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L. 1. — niîùn. Les traits sont très clairs sur l’estampage^ cependant la lecture n’est pas sans difficulté. Le second signe reste dans une certaine obscurité; il parait être un ù? lihyanite; il en a la forme générale. On remarquera pourtant que les deux barres latérales, au lieu d’être obliques et de former en se rejoignant un angle aigu, s’abaissent presque perpendiculairement et constituent en quelque sorte deux angles droits. Et c’est entre ces deux angles que vient se terminer la barre du milieu, tandis que dans les iy bien tracés cette barre, ordinairement, reste isolée au milieu des deux autres ou s’infléchit simplement par côté sur celle de gauche. Malgré ces deux observations, on sera porté à reconnaître à ce signe la valeur d’un iir plutôt que celle d’un n renversé. Le signe suivant offre une difficulté plus grande encore, car il ne parait pas qu’il ait été ide tifié en lihyanite. Il se trouve au n° précédent. Comme dans l’alphabet lihyanite deux lettres — sinon trois — restent à déterminer : le ÿ et le û — peut-être le d — on pourrait se demander si notre signe ne représenterait pas une de ces lettres. Mais aucune preuve ne vient confirmer cette supposition. Car on ne voit pas comment le y sabéen — y aurait-il moyen de présumer un autre point de départ? — pourrait se modifier jusqu’à prendre la forme de notre signe. Et on sera porté à faire la même constatation pour le U sabéen qui cependant serait moins éloigné de cette forme que la lettre précédente. Néanmoins il faudrait supposer une modification assez considérable : renversement de la lettre et suppression de la boucle;
MISSION EN ARABIE. — H. 27
ce qui du reste n’est pas impossible. Toutefois il n’est pas prouvé que l’hypothèse se réalise dans le cas présent, d’autant plus que la juxtaposition de ô et de ô dans le même mot ne serait guère conforme au génie de la langue. On préférera, à défaut d'une solution mieux établie, considérer ce signe comme étant l’équivalent — mais dans une position renversée (1) — de celui qui représente le n : c’est la même forme, le même galbe, la position seule diffère (2). A défaut de meilleure solution,
on propose de lire nniin. L’arabe auquel on peut le comparer, signi¬
fie « sale » ; cf. le nabatéen rm'i et nxm.
L# 2. — □'unïxooy est certain comme lecture; la barre de séparation ne se trouve que devant le verbe nbï?; n’est-ce point pour suggérer que tout ce qui précède doit être considéré comme formant un tout? La supposition est très vraisemblable et l’admettre est peut-être le meilleur moyen de trouver une explication satisfaisante, xnoy (3) paraît répondre au nom propre iooy si fréquent dans les inscriptions araméennes, comme Rabin répond à ïobin et xobino àïobino. — marn désigne un nom de famille ou de tribu; il répond à l’arabe ^ ou bien ^ (4).
3 et 4. — na | aby. Le premier mot est certain comme lecture et non moins sûr dans sa signification. Il répond à l’arabe qui veut dire « connaître », à la première forme, et « faire connaître, marquer d’un signe », à la seconde. Ce dernier sens est celui qui convient ici. Nous savons comment on consacrait un droit de propriété sur la roche de Hereibeh ; on écrivait ; « un tel a pris cette paroi ». Mais on employait aussi un autre
(1) Au n° 65, 1. 2, on trouve un !Ï d’une forme un peu spéciale : la haste est droite et la barre un peu oblique, qui ordinairement atteint la haste à gauche, la joint ici à droite.
(2) Il ne semble pas possible de voir un certain rapport entre ce signe et celui qui représente le yod sous une forme un peu spéciale, v. n° 70, 3. En effet la haste du yod est presque droite et sa boucle, en haut, n’est pas interrompue, bien qu’elle ne soit pas toujours fermée à droite. Notre signe, au contraire, ne semble pas constituer une boucle, mais la haste de gauche s’infléchit obliquement à droite. Un peu au-dessus du point d’inflexion, une barre, formant à peu près un quart de cercle, vient se joindre à la haste. Cette barre, malgré des apparences de traits sur l’estampage, ne forme pas une boucle par en haut, ni ici, ni au n° 68 où cependant elle se rapproche davantage de l’extrémité supérieure de la haste. Pour cela, il semble peu probable qu'on puisse lire un yod, qui, en supposant un n renversé, sous le signe précédent, permettrait de lire : lUm « par la vie de ».
(3) Au lieu de XOOÏ, on pourrait aussi supposer un nom composé de DV et de 1NQ, en coupant différemment les lettres; cette explication semble moins probable.
(4) signifie « le dormeur » : ce serait peut-être une épithète de blâme (Kamil al-Mubarrad,
p. 299, 1. 14). Sur les surnoms et les sobriquets en arabe, v. JA., 1907. Le mira de D'Un n’est guère douteux bien que la barre de gauche ne descende pas aussi bas que celle de droite. Si on prenait ce signe pour un S, on lirait b*U = ou « don, générosité » ; voudrait
dire « le généreux ».
INSCRIPTIONS LIHYANITES.
procédé. On traçait sur la roche le dessin de la porte de la tombe à creuser, et tout à côté, on gravait son nom. On pouvait écrire ainsi : un tel a marqué ceci. Après le n de cby, il y a, à latin de la ligne, un signe qui ne ressemble à aucune lettre connue. On s’attendrait à lire ni, le n étant renvoyé à la ligne suivante, à cause d’un manque de place entre cette inscription et la suivante gravée immédiatement à côté; mais il est impossible de voir un ï dans ces deux traits unis par en bas et entièrement séparés par en haut (1). Vraisemblablement, il y a lieu de distinguer en ce signe, deux éléments. D’abord la barre de séparation après aby. Nous avons constaté au n° 68, 1, que la barre de séparation était unie au J, et qu’elle était jointe au n à la ligne k. Reste le dernier trait qui, considéré en lui-même, parait représenter un 2. Dans ce cas, on lira n: qui pourra, à la rigueur, être traduit par « ceci », d’après l’éthiopien S'D* qui veut dire « voici lui, voici cela ».
Muller, Epigr. Denkm., 52.
Gravé sur la grande paroi de rocher, au-dessus de la porte de la tombe à côté de laquelle se trouve le numéro précédent; les caractères, dessinés avec beaucoup de négligence, sont assez clairs au commencement, mais sont enchevêtrés à la fin; la longueur est de 0m,47; la largeur de 0ra,32; la hauteur des lettres varie entre 0ra,03 et Om,OG; six lignes; estampage et copies (pl. LXXXIV et CVII). Millier, n’ayant sous la main que des copies imparfaites, n’a déchiffré que quelques mots.
D’après nos documents, nous lisons :
| p | cnrm | irbn .1 ittW | r\:w | ibn | b a, .2 | dw | "uîb; | yirm | ] .3 y | xami | DT23 | qbn .4 nir | iybnn | p | nnn | ib .3 7]bci | nrab | n | nban .6