L. 1. — en minéen semble avoir la même signification que le
nef es nabatéen. C’est le cippe dressé sur une tombe et destiné à rappeler le souvenir du défunt. Le mot ii*s; se trouve aussi dans les inscriptions
lihyanites de Hereibeh. — baum* est un nom propre formé de deux élé-
ments bien connus : de ùPir, répondant à l’arabe « don, présent » et de bx « dieu ». ambis « El a donné », nom propre dont la signification est la même que celle du nom propre précédent. On trouve aussi, et même plus souvent, bmiTi qui se rencontre si fréquemment en nabatéen sous la forme inb^sm.
L. 2. — pgii. Sur la particule b, voir ci-après, psi apparaît souvent dans les anciens textes de la région que nous étudions; il se lit aussi sur d’autres documents provenant de l’Arabie du Sud; par exemple dans Hal., 477, 2 et 520, 2. Mais malgré tout, il reste dans une certaine indétermination. Mordtmann (. Beitrage ..., p. 69 s.) croit avoir montré que psi est fréquemment un nom propre de lieu. Aux arguments allégués on ajoutera une nouvelle raison tirée des deux graffites n0s 40 et 42, où on lit : psi Tjba à traduire par « roi de Yafa an ». La racine arabe signifie « être élevé » et veut dire « colline ». Est-ce que psi serait à l’origine une région montagneuse? On observera cependant que ps’i désigne parfois « le clan, la famille de Yafa an »; cf. Hartmann, Ar. Frag., p. 268. — mai « qui est mort ». Le verbe Y'y a conservé la scriptio plena, ce qui peut paraître un peu surprenant. Néanmoins, étant donné qu’il s’agit d’un nefe's, il ne semble pas possible d’interpi’éter ici autre-
ment le mot ma que par un parfait de la lre forme du verbe oy « mourir ». — « à Dedan ». On ne pouvait nous donner un renseignement
plus précis : ’Aws’il, originaire de Yafa'an, est mort à Dedan où on dut l’enterrer et où nous avons retrouvé la stèle qui fut érigée sur sa tombe. Dedan est donc à chercher soit à el-'Ela soit à Hereibeh. Sur cette identification, v. RB., 1910, p. 525 ss.
L. 3. — nsjai « de Tanafat ». A notre connaissance, ce nom de mois n’a pas encore été trouvé dans les inscriptions minéennes. Si on voulait rapprocher ce mot de l’arabe üLL « abstinence », on aurait peut-être le nom d’un mois pendant lequel il eût été interdit de prendre part à une expédition guerrière. On connaît la pratique des anciens Arabes qui regardaient comme illicite toute prise d’armes pendant certains mois, durant le mois de radjah surtout. On pourrait supposer encore qu’il est fait allusion à un mois spécialement consacré au jeûne, dans le genre du ramadan actuel que Mahomet n’aurait pas entièrement inventé. Ici, comme dans beaucoup d’autres cas, le prophète n’aurait fait que conserver ou modifier une pratique religieuse bien antérieure à l’Islam.
L. 4. — arrrn | masï. Ce Kabir ’Aytam n’est pas mentionné ailleurs. La formule ordinaire des dates renferme, à côté du nom du Kbir, le nom du roi de Ma'ln. Ici on a cru qu’il suffisait de mentionner simplement ’Aytam qui était peut-être le gouverneur de cette région.
L. 5. — ]pisn. Araqan paraît être un nom de lieu. On pourrait songer aussi à un nom de clan ou de famille. Sur les explications possibles, v. RB., 1910, p. 524.
Dans cette courte inscription, on rencontre cinq fois la particule 7; il ne sera pas inutile d’essayer de préciser son emploi et sa signification.
