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Abû qurûm « père des cornes », désigne les cheveux bien

tressés (v. p. 24). Les tresses de cheveux de la jeune hile descendent sur les reins comme des bouquets de fleurs. Celle dernière signification est celle de samâlîl (

8. Sous une image typique, le poète exprime l’ardent désir qui le dévore.

§ 3. Le mariage.

Chez les Fuqarâ, la question du mariage est traitée d une façon un peu différente que parmi les tribus du nord. Fn étudiant ces dernières, en examinant surtout les usages des demi-nomades, on est frappé du caractère vénal des négociations matrimoniales ; le mariage est presque un trafic. Un père n’hésite pas à spéculer sur le prix de sa fille et à la livrer maintes fois au plus offrant. D’après le dire des Fuqarâ, cet âpre calcul du gain ne contaminerait pas, dans leur tribu, le contrat matrimonial; le pèic ne compte pas sur la vente de sa fille pour s’enrichir; il n exige pas le mahai ou prix d’achat (1) du jeune homme qui demande sa main. Y oie i dans les grandes lignes comment sont conduites les négociations.

(I) Cf. Coutumes des Arabes..., p. 48, ss. 11 est dillicile de dire si cet usage est primitif dans la tribu ou bien s’il ne remonte qu’à une date récente. La même coutume, nous affirme-t-on, est suivie par plusieurs tribus voisines : les Leida, les l.larb, les Goheinch. Les arabes lleteim

COUTUMES DE LA TRIBU ARABE DES FUQARÂ

Lorsqu'un jeune faqir, ayant atteint l’âge de 18 à 20 ans," désire se marier, il cherche une épouse dans la tribu . Etant donné la grande liberté du désert où pastoureaux et pastourelles fusionnent souvent au milieu des pâturages ou près des puits, le choix n’est pas long à se fixer : car la jeunesse se connaît. Aussitôt que le jeune homme a jeté son dévolu sur une faqireh , il se rend lui-même auprès du père de la jeune fille pour faire les premières ouvertures. 11 est rare que cette demande se heurte à un refus formel de la part des parents. Sans doute, i! faudra entendre les longues réclamations du père, les éloges de sa fille qu’il ne donnerait pas à un roi, tant il l’aime; belles paroles du goût oriental qui seront appréciées à leur juste valeur parle demandeur. Mais le consentement paternel ne suffit pas, car si la jeune fille est trop petite, on attend qu’elle soit parvenue à l’âge nubile avant de disposer de son avenir. Et lorsqu’elle se trouve en état de juger elle-même de sa destinée, elle doit être consultée.

Par conséquent, après avoir obtenu la promesse du père, le jeune homme doit s’appliquer à gagner le consentement de la jeune fille. A cet effet, il charge quelqu’un de le représenter auprès d’elle et de lui transmettre ses propositions. Généralement, c'est une de ses parentes, sa mère ou sa tante, qui se charge de celte mission. La jeune fille jouit ici dune plus grande indépendance que ses compagnes les bédouines de Moab. Dans la grave affaire de son avenir, elle ne se croit nullement engagée par la décision paternelle, et si le prétendant à sa main ne lui convient pas ou bien s’il n’a pas su gagner toutes les sympathies de son cœur, elle n hésitera pas à rejeter ses avances, et son refus mettra un terme aux négociations. Admet-elle au contraire les propositions qui lui sont faites? On procède presque aussitôt à la célébration des noces (1).

exigent avant la conclusion du mariage, les cinq lignes, lietùt, c’est-à-dire qu’ils fixent à cinq chameaux, représentés chacun par une ligne, bat. plur. fie tût, tracée sur le sable, le prix de la jeune fille à marier; on pourrait y voir la preuve de l’existence du mahar; mais en fait, les chameaux ne sont jamais donnés par le prëtendanl.

(1) Le jeune homme ne jouit pas tout seul du privilège d’initiative ; la femme a aussi le droit de manifester ses préférences et d’entreprendre des démarches pour arriver à ses fins. Lorsqu’une jeune fille désire contracter un mariage de son goût, elle manifeste son inclination à ses parents. Ceux-ci favorisent ordinairement de pareilles aspirations : <■ comme tu voudras. 'ala liatra/c », répond le père à la première confidence de sa fille. Mais il peut arriver aussi qu’une pareille ouverture de la part d’une jeune fille dérange les espérances paternelles; en ce cas. le père s'efforce d’amener son enfant à partager ses vues ; mais il ne réussit pas toujours. On rapporte que de3 jeunes filles, fermes dans leurs premières amours, et comptant sur l’avenir pour voir se réaliser leurs espérances, ont préféré attendre de longues années sous la tente paternelle plutôt que d’accepter un contre-parti et de sacrifier leurs affections. Rares sont les jeunes filles mariées malgré elles, comme cela se rencontre fréquemment en Syrie. Elles ne sc marient pas avant 1 âge de douze ans et n’attendent pas au delà de dix-huit.

