‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 86 sur 156 · ilah, alors il l’a frappé et a régné · texte numérisé non relu

ilah, alors il l’a frappé et a régné

(1) Pourrait-on prendre ce signe pour un Q? Cela semble peu vraisemblable, parce que les deux traits ne sont pas unis par en haut; ce qui est anormal et parait directement opposé à la nature spécifique du D lihyanile. Il faudrait donc admettre une négligence notoire du lapicide, négligence qui n'étonnerait pas, étant donné le peu de soin avec lequel sont gravés ces caractères. Dans ce cas on lirait HD auquel on reconnaîtrait le sens du pronom démonstratif « ceci, cela ». Mais on se heurte à la signification ordinaire de HD considéré, en général, comme pronom relatif. Devrait-il être considéré ici comme l’équivalent de ni?

L. 1. — En avant de ce nom, on aperçoit, sur l’estampage, des points qui ne paraissent avoir aucun rapport avec l’inscription; un peu plus à droite, se trouve un signe qui ressemble à un wasem. Sur l’interprétation de fobn, v. n° 67. — mrm. On notera la forme du ? dont les deux barres sont unies en bas, au lieu d’être séparées. On trouvera un second t analogue, à la ligne 6. Ce nom propre, Zaydharim, est composé de deux éléments bien connus : le premier, TT, répond à l’arabe -Jj ; sur le second, mn, v. n° 45. — p. A noter la manière dont le nûn est uni à la barre de séparation; nous avons déjà rencontré des ligatures analogues,

L. 2-3. — bi, transcrit, mais non traduit par Müller. Est-il pour bya ou pour bia? L’une et l’autre supposition seraient admissibles en palmyrénien et en phénicien. On ne voit pas comment le lihyanite répugnerait à ce

phénomène. En arabe, on connaît les y? (Ibn Dor., 237, 3). — “bn « demeurer, rester ». Si Hilas est un roi, le verbe voudra dire probablement « régner ». — pury | njirr déchiffré par Müller, qui cependant a tort de rattacher le mot suivant yâmi à puly, car yu?n forme un tout avec W!? qui vient après. — “ittJy | yizmi répond à l’arabe^uc aju~3j = 19. Ce nombre 19 est déterminé par le mot D'N, répondant à l’arabe JJ1, pluriel de pj; l’arabe littéraire demanderait ici au singulier. On observera que la barre de séparation avant le mot ans4 est unie avec le i précédent; on notera également la forme un peu spéciale du yod dans D'tt, laquelle forme se retrouve à la ligne 5 et au n° 77. La durée de la vie (ou du règne) de Hilâs est donnée exactement : 20 ans et 19 jours.

L. k. — ï^bn. Lecture certaine, contre ybn de Müller : l’estampage porte clairement un 3. sbn peut être considéré comme préposition ou comme verbe. Dans le second cas, il répondrait à « succéder », « lais¬

ser après soi, ou choisir comme successeur » ou bien à OJU. « s'opposer à » (1). Mais il semble que, dans ce cas, il serait précédé d’un waw,

(1) Si qbn était pris pour un verbe, malgré l’absence du waw, il serait susceptible de différentes interprétations. Regardé comme l’équivalent de ép « a succédé », il aurait pour sujet D12S, qui serait présenté comme ayant succédé à Hilâs. Mais comme l’inscription est en l’honneur de Hilâs, cette interprétation sera écartée, d’autant plus que, ainsi comprise, la phrase ne serait

peut-être pas très normale. Si t|bn répondait à wibx « laisser un successeur, ou choisir son successeur », on aurait peut-être un sens acceptable : en tout cas, il serait plus naturel d’indiquer ce fait avant la mention de la mort de Hilâs. Reste la troisième hypothèse : qbn répondant à

s’est opposé à ». Mais ce sens non plus ne cadre pas très bien avec l’ensemble du texte, qui nous informe que la révolte, dirigée par un certain Sahm’ilah, a été comprimée par la mort de son chef.

