‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 13 sur 156 · CHAPITRE PREMIER Inscriptions nabatéennes · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Inscriptions nabatéennes

N° 201 bis.

A. vingt-cinq minutes environ au nord de la gare d’el-'Ela, non loin des jardins du village, presque en face du kilomètre 978, la montagne, à l’est de la voie, forme une sorte d’éperon à l’extrémité duquel plusieurs blocs énormes, éboulés de longue date, gisent à côté des rails du chemin de fer. Nous avons copié sur ces grosses pierres, le 20 et le 21 février 1909, quelques graffites minéens, tamoudéens et hébreux, plus un certain nombre de graffites nabatéens. Ce sont même ces derniers qui abondent le plus sur ce point, tandis que partout ailleurs, aux abords d’el-'Ela, ils sont relativement rares. Nous les donnons d’après leur situation en allant du sud au nord. Le n° 201 bis est gravé sur la face méridionale d’un des premiers rochers. Nous lisons :

inSur ’ScSur nn

Harry ( fils de) Salaml(ah)i ( fils de) Salmu.

l'in, ce nom, relevé dans un graffite araméen d’Àbydos ( CIS ., II, n° 130) , avait été lu avec hésitation sur une copie de graffite nabatéen exécutée par Üoughty à Médâin-Sâleh (C/S., II, n° 269). Ici la lecture ne peut pas être douteuse, car les lettres sont très nettes. Nous avons affaire sûrement

à un nom propre qu’on rapprochera de l’arabe n. pr. masc.

(Yaqut, I, 7G1). ''in 13 dans le Corpus, n"269, est à interpréter « fils de Huri ou4Iarry » plutôt que « liber tus ». — ''SnSu?, la seconde lettre est un peu douteuse, caron l’a détériorée en gravant au-dessus un wâsem ou peut-être

un grossier dessin. Ce nom propre est nouveau mais facile à analyser; c’est une abréviation pour Les inscriptions de Palmyre ont déjà

fourni un composé analogue, nbnbtt?, dans lequel le nom d’Allah est remplace par celui de la déesse Lat ou Allât (Vog. ,7,2, etc.) . — lobtr, l’existence de la dernière lettre, légèrement détériorée dans le haut, ne peut pas etre mise en doute et il faut renoncer à lire simplement aSt?. On aura remarque, par deux fois, 1 omission du mot 12 qui doit être voulue. Cette construction grammaticale reparaîtra encore plus d’une fois, surtout dans les textes des environs d’el-'Ela.

□Sü? Uiy ' Auunu , salut!

w’ nom nouveau; cf. l’arabe ^ [Kit. el-Ag., VII, 57; XIX, 153 etc. ; ^ A Oit, II, 55; III, 250 etc.). On pourrait lire aussi roy; voir n° 256.

1^0 oSü Salut! Maliku.

□Su? jim Wuhbàn, salut!

pni, nom nouveau, à rapprocher de 12.TI; il égale l’arabe ,Uj [Kit. el-

Ag., XII, 61 ; Yaqut, IV, 580). Ce nom comme tant d’autres serait donc plus arabe que nabatéen; cf. aussi minéen, n° 129.

□ ou □r;“ Ragsarn ou Dagsam.

La présence de quatre radicales fait supposer un nom d’origine étrangère; à moins qu’il ne faille voir dans le a final une trace de mimation due à l’influence des Minéens situés dans le voisinage.

□S'il/* ybn 12 Nssn 12 ...

... fils de Tafsâ, fils de Hâlis, salut!

Le début manque. — ybn, on connaissait déjà li’Sn ( CIS ., II, n° 998, etc.) et m^n, n° 115; la nouvelle forme, sans terminaison spéciale, sort du type courant de ces noms propres. C’est la transcription pure et simple

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

(le l’arabe comme ci-dessus, n° 204, nous avions pm = Le

nabatéen cependant n’écrit pas la longue.

... yi | -o

La première lettre est vraisemblablement un n; il est difficile de voir dans ce mot une transcription du grec AùprjAioç, car dans ce cas il devrait y avoir régulièrement un d à la fin.

*iny ’Ammu.

On a communément TODy, égale Sous cette nouvelle forme, ce nom sera rapproché de NDy, n° 151 ; il doit correspondre à l’arabe Cf « oncle paternel ». On pourrait songer aussi à l’araméen NO” « peuple ».

Tl OQ abo Salul! Mugayiru.

nnSN ' Afiah.

