‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 43 sur 156 · Sa prêtresse Salmay, fille de sa prêtresse ' Adal · texte numérisé non relu

Sa prêtresse Salmay, fille de sa prêtresse ' Adal

2. ... [a consacré tout ce qu’]il possède à Wadd , la prêtresse Salmay et sa possession et...

3. ... ce qu’il a possédé, il a coupé, il a consacré et a établi une fête pour faire œuvre pie et...

4. ... de tout dieu et de tout homme et s’il n’a pas fait œuvre pie il...

5. ... la maison de la famille de Yamtâti ' et de la famille de Fa’mân faisant œuvre pie et...

6. ... sa clientèle à Qarnaiv et pour qu’elle intercède [auprès de la divinité] et

7. ... [la famille] de Fci'màn et tout ce qu’il possède dans la totalité de sa terre...

8. ... la chapelle . la tour et la chapelle, [au mois de] du Samsay, sous le

Kabirali de...

L. \ . — irn est restitué en ittrvHSl « et son rachat », par Müller; mais Mordtmann propose avec plus de vraisemblance itfnRlb « sa prêtresse, sa

lévitesse », d’après la ligne 2. — inbùr répond à l’arabe (IbnDor.,22,

8; Yaqut, II, 136, 353; IV, 779; Kit. el-Aÿ., I, 59; XI, 115, etc.). — iynnRlb « sa lévitesse ». Le nom auquel se rapporte le pronom û? et qui paraît être l’auteur principal de cette inscription, n’est pas connu. — my, nom propre de femme, est à rapprocher de l’hébreu nr;, femme de Lamek

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

(Gen. 4, 19); y. aussi Gen. 36, 2; en arabe job « habitude » ne répugne nullement à être un nom propre; comparer ^ (Ibn Dor., 52, 2). — complété en rn par Mordtmann, est suivi du commencement d’un signe qui serait peu favorable à un n.

L. 2. — apM. La lettre qui précède le p n’est plus visible sur notre estampage. La reproduction de l’estampage d’Euting dans Epigr. Denkm., pl. II, permet de constater un ’ ; et avant cette lettre, on aperçoit un signe lu “ par Mordtmann. Étant donné ces éléments, la restitution ijpi-T [Sa] est fort plausible. Comme le verbe ijpi à la lrc forme signifie « posséder », et qu’il s’agit ici d’une consécration àWadd, on supposera auparavant un verbe qui aura cette signification, 'pair par exemple. Mordtmann considère inxib comme une apposition à i:pvï | Sa : ce qui est très vraisemblable. — Tl « Wadd ». Du 7 on n’aperçoit sur notre estampage que la boucle, la haste ayant disparu dans une cassure de la pierre. En quoi consistait la consécration d’une prêtresse àWadd, le Dieu de l’amour? Les inscriptions ne nous ont pas encore renseigné sur ce point.

L. 3. — Sur Siya. | 'U v. n° 21 (1). — Yiyir, considéré comme nom propre par Müller, est comparé à la 4° forme du verbe aUl par Mordtmann. Cette explication paraît excellente ; mais la présence du i nous porterait à le mettre en rapport avec la forme éthiopienne aqcîtala, et on aurait

pour TW, saâyada, le sens de « établir une fête », de la racine jJc, ou bien peut-être le sens de « fonder un usage », de la racine ijo « revenir ». TiaiïDa « pour qu’il fasse œuvre pie ». La lecture de a au lieu de ÿ par Mordtmann est absolument confirmée par notre estampage. Le a devant un imparfait se rencontre en minéen, v. Hommel, Süd-ar. Chrest., § 75, 79. — A la fin de la ligne, le 1 est très visible.