INSCRIPTIONS LIHYAN1TES.

parce qu’il y a un premier verbe à la ligne 2. L’absence de waw in-

cline à voir dans sbn une préposition, répondant à wiii. « après ». On indiquerait, en termes assez clairs, que Ijilâs a succédé à Fatim, bien qu’il ne fût pas son fds. — Cette façon de se glorifier n’est pas un fait inconnu. On sait comment Darius, après son avènement au trône, s’est plu à nous tracer lui-même sa propre généalogie. — DUS parait certain comme lecture : le premier signe n’est pas bouclé par en bas; le second est trop allongé pour être un waw. DES a déjà été trouvé en lihyauite ( Epigr . Denkm., 69, 2); il peut être lu Jsli, forme masculine du

féminin bien connu iUMr — n nom. Le second signe ne représente pas bien franchement un:; la haste de gauche, au lieu de se terminer à angle droit, décrit une courbe légère à son sommet et est un peu plus longue que la barre de droite : tout cela cependant ne paraît pas suffisant pour donnerà ce signe une valeur autre que celle du s (1). Les deux caractères suivants sont deux o plutôt que deux S. «nom (2) peut être considéré

comme l’équivalent de l’arabe UL>j « et en ce que, quand ».

L. 4/5. — ib 'J- Sur la forme du yod final, v. 1. 3. Vraisemblablement, on a ici le verbe « être élevé, monter au-dessus ». — non. C’est par deux n que nous transcrivons les deux premiers signes; le second, dans sa forme bouclée, n’offre aucune difficulté ; le premier, considéré surtout dans sa dissemblance avec le suivant, paraîtra peut-être un n de mauvais aloi, et sollicitera plus ou moins le lecteur à lui reconnaître la forme d’un b. Mais on notera que dans cette inscription les b ont une forme bien caractéristique, par exemple dans iubn et qbn. D’après cette comparaison, le signe qui nous occupe, avec deux barres qui descendent au même niveau et s’infléchissent en avant, doit être pris de préférence pour un a. Quelle sera l’interprétation de ce mot? On pourrait peut-être proposer de le re-

(1) En supposant une barre de séparation après le waw, on pourrait essayer de prendre pour un nûn le signe qui s’infléchit à son extrémité supérieure ; encore faudrait-il admettre qu’il est mal

fait. Dans ce cas, fort problématique, on lirait qu’on rapprocherait de l'arabe ^ « faire

réussir, augmenter ». Toutes ces hypothèses reposent sur des fondements bien fragiles.

(2) Serait-il possible de voir dans ND'CQ la seconde forme intensive d’un verbe? Dans ce cas

on aurait écrit deux fois le O pour indiquer la réduplication, comme cela se pratique parfois en minéen ( Siid-ar . Chrest., p. 19). Resteraità déterminer la forme fondamentale de ce verbe, car la racine NCC ne se trouve pas dans les dictionnaires. L’hébreu connaît le substantif NDü « hauteur » et l’assyrien bamâti « les hauteurs ». Ne serait-il pas possible d’admettre une racine verbale coexistant primitivement à côté du nom HQ1, s’écrivant ou avec le sens de

« s’élever ou élever »? Dans cette hypothèse on traduirait la ligne 4 : « Il a laissé comme successeur Fâtiin et il a élevé sur... ». Pures suppositions qui n’éclaircissent pas le problème!

garder comme étant l’équivalent de « de lui », en supposant l’existence de cette forme d’après l’analogie ïpaa, quoique l’hébreu ait développé cette forme en usa au lieu de inaa (1). — yo entre les deux barres de séparation est certain. Il sera pris pour la préposition ^ « de » plutôt que pour le verbe « diminuer, abaisser; faire du bien à quelqu’un ». — àbnn. On notera que dans le second signe, la haste atteint le waiv de la ligne supérieure. De plus, on observera à l’extrémité inférieure trois barres plus ou moins obliques : une à droite et deux à gauche. Celle de droite est la continuation régulière de la haste infléchie du n. Les deux de gauche doivent être distinguées avec soin. La première, en commençant par le haut, est un défaut de la pierre et ne doit pas être prise en considération; la seconde, gravée immédiatement au-dessous, est la véritable barre oblique du n. Le dernier signe a l’apparence d’un il? plutôt que celle dun n ou d un î. Ainsi déterminé, û?bnn nous parait être le même personnage que celui du commencement de l’inscription. On l’a fait précéder ici de l’article n, pour bien spécifier que c’est le même : « ce Hilâs » (2). — nbx'nnûr, nom propre composé du nom divin nba et de nnür qui répond à l’arabe « flèche » ; est également un nom propre (Ibn Dor., 73, 21; Kit. el-Ag., III, 118; XII, 123, etc.). Le. premier signe que nous interprétons iir pourrait à la rigueur représenter le 7, car la barre du milieu s’infléchit à son extrémité inférieure et s’appuie sur la haste de gauche. Dans ce cas on lirait ni, pronom démonstratif. Mais cette lecture exigerait la barre de séparation après le pronom. On ne voit aucune trace de ce signe.

