L. 9. — piy répond à l’arabe ou cf. l’hébreu ’j’nay (Juff
12, 13). Müller n’a donné aucune traduction de ce mot qui pourlant ne parait souffrir aucune difficulté. — ÛJton ; la dernière lettre notée comme douteuse par Müller est certaine sur la photographie et même sur la copie de Doughty. ù?>on est un nom bien connu. Comme il n’est pas précédé du mot p, on hésitera peut-être pour savoir si pay est fils de Hanu’âs. Dans le cas affirmatif, on regardera l’article n devant le nom propre irxj comme jouant le même rôle que l’article J! dans la généalogie moderne arabe; on dit ^JLJ! pour ^'1 ^UL>. Dans cette
supposition, on traduirait : 'Abdon fils de Nu’âs. Puisque ce document est daté de la cinquième année de Abdôn, on ne saurait douter que ce personnage ne soit un magistrat éponyme ou le roi lui-même.
Müller, Epigr. Denkm., 26.
Gravé sur la paroi de rocher, au-dessous et un peu à droite du n° 72. Nous n’avons pas retrouvé ce texte en place; lors de notre passage, il
INSCRIPTIONS LIH VANITES.
avait été enlevé avec le numéro précédent, sauf les deux dernières lignes visibles sur la photographie (pl. LXXXYII). Mais en même temps que le précédent aussi, il avait été photographié; et c’est sur la même photographie que nous avons pu l’étudier. Notre lecture s’écarte notablement de celle de Muller; six lignes (pl. LXXXVII, LXXXVIIbl8 et CIX).
Nous lisons :
nja, | prpnm
’AmatyaVan fille de
22 Tjn | n[-)]T2 | TT
Dâd a promis à la place (?) de sa
bnnnn | p | nn
fille Qciyn, la fille de Hatil,
T2 | t an | pbitfb
à Salmân, suivant la promesse que lui
ruais ncN | nby m
avait faite sa mère , [pour] sa prospérité
rmirn
et son bonheur.
L. 1. — prnnaR, lu ^pinnx par Müller qui trouve cependant extraordinaire l’écriture de ppi. Les deux signes rendus par ip dans Müller, sont transcrits yn par nous. Celui que Müller interprète par p possède bien les apparences de cette lettre, sauf cependant la particularité assez caractéristique des deux barres du sommet : le p ordinaire, même dans ce texte, 1. 3, n’a qu’une barre. Faudrait-il admettre deux façons d’écrire le même signe? Quoique le fait soit possible en soi, il paraîtra peut-être un peu anormal et on cherchera une autre solution à cette difficulté. Nous retrouverons plus loin ce signe, auquel nous reconnaîtrons la valeur de fi, en considérant les deux barres d’en haut qui se terminent au cercle, comme représentant la partie supérieure du n, v. n° 78, 3. Le signe suivant est lu i par Müller. Sur la photographie, on aperçoit parfaitement le commencement d’un trait qui a été pris pour la barre inférieure du yod ; mais on observera : 1) que ce trait est tout à fait insignifiant, si on le compare à la queue du yod qui précède; c’est un coup de ciseau de trop; 2) que le cercle qui répond à la boucle du yod, est bien plus considérable que celui d’un yod ordinaire ; 3) que ce signe est semblable au y de la ligne suivante. Pour tous ces motifs, nous le transcrivons par y. Le second élément de ce nom composé sera donc lu 'jyru, autre forme de pin fréquent en himyarite. — Le premier élément, nnx « servante », se rencontre souvent dans les noms composés phéniciens (Lidzbarski, Handbuch... Cf. n° 76, 1).
