LE SERMENT
11 faut distinguer chez les Fuqarâ deux sortes de serments. Dans les circonstances solennelles, par exemple, pour la conclusion de la paix avec une tribu voisine, ou pour sceller un contrat de vente, on a recours au serment solennel. Les contractants, qui dans ces occasions sont ordinairement les cheikhs, se prennent la main l’un de l’autre et disent : « L’alliance est établie entre nous, au nom d’Allah; qu’Allah trahisse celui qui trahira ». D’autrefois les contractants prononcent ces paroles en tenant en main leurs sabres. Très souvent, dans cette forme solennelle, le nom du prophète est ajouté à celui d’Allah et ordinairement le serment est suivi d’un sacrifice.
En dehors de l’emploi solennel de ces formules, le faqir a sans cesse recours à des expressions caractéristiques pour étayer la vérité de son dire. En plus du nom d’Allah qui revient constamment dans la conversation, comme nous l’avons déjà remarqué, il fait mention de ce qu il a de
(1) Cf. Coulâmes des Arabes... p. 100.
(2) La muhâlafah constitue le3 alliés dans une sorte de Ben-'Amm.
TRIBU ET FAMILLE
plus cher au monde : il affirme donc la vérité : « parla vie de mon père, par la vie de ma mère, par ma propre vie ». Il dit aussi : « par la vie du feu et de celui qui l'a fait; par la vie du bois et du Seigneur servi ; par ma barbe; par mon œil ». Mais toutes ces formules sont devenues d’un usage trop quotidien pour être des garanties de vérité.
L’usage en vertu duquel les contractants se tiendraient les parties sexuelles en prononçant leurs serments n’existe pas chez les Fuqarâ. On n’en trouve aucune trace, ni chez les 'Atawneh, ni chez les tribus duBelqâ.
Nous n’avons rien noté de spécial sur le vœu usité chez les Fuqarâ comme parmi les autres nomades.