Ce nom propre, qui est celui d’un des sculpteurs de Hégrà, nous est depuis longtemps familier. Cf. nos 7, 8; 19, 10; etc.

D'ON NJDSDN Ispasina fils de Akios.

NODSDN, connu par les inscriptions de Palmyre (Vog., n° 5, 4). Il n’est pas sans intérêt de retrouver ici le nom, peu commun, du fondateur de Spasinon-Charax (l). — don reviendra encore plus loin, n° 228; on peut croire à un nom grec vAz,toç ou ’Axtç.

•jybN nbN ITOT Souvenir d’ Allât! El'az

□btïO inî/D fils de Ba'atu, en paix!

mm doit correspondre à l’arabe ïjfs. Ce serait une pieuse exclamation

(1) Voir les explications fournies sur ce mol par de Vorüis ( Syrie Centrale, Inscript, sem.,

en l’honneur de la déesse Allât. — vM, rencontré dans une inscription

minéenne de Médàin-Sàleh, nH 2, 3, 4. — injn, cf. injn, n° 151. abun,

cette formule de salutation avec la particule a réparait plus loin, n° 237.

Nous l’avions déjà trouvée une fois, mais dans un graffite en mauvais état et difficile à lire, n° 78.

A côté du graffite précédent dont il reproduit le début.

I"iSn ri'm 1,1 Oui! Souvenir d’ Allai!

Sa égale ’ba ou aba, mais il est un emploi bien moins fréquent. Nous n’avions pas encore rencontré cette exclamation en tête d’un graffite nabatéen. — Tl va sans dire qu’on pourrait couper autrement les deux derniers mots. Le style ordinaire de ces inscriptions suggérerait même la lecture nbxn 137, mais le nom propre nbxn paraît difficile à analyser.

yn: 73 73^u Sanîfu fils de Nalas.

a été rapproché de l’arabe (CIS., II, n° 311 B. Cf. n° 241 ). — ynj, de la racine ynj « abattre, renverser ». Graphiquement la dernière consonne est un y plutôt qu’un p ; néanmoins il serait possible de lire aussi pn: et cette conjecture est même appuyée par le n° 221. On songera alors au radical pnj « arracher, démolir », dont le sens est très voisin de celui de ynj. pru « teigne » peut fournir un nom propre aussi bien que 'ankaboul « araignée », assez fréquent en tamoudéen.

iqti in nn i'o-

Souvenir de Zaydu fils de Taymu.

•N‘ {Le stratège) llabib'el.

; Nous seri°ns portés à considérer la lettre N* placée en tète et suivie d’un point comme un abrégé de wmD». Nous avons trouvé à plusieurs reprises a Medâm-Sâleb la mention d’un stratège appelé Habib ’el Voir les nos 34, 7; 43; 84.

□bu tbu

Sutlaï’, salut!

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

□Sût nby Nïsn Tafsâ [fils de) ' Ulat , salut!

nSy, cf. l’arabe ilô (Ibn Dor., 237, 9). Ce nom a été lu par le Corpus dans une inscription funéi’aire de Médâin-Sâleh ( CIS n° 203, 2). Nous croyons que le texte original porte à cet endroit nbiNï et non nbin; voir n° 14. — On notera l’omission du mot Si.

(l)U3 12, Saga'u [ils de Kabiu,

□Su? salut!

UH U?, nom nouveau à rattacher à la racine arabe « être fort,

brave ». Dans le Kitâb el-Agcîni, XII, 137, y,\ est le nom, ou surnom

d’un chef de police. — Le dernier mot est incomplet mais il ne doit manquer qu’une seule lettre, très probablement un 1. Pour lu a cf. le nom de tribu (Ibn Dor., 125, 21).

□Su lins VUy vray ’Amru ( fils de) ' Abdu , [fils de) Faragu, salut!

ims, quoique les deux lettres du début soient un peu détériorées, la lecture ne parait cependant pas douteuse. Cf. l’arabe (Kit. el-Aÿ., VI, 189; XII, 175, etc.; Yaqut, IV, 388, etc.). Au lieu de supposer l’omission du mot la on pourrait aussi voir là une simple liste de trois noms propres.

pro NnnT nyi'S Mun'at ( fils de) Iralitâ ( fils de) Nataq.