L. 6. — placé entre deux barres de séparation doit avoir un sens propre. Le waw est la copule. Le signe qui vient après a toutes les apparences d’un 7. Sur le trait transversal, on aperçoit le commencement

(1) Celte traduction n’est pas exempte de difficultés. Tout d’abord la forme est nouvelle. On remarquera ensuite que la préposition "jq après le verbe Jlc « s’élever de quelqu’un » pour

« s’élever contre quelqu’un », n’est pas ordinaire. L’expression ^ JJ b « se réfugier auprès

d’Allah contre... » n’est pas un exemple tout à fait semblable. De plus, la phrase itfSnn ]n HQQ « contre lui, contre ce Hilâs » est tout à fait aramaïsanle. Ce sont là de graves difficultés. Aussi serait-on tenté de chercher une autre explication. nOD pourrait être considéré comme l’équivalent de *Uy « indication », de^Uj; on traduirait alors : « contre l'indication de Hilâs ». —

nOO pourrait encore être regardé comme l’équivalent de 4^3 « son guide » ou du syriaque <( serment ». Mais ces hypothèses n’écartent pas l’obscurité qui plane sur ce passage.

(2) îl'Snn pourrait aussi être l’équivalent de ^o^A-1.

INSCRIPTIONS LIHYANITES.

d’une barre qui serait celle du i, mais on peut se demander à juste titre si elle est intentionnelle. Le ï serait ici plus de style que le *, car ce dernier ne peut guère s’expliquer que par le H éthiopien « celui-ci ». Nous avons déjà admis un démonstratif éthiopien, n° 69. — nrub. Les deux premiers signes ne souffrent aucune difficulté. Le troisième nous parait être le n renversé dont nous avons parlé au n° 68- Il existe ici un certain enchevêtrement dans les signes, provenant de la prolongation du n de la ligne précédente ; mais on détermine parfaitement les traits qui reviennent à chaque lettre. Dans nrub le n est un pronom suffixe; ruS sera comparé à l’arabe « frapper, faire périr ». — Tjbal. La barre

médiale du waw se joint, par son sommet, à la barre de séparation de la ligne précédente. L’extrémité supérieure de l’avant-dernier signe est unie à la barre du n de la ligne supérieure. A première vue, ce signe présente l’aspect d’un S. Il est donc très naturel de lire ~jbn « il a régné ».

Ce texte reste dans une certaine obscurité, à partir de la ligne à. Mais l’interprétation proposée tient compte de l’unité du document écrit à la louange de Hilâs.

Texte inédit.

Gravé sur la paroi du rocher, dans un cartouche; à partir de la ligne 6, la façade du rocher a été endommagée, vraisemblablement avant l’inscription, de sorte que les lignes se rétrécissent, ne restant régulières que sur le côté droit; on ne saurait cependant affirmer que l’inscription est tronquée; les caractères sont tracés avec négligence, sur la pierre fruste, et offrent un mélange intéressant de signes minéens et de signes lihyanites, comme on le verra dans le commentaire; longueur du cartouche lm,09; largeur 0m, 84 ; la hauteur des lettres varie entre 01U,15 et 0m,05; dix lignes; estampage, photographie directe et copies (pl. LXXXM et CVIII).

Nous lisons :

ton | p | nw

‘ Anzali fils de ’Aws

'•ny | p | Sijn | p

fils de Tanîl fils de 'Abd-

nrurnon | Sxî

da'al Hâni’hanîkat

| | nir

a frappé Nafah’alar

aun | nanbn.

Balhimâr de Rawg

iy | l'-man | n:iy

l’année où Man’ady fut

a •” 7. fait captif et a été proclamé (chefl)

T | Sicbn .8 8. ce noble personnage

nbnb .9 9. pour trois

.10 10. ans

L. 1. iTTJÿ est à rapprocher du nom propre arabe ïÿz, nom d’homme (Kit. el-Ag., VIII, 83; VII, 46, etc.; IX, 36) et nom de tribu (Kit. el-Ag., III, 126; X, 113, etc.). De nos jours, la tribu des 'Anezeh est bien connue. — ù?N répond à ^jt; le iy a la forme et le galbe d’un iy minéen.