L. 2. — Sur n v. n° 52, 5. — nîj est d’une lecture certaine; le second sigue est un t et non un il? (contre Müller) : pour s’en convaincre, il suffit de le comparer avec les deux autres î de la ligne 4, et avec les
V) de la ligne 4 et de la ligne 6. Mais nïa reste d’une interprétation obscure. L’arabe j.J n’a pas une signification satisfaisante ni l’éthiopien nazaza « consoler ». Peut-être pourrait-on, à la rigueur, l’expliquer par l’hébreu nu « séparer, excommunier »; l’arabe Jj veut dire « être séparé, mis de côté ». Mais la signification n’est pas satisfaisante. Il est possible que le lapicide ait oublié un n après le 7 et nous proposons de le restaurer. On lirait alors rrVTj comme à la ligne 4/5. — vj'z, soupçonné par Millier, est certain comme lecture. On serait porté à le prendre pour l’équivalent de l’arabe 3ju « après ». Mais il ne répugnerait pas de l'ana-
lyser par « à cause du retour ou dans le retour » ou encore par « pour la fête ». De ces deux interprétations, la première paraît préférable. Qayn avait peut-être entrepris un long voyage ou pèlerinage, sous la conduite de Salmàn, chef de caravane; comparer n° 144, 6. Au retour, on donne au guide expérimenté qui a su éviter tous les dangers du désert, la fille de Ilatil. Nous savons par les inscriptions sabéennes, combien les anciens étaient soucieux de témoigner leur reconnaissance pour le succès d’une expédition lointaine. Quoique cette dernière supposition soit vraisemblable, il serait peut-être préférable de reconnaître à vj2 le sens de l’hébreu un « à la place de, au lieu de ». Après un on lit n à la même ligne. A la suite du nün, on aperçoit sur la photographie — et l’estampage d’Euting — un signe qui ressemble à la barre de séparation, mais qui s’en différencie cependant par deux inflexions propres au nùn. Et en effet, en y regardant d’un peu près, il est aisé de s’apercevoir que ce signe appartient à une autre inscription gravée à côté et qu’il représente le j du mot yjyn, ligne 2 du n° 75, v. photo., pl. LXXXVIIbis. Il ne faut donc pas lire | p à la suite de Müller, mais nnn, en prenant les deux premières lettres de la ligne suivante : la barre de séparation est très visible après le n. Remarquons, en passant, que la barre de séparation ne se trouve pas après chaque mot, mais après des groupes de mots unis par le sens.
L. 3. — ip est un nom de personne; on le rapprochera de l’arabe nom de tribu (Kit. el-Ag ., II, 194; XI, 87, etc.). L’arabe connaît aussi et (jf) comme nom de localité (Yaqüt, IV, 192-193). — Snn, lu d’abord bpn. Mais nous donnons au second signe la valeur de n, suivant la remarque de la ligne 1. Sur Snn v. n° 65, 1.
L. 4. — inSittS « à ou pour Salmân ». C’est l’homme qui doit bénéficier de l’action (n[7]û) de ’Amatyat'an. — ion, dont la lecture est cer-
INSCRIPTIONS LIHYÀNITES.
taine, sera considéré comme répondant à l’arabe ou mieux U ^j».
Le mot % « intention, dessein » est à l’accusatif absolu, comme dans l’expression U « selon que ». — mÏ3 « elle avait voué, promis
par vœu », au féminin, car le sujet est nnx. Millier a pris les 7 pour des ûr.
L. 5. — nbÿ, composé de la préposition 1 s et du pronom suffixe. Ce dernier, d’après les règles de l’accord en arabe, se rapporterait, non à Salmân, mais au pronom 7 dans 7nn. Dans ce cas on traduirait : « suivant le vœu fait par sa mère » (1).
N08 74 et 74 bis.
Textes inédits.
