INSCRIPTIONS LUI VANITES
simple barre de séparation. ]nny sera rapproché de l’arabe « demeurer pour soi », de la racine « demeurer dans un lieu » (1). S’agit-il de la durée de sa vie (2)?
L. 4. — nbn. Le second signe est lié avec le troisième, mais personne n’hésitera à y reconnaître un S : l’estampage ne laisse guère de doute à ce sujet et les copies d’Euting et de Doughty, assez exactes, favorisent cette interprétation. Le signe suivant semble plus difficile à identifier. Notons pourtant un fait bien clair : les deux barres qui suivent ont dans leurs tracés une forme et un mouvement qui conviennent parfaitement aux deux jambages d’un n; plus écartées à leurs sommets, elles se portent l’une vers l’autre comme pour se rencontrer, mais elles s’éloignent de nouveau avant de s’être jointes. Abstraction faite des deux ligatures qui réunissent la première barre au b et la seconde à la barre de séparation, on constatera dans ce signe le même galbe que dans la forme ordinaire du n (3). Mais dans ce cas pourquoi les deux jambages ne sont-ils pas unis? On pourrait répondre que c’est la négligence du lapicide; cependant l’examen du rocher fournit une autre explication. Entre les deux jambages du n le niveau de la roche change; car entre les deux, la vue stéréoscopique nous montre un renflement du rocher, de sorte que le premier jambage est plus haut placé que le second, gravé au-dessous de ce renflement. Cette constatation est suffisante pour expliquer la disjonction de ces deux jambages. Une autre question : faut-il lire le dernier signe n ou h? L’estampage ne porte aucune trace de la barre spéciale qui affecte le n en dessous et lui donne la valeur de n ; v. le commencement de la ligne 4. Notre copie, semblable en cela à celle d’Euting et de Doughty, ne porte aucune trace de ce signe spécial. Sur la photographie stéréoscopique on aperçoit au-dessous du n une sorte de rond mal défini qui ne parait pas être gravé profondément et n’a rien à faire non plus avec la ligne inférieure du n. C’est donc la lecture nbri qui est objective, comme au n° 71, 9. nbn est évidemment pour « trois ». — dus* est à comparer à
l’arabe pluriel de ^ « jour ». On notera la longue queue du yod ,
très bien copiée par Doughty, négligée par Euting qui a dessiné un y. C’est ce qui a induit Müller en erreur pour sa lecture ds?n. — bnn. Le premier
(1) Peut-être pourrait-on penser aussi à une racine
(2) Peut-être ne serait-il pas impossible de lire ‘OQnÉ) « et il a été regretté ». Le 2 serait la parti-
cule de liaison et le verbe IJCH serait regardé comme représentant l'arabe « a été désiré ».
(3) Il ne semble pas qu’on puisse logiquement interpréter autrement ce signe, en considérant, par exemple, le jambage de droite comme étant un min ou un res.
signe de ce mot offre une réelle difficulté d’interprétation, v. n° 69, 1. Sa,n est à comparer à l’arabe qui signifie « devenir fou de douleur ». C’est l’équivalent de Snn des inscriptions palmyréniennes, pour exprimer le deuil, la douleur.
L. 5. — se rencontre plusieurs fois dans les inscriptions lihyanites.
comme forme, il peut être comparé à l’hébreu n>n « voyant », appellation
donnée à un NU3 et surtout spécialement à Samuel (l Sam. 9, 9, 11). En
arabe signifie également « voyant » ; sur le ray arabe, v. Goldziuer,
Muhammedanische Studien, II, p. 131, 217, etc. Mais peut être aussi £
l’équivalent de « manière de voir, opinion, conseil, détermination ».
On connaît les expressions arabes Jj>|, « les conseil¬
lers » (Goeje, B GA . , IV, 243). De la signification de « conseil, détermination » à celle de « administration, gouvernement » la distance n’est pas grande. Et on sait que le gouverneur par excellence, chez les Sémites, le melek, le roi, était primitivement le conseiller. Il ne répugne donc pas, semble-t-il, que le mot i>o signifie « gouvernement, règne ». Et ce sens paraît être confirmé par la particule a qui précède assez fréquemment le mot par exemple, nos 72, 8; 83, 7. Dans un texte de Berry cité par
Dozy, Supplément..., I, p. 497, il semble bien que ^ ^ signifie « gouvernement » lorsqu’il dit de Abdallah ibn-Yâtin, qui exerçait le commandement suprême, que ses sujets mécontents de lui : 1 ^ sJj o le dépo¬
sèrent du ra’y, c’est-à-dire du commandement, du gouvernement. — ^nSir. Le second signe, quoiqu’un peu obscur sur l’estampage, paraît être un S. C’est la forme qu’il a sur la photographie stéréoscopique et c’est aussi celle que nous lui avons donnée dans notre copie. Douglity et Euting ont également dessiné un S. Le n n’offre aucune difficulté, mais le dernier signe n’a pas une forme nettement déterminée. On pourrait le prendre pour une simple barre de séparation. Cependant, sur l’estampage et sur notre copie, on aperçoit à l’extrémité supérieure une légère inflexion vers la gauche, laquelle inflexion a été vue également et dessinée par Doughty et Euting. A s’en rapporter à la photographie stéréoscopique, on n’aurait aucun doute sur l’existence du nûn. Pour tous ces motifs, on lira ^nStir qui sera regardé comme le nom propre du roi ou d’un magistrat supérieur. — La lecture nbir serait à la rigueur possible et ne présenterait qu’une autre forme du même nom. En arabe, on connaît comme nom propre (Ibx
Dor., 314, 9; Abu’l-Féda, Histoire antéisl., p. 128, 1. 3); cf. l’hébreu nbui ( Gen . 10, 24 etc.)
INSCRIPTIONS LJHYANIÏES.
Muller, Epigr. Denkm., pl. VII (EüITng, n° 827).
Sur la grande paroi de rocher, à quelques mètres au-dessus du sol, à côté de la porte dune tombe; les caractères sont assez profondément gravés, mais ils sont un peu négligés; longueur 0m,26; largeur 0m, 13 ; hauteur moyenne des lettres 0m,0à; quatre lignes; estampage et copies (pl. LXXXYI et G VII). Müller a donné le fac-similé de la copie d’Euting, sans l’interpréter.
D’après nos documents, nous lisons :
niïûn .1