L- 2. bijn peut être un nom propre comme JojX (Ibn Don., 314, 9). La racine Jb signifie « obtenir ». On remarquera la forme des deux derniers signes, qui, étant réunis par en bas, semblent ne former qu’une lettre qui serait un ô vraisemblablement; mais il y a lieu de les séparer. Le yocl a une petite boucle à son extrémité supérieure. — barras? est un nom propre composé. Le premier élément *ny reste un peu incertain comme lecture. Le dernier signe est mal formé; on dirait une grande barre de séparation suivie d’un nûn dont l’extrémité inférieure tournerait à gauche au lieu d’infléchir vers la droite. Dans le cas où l’on aurait Sn o | TJ, on considérerait ay mis pour 7 a y comme dans iynryay pour vnw-Tj. Le mot baij serait regardé comme un participe nif'al. Mais étant donné la manière négligée dont plusieurs caractères sont tracés, on admettra comme assez vraisemblable l’existence d’un dalet : la barre représentera la haste principale et le signe qui vient après comptera pour la boucle du dalet ; hypothèse, si on veut, mais hypothèse très plausible. baî, au commencement de la ligne suivante, est d’une lecture certaine. Il est ici le second élément du nom propre. L’arabe j!i> signifie « marcher rapidement», est un des noms du loup (1).

k* ris^ruon, certain comme lecture, est un nom propre composé de deux éléments : *un déjà rencontré plusieurs fois, et naan. La racine qrn, en hébreu, signifie « consacrer » ; nwn « la consécration »; qijn fils de Madian (Gen. 25, 4). rauroon pourrait s’expliquer d’après ce sens hébreu : « Serviteur de la consécration ». De la racine arabe « être

intelligent et rendre intelligent » est dérivé le nom propre d’homme, (Ibn Don., 248, 14). En safaïtique, qjn existe comme nom propre (DM., Mission..., 667, 792). Après ce nom, il n’y a pas de barre de séparation; d’ailleurs, on n’en constate pas toujours à la fin des lignes, dans cette inscription.

k’ rïiy nous parait être d une lecture assez objective. Le premier (1) Peut-être SnÎ pourrait-il être expliqué par Sn 7 « ceux de Sa ».

INSCRIPTIONS LIHYANITES.

signe est un ù minéen; cf. 1. 1. Le second signe produit, à première vue, 1 impression d un waw , mais on constate bien vite que le cercle n’est pas complet, et qu'il est, par suite, difficile de songer à cette lettre. Il parait également impossible d’y voir un ÿ, car ce qu’on pourrait prendre pour le trait caractéristique de cette lettre est simplement le commencement de la barre de gauche du n et il se poursuit dans une légère éraflure de la pierre pour atteindre la dimension de la barre de droite. Si le n, dans d autres mots de cette inscription, revêt une forme différente, moins arrondie et moins semblable au fli éthiopien, il se présente cependant ici avec les éléments essentiels de cette lettre, nüt, ainsi déterminé (1), sera rapproché de 1 arabe ^w, qui, comme l’éthiopien, signifie « répondre », mais

qui a aussi le sens de « frapper ». La signification d « ensevelir » est rattachée à 1 éthiopien rtrh ; mais nous n’avons constaté la présence d’aucune tombe en cet endroit. Et nous savons de par ailleurs que toutes les inscriptions gravées sur les parois de Hereibeh n’étaient pas destinées à perpétuer le souvenir d’un défunt. Après nir, on aperçoit nettement la barre de séparation. — "ibiS'HEO semble assez certain comme lecture. Le second signe pourrait être à la rigueur un 3, voir cependant à la ligne 7 le même caractère lu s. iSnhsj a une apparence araméenne plutôt qu arabe. Un pourrait se demander si sous le dernier élément de ce nom composé, iSk, ne se cacherait pas le dieu Alour mentionné dans la stèle de Zakir (Pognon, Inscriptions sémitiques, p. 173). Le premier élément répond à l’arabe ai J « être docile, se laisser conduire par quelqu’un ». Le nom ibxns; signifierait : « docile ou obéissant envers Alour ». L’absence du i dans le lihyanite ibtt n’est peut-être pas de nature à empêcher 1 identification proposée.

