‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 14 sur 156 · INSCRIPTIONS NÀ BÂTÉ EN NES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS NÀ BÂTÉ EN NES

Ce graffite serait-il identique à celui du Corpus, II, n° 314 C? Dans ce cas nos deux copies différeraient considérablement de celle d’Euting (1) reproduite par le Corpus, pl. XLII.

*^*2 ray mu fils de

« (n'iju7 Malday, salut.

le mot se retrouve peut-être comme nom propre dans les inscriptions palmyréniennes (Lidzbarski, Handbuch) .

13, bxT'O Mayr el fils de

Amîrat.

bx-pa, nom nouveau, composé de Sx « Dieu » et la racine U (^»)

« approvisionner », hébr. ira et syr.

Ce numéro paraît correspondre à Corpus, II, n° 314 D, 1. 1 (Eüting, Nabat. Inschr., p. 13, n° 45, 1. 1).

i^ 13 ji3 ji Tanlanu fils de (Hévuclius ! ) .

i^mn, les inscriptions sinaïtiques ont donné ibnan (Eüting, Sinaït. Inschr ., n° 559, 1 ; CIS., II, nos 590, 865 etc.). La variante unan pour ibnan peut provenir simplement d’une différence de prononciation. — ospl correspond vraisemblablement à o^bps; cf. n° 120.

pb^nsr Suhaylat.

Ce mot pourrait être un composé du nom de la déesse Lat et du radical « être riche ». Peut-être d’autres préféreront-ils y voir un

diminutif d’une racine b ns « exulter, briller »

Sur la face sud cl’un grand rocher situé à trois cents mètres environ

(1) Eutinu, Nabat. Inschr ., i>. 13, n" 45, au centre.

à l’est de la ligne du chemin de fer, à peu près à la hauteur du Qasr es-Sane\ à Médâin-Sâleh.

□byb 2123. ]b no “12 icin ipdi ib2

Oui! Souvenir de Taymu fils de Kahelân , en bien, à jamais!

Le nom de Kahelân se retrouve dans une des grandes inscriptions de Médâin-Sâleh, n° 19, 1, 5.

Sur la face nord de la seconde colline au sud de Qasr es-Sâne', à l’ouest de la voie ferrée.

223 iSyns 12 p Dayân fils de F ah 'alu (?), bien!

p ou pi est l’équivalent de l’arabe et Voir ci-dessus

n0s 249 et 266, 131“ ou 1311. — La lecture du second nom tel que nous l’avons copié ne souffre pas de difficulté; on ne peut pas en dire autant de l’explication de ce mot d’aspect assez étrange (1). — A noter l’expression a 12 au lieu de 3132.

Au même endroit et à côté du précédent, en caractères beaucoup plus fins.

itons 12 p Dayân fils de FaKalu (?).

11 s’agit évidemment du même individu qu’au n° 282. Les deux lectures se corroborent et on ne peut pas songer à y retrouver le nom de ibiro au lieu de ibyn 2- Cette solution sourirait cependant beaucoup.

A l’extrémité sud-est d’une des premières grosses collines qui font suite, au sud, au groupe le plus méridional des tombes de Médâin- Sâleh (2).

. ipv p abuus* abur

Salut! Aslam du pays de ' Uqu ...

(1) Faudrait-il par hasard voir dans le H une lettre parasite due à l'influence des Minéens établis dans le voisinage?

(2) Ce groupe porte dans le plan d’ensemble la lettre C.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

□Sxi7« égale JU (Yaqut, I, 755; III, 126). — ipy ne parait pas douteux comme lecture. Les géographes arabes connaissent lieu dans le

Iledjaz, et <j^, terre entre le Neged et Haybar (Yaqut, III, 746), enfin dans le Neged (Hamdany, 182, 18). Un de ces trois endroits pourrait bien être la patrie de Aslam. — Le dernier mot est illisible.

Au même endroit et sur la même paroi.

(?) dVi | nu? iny 12 tatn nSu?

Salut! Ianamu fils de 'Aivnu, l’an 1...

1031, nom nouveau ; cf. l’arabe sorte de plante médicinale. On pourrait songer aussi à un dérivé d’un imparfait d’une racine Li (croître). La copie ne permet pas de lire may. — La fin est difficile à interpréter; on serait tenté de lire nu? l’année 1 ... nv; mais la dernière lettre est un n et non un a, de plus, il faudrait supposer dans ce cas que le graffite est incomplet.

Derrière la colline funéraire la plus occidentale de Médàin-Sàleh, à l’ouest de la tombe F 1. Il y a là les traces d’une ancienne carrière avec plusieurs graffites.

