les gens nobles
L. 1. — On n’aperçoit sur l’estampage t que la partie inférieure de plusieurs lettres, à cause de la cassure de la pierre.
L. 2. — -iN'nb. Le S est très visible sur un de nos estampages (avec Mordtmann contre Müller). — "ma « ajouter »; cf. ZDMG., XXXVII, 1883, p. 342. Mais cette augmentation, faite au temple de Wadd, reste obscure pour nous, à cause surtout de l’incertitude qui pèse sur la lecture et l’interprétation de l’ avant-dernier mot. Müller a lu ■jnu; Mordtmann a proposé pru. Cette dernière lecture est écartée définitivement par notre estampage qui porte un n très visible. La finale est donc assurée; restent les deux premiers signes dont les traits, sur l’estampage, ne sont pas nets et fusionnent maintes fois avec les cassures et les défauts de la pierre. Le premier signe ne parait pas être un 2, mais plutôt un a. Le trait qui, à gauche, semble constituer la seconde haste du 1, n’est qu’une cassure de la pierre; il ne s’abaisse pas régulièrement et n’a pas la nervure d’un trait gravé intentionnellement. Le second signe nous a paru d’abord être un 1; mais il serait placé trop haut, sur la ligne, à hauteur du sommet des autres lettres, tandis que d’ordinaire il est gravé au milieu. Le trait qui semble être la barre verticale du milieu n’est autre que le sommet d’un nun qui tourne franchement à droite pour s’abaisser ensuite; sur l’estampage, on aperçoit quelques traces de la partie inférieure. Nous proposons donc la lecture à rapprocher de l’arabe « toit ». L’addition dont parle le texte se fait entre le toit du sanctuaire et le frontispice : Ce dernier sens est celui du mot suivant, nmp ( CIR ., 276, 2; Müller, Süd-alt ., p. 31). La phrase donnerait à entendre qu’on suréleva la façade. Notons en passant que si le mot -nd était pris dans le sens
arabe de il» « être agréable », on pourrait peut-être voir ici l’ornementation du fronton.
L. 3. — annmJf. Le premier signe est non pas un u? mais un y; car on aperçoit les trois hastes inférieures et la boucle d’en haut, comme à la ligne 5. Ce mot se trouve, sous différentes formes, en sabéen ( CI H .,
2oo
15; 338, 4) « citadelle, palais, construction grandiose »; ces significations peuvent être attribuées à annms, comme du reste à l’arabe ~y*o : on fait observer que désignerait plutôt « l’atrium, la partie anté¬
rieure d’une maison » (1). — S si « et tout »; lecture certaine (contre Mordtmann), — nain, lecture assurée, et non ann (contre Millier). Le n a la haste inférieure infléchie à gauche, nain est à rapprocher de l’arabe JA « toute maison bâtie avec des branches d’arbre » ; c’est aussi l’appellation de la tente. Intentionnellement, on distingue ici les maisons construites en belles pierres de taille, que maintenant dans le pays on
appellerait ï*li> ou (2), et les maisons ordinaires, bâties en pisé et en branchages. Une troisième catégorie serait indiquée par le mot suivant ; nm'jÿ'i dont nous proposons le déchiffrement avec Mordlmann, de préférence à la lecture de Millier, arubai. Mais nous reconnaissons volontiers qu’il subsiste quelques doutes sur deux signes. Cependant après le ï
initial, on aperçoit l’empreinte d’un caractère de petite dimension qui parait être le y; et on distingue nettement la partie inférieure du S. La signification de « chambre haute », reconnue au mot oniby, convient ici parfaitement. Nous avons constaté qu’à el-'Ela, la plupart des habitations sont munies d’une chambre haute (3); cf. p. 43. ... à la fin de
la ligne, a été restitué en « voiles », par Millier.
L. 4. — rnrw « a caché, voilé », traduction de Millier. Peut-être est-ce la fin d’un substantif. Comme il s’agit dans cette inscription du récit de constructions et d’améliorations, nous proposerions ici, sous toutes réserves, de considérer mniir comme une forme st d’une racine nni = ^
« améliorer »; 2e forme « améliorer et restaurer ». A la 10e forme « il a fait restaurer ou améliorer ». Sur la finale des n"S v. IIommel, Sïid-ar.