L- 5* “lonbs semble être un second nom de "ibîsMSJ. Le 2 est certain quoiqu un peu endommagé par une éraflure; on notera la forme du n librement dessiné. innba paraît être un nom composé de bu (n° 70, 2) et de mn sur 1 explication duquel v. n° 58, 2. — Aun. Le premier signe doit être un n; il se retrouve à la ligne suivante et à la ligne 8. Le petit trait qu on aperçoit au milieu de la haste de gauche n’est probablement pas intentionnel. Le dernier signe paraît être un 3 dont on aperçoit la boucle caractéristique à gauche, aun peut être traduit par « de Rawg », d après 1 arabe qui est le nom d’une région, aux environs d’Alep

(cf. Yaqüt, II, 828; IV, 97).

(l) La lecture ‘'3.Ü? « faire prisonnier » serait tentante, mais le trait de gauche qui se développe régulièrement sans interruption empêche la lecture d’un 2 et d’un 1.

L. 6. — n:i2? « année ». A noter la forme du iir lihyanite et le comparer au iy de la ligne 1. Le nûn est tourné à l’envers, comme les deux nûn du dernier mot. — iïnjg. Les deux premiers signes sont joints ensemble, mais ne paraissent pas douteux. Le n qui suit est très développé, mais il n’est pas plus suspect que celui de ibRnSJ à la ligne 4, dont il a la forme; il se distingue ainsi nettement des n des trois premières lignes. Le 7 qui vient après n’est pas autant développé et n’offre pas de doute. Il ne faut pas tenir compte d’une barre qui le surmonte et qui représente une éraflure de la roche. Le yod final a la boucle assez allongée, à droite, tandis que cette boucle est très courte dans les autres yocl.

L. 6 et 7. — vÎKja est un nom propre dont l’analyse demeure obscure. — aûr. Le iir, après la barre, à la fin de la ligne, est très clair. Le a commence la ligne 7; malgré sa forme un peu anormale, étant penché et ayant le jambage de gauche beaucoup plus développé que celui de droite, il ne saurait être douteux : on le comparera à celui de SsnSn de la ligne suivante, aiir doit être rapproché de l’arabe ^ « faire des prisonniers, amener en captivité »; l’hébreu uui a une signification analogue. Vraisemblablement on lira ici le passif « a été fait prisonnier,

ou esclave ». On veut mettre dans son cadre historique un fait : la victoire de 'Anzah sur Nafah’alar, et pour cela, on mentionne un autre fait connu de tout le monde : la captivité de Man’ady. C’est la méthode arabe. Aujourd’hui, tous les bédouins prennent la dernière destruction de Kérak comme date universellement counue : une telle razzia a eu lieu avant ou après la destruction de Kérak.

L. 7. — -ans. La lecture est certaine. Le i de la fin se termine à une éraflure de la roche. Le s représente la copule et indique une conséquence de manière à faire considérer l’action exprimée par le verbe suivant comme résultant de l’action du premier verbe. — -an ne parait pas devoir être expliqué par l’hébreu -an « lier, attacher », ni par l’éthiopien « s’associer, s’adjoindre quelqu’un », mais par l’arabe Ce dernier conserve toujours, parmi les modalités de ses formes, l’idée de connaissance : à la première forme, ^ « connaître »;^a « faire connaître, proclamer, etc. ». Comme dans cette inscription il s’agit d’une victoire de Anzah, il semble naturel de trouver la mention de la récompense de sa valeur. Et précisément, on aura cette mention, si on regarde "an comme l’équivalent de l’arabe « a été proclamé ». D’après la

marche de la phrase, le passif est très possible ; on pourrait aussi à la

INSCRIPTIONS LIHYANITES. 427

rigueur lire « on a proclamé ». Il ne serait peut-être pas impossible de voir quelque chose de plus dans et de le regarder comme un verbe dénominatif de^k « chef », de sorte que serait régulièrement traduit

par : « a été proclamé chef ». A la suite de sa victoire, 'Anzah aura été l’objet d’une proclamation publique ou aura vu son commandement prorogé.

L- 8. — *aoSn « le noble ». Ce mot nous parait avoir la même valeur qu au n° 72; bn rappelle l’article arabe J!. — A la fin de la ligne, 7 est très clair : il accentue la détermination de bacbn. On traduira la ligne 8 par ; « cet illustre personnage; ce (chef) distingué ».

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