‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 46 sur 156 · la brisure ? la f autel la fentel · texte numérisé non relu

la brisure ? la f autel la fentel

fi. ... aux jours de l'inauguration et de l'intronisation...

L. 1. — S, dernière lettre d’un mot disparu. — due a le sens de « protecteur, patron » et s’applique en général à la divinité dont le nom suit immédiatement. Ce serait une raison pour reconnaître un nom divin dans le mot suivant, pas. D’autant plus que le même terme se retrouve à la ligne 3 dans un contexte qui parait également appeler un nom divin. — psa nous semble certain comme lecture. Bien que la pierre ait souffert en cet endroit, les lettres se distinguent toutes, même le 1, le signe le plus endommagé. On se persuade surtout de la justesse de ce déchiffrement, si on examine l’estampage par derrière. Mais l’analyse de ce mot demeure obscure. Les deux kaf font partie de la racine, puisque à la ligne 3 on lit : 11333. Or, si le premier 3 était une particule séparable, sans être radicale, on aurait certainement écrit : p33. Mais sous cette forme, 1133 n’a aucun rapport avec p3 Kaiwânu , appella¬

tion sémitique de la planète Saturne. Il faut recourir à une racine commençant par deux kâfs. Et il ne s en trouve point d autres, semble-t-il, que 3333 qui, par ses diverses modifications dans les différentes branches du langage sémitique, peut réaliser cette condition. En arabe, on a par le changement du premier 3 en 1. En assyrien, on rencontre Kakkâbu avec l’assimilation de ce même 3 en 3. Malgré ces changements, le second 3 s est maintenu très ferme. Dans p33, à transcrire vraisemblablement Kakkawân (ou Kawkawdnl), les deux 3 auraient subi la même modification (1); et le mot répondrait à l’arabe « l’étoile ». Cette

(1) La prononciation du 2. en wciw est un fait bien connu en sémitisme.

explication se heurte à plus d une difficulté; aussi est-elle donnée sous toutes réserves, en attendant la découverte de nouveaux textes. On sait que près de Sana'â se trouvait le célèbre château appelé (Yaqut,

IV, 327; Hamdany, Gazîret..., 107, 7; Hartmann, Ar. Frag., p. 545). — pc. La lettre du milieu est un peu effacée; cependant, par derrière, l’estampage garde l’empreinte d’un y, gravé au-dessus d’une éraflure de la pierre. — Le mot suivant est douteux quant à la lecture, nnSl. Le S est traversé par un trait qui lui donnerait une apparence de s. Si on lit DnS, on aimera à y voir le nom d’un peuple ou d’un pays, comme qui précède. Dans Yâqût, IV, 373, est mentionné comme nom de lieu. Après le o, on aperçoit deux barres, sur l’estampage; probablement la barre de séparation et le commencement de la lettre suivante.

L. 2. — p, fin d’un mot; le premier signe peut être un 1, mais il peut aussi représenter un y. On ne saurait dire s’il convient de restituer p « a consacré » ou pn « Ma'in ». — ySu’b. Si la restauration de ps était admise, on serait porté à voir ici un nom propre divin, Yazla . La perte du contexte interdit toute affirmation catégorique. Considéré comme un verbe gouverné par S, ybiàt sera rapproché de la racine « boiter, incliner », avec le sens, à une forme dérivée, de « faire incliner, diriger vers », ou d une racine (< incliner, être fort». — [ijjpii? « a consacré », mot douteux. Des deux premières lettres on n’aperçoit que l’extrémité inférieure; les deux dernières sont effacées. — Dttfa est suffisamment certain. La première lettre seule a souffert au milieu, mais les traces qui restent donnent l’impression d’un nûn. ai27j serait expliqué par Jj « gens », à moins de le rapprocher de « hommes, vivants ». On aimerait à réunir ces deux mots et à lire □ùm\2pûr « leur consécration », mais cette lecture semble écartée par les vestiges des lettres conservées. —

| nxa. Impossible de dire si le dernier signe est simplement la barre de séparation ou un n. Dans aucun cas, on ne peut prétendre voir un n. Et cependant cette lecture parait requise pour rusa « cent » ; on aurait ici une orthographe différente, le n à la place du n.