L. 4. — p à compléter peut-être en la. — anb#. Les deux premières lettres ont été endommagées sur notre estampage, mais, malgré tout, elles paraissent encore assez sûres, le »x* surtout; le S a souffert davantage, et l’effritement de la pierre, en imitant en quelque sorte les traits gravés, porterait à première vue à regarder ce signe comme un a; cependant on observera que les traits constitutifs du S sont fortement gravés tandis que le reste est superficiel (2). L’expression « Dieu et homme » se trouve en sabéen et aussi en hébreu, cf. Dan. 6, 8, câîO nSs‘ Saa; cf. Jug. 9, 13; dans l’inscription de Teima, ligne 20, on a iiaai nbx; cf. l’expression arabe

(1) Peut-être ces deux verbes réunis sont-ils destinés à exprimer plus énergiquement la môme idée, comme par exemple : « consacrer radicalement ».

(2) Sur la reproduction de l’estampage d’Euting le S n’est pas non plus très visible.

— Dnb | am seraient-ils l’équivalent de l’arabe « et si

ne... pas »? cf. Hommel, Süd-ar. Chrest., p. 54. Il est vrai qu’en arabe la

particule J réclame toujours après elle l’imparfait, mais cette règle pouvait ne pas s’appliquer au minéen avec la même rigueur. Il semble plus conforme au contexte d’accepter cette explication plutôt que de considérer an comme l’équivalent de j** « avoir souci, avoir soin » et de rapporter Dnb à Zj « inspirer ». — Vnil? est certain comme lecture; on

aperçoit ensuite un t' qui devait commencer le verbe suivant. Il n’y a aucune trace de 1, ce qui favorise l’interprétation donnée de anb | Dm, qui fait de la première proposition une phrase conditionnelle après laquelle il ne faut pas de waw. Après le il?, notre estampage ne porte aucune trace de lettre taudis que celui d’Euting a un V.

L, 5. — nni restitué en nrru par Mordtmann. La proposition suivante est regardée comme une phrase relative par Millier; mais Mordtmann fait remarquer avec raison que, venant après nnu, le i n’est pas relatif, mais doit être pris dans le sens de ^ « ceux de la famille de ». — ynnC « Yamtâti' » paraît être un nom propre de famille ou de tribu, à rapprocher de prnni, Hal., 243, 4/5 et de yrraï, Hal.,195, 7. Le ule ynnni se trouve dans une cassure de la pierre; à peine distingue-t-on, semble-t-il, les délinéaments de la boucle. Du reste, sur notre estampage, toutes les lettres de cette ligne sont coupées par la moitié, mais la partie qui reste est très visible et répond à la lecture de Müller. — p2N'3"i « de la famille de Fa’mân », nom fréquent; cf. nos 29, 1, 3, 4; 33, 2; et Hartmann, Ar. Frag., p. 250. — OTiaiBD n’est pas un nom propre mais un participe de vniir. — A la fin de la ligne, après le l, on ne distingue que deux traits sur notre estampage, à cause de la cassure de la pierre, mais sur la reproduction de celui d’Euting on lit nm « et il mourra (?) ».

L. 6. — itfnaÏN'T « sa clientèle ». Ce mot se trouvant dans la brisure de la pierre, a laissé très peu de traces sur la seconde partie de notre estampage. Il doit signifier soit la domesticité, soit la clientèle; cf. Mordtmann, Beitrage ..., p. 403 ss; sur les clients chez les Nabatéens, v. JS., Mission..., I, p. 164 (1). — U7p2 ne peut indiquer que la grande ville minéenne avec laquelle la colonie d’el-'Ela restait en relation; n° 8, 3, 4. — p5tt?ntt?n

(1) Bien que la thèse de Mordtmann paraisse établie, il ne serait pas impossible de traduire ici — qui pourrait être puisque les deux premiers signes sont restaurés — par

« ses oreilles » eu rapportant le pronom iy à un dieu mentionné auparavant. V. ci-après le m 30, 4.

INSCRIPTIONS MINÉENNES. „89

« elle intercède » ; le sujet est peut-être la prêtresse Salmay. Sur l’interprétation du mot, v. n° 8, 3.

jONST. " 11 es^ Pas visible sur notre estampage mais n’est pas douteux d’après celui d’Euting.

