MÉDA1N-SALE1I
une paroi à pic regardant le sud (G, dans la fig. 8V-) ; un second est situé un peu plus bas, à notre gauche, sur un grand rocher faisant face à l’est.
Quelques pas plus loin, toujours dans la direction du sud, on trouve un grand nombre de bétyles de formes différentes, la plupart entourés de noms. Plusieurs de ces monuments sont dignes d’intérêt et seront reproduits ci-dessous (p. 423 ss.) avec quelques notes explicatives. Signalons, tout de suite, le bétyle placé au fond d’une grotte et précédé d’un escalier avec deux bassins sur le côté (fig. 215, p. 425) ; celui sur lequel on paraît
Fig. 84. — Médâin-Sâi.eh. Intérieur du gebel Etlib.
avoir voulu représenter une figure humaine, avec le nez et les yeux, d’un style tout particulier (fig. 217, p. 427).
Nous revenons à la sortie du Diwân pour explorer l’autre côté de la montagne. Une petite esplanade, à l’est, domine de 2 à 3 mètres l’issue du défilé. On grimpe au-dessus, et le long du rocher qui ferme cette esplanade au nord, on voit des graffites nombreux, mais fort abîmés. Près de l’angle nord-est, une gorge très étroite s’enfonce vers le nord (p. 409, fig. 200); à l’entrée est l’inscription n° 40, et à l’intérieur se trouvent plusieurs graffites tamoudéens (nos 1 bis- 7).
Sur la première partie de la montagne, à l’est, on ne distingue aucune inscription ; mais, par contre, il y a une petite chambre carrée creusée dans le roc. C’est la seule, avec le Diwàn, qui existe dans tout le gebel Etjib. Il est difficile de songer à un tombeau ainsi isolé et placé en pareil lieu.
L’hypothèse d’une salle quelconque en relation avec le sanctuaire parait de beaucoup préférable.
Une soixantaine de mètres au sud-est du débouché du Diwàn, la petite cour est étranglée, il ne reste plus qu’un étroit passage, une sorte d’ouàdy envahi parle sable (cf. fig. 84). Nous le remontons. A gauche, on a encore des pierres sacrées et des niches avec quelques lettres, le tout en mauvais état. A côté, un bloc plus considérable avait été évidé de la masse du rocher avec lequel il n'adhérait plus que par en bas; un corridor de 0m,60 de larse environ permettait d’en faire le tour. Aujourd’hui cette grosse pierre est toute rongée et il n’en subsiste plus que le noyau (p. 422, fig. 211). C’est regrettable, car peut-être y avait-il là, autrefois, un autel dans le genre de celui qu’on voit encore de nos jours sur le haut-lieu de Pétra.
Au-dessus de ces objets de culte, on a aménagé dans le flanc de la montagne un petit canal qui va aboutir sur l’esplanade menlionnée ci-dessus, à peu près en face de la chambre dont on vient de parler. 11 devait jadis exister à cet endroit un bassin ou une citerne qui aura disparu sous le sable. Le point de départ du conduit est à 100 mètres environ au delà des bétyles, dans une gorge, à l’est (1), où il recueille les eaux de pluie qui s’y ramassent des sommets environnants. Nous pensions trouver dans ce trou quelque texte important, il a fallu se contenter de 4 ou 5 graffites nabatéens ordinaires (nos 122 ss.).
Si on s’engage dans les rochers d’en face, au sud-ouest, au bout de quelques minutes, on arrive dans une gorge entre des sommets très élevés; au fond il y a un retrait sur la gauche, comme un petit cirque. C’est là que se trouve le grand graffite nabatéen n° 57, en compagnie de quelques autres.
Mais continuons à remonter la vallée centrale. Après avoir laissé derrière soi le canal, on voit sur un des premiers rochers, à droite, une inscription de 4 lignes, en vieux caractères araméens. Elle est dans un état pitoyable et il est difficile d’en tirer quelque chose (n° 127). Quelques pas plus loin les ruines d’un petit qasr enfouies dans le sable attirent l’attention. Elles rappellent beaucoup celles de qasr el-Fahad, et les deux constructions datent probablement de la même époque. Ce fortin (?) fermait au sud la vallée, dont l’autre issue, au nord, près du Diwàn, était facile à défendre. De cette manière, l’intérieur du gebel Etlib, inaccessible de partout ailleurs, se trouvait converti en un camp retranché inexpugnable.