Seul le premier nom est bien clair; le dernier est encore assez net malgré la forme insolite du troisième signe dans lequel on reconnaîtra un p plutôt que toute autre chose. Pour pro, voir n° 214. — Nnm'1 ne manque pas de vraisemblance comme lecture; on aurait là un composé du substantif m? et de un dont les inscriptions sinaïtiques paraissent faire un nom divin (CIS , 506, 766 etc.), unn T> serait à comparer pour la formation avec le palmyrénien S'Unît (Vog., nos 15, 93).

ubn dSu

Salut! Muliku.

Les lettres ont été tracées par de petits coups de pierre ou de marteau et ne présentent point un trait continu.

nJÜIMÿ 12 fils de Sousannah.

La première ligne est complètement détériorée; les caractères de la seconde se rapprochent beaucoup de l’hébreu carré et appartiennent à 1 alphabet araméen du second siècle avant notre ère (1). ruuncr répond au substantif « lis », arabe et syr. iUAa, |njl»ojl, dont nous avons

fait en français Suzanne.

A peu près en face de la gare d’el-'Ela, à l’ouest de la vallée, sur la paroi de la montagne à plusieurs mètres de haut. Les lettres un peu négligées sont pour la plupart très obscures. On ne lit avec certitude que la troisième ligne : ... ni usa, Nafiyu fils de...

Sur la route d el- Ela à Médàin-Sâleh , à l’endroit appelé Qebour el- Gindy. Ce graffite et les douze suivants sont gravés sur les parois d’un grand rocher formant un mamelon situé à deux cents mètres environ à l’est de la voie ferrée, un peu au sud du kilomètre 964. Dans le flanc nord-ouest de cette masse rocheuse était taillé un escalier rudimentaire qui jadis sans doute permettait de monter au sommet de la colline où il y a peut-être une tombe ou quelque autre monument. Le mauvais état de l’escalier ne nous a point permis de tenter cette ascension par trop périlleuse.

’nSxim Wahballahi

ch'S.' ïnin "12 fils de Haramu, salul!

Mmn, le mot a été déjà rencontré dans les textes funéraires de Médàin- Sâleh, n° 16, 1.

(1) Comparer celle inscription pour l'alphabet avec relie du Corpus, II, n° 120, attribuée au second ou au troisième siècle avant notre ère. — Voir ce texte plus bas, n° 319 qu’on rapprochera encore pour l'écriture des n°s 334 et 337.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

dru nnSï p | h | ïtina [ nay

Sabra fils de ’Awsu qui est de Salhad, salut!

niï, cf. j-;L= (Yaqut, II, 518) et (Ibn Dor., 299, 10). Ce dernier auteur connaît aussi les Benou Subayr, yj, 135, 16, — TrnSï doit viser la ville bien connue de Salhad dans le Haurân. Le nom de cette localité, sous la forme Tnbï (1), figure dans une inscription nabatéenne relevée à Salhad même ( CIS ., II, n° 182).

NUTiD DXi* "Usent, cavalier.

□yy, cf. (Ibn Dor., 204, 13) et le nom plus commun de fJzz (Kit.

el-Ag ., VII, 118; Yaqdt, I, 482; Ibn Dor., 318, 14); ou mieux encore, *~sU très fréquent aussi. — Rttn S pourrait être pris comme un nom propre en sous-entendant SS en avant, « fils de Farès ». Néanmoins, comme dans des graffites grecs voisins quelques individus se qualifient de §po|j,e§apioç et de îtïtüsIç (grec 7, 10), il est tout à fait vraisemblable que nous ayons ici en nabatéen un titre analogue.

SS DISK Akios fils de

^27 Abbanni .

disk, cf. n° 211 ; dans les deux endroits l’écriture de ce nom est très nette. — ijssy, la première lettre est un peu douteuse; il semble bien qu’on ait affaire cependant à un y négligé, sy serait pour ssy; m, cf. CIS., n° 285. C’était aussi le nom d’un des vaillants de David (II Sam. 23, 36); il figure plus loin comme nom propre lihyanite (n° 215); on l’a retrouvé encore dans les inscriptions palmyréniennes (Vog., 34, 1).

inSxsSn Halaf allahi

□Sur lisins fils de dbyan, salut!

“psy, lecture certaine, malgré la forme un peu insolite du i; cf. le sali) 0 est du moins ainsi qu’ont lu les éditeurs du Corpus-, mais ne serait-il pas possible aussi de couper autrement et de lire ... nvj H Yinbya 13 au lieu de «m inSyn ‘l'î?