L. 8. - « la chapelle », serait précédé de ni, d’après la resti¬

tution de Mord tm an a basée sur la lecture de n d’après Euting. Après ce mot vient un espace complètement détérioré. — ]nsn[X) « plate-forme, terrasse » est très plausible comme lecture; du ï seul on ne voit aucune trace- — ’foatfï « au mois de du Samsay ». serait ici non pas un nom de reine (1), mais un nom de mois, v. n° 13, 2. De cetle manière se term.nent les inscriptions minéennes, par l’indication du mois et la mention dukabir eponyme. Or ici, après ifonan, on lit « sous le Kabirat » ; le nom propre a disparu. Cf. Mordtmann, Beitràge..., p. 51.

Nos 25 et 25a.

Texte inédit.

Nous réunissons sous une même rubrique deux fragments trouvés en deux endroits différents : le n» 25 provient d’une magnifique pierre, qui sert maintenant de linteau de porte, dans les jardins, à l’est de la source Aïn Ta dil, et le n° 25' est gravé sur une pierre encastrée dans le mur d’une maison, à l'intérieur du village, à quelque distance au nord de la mosquée. Malheureusement ces fragments sont bien réduits, mais sous leur forme tronquée, ils fournissent la preuve du développement et de 1 ampleur que pouvait prendre une inscription minéenne ordonnée à 1 ornementation autant peut-être qu’à la conservation par l’écriture d’un fait historique ou d’un acte religieux. — Le n° 25 mesure, en longueur 0m,74, en largeur 0ra,25; la hauteur moyenne des lettres est de 0m,21. Estampage.

Deux mots sont gravés avec beaucoup do soin, cnx | an « Wadd est un père ». Le waw de a ri n’est conservé qu’à son extrémité, à gauche, à cause de la cassure de la pierre, mais aucun doute sérieux ne peut être élevé sur son existence. Le mot dti se retrouve du reste fréquemment sous cette forme, en minéen. — ■ dsn, « père », n’est pas très employé comme déterminatif de Wadd; il n’est cependant pas inconnu. On le lit, par exemple, dans un nom propre axn {C/H., 33; 106, 0).

(I) Sur 1 existence dune reine d Arabie appelée Sa-am-si v. P. Dmoume, dans JM., 1910, p. 19<; et p. 380. Mars il ne parait pas possible de s’appuyer sur cetle inscription pour admettre ce fait; ci. Hommel, Aufsalze..., 12.

MISSION EN AKAU1E. — II

Quant aux deux mots groupés ensemble, tels que nous les voyons ici, ils se rencontrent sur de petites amulettes de pierre ou de bois, dont on peut voir 4 spécimens dans Muller, Siid-ar. Altert., p. 51 s.; le n° 44 avait été déjà reproduit par Mordtmann, Him. Inschr., pl. I, n° 8. La présence, sur ces objets, d une bélière ne permet, semble-t-il, aucun doute sur leur destination. C’étaient des amulettes qu’on portait sur soi, comme les talismans des Arabes actuels. Quant à 1 interprétation, ces deux mots ne soutirent aucune difficulté; car, suivant la pensée de Millier, ce n’est pas un simple nom propre qu’on a sous les yeux, mais une véritable phrase attestant la bonté du dieu national : « 4Nadd est un père ». Ici, au lieu d’ètre gravé sur une amulette, aux | mi est majestueusement sculpté sur un linteau qui devait orner l’entrée d’un édifice public ou d’un temple.

Le n° 25a (pl. XVII, 3) a beaucoup d’analogies avec le n'J 25 : les caractères sont, comme les précédents, d’une belle apparence, sans appartenir toutefois à la même inscription; car les lettres sont un peu plus courtes, ne mesurant que 0m,lG de hauteur. L’intérêt de ce document ne consiste guère dans le texte composé de deux lettres, DS a restituer vraisemblablement en dsx, venant peut-être après D“1, comme dans le numéro précédent; mais on reconnaîtra sa vraie valeur dans les signes symboliques gravés avec soin, après l’inscription. Sur l’interprétation de ces signes voir p. 47 s.