TRIBU ET FAMILLE

Vient d’abord la cérémonie religieuse; elle a lieu en présence du hatîb. Le jeune homme arrive escorté de ses parents. La future ne comparaît pas en personne : les convenances s’y opposent, mais elle charge quelqu’un de la représenter et d accomplir à sa place les rites traditionnels. Le hatîb prend la main du futur et la place dans celle du représentant ou wakil de 1 épouse et leur dit : « Obéirez-vous à la religion d’Allah et de son prophète? » Sur la réponse affirmative le hatîb continue : « Un tel fils d un tel veul-il prendre pour épouse une telle fille d’un tel? » Nouvelle réponse affirmative; le hatîb poursuit : « Tu seras un maître gracieux et vous vivrez tous les deux de la façon la meilleure

L intervention du hatîb a pris lin. Le fiancé regagne sa tente où il se hâte de se procurer une victime, mouton ou chèvre; il se dirige ensuite vers 1 habitation de sa future épouse et devant la porte, en sa présence, il tait le sacrifice « pour elle ». Cette immolation consacre et termine toutes les négociations.

Aussitôt on organise les préparatifs de la fête. Les femmes dressent une tente isolée à l’extrémité du campement. Parmi les chants d’allégresse, elles font la toilette de la fiancée et la conduisent à la tente préparée pour la recevoir. Toutes les femmes entrent pour s’entretenir avec elle. A la nuit tombante, le fiancé arrive pour la prendre et la conduire sous sa lente à lui; les étrangers se retirent. Une dernière fois, il demande le consentement de son épouse. Celle-ci, même à cette heure dernière, peut refuser le mariage. Dans ce cas, elle se retire sous la lente de son père. Personne ne la blâmera ; elle est libre. On n’usera pas de contrainte à son égard.

Naturellement, après cette escapade, le jeune homme est parfaitement en droit de choisir une autre compagne, mais parfois il soupçonne que cet esclandre est une ruse de sa fiancée qui désire des cadeaux : bracelets et ornements. La gent féminine a cette réputation chez les Fuqarâ ; elle use de tous les moyens pour obtenir la satisfaction de sa fantaisie. Elle sait, la jeune fille, que son futur mari ne cédera pas à tous ses caprices pour les bijoux et les vêtements ; du moins, elle le force maintenant à la contenter en partie. Le mari, s'il veut la gagner, est obligé de subir ses conditions : il lui envoie des vêtements neufs, des perles, des colliers. En

(I) On notera le terme employé pour marquer la prise de possession du mari sur la femme ; c’est le verbe usité.dans l’ancienne littérature.

COUTUMES DE LA TRIBU ARABE DES FUQAHÂ

acceptant ces cadeaux, la jeune fille atteste publiquement qu’elle se soumet à son mari d’ellc-même et se rend à sa demeure (1).

Cependant chez les Fuqarà, le futur n’a pas l’habitude de présenter des cadeaux à sa fiancée comme chez les Arabes du Nord ; il ne lui donne même pas les vêtements nuptiaux, ni les colliers qui doivent l’orner le jour du mariage. Seulement, au moment où il entre sous la tente nuptiale pour consommer le mariage, il lui fait présent d’un mégîdy et ce mégîdy est appelé mahar.

On ne saurait nier l’attachement de l'homme pour la femme ni le désir sincère qu’il a de lui être agréable. Dans ses longues journées d'inaction, il se laisse aller au courant de ses pensées qui F entraînent infailliblement à cet objet préféré. Son souvenir hante son esprit et son cœur; il fredonne des chansons destinées à célébrer l’amour et à décrire les qualités des femmes. Comme spécimen de ces poésies populaires, nous donnons la suivante copiée par notre guide Halîl sous la dictée de Qoftàn et contrôlée par nous.

1. O toi qui montes une chamelle rousse, deloul aux deux rédifs ! sur

laquelle il n’y a que la sacoche et la besace aux provisions.

2. Le gain ne me préoccupe pas ni les dettes : je n'ai aucun ennemi et

ne crains pas d’être tué.

3. Rien me me préoccupe si ce n’est toi, flatterie de l’œil !

toi, dont les tresses de cheveux ressemblent à un voile.

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