MISSION EN AHABIE. — H. , o

faïtique (DM., Mission..., n0s529, 717). On peut rapprocher ce mot de lie de la forme rad. L© « ranger, disposer », ou bien en faire un

diminutif, de « homme fort ».

mSn? noy ' Amru , salut!

Ce nom est très fréquent dans les inscriptions sinaïtiques.

□Siy “12, inbia(în) Wahballahi fils de Jfavamu , salut!

C’est très probablement le même individu que ci-dessus, n° 225. Ce graffite figure dans le Corpus (C/5., II, n° 309); le premier nom a été lu ...îiSn ; c’est sûrement inSNim. Les deux lettres du début manquent, mais on distingue très bien le i final.

NJ 232.

□SlT *npï? T2 ' Atisu fils de Saqru , salut !

Les deux noms sont nouveaux, îttW, de la racine « avoir soif,

désirer ardemment », « assoiffé ». — "Hpu? égale très probablement

C « faucon ». On pourrait songer aussi à un dérivé de la racine 2ptti « mentir », d’où le syriaque lUi « menteur, rusé », ou bien recourir à 1 arabe « être roux », d’où n. pr. fém. [Kit. el-Ag., 7, 185). Cf. encore Jü « anémone ».

□Sïy IT’iy “12 ID’n Taymu fils de Obaydu, salut!

N° 233 bis (1).

□Sty 'hü'\ 12 UOTN Ahsanu fils Wailu, salut!

‘UttiriN, le n n’est pas très sûr, il serait possible de lire aussi un n. On rapprochera ce nom de l’arabe « meilleur ».

iny 22 N2tt?'na'|n Taymdusara fils de Sahhu.

*inï, cf. Eüting, Sincüt. Inschr., n° 417.

(1) Simple copie dont le fac-similé manque dans les planches.

INSCRIPTIONS NABÀTÉENNES.

*I11T 11 abaa Muslim fis de Zabdu.

□Sua, cf. inSaa, nos 13, 1 ; 150. Ici nous avons simplement la transcription cle l’arabe — nu, d’après une de nos copies on pourrait lire aussi “lYn.

liai iroy (1)3 ïam toi

Qu’il soit fait mention de Taymu fils de ' Obaydu , en bonne part !

Au lieu de il le graveur a écrit il; voir le fac-similé.

□Siyi 131 nos? ' Amru , souvenir en paix!

Nous avons tantôt 131, tantôt loi; cette seconde forme est cependant plus courante que la première.

Ce graffite et les onze suivants se trouvent à cinq minutes au nordouest des treize qui précèdent. Ils sont gravés sur les parois d’un mamelon rocheux situé au bord de la voie ferrée, à l’est. Nos Arabes donnent à ce rocher le nom de Maq'ad Gendy wVx^)

HWN | 13 | inbxiyty ] nSu? Salut! Sa ’adallahi fils de Asadu.

Inutile de dire que le dernier mot pourrait être lu tout aussi bien 11UBN. Pour cf. n° 79, 2. A noter les barres de séparation rencontrées plus haut, n° 226, entre quelques mots seulement.

]Tobn 11 ibw nbu Salut! Sullaï fils de Malkiûn.

lltttN p in bhnya abiy Salut! Sa’adallahi fis de Asadu.

C’est le même personnage qu’au n° 238. A noter le mot p au lieu de 11. Peut-être n’avons-nous pas là une simple distraction de scribe mais bien une particularité de langage intéressante à constater et due vraisemblablement à l’influence des colonies juives du voisinage.

A l'extrémité nord-ouest du mamelon, tout près de la voie du chemin de fer.

□SlT nj?3?2 *131212? Subayku fils de Mun'at, salut!

Cette inscription doit être identique à celle du Corpus, II, n° 311. Euting a lu le premier mot *IÏ313I2?, et le n° 214 suggérerait aussi cette lecture; mais dans notre copie l’avant-dernière lettre ressemble beaucoup à un 3 et l’un de nous a copié à côté un autre graffite qui porte encore plus clairement P57312 12 *!3?352? ou *13?22?. La seconde lettre peut être aussi bien un 2 qu’un 3. Pour *131212?, cf. l’arabe w — La lecture ïi5?3?2 est sûre et il faut renoncer à rvn3 proposé par le Corpus. On a pris pour un i un 3? incomplet et ceci a amené à voir un n dans le 3 lié au 12. Cf. CIS., II, pl. XLII, n° 311.

o^U? *135712 12 112111 Taymu fils de Ma'anu, salut !

dSsr 12 *!!2in Taymu fils de Aphlos,

□S 12? salut!