Müller, Epigr. Denkm., VII; Mordtmann, Beilrage..., VIL

Sur une pierre encastrée dans le mur d une maison, a 6 mètres de haut environ, non loin de la mosquée. L’inscription est gravée avec soin; les caractères sont nets et réguliers; malheureusement la pierre retaillée pour entrer dans la maçonnerie a été mutilée de tous côtés. Dans la partie conservée, la lecture ne souffre pas, en général, de difficulté : Longueur 0m,56; largeur 0m,15; hauteur moyenne des lettres 0m,03; 4 lignes. Estampage (pl. LXXV et Cl). Nous lisons :

...2 | annan | bs | nnion | nnsi | nmy | bsjn | no [ru] ... .1 ...ni | rnby | jjy | iynnsi | irnxiy | bo | nerp | ns | mm [ ••• -2

...i | Dm | ÿnpb | inny | irnnpiri | ÿnrirx | nciu | m | ntrunn] ... .3 ...nby | iynapnn | Tânm | xsiri | isaûri | aiyrnjn ... .4

1. ... [Yat\malj de tout tribut et la rançon de Maralwadd , (oui ce qui...

2. ... cl a divisé à ceux de Yatmat tout son tribut et toute sa rançon, pour la construction de V étage supérieur de celte [tour]...

3. ... [et a consacré Mar at]wadd de Yatmat , ses inscriptions et ses objets sacrés à Attar de Qabad et à Wadd [et à Nikrali]...

I. ... [et aux dieux de Main contre quiconque] les écartera, changera, détruira et enlèvera de leur place...

L. 1. — nn, restitué en nam par Müller, est plausible à cause de l’existence de ce mot à la ligne suivante. — « de tout ». Les deux parti¬

cules ne sont pas séparées par la barre; voir dans Müller, Epigr. Denkm., p. 30, d’autres exemples. — amzr doit être distingué de atn (CIIL, 1, 3 i qui répond à l’hébreu ni in « placer, établir «.Comme l’a démontré Glaser (Altie. Nachr., p. 200), ce verbe a la signification d’ « acheter ». Par conséquent, le substantif signifiera « le prix d’achat » et par extension « le tribut », s il j> agit d’un pays (1). — n’TS « rançon » doit être rapproché de l’arabe dni et de l’hébreu nvrs. Il semble que nos,

étant à l’état construit avec Tinon, affecte directement ce dernier mot, d une façon plus particulière que cmn, dévolu à une signification plus générale. La rançon, nos, s’applique au cas particulier de Mar’atwadd, tandis que le tribut, axin, regarderait tout le pays vaincu. A la ligne suivante, irmis nous apparaît comme étant certainement un substantif, et il ne semble guère possible de lui reconnaître une autre valeur ici.

timon « Mar atwadd » parait etre un nom propre de personne; à la rigueur, il pourrait être aussi, à l’origine, un nom propre de divinité. La signification directe du mot est « la femme de Wadd ». Le sens de mon, en effet, est celui de femme (Müller, Süd-ar. Alt., p. 21). Mordtmann, Beitrâge..., p. 24, rejette cette interprétalion, pour celle de « princesse de Wadd », reconnaissant dans mon le féminin de >on « prince ». Étymologiquement en effet, mon peut signifier « princesse, souveraine »; mais on comprendra peut-être difficilement que les Minéens aient eu la pensée de donner une souveraine à leur dieu Wadd. Il ne semble pas qu’ils aient jamais conçu Wadd comme étant soumis à une déesse, par ailleurs inconnue (2). D’autre part, on a déjà en minéen

(1) Ce sens paraît confirmé par l’inscription de Muller, Epigr. Denkm., VI, que nous traduirions de la façon suivante :

Page 1