(»q) niaT Souvenir du ( fils de) Sa’adu.

Le signe qui suit le n est mal tracé et peut difficilement constituer une lettre. Peut-être cependant pourrait-on y retrouver le mot Dans ce cas le mot précédent serait à lire mai, qu’on en fasse un nom propre ou un nom commun.

Sur la même paroi, un peu au-dessus du précédent, à droite.

□Sut TULtN ’ A sw ad, salut!

Ce nom équivaut à l’arabe Apj ; les inscriptions sinaïtiques ont fourni à maintes reprises nvi/x ( CIS II, nos 502, 807, etc.).

A cêté du numéro précédent, à gauche.

□Sur min TOT Qu’il soit fait souvenir de Taijmu, salut!

Au-dessus du précédent, à gauche.

■Q 1131 Qu’il soit fait souvenir de ffani’u fils de

□SirS nSur Taymu, salut à jamais!

Au même endroit, au-dessus du n° 286. Grandes lettres bien gravées, hautes en moyenne de 0m,12.

i’n *d oinn pron

Et que soient commémorés Diomède fils de Haqi.

Le pluriel p^n suggère que ce graffite est incomplet. Probablement quand on 1 a commencé on avait en vue plusieurs autres noms qui n’auront pas été écrits ensuite. — cnn'H parait la transcription exacte de AtopâYjç. — tin, la dernière lettre a une forme un peu indéfinie; elle ressemble à i plutôt qu’à toute autre chose. Nous lisons donc un et non “iin ou pn quoique ces deux derniers noms soient bien connus. Pour irn, cf. n. pr. de tribu (Ibn Dor., 197, 17).

Au même endroit, quelques pas au nord des précédents. Graffite très négligé et incomplet.

(□)bü/ N 'JS L’architecte, salut!

Nous prenons le premier mot comme un nom commun. La mention d’un architecte dans une carrière n’a pas de quoi surprendre. Le graffite n° 171 du à l’architecte Carinus se trouve à une soixantaine de mètres de celui-ci, à l’est.

Au même endroit, à droite du précédent.

dSü? îoSsd Mafliâ, salut en bien!

ïOSsn, le premier signe est un peu détérioré mais paraît bien être un a. Ce nom propre répond à un participe pael ou afel de Nbs, ’bsn « rendre admirable » (ap. Üalman).

INSCRIPTIONS NABATÈENNES.

A une trentaine de pas au sud des graffites précédents, sur la lace ouest d’un gros rocher éboulé. A droite du texte se trouve un petit dessin au trait représentant peut-être la façade d’un tombeau ou bien un betylc.

On peut voir cette figure dans la pl. CXVIÏ au-dessous du fac-similé du grai-

fitc, à gauche.

•tnaSy 13 xSnp T3T Souvenir de Qûayld fils de ' Alinalan ,

3,133 en bonne part.

^vjp pourrait être un diminutif de « parleur ». puSy, la lecture du troisième signe présente quelques difficultés; nous y voyons de préférence un j. Parmi plusieurs explications possibles, on peut voir ici un nom composé de ’bv et de }na, le i ne serait pas écrit.

Situé quelques pas plus au sud, sur la paroi sud-ouest de la grosse colline F .

Nlï'l Rcidwa, salut!

Ce nom propre figure dans une des grandes inscriplions funéraires de Hégrâ, n° 28, 1.

A une soixantaine de pas au nord de la carrière où ont été copies les uraffites nos 286-292, sur la paroi méridionale d’une colline rocheuse.

13J 1,3 1137 Souvenir de tout homme qui ...

La première lettre est clairement un - et non un 1, ce qui a quelque lieu de surprendre et est contre les règles ordinaires de la phonétique nabatéenne (1). Nous décomposons le second mot en TM L interprétation des derniers signes enchevêtrés nous échappe.

Au même endroit, au-dessus du précédent.

(1) On sait que dans l'inscription du socle de la statue de Rab cl I, on a 'O poui 11 "T > CIS., II

MISSION EN ARABIE. — II

nun niyui 13 125/3 dW

Salul! Ba'anu fils de Su'aydu, en bonne part.

C’est vraisemblablement le même individu que ce Ba'anu fils de Su 'aydu auquel appartenait un des petits tombeaux creusés dans la colline de qasr el-Bint. Cf. n° 10.

Au même endroit, entre les deux numéros précédents. Grosses lettres bien soignées.

sua nïbn isSn abc?