Nous avons copié autrefois à Mabrak en-Nâqah un graffite identique à celui-ci, n° 176. Comme le nom de dSsr est très rare et n’a pas été relevé ailleurs, il y a tout lieu de croire qu’il s’agit du même individu qui aura gravé son nom sur plusieurs points de la route. La lecture n’est douteuse dans aucun des deux cas. Ici surtout les lettres sont bien soignées. Nous avons rapproché ce nom du grec ’AireXXaç ou ’ArceXXîjç. Nous croyons maintenant qu’il vaut mieux le comparer à "A9X0 ç qui se lit dans un graffite grec copié au même endroit (n° 13).

nmn 12 *i3Si2 Maliku fils de Harétai.

L’écriture des deux premiers mots est un peu particulière , surtout le 12 du début. Au lieu de 12 on serait bien tenté de lire *p comme au n° 240.

□S12? Sr?21 12 nnsN

Aftah fils de Ram’el, salut!

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

ïniaa souns tnruns naiN *a

Le fils de Asadu et ses compagnons, les cavaliers chargés de la garde.

Les mots rr ïïn "in se trouvent à la fin de la ligne mais un peu au-dessus du reste (voir le fac-similé), ce qui nous engage à les placer en tète dans la lecture. Il est rare qu’un individu soit seulement qualifié de fils d’un tel et qu’il ne nous donne pas son nom propre (1); peut-être pourrait-on cependant en fournir d’autres exemples; cf. n° 97. La conjonction 3 = 1, courante dans les graffites tamoudéens, se retrouve aussi en nabatéen. NU2713, nous avons déjà signalé dans le voisinage les epithètes de NUIS et de frnreuç, cf. n° 227. — '(maa, Ie noun final es^ un Peu écourté et ressemblerait beaucoup à un T. Qu’étaient ces cavaliers gardiens? Probablement des cavaliers formant l’escorte de quelque grande caravane , des soldats irréguliers ou de simples Arabes montes. Il est difficile en effet de supposer qu’à cette époque il y avait le long de la grande voie de 1 Arabie du Sud des sortes de postes militaires analogues aux postes turcs échelonnés sur le derb el-I.Iagg (2). Ceci supposerait un gouvernement puissant et fortement organisé.

(bfct)o"l yuhn Avisa ( fils de) Rami^el).

Itt-is*, on pourrait être tenté de lire Turm, mais sur les deux copies la deuxième lettre est clairement un t ou un Cf. la racine -*!/ « briser » ; voir aussi 'Arhi, inscr. lihy. n° 132. Le second nom peut être complété SsQT.

□bü? n b 11 SU? Subaylâ , salut!

Nbut!*, nom nouveau. Cf. J-sli, (Ibn Dor., 142. là; Kit. el-Acj., III, 48 s.).

(1) La coutume générale chez les Arabes est de désigner le père par le nom de son fils aîné précédé du mot abou. Ainsi, Sâleh, le jour de la naissance de son (ils Selrnàn, est devenu abou Selmûn; désormais on l’appellera bien encore Sâleh mais très fréquemment son nom propre sera remplacé par celui de abou Selmâii. Par contre, en parlant du fils on dira : Selmân eben Sâleh, rarement eben Sâleh tout court.

(2) Les graffites grecs donnés plus loin, qui émanent à peu près tous de soldats romains, ne sont pas, croyons-nous, une preuve que les Romains aient tenu garnison dans ces contrées. Ce sont des soldats de passage qui ont écrit là leur nom ou peut-être des indigènes qui avaient servi dans l’année romaine et qui, de retour chez eux, aimaient à faire montre de leur savoir en utilisant la langue grecque pour graver leurs noms à côté de ceux de leurs compatriotes écrits en nabatéen.

3133 1J17 Ti s T Qu’il soit fait souvenir de Dayany en bonne part!

peut signifier l’individu de la tribu de Dayàn, [Kit. el-Ag.,

X, 145). Il n’est pas rare qu’un qualificatif de ce genre devienne très vite au désert un véritable nom propre. Un de nos chameliers à Tebouk, Mahmoud el-Masri, originaire d’Égypte, était communément appelé el-masri, tout court, « l’Égyptien ». Comparer aussi avec le substantif p « juge » et le nom propre féminin nan. La lecture un serait tout aussi plausible. Cf. alors n. pr. (Yaqut, IV, 320) et ! (Yaqüt, III, 935 etc. ; Kit. el-Ac/., II, 180).