A gauche du n° 73, immédiatement au-dessus du n° 75, on aperçoit sur la photographie un graffite que nous donnons ici à cause de la place qu’il occupe dans ce groupe d’inscriptious (pl. LXXXYII, LXXXYII bis etCIX). Nous lisons :
dSïh | nru | yjjrn | nnn
Da’tah, l’artiste , a sculpté la statue.
nnrr est à rapprocher de l’arabe &ci, nom propre d’homme (Ibn Dor., 291, 8). La racine signifie « jeter de la poussière avec la
main ou le pied », « la colère ». Le secoud signe pourrait être pris
pour un waw, à cause d’une barre qui paraît couper le cercle par le
milieu; dans ce cas, on lirait « fuite du champ de bataille », mais en réalité, cette barre, examinée à la loupe, produit l’impression d’ètre une éraflure. — nm est à comparer à l’arabe « tailler, façonner, sculp¬
ter ». L’objet du travail de l’artiste serait ici dSïh « l’image, la statue ». Nous n’avons constaté aucune œuvre de ce genre, sur la paroi de rocher, ni à côté. Peut-être le texte faisait-il allusion à une des statues nombreuses qui ornaient le temple situé à quelque distance à l’ouest. Les quelques lettres qu’on aperçoit à l’extrémité de la ligne, à gauche, ne font pas partie du graffite. — Au-dessus de ce graffite, on en distingue un autre, 74 bis, plus finement tracé, que nous lisons :
(1) Nous n’avons pas sous la main les travaux d’Halévy. Mais nous constatons que sa traduction de cetle inscription, telle qu’elle est donnée par Muller ( Epigr . Denkm., p. 75, en note), s’appuie sur une fausse lecture et est inexacte.
TI | p | “ny ' Abd fils de Zayd.
Immédiatement au-dessus du n° 74, apparaissent sur la photographie quelques traits négligemment tracés, reproduisant probablement un nom. Les deux derniers signes pourraient être lus *13.
Müllkr, Epigr. Denkm ., 25.
Gravé sur la paroi de rocher à côté du n° 73, immédiatement au-dessous du n° 74; les caractères sont très réguliers et très nets; le commencement des lignes, au début surtout, a été récemment abîmé par l’ouvrier qui a détaché le n° 73; la première ligne est plus longue que les autres, les dépassant à gauche de 0m,16; la longueur moyenne de l’estampage est de 0m,48 ; la largeur, de 0m,33, la hauteur moyenne des lettres est de 0m,0i. Le graffite en deux lignes qui est gravé immédiatement audessous, ne fait pas partie de cette inscription, comme l’a cru Müller : il constitue un tout indépendant, v. n° 76. Estampage et double photographie directe (pl. LXXXVII, LXXXVIIW3 et CIX).
Nous lisons :
ïn | nbxia
1 p 1 ^ipy
lAqrab fils de Maralah artisan, de
n | y six
I nbÿi | yj
clu Galah, a représenté (?) Abu il f
3 | iipna | qiNa
aux deux côtés du tombeau,
t | myiyi |
mais | is
(pour) sa prospérité, son bonheur et
| irnn | roi v | nmna
son avenir! la cinquième année
■>nbn |
p | irNjnb
de Hanuâs fils de Talmay
pnS | T]Sd
roi de Lihyan.
L. 1. — aipy. Aux excellentes explications données par Müller, on peut ajouter maintenant que ce mot se trouve comme nom propre masculin, en safaïtique (Littmann, Semit. inscr., 22, et DM., Mission..., 39, 76, etc.). — rnxio peut s’expliquer par Nia et nbx « l’homme d”Ilah », comme >r\ signifie « l’homme d’al-Qays ». A l’appui de cette interprétation, on fera valoir l’usage du lihyanite de supprimer, d’une façon qu’on pourrait appeler habituelle, Yalef de hSn dans les noms composés; cf. n0i 60, 77, etc. En nabatéen, au contraire, Yalef est écrit d’une manière générale dans le nom divin qui entre comme élément dans les noms composés, dans ïnbiam, par exemple. Il ne faudrait guère excepter de cette règle que des graffites d’une époque tardive, soumis peut-être aux mêmes
INSCRIPTIONS LIHYANITES.
influences linguistiques que les inscriptions et les graffîtes lihyanites.
L’explication proposée parait préférable à celle qui considérerait m, premier élément du nom composé, comme l’équivalent de l’arabe y, sur lO, nom propre en safaïtique, v. Littmann, Semit. inscr., n° 115.