L- 3. — tti, fin d’un mot disparu. — b:>; le 3 est effacé, mais se restaure facilement. — ipùri ne se rapporte pas à l’hébreu -ipû? « regarder de travers », ni à l’arabe jiL, « brûler », en parlant du soleil, mais doit être une forme en s d’une racine jl, qui à la 4e forme a le sens d’ « affermir, confirmer », et peut-etre ici « dédier ». — 11333. Les deux premières lettres sont très effacées; il reste cependant assez d’éléments pour confirmer cette lecture. Après p se trouve une éraflure de la pierre. On

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

serait tenté de lire pa comme à la ligne 1, d’autant plus qu’on aperçoit le commencement d'un a et le sommet du 3 final. Entre ces deux lettres, il faut, d’après l'estampage, un signe de petite dimension, de la grandeur d’un y. — A la fin de la ligne, Sa.

L. 4. — roïy « restauration », du verbe 2ny « restaurer, réparer » (MM., Sab. Denkm., p. 90). Les termes qui suivent devraient nous faire connaître la nature de ce travail ou bien le nom de celui qui l’a entrepris, mais à cause de l’absence du contexte, ils restent fort obscurs. — ma parait certain comme lecture, sauf la dernière lettre qui est détériorée. Le mot peut être traduit simplement par « kabir », signification ordinaire de ce terme; ou bien être regardé comme un nom propre. — ]mny. Le premier n reste douteux; entre le second n et le a final, on remarque un espace un peu plus étendu que celui qui existe d’ordinaire entre les lettres, mais il n’a pas été occupé par un signe, piny est un nom propre connu (Hartmann, Ar. Frac/., p. 227; JS., Mission..., I, p. 255), Mais ce même mot peut être aussi un nom commun; cf. CUL, 67, 15; il ne serait pas impossible également de lui reconnaître en minéen la signification de l’arabe jjp « fornication, faute ». Le texte est trop incomplet pour résoudre la difficulté. — A la fin de la ligne, uini à rétablir peut-être en ppun comme à la ligne suivante. On notera cependant que le xà n’est pas très sûr et que le signe qui le représente pourrait être aussi \xiivaw.

L. 5. — Avant la barre de séparation, on aperçoit un trait indéterminé qui est le jambage d’une leltre disparue. — j'inj'i. Le signe que nous rendons par n est surmonté d’une éraflure de la pierre qui lui donnerait une certaine apparence de iy, mais qui ne doit pas être prise en considération; voir cependant n° 30, 3. Du reste le mot 1722 parait appelé par le nom suivant imny comme à la ligne précédente. — npun interprété

comme nom commun signifierait « fente, ouverture », de « défilé,

trou dans un rocher ». Mais ces trois noms alignés deux fois de suite, à la ligne 4 et à la ligne 5, produisent l’impression d’être des noms propres, sans exclure cependant d’une façon absolue la possibilité de les interpréter comme des noms communs.

L. 6. — pn fin d’un mot, probablement; tel quel, le mot se trouve dans Müller, Epigr. Denkm., LXI, Hurrân « le libre »;cf. ci-après, 7n,

n° 31, 7. — irpnm inns. Müller dans Siid-ar. Altert., p. 28, a réuni plusieurs textes dans lesquels ces deux mots se rencontrent joints ensemble. Une explication satisfaisante n’a pas encore été donnée; cf. Hartmann, Ar. Frac/., p. 433. Nous proposerions, sous toutes réserves, de voir dans }nns

MISSION ARCHEOLOGIQUE EN ARA IME.

« l’ouverture », le commencement d’un nouveau règne, et dans fnifu « l’intronisation », d’une racine nn* = nëb « s’asseoir ».

Muller, Epigr. Denkm., Yill; Mordtmann, Beitrage..., VIII.

Sur une pierre utilisée dans la construction du mur d’une maison, non loin de la porte méridionale du \illage. Une cassure courant tout le long de la pierre a endommagé les deux lignes du milieu. L’inscription est en plus mutilée de tous côtés. Longueur O"1, 60; largeur 0m,14; hauteur moyenne des lettres 0"',025; 4 lignes; estampage (pl. LXXVl et Cil). Nous lisons :

...i | isu? | | pN3[ï] ••• A

...[bris] | nns | m:o | an | baia. | nns | p|>2] ... .2 i | yaù? | laan | maa | an | nnsi | [ambai] ... .3

[ | inNjsn | 2n[ibtf] | Û2nm | ynim | ruin | y[is] ••• A

1. ... [De la famille de] Fa’mân, deux hommes de secours (?) et...

2. ... Fa'mân , a ouvert [tout] pèlerinage à Nikrah, ouverture [ des gens de]...

3. ... et ’Elioahab de Fa'mân et ont ouvert le pèlerinage de Nikrah ceux de...

4. ... et il a imposé et il a fait entendre (?) et il a gardé ’Elivahab de Fa’mân...