Au même endroit, au bord de la voie ferrée mais à l’ouest, sur un gros rocher éboulé, se trouvent quelques noms identiques à ceux que nous venons de donner; nous copions là aussi les six graffites suivants.

□Sur uun 73 mssnain

Taym’obodat fils de Honaynu , salut!

nbui3 1*iin 11 jTlSn Haludân fils de Huru, en paix!

'[‘TïSn est nouveau. On peut le rapprocher de 3k n. pr. masc. (Yaqüt, I, 283, 614), et de J)k (Yaqüt, III, 755, 765 etc. ; Kit. el-Ag., VI, 64, etc.);

sans parler de 3k [Kit. el-Ag., III, 32). La terminaison an s’ajoute facilement à certains noms propres arabes.

Riptt? Saqîci, salut!

frOpty, nom nouveau. Cf. n. pr. (Yaqüt, II, 825). L’araméen Nptz; « boire », d’où xtpu? « échanson », fournit aussi un rapprochement excellent sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’arabe.

Rïsn oSur Salut! Tafsâ.

□SyS 3133 niai rmynin 73 nmrmy

Abdharétat fils de Taym’obodat, souvenir en bonne part, à jamais.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

Les noms propres font supposer qu on professait dans cette famille une pieuse vénération pour les rois de Nabatene dont on s intitulait 1 escla\e et le serviteur.

iriy -a n-22 anira by ps loWi to“t 1S2

Oui! Souvenir de Taymu, par adoption, en bonne part, fils de ' Aydu .

vcotq by p, lettres très nettes; il y a à noter seulement que le noun n’a point la forme finale qu’on s’attendrait à lui trouver. Cette même expression figure dans l’inscription nabatéenne de Demer (C/S., II, n° 161). On doit à M. Clermont-Ganneau d’en avoir déterminé le sens précis [Bec. d'arch. or., I, p. 61). L’adoption existe encore de nos jours chez les Arabes qui habitent dans les environs de Médâin-Sâleli. — Il est très rare que la formule de bénédiction, 2122, coupe ainsi la phrase et ne soit pas renvoyée à la fin. On trouvera un autre exemple de cette construction au n° 257.

Toujours au même endroit, derrière une colline rocheuse qui se dresse à quelques pas de la voie, à l’ouest.

□bty vny ' Awayu , salut!

Le nom propre TW est nouveau. On le rattache facilement à la racine la*, arabe ^ le, « hurler »; qu’on le fasse venir du nom d’agent péA « hurleur » ou de l’abstrait « hurlement ». L’arabe J^c a le même sens et sert à désigner spécialement le cri du chacal, du chien ou d’une bête fauve. Le substantif araméen WW « serpent », employé, ainsi comme nom propre d’homme, fournirait un rapprochement encore beaucoup plus suggestif.

(?) ion iia a>by ddji tôt

Souvenir de Yunassis serviteur du seigneur de...

dDj1, la boucle des deux dernières lettres n’est pas très ferme dans le haut. D’après une de nos copies on lirait plutôt Si on admet la pre¬

mière lecture qui parait préférable, on verra là probablement un nom d’origine étrangère. Ce peut être aussi un dérivé de la racine d où

jaiaû « faible ». La ressemblance des deux signes ne permet guère de voir un dans l’un et un D dans l’autre. — Qiby, cf. n0* 53 et 85. — ’nn, bien qu’extérieurement cette forme soit celle d’un pluriel à l’état construit, nous avons affaire cependant selon toute vraisemblance à un singulier, comme dans l’inscription n° 17, 7, où l’expression NnS y i“id a été traduite par « Seigneur du monde ». — ton, ce mot détérioré est malheureusement d’une lecture douteuse ; dans nos copies, faites indépendamment, nous n’avons nullement hésité pour le n et le 3, mais le dernier signe est difficile à identifier. Il rappelle un peu certains i de la fin des mots (1) et paraît trop bouclé pour un ï. Le mouvement général suggère aussi l’idée d’un x fleuri auquel il manquerait quelques-uns des éléments ordinaires, disparus peut-être par suite du mauvais état du rocher, ion, d’après le dictionnaire de Lévy, signifie « siège ». ion tin pourrait donc se traduire par le « Seigneur du trône ». Celte expression remet tout de suite en mémoire le fameux môtab de Dusara, trône et autel en même temps (2).