L. 2. — nbsn, certain comme lecture, demeure d’une interprétation obscure ; le mot doit désigner, vraisemblablement, une famille ou un clan; peut-être s’applique-t-il à une terre, à un domaine dont 'Aqrab aurait été le seigneur. La racine ^ n’existe pas en arabe. — vrm est
regardé par Müller comme une 4e forme du verbe qui a le sens de « couler » mais auquel il assigne celui de « mouler ou graver » suivant l'exigence du contexte. On comprend en effet que le verbe doive exprimer ici l’action d’un sculpteur sur un tombeau en faveur d’une autre personne. Reste à déterminer la nature de cette action que l’inspection des lieux ne saurait indiquer, étant donné que nous n’avons aperçu en cet endroit ni statue, ni image ni aucun travail d’architecture. — Sur v. n° 72, 1.
L. 3. — ripni « dans ou sur les côtés », ’ipn est considéré par Müller comme le duel de îpn qui répond à l’arabe JLL. Or ce dernier signifie proprement « le côté du corps, la ceinture ». Un second sens lui est reconnu par les Arabes : celui de « endroit élevé et escarpé qui n’est pas atteint par les eaux ». On ne saurait dire s’il s’agit ici des côtés intérieurs du tombeau ou des côtés de la façade extérieure. — 123 est le même terme que le R1D3 nabatéen pour désigner « le tombeau ».
L. 5. — nmrâ « son avenir ». Ce mot est en rapport avec l’arabe iL=J « la chose dernière, la fin ». Mais si en arabe est devenu l’ex¬
pression spécifique pour désigner la « vie suprême, la vie future », c’est l’influence du Qoran qui en est la cause; car le mot en lui-même, rappelle l’hébreu rfnntf « fin d’une chose, résultat ». C’est pour assurer son avenir et son bonheur, qu’on fait telle bonne action. Peut-être seraitil possible de le comparer au nabatéen "inN « postérité ».
Müller, Epigr. Denkm., 25, 1. 8, 9.
Gravé au-dessous du n° 75, dont il se distingue par la différence des caractères, plus allongés que ceux du n° précédent et tracés en relief; deux lignes séparées par un trait; longueur O"1, 30; largeur 0m,10; hauteur moyenne des lettres 0m,05; estampage et photographie directe (pl. LXXXVII).
Nous lisons :
I rua | “Tanna# .1 1. 'Amathamîd fille de
I nynon I Dïy .2 2. '. Asim , la donatrice.
L. 1. Tanna#. Le # n’est pas en relief, mais en creux; il semble avoii été oublié et gravé après coup, en dehors du cadre qui se termine visiblement entre cet # et la consonne suivante. La petite ligne en pointillé qu on aperçoit à droite de Yalef sur l’estampage et la photographie a pu être tracée ensuite pour servir d’encadrement à cet alef. La seconde lettre, prise pour un S par Millier, est sûrement un a; le jambage de gauche est un peu cassé dans la partie inférieure; ce qui lui donne une certaine îessemblance avec le S dont le trait de gauche est notablement plus court que la liaste de droite. Mais même dans l’état diminué où il se trouve, ce jambage est trop long pour être celui d’un S; et en second lieu, on 1 aperçoit sur 1 estampage se poursuivant après la cassure dans son mouvement normal de marche en avant. La lecture ne saurait donc soulever un doute et nous avons, au lieu de Tonnb#, le substantif très régulier Tanna#, duquel on rapprochera jyrbno# n° 73, 1. Les deux éléments constitutifs de ce nom s’analysent aisément : le second, Tan, répond à 1 arabe ou « loué », appellatif de la divinité; cf. Qorân, 4, 130 :
Di alH ^ y Sur na# v. 73, 1, et ajouter la mention des noms propres arabes x»t, L») « la servante de l’unique ou la servante
du glorieux », appellation donnée à la fille de 'Omar ben ’All Rabî'ah
[Kit. el-Ag ., I, 3 V , 68); <L»! « la servante du roi » (Kit. el-Aù.