‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 114 sur 136 · II. Demoulin, se · texte numérisé non relu

II. Demoulin, se

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engagées, aujourd hui très détériorées; celle du côté gauche est cependant encore bien reconnaissable. Elles n’avaient point de chapiteaux, mais leur sommet s évasait à 1 extérieur en forme d’acrotère supportant deux urnes dont celle de droite a presque entièrement disparu. Ces acrotères terminaient un arceau formé d’une grosse moulure ronde en demi-cercle qui couronnait le dessus de la niche. Il n’y avait pas de fronton proprement dit. Au sommet de l’arceau était placée une troisième urne actuellement fort dégradée.

c) Stèle du dieu A ara (pl. XLI). — Cette stèle située presque en face

Fig. 206. — Médâin-Sâlei.i. Niche avec un bélvle et un aigle, dans le passage du Diwân (cl).

de la niche précédente, sur la paroi orientale, dans le corridor du Diwân, est particulièrement intéressante à cause de l’inscription nabatéenne très bien conservée qui se lit au-dessus ( Inscr . nab. n° 39). Nous avons là une mesgidâ authentique, avec le nom du dieu auquel elle était dédiée, le nom de celui qui l’a érigée et la date de l’érection.

Le monument est des plus simples. C’est une petite colonne de 0"',95 de haut avec un diamètre de 0m,35 à 0m,40, à moitié dégagée sur les côtés et au sommet. La base fait entièrement corps avec la paroi du roc et va en s’élargissant de même que le sommet. Il n’y a point de niche proprement dite ; on s’est contenté d’enlever du rocher, et sans beaucoup de soin, juste le nécessaire pour que le profil de la colonne fût suffisamment détaché.

d) Fig. 306 et 307 . — L’encadrement de cette niche présente avec celui de b et de e certaines analogies qui frappent au premier abord; néan-

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moins, sans avoir besoin d’y regarder de bien près on découvre aussi entre ces monuments des différences essentielles dignes d’intérêt.

De nouveau, nous avons, sur les côtés, des colonnettes à demi engagées

Fig. 207. — Médàin-Sâleii. La niche avec le bétyle ovale, clans le passage du Diwàn. Lavis du P. Dufresne, d’après une vue stéréoscopique (d).

en guise de pilastres. Elles ont un rudiment de base et vont en diminuant. Point de chapiteaux; l’arc en plein cintre, formé d’un gros boudin, se fond avec les colonnettes, mais à ses extrémités on a ménagé de chaque côté un socle minuscule, qui correspondrait à la corne extérieure du chapiteau s’il y en avait un. Sur ce socle repose une petite amphore identique à celles que nous avons signalées dans certaines tombes de petites

dimensions (1). S’il y a jamais eu une corniche réunissant les deux sommets

Fig. 208. — Médâin-SAlf.i.i. Niche avec trois stèles au sortir du défilé du Diwân, au sud (e).

des colonnettes et formant la base d’un fronton, il n’en reste plus de traces. Dans le tympan était gravée une inscription de deux ou trois

(1) Celle de droite est bizarrement posée trop en dehors et un peu trop haut. Le sculpteur, qui opérait manifestement avec célérité et d’une manière très large, a mal établi son esquisse.

lignes, complètement détériorée. Un aigle aux ailes ouvertes, vu de face, perché sur le sommet de l’arceau, couronnait cet ensemble; la tète de l’oiseau a disparu et le reste du corps est en fort mauvais état. C’est sans doute le même symbole que l’oiseau signalé dans le fronton de a et probablement aussi que les aigles sculptés sur les façades des grandes tombes.

La pierre sacrée placée à l’intérieur de cette petite chapelle mérite toute attention. Elle n’a point la forme carrée ordinaire mais ressemble à un gros pain de sucre engagé dans la paroi presque aux deux tiers. C’est un peu le type du bétvle de Üusara tel qu’il figure sur certaines monnaies d’Adraa ou de Bosra; on a relevé à Pétra plusieurs exemples de ces bétyles coniques, retrouvés aussi dans le Haurân (1).