Au-dessous du graffite précédent avec lequel il parait au premier abord former un seul texte de deux lignes; mêmes caractères.

lUl'iN* 13 3123 nbn Huldu, en bonne part, fils de ’Ausu.

Ijuldu était le nom de la femme de Arétas IY ( CIS ., 158, 4). Ce nom devait être employé aussi comme nom propre masculin; notre inscription en fait foi. Ce n’est pas la première fois, du reste, que nous constatons ainsi un nom propre des deux genres. Comme ci-dessus, n° 255, le mot 3133 est placé entre le nom du père et celui du fils au lieu d’être renvoyé à la fin.

Au nord du kilomètre 964, non loin de la voie ferrée, à l’ouest, sur un gros mamelon appelé Hadbat el-Abid « la colline de l’es¬

clave ».

rmyain Taym'obodat

oSü? U'on 13 fils de Honaynu, salut !

(1) Voir, par exemple, dans les n°* 273 et 373 le iod final du mot '133.

(2) Cf. Clermont-Ganneau, Rec. d'arch. or., IV, p. 247 ss. : Le trône et l’autel chez les Sémites.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

Ce sont les mômes noms que ci-dessus, n° 250; il doit s agir du même individu.

Au même endroit, au milieu de graffites tamoudéens et lihyânites.

Nayut, salut!

. nVO, la lecture du 3 inspire beaucoup de doute; le signe auquel on attribue ici cette valeur est d’une forme tout à fait spéciale et représenterait aussi bien et même mieux un 1 (1), n’était la difficulté d avoir deux ■ de suite accompagnés encore d’un V, Nayût pourrait être comparé au substantif arabe l), « intention ».

A une cinquantaine de mètres au sud-ouest du kilomètre 961, sur la face est d’une grosse colline de grès. Lettres très bien gra\ées.

«PQy ^-1 nbilî Salut! Ganimu fils de Awvu.

Nous lisons p au lieu de in parce que la seconde lettre diffère totalement du t qui est dans le second mot et que tous les signes sont dessinés avec beaucoup de soin. Voir le numéro suivant et plus haut le n° 240.

Au même endroit ainsi que les trois numéros suivants, en contournant la colline vers le nord-est.

p tp'V' dSu Salut! Yusef fils de Awiju.

ïpv> est très vraisemblable comme lecture quoique l’avant- dernière lettre puisse être aussi un (2). On aurait dans ce dernier cas à rattacher peut-être à la racine wik, « avoir les sourcils épais ». W;, voir ci-dessus, n° 256. On pourrait lire aussi mais moins bien îaty dont 1 équivalent arabe est bien connu; voir n° 285.

(1) Comparer par exemple avec le 1 par lequel débute le n° 263.

(2; Le nom de Yusef serait plutôt un nom juif; p pour 13 s’expliquerait alors tout naturellement. 11 est bien possible que l’emploi de p constaté dans plusieurs autres graffites de la région soit dû à l’influence de la colonie juive installée dans ces parages.

□Sur NSHI 12 'mm Iamuru fils de Radîfà , salut!

mm, nom nouveau, tiré de l’imparfait de un « transporter, acheter ».

— NSH1 (1), de la racine qn « poursuivre » et « persécuter », «,1e

poursuivi » ou « le persécuté ». En arabe radif est le nom donné

aux soldats de la réserve. Chez les bédouins ce mot s’applique d’une manière spéciale au second cavalier monté en croupe sur le chameau dans les razzias et faisant face à l’ennemi au moment de la fuite.

rmymn abu? Salut! Taym'obodat.

inx 12 biS’l ’ü'J abu? Salut! ' Amrd'el fils de Abu.

b>ony, nom nouveau, mais facile à analyser, b N my « Dieu a construit ». Le nom simple nay = est très fréquent, surtout dans les inscriptions sinaïtiques. — irm est aussi nouveau; cf. le safaïtique rm (DM., Mission..., 346, 515 etc.).

i m Dayany.

Ce nom a déjà passé sous nos yeux; voir n° 249. Ici l’écriture est très nette et ne peut prêter à aucune confusion, sauf celle du 1 et du “.

En face du kilomètre 9G1, à cent mètres, environ, à l’est de la ligne du chemin de fer, se dresse une grosse colline de grès à l’extrémité sudouest de laquelle on trouve de nombreux graffites nabatéens et tamoudéens. Ces inscriptions sont gravées pour la plupart à quatre ou cinq mètres du sol, mais en se hissant sur un grand rocher éboulé on peut les étudier d’assez près. C’est de là que proviennent les numéros 268 à 280. Quelques-uns de ces textes avaient été copiés par Huber et Euting.

