutenu ’ Amatdaklan.
mj répond à l’arabe CC-jU, nom propre masculin (Yaqut, IV, 622), et à
CL- p (Ibn Dor., 218, 1). Le premier signe peut représenter aussi un b; dans ce cas, on lirait mb « à la maison de ». — Upï, nom gentilice. npÿ est nouveau. — plN « a soutenu », est un verbe à la quatrième forme de pi = « s’appuyer sur quelqu’un ». Le second signe pourrait
aussi représenter un b et on lirait alors pbx, trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 19, 32), nom propre composé de b R et de p; mais la première explication paraît préférable. — ibsÿnCN est composé de nc,s* « servante » et de p3ï, nom nouveau.
Nn 214. — Au même endroit.
nnnb niir Sût à ’Amatfi).
Le graffite pourrait signifier « la maîtresse à la servante » ; car niir répondrait aisément à l’arabe cU~. Mais il parait être un nom propre
GRAFFITES TAMOUDEENS.
d’après les nos 240, 258. A. Kérak, une source porte le nom de
cf. lihyanite n° 200. — Notre graffite pourrait se lire aussi nnabriür
« rejeton de la servante ».
N° 215- — Au même endroit.
ira “T“r*l Salut de Nahy.
ni est fréquent en tamoudéen; cf. Littmann, Zur Entz ., 3, 14 etc. — ina, nom propre nouveau, pourrait s’expliquer par l’arabe « prudence, intelligence »; cf. le nom propre Nahw (Wüstenfeld, Regisler..., p. 334). Cf. n° 251.
N° 216. — Au même endroit.
Dns rpitf Sayiut (?) Kaham.
niiy. Le second signe n’est pas bouclé sur une de nos copies, mil? s’expliquerait par « égalité, choses égales ». — dhd reproduit l’arabe
qui, d’après Freytag, appartient au dialecte du Yemen. signifie « œil ». Peut-être ans réü? pourrait se traduire par « mauvais œil » en rapprochant rv>ùr de l’arabe a£L.
N° 217. — Au même endroit.
nSnys 171 Salut et abondance [prospérité).
nSny rappelle la racine arabe Jic « être en grand nombre ». Il pourrait être un nom propre; on traduirait : Salut à 'AÜat.
N° 218. — Les numéros suivants, jusqu’au n° 606, ont été relevés sur la route de Médâin-Sâleh à Teima. Le n° 218 se trouve dans l’ouâdy Madbah.
(i)bap pbn Malaq Qamlan.
pbn parait nouveau, à expliquer peut-être par l’arabe « flatter ». — (])bnp. La dernière lettre, marquée ~i sur une copie, est supprimée dans une autre. Le mot, sous la forme bnp ou "jhap, parait être le même que nbnp de Littmann, Zur Entz., 51. On sait que signifie « pou ».
N° 219. — A Rùdat en-Nâqah.
nbi roi mbn p
Ceci est Halâwat fille de Dillat.
MISSION EN ARABIE. — II
n est un masculin, devant un nom propre féminin comme au n° 1 [Mission..., I, p. 271). — mSn répond à l’arabe ï « douceur », nom propre usité de nos jours. D’après le n° 181, le premier signe pourrait être un ta. Dans ce cas, on lirait rviVo, répondant à ïjÜL « beauté, grâce ». — nbi paraît être le féminin de Si mentionné aux nos 510, 513; il a été trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 292).
N° 220. — Au même endroit, auprès d’un chameau.
nSni 77:21:2 Baddbud Yamlah.
77272 est composé de 72 « compagnon », rencontré en lihyanite, et de 172, nom propre à rapprocher de l’arabe nom propre d’homme (Ibn
Dor., 313, 12). Le second 2 est trop nettement tracé pour permettre la lecture 77712 = 2I0 comme en lihyanite. — nSni s’explique aisément par un imparfait de nSa d’où l’arabe ^Jl» (Ibn Dor., 276, 7).
N° 221. — Au même endroit, entre les cous de deux chameaux; v. fîg. 47, p. 115.
37S2NS Par ’Ablatt.
Ce nom peut signifier « le père de la rosée » ^1 ou bien « le père
de la force »
N° 222. — A côté d’un chameau.
oSî7 Sâlim.
□Si7 peut signifier aussi « paix »,
N° 223. — Au même endroit, sous le ventre d’un chameau (pl. CXLI).
nnSysbi ùrSaS
Par Gulâs et par sa suite.
itfSa est à comparer à l’arabe (Ibn Dor., 100, 9). — nnS72. Le n
final peut représenter le pronom suffixe; cf. Littmann, Zur Entz., 21, 23, 29 etc. nS72 répond à l’arabe iUT « queue ». Comme à la cinquième forme le verbe signifie « adhérer fortement », il semble que le sens de « suite » convienne à nS72, qui du reste peut être pris aussi pour un nom propre.
GRAFFITES TAMOUDÉENS. 547
N° 224. — Un peu plus au nord dans l’ouâdy.
T»Q Mazîd.
L arabe yy signifie « accroissement, augmentation » et y y est un nom
propre en arabe (Ibn Dor., 194, 14; Yaqüt, III, 618). — La lecture 77a = serait possible.