1) ]ÿ5vf. Nous avons dit que ’jysi était un nom de lieu : La particule 7 devant ce nom désignera, presque nécessairement, un rapport d’appartenance entre le substantif précédent et ce nom : un tel originaire de tel endroit, habitant à tel endroit, appartenant à tel endroit, ou maître et possesseur de tel endroit. Souvent il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de saisir et de préciser ces nuances, même dans cette première catégorie. Il restera cependant établi que 7 devant un nom de lieu exprime une relation, 157317 signifiera : « qui est originaire de Yafa'an » ou bien « qui habite (ordinairement) Yafa'an ». Cette interprétation peut s’appuyer sur Hal., 477, 2, où les descendants de Madikarib sont désignés comme étnat 15731 | brus* tandis que dans Hal., 520, 2, ils sont mentionnés sous l’appellation 7 57317. De la comparaison de ces textes, il suit que la
particule 7 répond à Son = J-®! « gens, habitants de, famille etc. » (1).
2) Le second 7 de l’inscription se trouve devant le verbe riTa. U a la signification du pronom relatif « qui, lequel » et répond à l'arabe ^Jd!.
3) Le troisième 7 du document est devant n32t2. On pourrait peut-être
le caractériser en disant qu’il ressemble au , syriaque, placé entre deux mots unis par le rapport de l’état construit. Le 7 qui est devant a-t-il uniquement cette valeur, d’exprimer l’état d’annexion entre nrnl et nS3i3 pour signifier « le mois de Tanafat », ou bien renferme-t- il un autre concept en se rapprochant de la signification du arabe? Il serait sans doute assez difficile de le préciser. On sait qu’en arabe plusieurs noms de mois sont précédés de jS, comme ib-*ü3l y, j-i. En
minéen aussi, plusieurs noms de mois sont accompagnés de -, par exemple liitnitn, jnaizn.
4) En quatrième lieu, nous remarquons un ï devant et ce 7 est traduit par la préposition « sous, ou durant ». Il désigne autre chose qu’un simple rapport d’annexion, il exprime une date. On traduit rnn.37 par « sous le Kabirah ou pendant le Kabirah » d’un tel.
5) Enfin le cinquième - de ce texte est placé devant -jpiy. Comme ce dernier mot est probablement un nom de lieu, ce t ne se distinguera pas de celui qui précède psu Mais il ne serait pas impossible de voir dans p7S? un nom propre de clan ou de famille. C’est ainsi que ymBJ? si fréquent dans nos inscriptions est considéré comme le nom d’une famille. Dans ce cas, 7 a manifestement le sens de « appartenant à » tel clan ou « faisant partie de » tel clan.
Il semble que les autres cas dans lesquels nous rencontrons un t devant un nom ou un verbe puissent se ramener à une des catégories que nous venons de mentionner. Sans doute, il peut exister encore d aulies nuances; mais les grandes lignes paraissent établies. Et même dans ce cadre ainsi délimité il ne sera pas toujours aisé de déterminer la véritable signification de 7. Maintes fois, on sera obligé de rester dans le vague.
Müller, Epigr. Denkm., XXIV; Mordtmann, Beitràge..., XXIV; Hommel, Aufsâtze..., p. 30 ss.
Euting a estampé cette importante inscription sur une seule pierre que nous avons retrouvée en deux morceaux. Ces deux fragments sont encas-
(1) Sur cette équivalence v. Hartmann, Ar. Frag., p. 340 ss.
très dans le mur de la même maison, l’un formant le montant de la porte, l’autre étant placé tout à côté, dans la construction. Cette maison, bordant une rue, se trouve auprès d’une issue qui donne accès sur les jardins, à l’est du village. Nos deux estampages, défectueux à l’endroit de la cassure, servent à la correction de quelques fautes de lecture commises par Müller et confirment en général le déchiffrement de Mordtmann. Longueur 0m,62 ; largeur (des deux estampages) 0'u,37; hauteur moyenne des lettres 0m03; 8 lignes (pl. LXXY et CI). Nous lisons :
...ï | my | irnnNib | rua | mbù? | irn ...
...i | ûropï | inbiy | | ri | up[i] ...
...t | vaizra | myân | S ira | ru | upî ...
[y]w | Ynfo
| anS | am | dùuni [ anbx | Sd | ][n] ...
.■.[nn]i I
Dnaittn | pDRS | m | ynnnn | nrv>[a] ...
...iyi | pyvniyn | bi | uipa | iynn[>n] ...
.iy Sd | DÎnx | Ssd | upû | Sd*i | ’jnxs'r ...
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