sous) le gouvernement de Salhân
L. 1. — nbbirbn. A n’en pas douter, le premier mot est un nom propre, mais la lecture en est difficile. Le premier signe, lu n par Müller d’après la copie d Euting, nous paraît être un n sur notre estampage et notre vue stéréoscopique. La grande haste, infléchie vers la gauche à son extrémité supérieure et tournant à droite à l’autre extrémité, ressemble complètement à celle des n lihyanites ordinaires; et la petite barre, à gauche, tout en ne touchant pas la hampe, occupe une position régulière : au second mot de la ligne 2, on trouvera un n absolument semblable à celui-ci. Notre copie porte un n et Doughty avait aussi tracé ce signe. Le caractère suivant n’est pas clair. A première vue, on est frappé de tout un ensemble de traits qui constituent le ï ordinaire : sorte de boucle au sommet plus ou moins bien formée; de chaque côté, une barre qui s’écarte à droite et à gauche. Cet ensemble, assez exactement reproduit par Euting et Doughty, a porté Müller à y voir un V. Mais en examinant de très près l’estampage, on conçoit des doutes sur l’authenticité de tous ces traits. Si on fait attention au trait principal, à celui qui est bien intentionnellement gravé, on constate qu’il présente complètement l’aspect d’un b. Les deux barres latérales, prises comme parties intégrantes du ï, paraissent être le résultat d’éraflures qui se poursuivent au delà des lettres. Si on ne tient pas compte de ces traits qui semblent être accidentels, on lira un b. Et le premier élément de ce nom composé sera û?bn (v. n° 67). Si au contraire on regarde comme intentionnels les traits susdits, on aura le mot ; mais alors, on se heurtera à la difficulté linguistique d’avoir un û? à côté de 1 emphatique ï. La racine irxn répond à qui n’existe pas en arabe.
D autre part nous ne croyons pas que le second signe puisse être un a, bien que notre copie favorise cette lecture. Le quatrième signe ressemble à un b sur notre estampage et il a été copié comme tel par Euting et Doughty. Sur la photographie stéréoscopique on croirait apercevoir un
INSCRIPTIONS LIHYANITES.
waw ou un ’aïn; mais cette apparence doit être le résultat d’un reflet du rocher. Ce dernier porte en cet endroit une éraflure assez considérable qui touche, à droite, l’extrémité du signe et se poursuit au-dessus et au-dessous de celui-ci. Le signe suivant nous parait être aussi un S, bien que les traits soient plus allongés et les angles plus aigus que dans le caractère précédent; mais personne ne cherchera dans cette inscription une régularité géométrique contredite par les faits. Ce signe a été correctement reproduit par Doughty qui cependant a fait trop courte la barre de gauche; Euting a dessiné une sorte de n qui n’a rien d'objectif. Sur notre carnet nous avions d’abord tracé un mim ; mais en vérifiant la copie nous avoDS dessiné un b. Le dernier signe de ce mot a été transcrit a par Müller d’après la copie d’Euting et celle de Doughty. Notre copie porte un n et cette dernière lettre est suggérée par l’estampage : les deux barres s’abaissent presque perpendiculairement, sans présenter à leurs extrémités inférieures la courbe et l’inflexion vers la gauche qui caractérisent le mim; c’est à peine si on pourrait remarquer un léger mouvement dans ce sens. De plus, la haste de gauche n’offre pas cette inflexion médiale qui la brise en quelque sorte en deux, v. 1. 3 et 4; au contraire, elle se développe régulièrement en droite ligne comme celle des autres 3 de l’inscription; cf. 1. 1, à la fin, et 1. 5. Que si la haste de droite est plus longue d’un ou presque de deux centimètres que celle du 3. d’à côté, on l’attribuera simplement à l’irrégularité des caractères; voir, par exemple, la longue queue du yod dans Dfis 1. 4 et le 'é de püiy 1. 3. La vue stéréoscopique nous donne aussi l’impression que ce signe peut représenter un 3. Comme résultat de cet examen, on proposera de lire la seconde partie du nom composé 3bb (1) à comparer peut-être avec l’arabe qui a différents sens. — p. On remarquera que le nûn, très peu incliné, est uni avec la barre de séparation : c’est ce qui donne l’apparence d’un 3 ; v. phénomène à peu près semblable n° 70, 1 .
L. 2. — tût. Lecture certaine d’après l’estampage et nos autres documents. Doughty a copié exactement le to, mais n’a pas vu le Euting a été trompé par les signes de la ligne inférieure qui paraissent se confondre avec ceux-ci. Un assez grand espace sépare le iï du T ; entre les deux, il y aurait place pour une lettre, mais l’estampage ne porte aucune trace de signe quelconque et la photographie stéréoscopique montre la roche tout à fait inégale en cet endroit. C’est peut-être 1a. raison pour laquelle on a distancé ces deux lettres, lûr peut être comparé au nom propre arabe X.~,
(1) La lecture abb n’est pas absolument impossible.
(Ibn Dor., 311, 11; cf. safaïtique 7il?, DM., Mission..., 523j. — nbn. Les deux premiers signes sont certains; le troisième a été d’abord pris par nous pour un dal et nous avions lu -Sri « durer »; mais en comparant ce dal avec celui du mot précédent, on remarque aussitôt une grande différence : la boucle du dal n'existe pas et la petite barre qui va se greffer à la ligne principale, ressemble à la barre d’un n. C’est donc rnn qu’il faut lire. En rapprochant ce verbe de l’arabe on aura le sens de « laisser, abandonner; s’en aller, mourir » (1). Cette dernière signification est précisément celle qui convient à une inscription gravée sur une tombe. Le signe suivant qui termine la ligne a été lu il? par Millier, évidemment à cause des deux lettres qui commencent la ligne suivante : n: ; on obtient ainsi le mot m il?. La lecture il? est très plausible ; mais il est bon d’observer que dans cette inscription, les il? ont une forme tout à fait classique; voir 1. 1, 2 et 5, où l’on constate toujours la barre du milieu. Or, dans le signe qui nous occupe, on n’aperçoit sur l’estampage aucun vestige de ce trait essentiel. Néanmoins sa forme générale est bien celle d’un il?, et surtout si on le compare au il? du dernier mot, on sera frappé de la ressemblance complète. On supposera donc ici une négligence du lapicide qui aura oublié la barre du milieu et on lira un il?, début du mot mil? « année ». Comme toutes les dates, celle-ci est introduite sans particule. L’année indiquée, la vingtième, doit se rapporter au règne de Salhan. — pm? C’est ainsi que nous proposons de transcrire le dernier mot de la ligne 3, lu ïjnrn « et huit » par Millier. Le premier signe n’est pas un waw, car il n’est marqué d’aucune barre au milieu. On pourrait, il est vrai, supposer une omission du lapicide semblable à celle que nous avons admise à propos du il? de la ligne précédente, mais il faudrait aussi supposer une nouvelle négligence pour le fl qui est certainement écrit n. A la rigueur il ne serait pas impossible d’avoir •jen pour psn si l’on admet que nSn est pour nbn (2). Le premier signe est un y ou un s. Si on fait attention au cercle qui est complet, on sera porté à lui reconnaître de préférence la valeur de 5?. Le dernier signe, peu clair à son extrémité supérieure à cause de la cassure de la pierre, peut être considéré comme la
(1) Dans d’antres textes, on a trouvé “rbil « a demeuré, a vécu », v. n° 70, 2.
(2) Malgré ces difficultés ou se décidera, pensons-nous, pour la traduction suivante, qui, au dernier moment, nous paraît être la plus simple, et par suite la meilleure :