Salul! Halafu fils de Halisal , en bien!

isbn, déjà rencontré plusieurs fois, n° 36, 1, 2, 4; n°53; de même m*bn

Au même endroit, a droite des numéros précédents.

3123 inus Tl Jf Image de ’Ittay, en bien!

On remarquera dans le fac-similé l’image placée immédiatement audessous de ce texte. C’est une tête grossièrement dessinée au trait et qui témoigne d’un art fort élémentaire; le portrait est peu flatteur pour ’Ittay! — WN. Le nom ainsi écrit figure dans la liste des vaillants de David donnée au premier livre des Chroniques, 11, 31. Le passage correspondant du livre de Samuel, II Sam. 23, 29, porte C’est un hypocoristique après lequel il faut sous-entendre le nom de Sn (1) ou celui d’une divinité quelconque. L’inscription nabatéenne de Mâdabâ (CIS., II, nu 196) a fourni le nom composé Sswn « Bel existe », analysé tout au long par M. Clermont-Ganneau dans son Recueil d’Archéol. Orient., II, 191 s.

Au meme endroit, sur la même paroi, mais quelques pas plus à l’est. iTsin übw Salut! Maw'ilu.

Nom propre nouveau; cf. l’arabe Jÿ « asile »; la forme Û )y, même sens, est employée comme nom propre (Ibn Dor., 160, 10). ^Nln serait

(1) Voir dans Daniel, 2, 28, l’expression nSx WN,

INSCRIPTIONS NABATEENNES.

donc l’équivalent de iSni = Jîîj. Voir aussi plus loin dans les inscriptions minéennes, 27, 3, Snto n. pr. fém.

Au même endroit, fait suite au n° 302, sur la même ligne. Grandes letlres, très nettes.

«ipjy -q yyj Akyu fils de Ancitju.

vyj, la seconde lettre est trop infléchie sur la gauche, dans le has, pour permettre de lire le nom bien connu de rny. voy est nouveau; on le rapprochera de l’arabe « miel pur ». On trouve dans IbnDoreid, 228, 13, la tribu des — îpjy, encore un nom nouveau; cf. ^g! (Kit.

el-Ac/., XVII, 117 s.) et la tribu des (ici., XIII, 4, 5); sans parler des ' Anaqim de la Bible !

Nos 301 et 302.

Au même endroit, h côté du n° 297, à gauche. Grandes lettres bien soignées et disposées sur deux lignes. La première ligne commençant par la formule nb\y 3.T21 qui se retrouve aussi à la fin de la seconde ligne, nous avions cru tout d’abord à deux graffites. Nous pensons maintenant qu’il n’y en a qu’un seul et nous proposons de lire :

nyoa djuddin abiy ruas 301 □SUT) 3.T33, jostbsn 302

En bien ! salut! Aristinos, chargé de l’intendance. En bien et salut.

On reconnaît facilement dans DunaDiN un nom d’origine étrangère : ce doit être la transcription du grec ’Apwmvoç comme on a en palmyrénien dt*T3dtn ’ApiffxiSv;? ou Apiorsio'çç . — ^yoio, nous considérons ce mot comme un participe pael ou afel, plutôt pael, du verbe dont le sens premier est « visiter, inspecter », mais qui signifie aussi « s’occuper de quelque chose, administrer »; c’est même vraisemblablement cette dernière signification qui paraîtra préférable dans la circonstance. — lOïmaSN égale le grec èitixporcefa; cette épitropie ou intendance indéterminée doit viser la charge d’épitrope ou de premier ministre du roi de Nabatène. On sait que ce personnage, le premier du royaume après le souverain, portait le nom de frère du roi (1); il avait la direction de toutes les affaires

(1) Voir la remarque de M. Clermont-Ganneau au sujet de l'inscription de « Oneichou frère (épi-

importantes du royaume et était parfois même le vrai maître du pays (1). L’Administration de ce grand vizir était-elle soumise à un contrôle ou à une sorte d’inspection? cela parait difficile à admettre à moins qu’il ne s’agisse d'une époque durant laquelle la Nabatène eût été plus particulièrement sous la mouvance de Rome. Il faut avouer que le nom étranger d’Aristinos fournirait un appui à l’hypothèse de ceux qui verraient en lui un inspecteur, nommé plus ou moins par l’autorité romaine. Cependant peut-être vaut-il mieux le considérer simplement comme un administrateur passager, une sorte de locum tenens qui eût rempli l’office d’épitrope durant l’absence du titulaire. C’est un gérant et non point un véritable épitrope, car dans ce dernier cas il n’eût pas manqué d’afficher son titre ou de se qualifier de frère du roi.

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