(1) Dans nos copies, le signe du milieu ressemble plus à un 3 qu’à un ’i, mais ces deux lettres se confondent parfois etNS'HIse présente mieux que N'SJII- Si on préférait cette dernière lecture, il faudrait supposer l’introduction d’un 3 dans le corps du mot, ce qui n’est guère selon le génie de la langue, car, en araméen, dans le corps du mot, le J tombe beaucoup plus facilement qu’il ne s’ajoute.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES. 203

dSu ia^3 na 'hJasu fils de Kulaybu, *alut!

Cf. CIS., Il, n° 3^3. Notre copie, conforme à celles de Huber et dEuting, confirme pleinement la lecture du Corpus.

Graffite en vieux caractères araméens, relevé par Huber et Eutmg, CIS.,

II, n° 118.

Mol anallahi ( fils clc^j noya Na'amah .

Cette interprétation, qui est celle d’Euting et du Corpus, parait être la vraie malgré l’affinité que pourraient présenter avec i ou 1 les deux

signes lus 3.

nbxu nipa Nuqaybu, salut!

laipa; d’après la copie le dernier signe serait plutôt un 1, mais il faut vraisemblablement lire un V Cf. (Yaqut, II, 442).

Copiée par Huber et Euting, CIS., II, n° 314 A

Qirqis

pis de ’Aytûn.

opnp ■prvm 13

Le Corpus a lu le premier mot DpTtï?; nos deux copies portent clairement Dplp. Quelques-uns verront là sans doute un mot étranger comme

Kopxaç, mais peut-être vaut-il mieux le rattacher à 1 arabe ^

ceron » ; ce nom d’animal n’est pas plus extraordinaire comme nom propre que celui de « scorpion » ou d’autres à l’avenant, qu’on trouve

dans les inscriptions de l’Arabie du nord (1). - ne pourrait-on pas

le comparer au nom propre biblique (I Chron. 2, 6, 8; Ps. 89, 1)?

nyiir “o (,'ntm)3bn

('ia)ay *u ion

Halaf allahi fils de Sa'adu.

Taymu fils de Am(mu).

(!) Inscr. nubat. n° 136; inscripl. tarnoud. 25, 169 etc.

Le dernier mot peut être complété innj?, my ou Ray.

^3 laipR Aqumu (fils de) Baly.

La première lettre détériorée paraît être un N, mais peut-être serait-il

possible d’y voir aussi un L Le mot sera rattaché à la racine Dip. — îbs, cf. l'arabe JIj n. pr. d’homme (Hamdany, 130, 16; 431, 2 etc.). 11 semble en effet préférable de voir là un nom propre et non point l’exclamation : par Allah! qui se trouve au début de certains graffites.

Hcber, Journal..., p. 439, n° 90. Notre première ligne correspond peutêtre aussi à Eüting, Nabat. Inschr., p. 13, n° 45, 1. 2; CIS., II, n° 314 U. La copie de Huber concorde suffisamment avec les nôtres et on lit sans difficulté :

RU JD Sanutâ ( fils de)

uhxn 1133 Bakru, salut!

nu jd, de la racine « être imberbe » ; cf. le syriaque iP»-™ « imberbe ». Ce sobriquet méritait de devenir un nom propre dans un pays où la barbe a une importance tout à fait spéciale. D’autres songeront peutêtre aussi à « sayal », les noms de plantes étant également em-

ployés parfois comme noms propres. — =A est fréquent dans les inscriptions sinaïtiques (CIS., II, nus 592, 641, etc.).

1Q3R 13 'Ayaly fils de 'Ukamu.

■’Sfj;, l’avant-dernière lettre pourrait être aussi un j, ce qui donnerait Uiy. était le nom d’un des vaillants de David (I Chron. 11, 29). Ne faudrait-il pas rapprocher ce nom de relevé à Mabrak en-Nâqah , n° 181? — ïddr, nom nouveau, dérivé de la racine y£\ « être noir ».

...R 13 (?)mnp Qahmu ? fils de...

ïonp, la deuxième lettre, à moitié détériorée, paraît bien être un n. Sur place, l’un de nous a transcrit sans hésiter mnp; cf. l’arabe ^ « vieux ».

On ne peut guère songer à lire imp connu par les inscriptions sinaïtiques (Eüting, S inaï t. Inschr., n° 128; CIS., II, nos 1163, 2893).

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