L. 1. — ]ON2. La lettre N‘, qui paraissait douteuse à Müller, est certaine

d’après notre estampage. Que ce mot doive être considéré comme un nom

propre et non comme un verbe, Mordtmann, Beitrage..., p. 50, l’a

clairement démontré; cf. n° 24, 5. — ’irax lu par Mordtmann est confirmé

par notre estampage. Bien que la dernière lettre soit un peu effacée à son

sommet, elle garde plutôt l’apparence d’un i que celle d’un n. Le mot

ïiraN parait être un duel de ira N « homme ». Dans Muller, Epigr.

Denkm., XIII, 1 et notre n" 24, 4, on trouve niaaats « un homme », dans un

sens indéterminé. — “I2uh La lecture paraît presque certaine quoique la

moitié supérieure du 1 ait disparu dans la cassure de la pierre. "I2tti

détermine le mot précédent. Difficilement, on y verra un nom de localité

(Yaqut, III, 304, et Nomb. 33, 23). Muller, Sïid-ar. Alt., p. 15, le traduit,

non sans raison, par « secours, puissance ». L’arabe ëJ£, pl. ,Ua., signifie

« domestique, serviteur ». — Le mot suivant est rétabli en imbxl par Mordtmann. La restitution semble un peu hasardée; car sur notre estampage on remarque la trace de sept lettres, peut-être même de huit.

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

La deuxième lettre a plutôt l’apparence d’un ûr que celle d'un n. De plus ou ne comprendrait pas la raison pour laquelle amS\' se trouverait ici après IONS tandis que, à la ligne 4, il se lit avant. Les lettres mutilées sont trop détériorées pour fonder une restitution acceptable en cet endroit.

L. 2. — ]Q, à restituer peut-être en suivant Mordtmann. — bj22

est incertain d’après Millier qui a lu bpiu. Notre estampage laissera subsister le doute pour la deuxième et la troisième lettre. — - nns « ouvrir, annoncer ». — an ne saurait signifier ici autre chose que « pèlerinage » comme le arabe. L’expression msj | an « le pèlerinage de Nikrab » n’est pas plus étonnante que celle usitée aujourd’hui à Jérusalem pour signifier le pèlerinage deNéby Mousa y ^ ; cf. P. Abel, Croisière

autour de la mer Morte, p. 175 ss. Sur la discussion de ces termes, v. Mordtmann, Beitrâge..., p. 25 ss. — A la fin de la ligne, Mordtmann restitue brm contre Millier qui avait proposé 122 ; notre estampage favoriserait l'interprétation de Mordtmann.

L. 3. — imbiO, restitué avec beaucoup de perspicacité par Mordtmann. Notre estampage confirme celle restauralion, quoique le sommet des lettres ait complètement disparu dans la cassure de la pierre. Nous aurions ici le nom du personnage de la famille de Fa’mân. C’est probablement lui qui est sujet de la phrase. — laaï. Sur ce mot incomplètement expliqué v. Mordtmann, Beitrâge ..., p. 27. — J rail? garde-t-il ici la signification ordinaire « entendre »? Le contexte manque pour le dire.

L. 4. — ï?hs]. La restitution proposée par Mordtmann s’appuie sur des vestiges très amoindris de lettres disparues. Si le y paraît à peu près sur, le 7 est beaucoup moins marqué : deux barres qui se croisent, semble-t-il, suggéreraient un n. — rritf « a fait connaître ». Verbe à la forme w répondant à la 4IÎ forme arabe, jjj et à l’hébreu jDTin. On remarquera

l’expression arabe ü As « s’imposer le pèlerinage de la

Mecque ». — üsnn répond à l'arabe « garder, observer ». — ■

■jqnsï | nrvibN peuvent être restitués, comme l’a fait Mordtmann, d’après les vestiges des lettres conservées sur l’estampage.

Texte inédit.

Sur une pierre encastrée dans le mur d’une maison située sur la petite

place, à l’est de la citadelle. L’inscription est tronquée de trois côtés; les deux premières lignes de la partie qui subsiste ont souffert, beaucoup; le reste est bien conservé, avec les caractères régulièrement et profondément gravés. Longueur 0m,5G; largeur 0m,22; hauteur moyenne des lettres 0m,03; 5 lignes; estampage (pl. LXXVII et Cil). Nous lisons :

... S I 13.3 ..nSx ... A

| “jill'l | NT3Ô ! filD | V ... .2 ... I mnsn | pttb | NÎrm | jmnm [ n ... .3 [3]iru | pn | nbaba | ruÎNi | | ... .4

...[yrn] | 3133N | noua | dju | mn | aubin... .5

Page 1