‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 140 sur 156 · Les Ileteim sont une tribu guerrière, mais · texte numérisé non relu

Les Ileteim sont une tribu guerrière, mais

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ils n’ont pas une réputation supérieure à celle des Sarârât. Leur déchéance est due, paraît-il, à un crime. L ancetre éponyme, Ileteim, dans sa jeunesse, fit le mal avec sa mère Ilawa. 11 fut maudit par son père qui lui dit : « Sors de ma tente, qu’Allah place ton bétail en proie licite a quiconque voudra le prendre Les Sunna sont les forgerons Nawâr ou Tziganes qui parcourent les tribus pour exécuter les petits travaux de nécessité courante.

TRIBU ET FAMILLE

payer cinquante wadhâ chamelles blanches et de fournir en môme

temps un berger pour les conduire aux pâturages.

Dans le cas où un Arabe refuse de se conformer à ce droit du qasîr, il est déshonoré dans toute sa tribu et s’expose à être rappelé au respect des usages par l’autorité du cheikh. A ce propos on nous raconte le fait suivant.

Il y a huit ans, un 'Atâwy devint le qasîr deMutlaq. Un arabe du campement nommé eben Reseidân vola une brebis à ce qasîr, la fit cuire en secret et se préparait à la manger. Mutlaq, informé du vol par le 'Atâwy, lait la visite des tentes et trouve la brebis chez eben Reseidân. En compensation de la brebis volée, il oblige celui-ci à donner une chamelle au qasîr. Il accumule ensuite du bois autour de la tente du voleur et y met le feu. Eben Reseidân sc sauva seul avec sa femme.

Les droits du dahil (1) n’ont rien de particulier chez les Euqarâ. Un faqîr qui accepte la dahalah de quelqu’un s’oblige à le défendre contre son ennemi. Si ce dernier, malgré la présence du protecteur persiste dans son intention d opprimer celui qui vient de recourir à la dahalah, il s’expose à être tué et son sang ne sera pas vengé.

En 1908, Mohammed eben Gaddûr sauva de la mort un arabe des Leida qui avait eu recours à lui. Ses compagnons voulaient le faire périr, car c était un ennemi; déjà ils avaient tiré leurs glaives pour le transpercer; mais eben Gaddûr le prit entre scs bras et déclara à sa troupe qu’avant d’atteindre le Leida, le glaive meurtrier lui passerait à travers le corps. Par cette ferme attitude, il sauva le malheureux.

Au campement, Qoftan délivra un prisonnier qui fit appel à sa bonté. L’infortuné était un arabe d’Eben Rasîd. Depuis longtemps déjà, il était garroté sous la tente. En silence, Qoftan prépare sa jument, délie les chaînes du captif, 1 installe sur sa monture et lui dit de fuir à toute vitesse. Quelques jours après, le libéré lui renvoyait sa jument avec un beau delûl.

§ 8. — L’ALLIANCE, AL-MUHÂLAFA1I

Lorsque deux Euqarâ veulent s’associer avant une razzia ou une entreprise difficile pour se prêter un secours mutuel, ils contractent alliance devant une victime qui est immolée sous la lente. Tandis que le sang coule à terre, les deux contractants disent : « Nous nous associons pour

(1) Coutumes des Arabes..., p. 208.

COUTUMES DE LA TRIBU ARABE DES FUQARÂ

le sang et la cinquième (génération) » (1). Désormais ils sont unis par l’alliance muhâlafah et chacun des deux associés porte le nom de halif

La muhâlafah (2) peut se restreindre à deux personnes privées, mais elle a lieu bien souvent entre deux chefs de tribu qui désirent mettre fin à des hostilités qui les divisent. Les deux cheikhs, au nom de leurs arabes, se tendent la main droite et prononcent les paroles suivantes : « Nous sommes unis au nom d’Allah et de son prophète; nous ne nous pillerons plus réciproquement et nous ferons ensemble lu guerre à quiconque nous fera la guerre ». Cette alliance s’appelle tlbah ou tatayib

Mohammed el-Abîd nous raconte comment les cheikhs Mutlaq et Farhân tatciyiabû firent alliance. Plusieurs arabes des Leida avaient été

faits prisonniers par les Fuqarâ; Mohammed el-'Alnd leur donna la liberté. En reconnaissance, Farhân, leur chef, envoya un message, taré, à Mutlaq pour lui proposer la paix. Les deux cheikhs fixèrent un rendezvous au désert et firent la tîbah suivant la forme ordinaire.

Les Fuqarâ actuels, pour contracter cette alliance, ne se mettent sur les mains ni sang ni parfum et les associés n 'échangent point de cadeaux, mais les chefs se font visite mutuellement sous la tente.

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