‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 82 sur 156 · cette paroi · texte numérisé non relu

cette paroi

L. 1. — naiN est considéré par Millier comme l’équivalent de l’arabe qui peut dériver d’une double origine : de « soupçonner, gronder », d’où le nom propre arabe (Kit. el-Ag., VIII, 48; XV, 15); de

cette racine, on a aussi le substantif il) ! « nœud, déshonneur », qu’on pourrait rapprocher de notre nom propre. En second lieu, l’arabe peut dériver de « construire » et faire à la forme J*a!; mais on ne voit guère, dans ce cas, quelle serait au juste la véritable signification du mot. On sait du reste qu’une tribu arabe s’appelle (Kit. el-Ag., XII, 152) (1); cf. minéen, n° 177. — Sur nnsvn irm, v. u° précédent. — ni « celle-ci » détermine d’une façon précise la prise de possession d’Abnah de la paroi sur laquelle il venait de graver son nom. Il en prenait possession, soit à prix d’argent, soit au moyen d’une autre formalité à nous inconnue.

Texte inédit.

Gravé sur la paroi du rocher, à une hauteur de deux à trois mètres; caractères négligés; longueur O"1, 35; largeur O"1, 21; hauteur moyenne des lettres 0IQ,05; trois lignes; estampage (pl. LXXXIV et CVII).

Nous lisons :

(1) Cf. le nom propre arabe Taisaky, V, p. 2397.

I p | TC | ittSn .1 1. Hilâstar fils de

bnS | mn | im .2 2. Waliabmarânat, à (pour)

nnrm | ÛTN .3 3. Hill'aivs, sa femme.

L. 1. — Ta | iirbn. Bien que séparés par une barre, les deux mots doivent être considérés comme les deux éléments du même nom propre composé (1). On en a la preuve dans le mot suivant, p, qui détermine ce

nom propre. irSri est à comparer avec l’arabe nom propre d’homme

(Yaqut, II, 354), à moins de le rapprocher de « vol » ou de

« voleur ». Pour lia, la lecture matérielle est assez sûre. Le premier signe, par sa forme développée et presque carrée, a plutôt l’apparence d’un Ta que celle d'un 1, et la comparaison établie entre ce signe et celui qui commence la ligne 2 corrobore cette interprétation. Il faut reconnaître cependant qu’en lui-même ce signe ne serait pas tout à fait inapte à représenter un icaw. Le second caractère ne peut être autre chose qu’un i. Et c’est ce qui écarte définitivement la tentation de lire ce mot Tl, le nom du dieu si connu en sabéen. Le mot Ta est à rapprocher vraisemblablement de l’arabejb qui possède un grand nombre de sens :

« pousser, couper, enlever etc. »;JL « la totalité »; on pourrait penser aussi à j^o « oiseau » et à l’hébreu Tua « rangée de pierres précieuses ». Le mot Ta se trouve en néopunique, dans un nom féminin, ySiana (Lidzbarski, Handbitch. ..).

L. 2. — nam I arn. La première partie du nom est certaine, tandis que la seconde reste douteuse, par suite de la négligence du graveur. Le premier signe de cette seconde partie présente tout d’abord l’apparence d’un n; mais on peut observer cependant que la barre du milieu ne se joint pas à la haste de la lettre; par conséquent elle peut reproduire, au lieu d’un trait intentionnel, un simple défaut du rocher. De plus, l’extrémité inférieure de la haste s’infléchit fortement à gauche et à son extrémité supérieure on la voit s’unir avec la barre caractéristique du n. Si cette barre n’apparaît pas dans son développement normal, la cause doit en être cherchée dans le mauvais état de la pierre. Le signe qui vient après ce n semble être un *i, surtout si on regarde l’estampage à l’envers. Il n’y a pas à tenir compte du défaut de la pierre qu’on voit à l’extrémité supérieure de cette lettre et qui ferait songer à un S. Quant au signe suivant, on le prendra pour un 3 ou pour un 1, suivant qu’on tiendra

(I) Il ne répugnerait cependant pas de considérer Ta | comme deux noms.

INSCRIPTIONS LIHYAN1TES.

compte ou qu’on laissera de côté la petite barre tracée en diagonale qui effleure l’extrémité inférieure du trait principal. Si on néglige cette barre, on lira un 1 et on aura le nom nïia; cf. nvra, n° 79. Dans le cas, au contraire, où cette barre paraîtrait faire partie intégrante du signe, on obtiendrait la lecture rvnn, qu’on pourrait rapprocher de l’arabe ^1/ (Yaqüt, III, 30) (1).

L. 2/3 — iimbnb. Le troisième signe est d’une lecture fort douteuse; il est possible que ce soit un b, dont le jambage de droite se fond presque avec la petite barre du n précédent; le trait du sommet est trop large pour avoir été gravé intentionnellement; il est le résultat d’un défaut naturel de la pierre. ûmbn a été trouvé en safaïtique (DM., Mission..., 602 et déchiffré ha-Laas. 11 ne répugne pas de le lire Hill’aws, en

le considérant comme étant composé de J.s « la lune » et de « a donné ».

L. 3. — nnnN « sa femme » ; cette forme se trouve en nabatéen où l’on rencontre aussi nnruN (avec le suffixe). L’assimilation du J s’est produite

ici, tandis qu’elle n’a pas lieu en arabe ni en éthiopien ft'JA’l*, mais en hébreu on a nuR. L’inscription nous informe, semble-t-il, que Hilâstar a acquis l’emplacement d’une tombe pour sa femme.

Müller, Epigr. Denkm., 55.

Gravé à gauche de la porte rectangulaire d’un tombeau creusé sur la grande paroi du rocher, à quelques mètres au-dessus du sol. La surface de la roche destinée à recevoir l’inscription a été laissée telle quelle, raboteuse, inégale, et c’est parmi ces aspérités naturelles qu ont été tracés les caractères qui nous occupent. Cette remarque a son importance pour la détermination des signes; car les lettres, assez fortement gravées, sont fort négligées. Longueur 0m,40; largeur* 0m,35; hauteur des lettres variant entre 0m,04 et 0m,07; cinq lignes; estampage, copies et photographie directe (vue stéréoscopique) : c’est sur ces trois documents que s ap-

(1) En admettant la lecture très plausible de rOIQ, on n'est pas autorisé par le fait même voir dans ce nom l’équivalent du grec Mâpvxç, le dieu principal de Gaza, bien que ce fût la transcription régulière. Rien n’empêche qu’une divinité honorée sur les côtes de la Méditerranée, reçoive un culte au centre de l’Arabie, surtout chez un peuple marchand, mais pour admettre l’émigration d’un dieu, il faut avoir des preuves plus solides que celles tirées de la lecture douteuse d’un méchant graffite.

puie notre déchiffrement. Müller n’avait sous la main que des copies; aussi ne lui a-t-il été possible que de déterminer trois ou quatre mots (pl. LXXXIV et CVII1).

Nous proposons de lire :

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