N° 225. — Au même endroit.
□Siir boy ' Amal,pai.x !
Le graffite pourrait peut-être signifier « œuvre de paix » ou « a fait la paix » ; mais bny est certainement un nom propre au n° 309, et probablement au n° 286. On le regardera de même ici comme un nom propre, à comparer à l’hébreu boy (I Chr. 7, 35). Dbûr doit avoir la signification de « paix, salut » comme en nabatéen.
N° 226. — Au même endroit.
□biy rop Qanat, paix!
rup n’a pas de correspondant en arabe.
N° 227. — Au même endroit.
DSi27 7Ù7N 3V3 Ka'b ’Asad; paix!
Les deux noms propres sont fréquents en arabe. Au-dessus de tjz se trouvent deux wasems.
N° 228. — (Huber, Journal..., p. 400). A quelques minutes plus au nord, dans la même vallée; sous le ventre d’un grand chameau.
Scan bxourb Par Samu’il, le chameau.
bNQUT répond à l’arabe Jyl (Ibn Dor., 259, 13) et à l’hébreu SirtBW; cf. Littmann, 7ur Entz., 35 et Hess, 10.
N° 229. — (Hüb., Journal..., p. 400). Au même endroit.
im nVryiy • inab
DÿSpl
Par ’Ahab, Sa'dlâh et Tann et QaVam.
ma peut être comparé au nom propre arabe .L»î (Ibn Dor., 282, 9). — nSiyii? a été trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 883) et en nabatéen sous la forme inbN'ryiir, dans la même région. — qui reparaît au n° 608 existe en safaïtique (DM., Voyage..., 303 b; Vogüé, 230b). — aybp. Le troisième signe est un y sur lequel est venu se greffer un wasem en forme de yod comme cela ressort de Hub. et d’une de nos copies. Mais une autre copie n’a tenu aucun compte du wasem et a transcrit simplement le y. Le
nom DySp répond à l’arabe AJi (Ibn Dor., 327, 5).
N° 230. — Au même endroit, sous le ventre d’un chameau.
ÿi.ihl Barâd .
in 3. est à rapprocher du nom propre arabe (Yaqüt, III, 321). Le
mot suivant reste douteux.
N° 231. — Au même endroit.
“njl yiiTD Mis 'a et Gdrîr.
yii?D reparaît au n° 545; c’est un nom nouveau. L’arabe signifie « magnanimité, souci etc. », et « vent du nord ». — "vu est à comparer à l’arabe (Ibn Dor., 143, 16). A noter la forme des 1.
N° 232. — (Hub., Journal..., p. 401). Au même endroit, à côté du cou d’un chameau.
ïbpîb Par du Qaylan.
Sur ï, v. n° 211. — ■jSp, nom nouveau en tamoudéen, à expliquer peutêtre par l’arabe ïTi (Ibn Dor., 282, 12; Yaqut, IV, 463).
N" 233. — Dans le ventre d’un chameau.
baan pNnb Par Tâ’iran, le chameau.
p KH doit se rapprocher de la racine arabe « tirer vengeance de quelqu’un ». y\j « celui qui se venge »,
GRAFFITES TAMOUDÉENS.
N° 234. — (Hüb., Journal... (?),p. 401). Au même endroit, à côté du cou d'un chameau. Huber semble avoir uni ce graffite avec le n° 232; il a omis le final.
ÛN1 "TW Ga'd et ’Aivs.
"TW rappelle l’arabe (Ibn Dor., 202, 15). — ùrs = « don » est
un nom fréquent.
N" 235. — (Hüb., Journal..., p. 400). Au même endroit.
baan irniiS Par Sahar, le chameau.
Cf. Littmann, Zur Entz., 35.
N° 236. — ■ (Hüb., Journal..., p. 400). Au même endroit.
ynmb Par YuhtV.
Cf. Hartmann, Arab. Frage, p. 318. yi-im n’est pas sans rapport avec yrn si fréquent en minéen, et rappelle vraisemblablement l’arabe (Ibn Dor., 249, 19); le n serait ajouté.
N° 237. — (Hüb., Journal..., p. 400). Au même endroit. Graffite minéen, oublié dans les planches du minéen.
lui | p [ SbüJN Aslâl fils de Dubiyân.
parait être une forme J*i| de la racine SSxir. Eu lihyanite, n° 39, on a le nom propre Sbtti. — p est entre deux barres de séparation. — "jUi. Le premier signe n’a pas été bien copié par Huber. mi se trouve fréquemment en minéo-sabéen; cf. Hartmann, Arab. Frag., p. 248. Il semble être ici un nom de personne.
N° 238. — Au même endroit.
laia n Celui-ci est Niyât.
Ta’3, qui peut se lire également ma, est un nom nouveau.
N° 239. — A Seqeiq ed-Dib.
mtiiinabiymaismiryia.
N° 240. — Au même endroit.
Sïj nün ]t p ni v Sitt fils de Zayn et Sitt Nadal.