e) Fig. SOS. — En dehors du couloir du Diwân, à droite, en sortant, sur la grande paroi qui fait face au sud. L’état de conservation laisse encore beaucoup à désirer. Crande niche rectangulaire d’environ 0m,60 de large sur 0m,75 de haut. Dans le fond se détachent trois stèles bien isolées les unes des autres; celle du milieu est plus haute et plus large. Le bas du monument est très dégradé de même que la partie inférieure de l'encadrement. Il y avait sur les côtés deux pilastres à peine reconnaissables; impossible de voir s’ils portaient des chapiteaux. L’arc au-dessus est formé par un boudin bien moins gros que dans b et d. Au centre, sur un acrotère très dégagé et d’une forme nouvelle, est placé un motif de décoration nouveau, lui aussi. On dirait une petite amphore à panse sphérique, au goulot très développé, que surmonte une sorte de pointe en fer de lance. Le même ornement reparaît de chaque côté à la naissance de l’arc, mais moins bien conservé.

f) Fig. S09 et SiO. — Quelques mètres plus à l’ouest, dans l’angle (fig. 200). Jolie niche, très bien conservée, creusée dans la paroi du rocher à 3 mètres à peu près au-dessus du sol. Il n’y a rien dedans, mais sa profondeur, 0m,25 environ, fait supposer qu’elle était destinée à recevoir quelque chose : une statue, un bétyle...?

Elle est encadrée de deux pilastres portant à leur sommet un ruban avec une moulure en biseau. L’arc en plein cintre placé au-dessus est décoré d’une triple moulure. La plus extérieure, très en relief, continue celle des chapiteaux des pilastres. Elle encadre deux bandeaux, le premier

(1) De Ldynes, Yoyaije d’Exploration ..., I, p. 295. — BuüiNNow et de Domaszewski, Die Prov. Arab., p. 221, fig. 253 et 254. — Musil, Arabia Pelræa, II, Edom, I, p. 76, fig. 40; p. 97. — II. Düss.vud, Notes de Myth. syr., p. 173. Cf. aussi les petits cippes à sommet ovoïde trouvés dans les nécropoles sidoniennes et dont la nature religieuse paraît assez sûre; v. g. PEnitoT-Cmmez, Ilist., III, fig. 121.

d’une largeur double de celle du second et distinct de ce dernier'par une

Fig. 209. — Médâin-SIleii. Niche au sortir du dénié du Diwân, dans l’angle S;-0. (/).

légère saillie de cinq ou six millimètres. On a agrandi postérieurement l’intérieur de la niche, sans doute quand il s’est agi de placer quelque chose dedans. Ce travail a réduit presque à néant, vers le centre de l’arc, le plus petit bandeau.

Au sommet du monument est sculpté un acrotère sur lequel repose un ornement difficile à identifier ; on dirait un vase d’où s’échappe une flamme (?); mais plutôt que de chercher à ce motif ainsi compris de lointaines analogies graphiques, mieux vaut songer ici à quelque ornement de caprice. Au centre de la panse il y a un petit trou. De chaque côté, à la naissance de l’arceau, on a ménagé deux saillies

pour servir de support à deux autres vases dans le style du premier.

Fig. 2)0.

- MÉDÂiN-SÂLEir. La niche de la fig. 209.

§ II. — Groupe à l’intérieur du gebel Etlib.

Une soixantaine de mètres au sud du débouché du corridor du Diwân, à l’intérieur du gebel Etlib, se trouve un nouveau groupe considérable de stèles, accompagnées de nombreux graffites. Nous en relevons tout d'abord quelques-unes dans l’ouàdy, sur la paroi orientale (fig. 211).

La première (fig. 212 a) est placée dans une petite niche dont la partie

Fig. 211. — Médàin-Sâleh. Monuments religieux à l’intérieur du gebel Etlib. A, base d’un grand autel (?).

supérieure n’existe plus, mais les pilastres avec base et chapiteau sont bien conservés.

La troisième (fig. 212 b) présente une forme tout à fait nouvelle; le sommet est divisé en deux (1). Immédiatement au-dessous des cornes, il y a sur les côtés une corniche qui vraisemblablement existait aussi autrefois sur le devant ; la base est parfaitement reconnaissable sur les trois côtés dégagés. On n’hésitera pas à voir dans ce petit monument un autel votif cl’un style familier chez les Nabatéens.

(1) N’y avait-il pas jadis une cupule entre les deux cornes? Cette forme arrondie pourrait le faire supposer; en tout cas. nous trouverons plus loin d’autres exemples de cupules creusées soit au-dessus, soit au pied d’une stèle.

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