C lires t., § 9 et § 55. — ïsï, mot fort obscur. Dans les autres textes où il se trouve (Müller, Epigr. Denkm., p. 24; MM., Sab. Denk., p. 78), il est en rapport avec des noms de parfums destinés vraisemblablement au culte. Dans ces passages, isÿ = pourrait signifier « plénitude ». Et ce sens ne répugnerait pas à notre contexte : « Il a amélioré la plénitude de leurs encensoirs et de leurs autels », c’est-à-dire : « il a eu soin que leurs encensoirs et leurs autels fussent bien garnis ». isï signifie aussi « côté ». Mais si on comprend qu’on puisse parler du côté d’un autel, plus difficilement on
(1) Sur le nabatéen Nn'Hï v. JS., Mission..., I, p. 184.
(2) Le terme s’applique également aux maisons en pisé, lorsqu'elles sont isolées.
(8) D'après l’usage actuel le mol signifierait aussi la terrasse qu'on recouvre avec des branches de palmiers.
appliquera ce ternie à un encensoir (1). Dans 67//., 70, 1, psi est traduit par « table ». — A la fin de la ligne, on aperçoit un l.
L. 5. — iSa « quiconque ». — p~ï, lecture certaine, au lieu de ytï (Millier). — pTs « donner une aumône, donner, aider ». — Ù2 « à lui »; ou bien, comparer à « la force »; le contexte délabre ne permet pas de trancher la difficulté. Le mot suivant, pse ou ÿsiir, reste douteux. Du premier signe, on aperçoit nettement les deux barres inférieures, mais le sommet est défiguré par une éraflure de la pierre. Sur un de nos estampages on croirait apercevoir la ligne transversale du xü et la barre supérieure; mais cet te dernière ne s’abaisse pas au milieu. Pourrait-on lire un n? On aurait alors pss « région ». On hésitera encore sur la lecture d’un i ou d’un i. La deuxième lettre parait être un 3, plutôt qu’un 7, grâce à sa forme allongée. Le troisième signe semble être un p, à cause de la haste qui parait se prolonger en haut et en bas du rond ; mais elle pourrait être aussi un y. — psiy « fermer une porte », y sir» « mettre des signes, orner ». Ce dernier sens conviendrait au contexte : « Quiconque l’a secouru pour orner les deux tours ». — 'rrub'UQ a été bien expliqué par Miiller, Epigr . Denkm . , p. 25. — À la fin de la ligne, rn .
L. G. — Le commencement a complètement disparu dans la cassure de la pierre. — u: | brus. Mordtmajvn, Beitràge..., p. 27, a établi la comparaison et prouvé l’équivalence entre brm et un et a cité différents passages à l’appui de sa thèse. Ce mot n’a cependant pas reçu encore une interprétation définitive. Peut-être pourrait-on traduire « les gens de liberté, les nobles ».
Müller, Epigr. Denkm., V; Mordtmànn, Beitrdgc..., V.
Inscription gravée sur une pierre utilisée dans la construction du mur d’une maison, dans la grande rue qui aboutit au corps de garde, sur la droite, à une dizaine de mètres en avant du n° 12. L’inscription est bien soignée, avec des caractères très réguliers, mais elle est tronquée de trois côtés. Longueur 0m,42; largeur 0m,21; hauteur moyenne des lettres 0m,025; estampage (pl. LXXIII et XCVI1). Nous lisons :
(in')iptoi i ’jnsm? | ni | mby | pin ... .1
. . . h]nfi[y] | irnatNxT | ùrrrup'cn | fcmbx ... .2 . . . Rsin | “i33i27*i | DfonTib | bis | pn | n ... .3
(1) A moins qu’il 11e s’agisse d’un encensoir-autel, comme l'autel des parfums.
INSCRIPTIONS MINÉENNES.
• • • I ’Cn | 1232 j Ü2TO | ï|S D | lUfi | 5?S'Sn | ,1)2 ... .4 • • • ! 11231 I 'J112K1 I jrvopûn I jnsnï ... .5 I ymnyi | un | p | Staii | ayni» | ... .6
1. ... Qui a élevé la chambre haute de celte plate-forme et les objets consacrés...
2> ••• sa chapelle et ses objets consacrés et ses inscriptions à ' Attar [de Qabad à ]\ add, et d Nikrali dieux],
3. ... de Main, contre quiconque les éloignera , les brisera, les détruira [et les enlèvera de leurs places, aux jours]