Sur niz? v. n° 214. — p peut rappeler le nom propre arabe (Yaqut, III, 569). — bio. Le second signe, qui ressemble presque à un d sabéen sur une copie, est clairement un i- sur l’autre. bïJ est à comparer à ïLai (Ibn Dor., 43, 9).
N° 241. — Au même endroit. Le graffite se lit de gauche à droite.
Slb bru Nahal Lawâb.
bru, dont le second signe est un rt dans une copie, a été trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 467, où nnrun bru paraît être un nom propre de personne à cause du ivaw copulatif qui précède). — nb pourrait être comparé à l'arabe « soif ». Le graffite peut signifier « il a étanché sa soif », action très naturelle pour un nomade qui rencontre un gadîr.
N° 242. — Au même endroit.
bNÙnm îuai am
Rahab et Manad (?) à Haras'il.
srn rapprochéde l’arabe signifierait « crainte». — ïua est incertain à cause du dernier signe qui reste douteux. — bNÙ'in est composé de l’élément b « et de tinn à comparer avec l’arabe « écraser, dévorer ». est un nom propre en arabe (Ibn Dor., 154, 6).
N° 243. — Copies ; au même endroit.
iniini -iv in tf npb
Le chameau de Zayd est dans le campement de ' Abd Rabbsahy.
npb paraît répondre à ou à « chameau, chamelle ». Le dernier
signe pourrait être un b mais la racine bpb n’existe pas. Du reste, le sens donné par ce graffite est satisfaisant et tout à fait en situation. On sait combien facilement s’égarent les chameaux et le petit bétail, au désert, et le soin avec lequel les bédouins les recherchent. — inizni est un nom nouveau, composé peut-être de 31 — J), « Seigneur » et de initf.
GRAFF1TES TAMOUDÈENS. 551
N° 244. — Au même endroit; à gauche, en entrant dans la gorge ; petits caractères, très nets.
a:n Sim p roS ïnzn nSa
Par Lût [de] Du Sûr , Lakat fils de Ruhayl est un sot.
nSs comme inSl est une affirmation solennelle, affirmation très usitée chez les nomades. nS n’est autre chose que la déesse Al-Lât. nun pourrait être le déterminatif local de nS- En arabe est une montagne près
de Médine et ,jA. est une localité dans le Yamâmah. En hébreu, on connaît le désert de “fltïi (Ex. 15, 22). — imS, devant p, est un nom propre. —
Sim répondrait parfaitement à l’arabe ou En arabe est
un nom usité encore de nos jours. — :an pourrait être un nom propre et rappeler le nom arabe (IbnDor., 196, 10). Mais il ne répugne nullement de prendre a:n comme l’équivalent de « être sot ».
N° 245. — Au même endroit.
mn NiNi...
... El ’Ara’ et Darab.
Le début manque. N7N peut être un nom propre comme l’hébreu N1N (I Chr. 7, 38). aqÿ peut aussi être un nom propre; cf. l’arabe y. (Ibn Dor., 278, 2).
N° 246. — Au même endroit.
mn w ...
...''Awg et Wadad (salut).
Le début est illisible. VJ a déjà paru au n° 207. — 771 venant après VJ est vraisemblablement un nom propre.
246 bis.
mm VJnb Par ’Aws et Marad.
ma est à comparer à l’hébreu mn (I Chr. 4, 17); il a été trouvé en safaïtique; cf. DM., Mission..., 546 (avec les renvois). Cf. aussi le lihyanite nmn, n° 309.
Nü 247. — A quelque distance, au nord de Seqeiq ed-Dib.
nnnb nbpi bm irùrp oyn ]i
De la part de Ma' âb QasâsÇl). Watal et Qalah à Humât,
p pourrait avoir sa signification ordinaire de « fils », mais au début de la phrase il peut aussi répondre à ]n comme en sabéo-minéen. — oyn. Le point qui est à côté du a marque la fin du mot ou peut-être est destiné à distinguer le 2 de toute autre lettre semblable ; on en rencontrera plus loin
de nombreux exemples. — iriüp peut rappeler l’arabe Jli, nom propre (Yaqüt, I, 2). Ce mot pourrait-il être comparé à « prêtre » (?),
c’est très douteux. D’après Ibx Qütaybaii, Kit. al-Maârif, p. 29, qui est un nom propre, est expliqué par « sage, médecin ». Le tamou-
déen ittirp pourrait signifier quelque chose d’analogue. — bm serait
nouveau; l’arabe Jjj signifie « mangeur, goinfre ». — nbpï. La copule i prouverait peut-être qu’on a une suite de noms propres, à moins de prendre nbp comme un verbe, nbp est nouveau. — nonb « à Humât » est le personnage à qui s’adresse le salut de la part de ceux qui sont mentionnés auparavant. Pour mon, cf. l’arabe y\ (Yaqüt, II, 129).
N° 248. — Même endroit.
...1 bon Et moi, Hafîl et ...
N° 249. — Au même endroit.
npl pyi Ba'ran Waqat.
■pjn est à rapprocher du safaïtique mn (DM., Mission. .., 188). — npl. En safaïtique mpi (DM., Mission..., 785b; cf. l’arabe Yaqüt,