En arrière du petit qasr, l’ouâdy s’élargit et vient se fondre avec la grande ouverture qui donne sur la plaine au sud.
(1) Ce canal est nettement visible dans la lig. 84 — à droite au premier plan — au moment où il débouche de la gorge.
MÉDAIN-SALEH.
L'intépieup de la montagne au sud-est est un chaos de sommets très conquêtes, entre lesquels le vent a accumulé par endroits de hautes unes de sable. C’est ici que se vérifie bien la description que Yâqût a faite de la montagne de Médâin-Sâleh et que nous citions quelques pages plus mut. Nous sommes allés nous promener un soir dans ce dédale; à peine y avons-nous recueilli quelques graffites. Décidément ceux-ci, comme les ste es votives, sont à chercher aux environs du Diwân, ou bien à l’autre extrémité du gebel Etiib, sur le versant méridional.
Il nous reste à visiter encore deux groupes principaux de tombes et ce que nous croyons être l’emplacement de la ville ancienne.
Quelques minutes au sud-ouest de qasr el-Fahad, un rocher isolé renferme plusieurs chambres sépulcrales. Elles sont toutes éventrées et à moitié détruites. 11 en est de même de deux autres creusées dans un mamelon qui s’élève au milieu de la plaine, à sept ou huit cents mètres plus loin au sud-sud-est. Nous y jetons un coup d’œil en passant et nous poursuivons notre marche vers le sud. En huit minutes, nous atteignons une colline qui fut jadis un des grands cimetières de Hégrâ. D’après Hubcr (1), elle appartiendrait à un ensemble appelé Husruf (^4^): ceux qui nous accompagnent ne peuvent pas nous en dire le nom. Nous la désignerons communément par la lettre G (2).
Les premières tombes qui s’offrent à nos yeux ont un tout autre aspect que celles que nous avions vues jusqu’ici; par contre, on reconnaît le meme style que dans un grand nombre des monuments funéraires de Petra : petites façades lisses en forme de pylône avec une double rangée de créneaux sculptés sur le devant; la rangée inférieure est encadrée dans deux tores et celle d’en haut, qui couronne l’édifice, repose sur un seul (p. 314, fig. 122). Le peu cl élévation de la colline sur ce point, n’aura peut-être pas été indifférent à l’emploi de ce nouveau genre d’architecture auquel suffisent des surfaces plus restreintes. Il y avait place, cependant, pour des façades beaucoup plus élevées et l’on eût pu, en tout cas, réduire les proportions comme on l’avait fait au sud-ouest de qasr el-Binf sans modifier complètement le style. Aussi pensons-nous que les deux genres de tombes étaient employés indifféremment et simultanément (3),
(l) Journal..., p. 431 s.
(A fout près de celle colline, à l'ouest, il y a un rocher sur lequel on a creusé quelques fosses
analogues à celles qu on voit près des ruines de qasr el-Fahad et sur le sommet de la colline de qasr el-Bml.
(.i) Pour la date de ces lombes et la description de quelques-unes gique (p. 313 ss., 338, 340).
voir dans partie archcolo-
JIISSION EN ARABIE.
j .j0 MISSION ARCHÉOLOGIQUE EN ARABIE.
quoiqu’il y on eût un plus on vogue et qui se prêtait davantage à la magni-
licence qu’on cherchait a etalcr.
A côté des tombes à pylône il y en a d'autres, en plus grand nombre meme, dans le style ordinaire, avec le couronnement cà double escalier supporté par une gorge égyptienne. Le reste de la façade est parfois uni, souvent orné aux angles de deux pilastres avec chapiteaux et d un ou plusieurs corps de moulures intercalés entre la gorge égyptienne et les chapiteaux Les deux tombes situées à l’extrémité sud-est de la colline sont particulièrement soignées et bien conservées. On y retrouve les belles portes avec fronton triangulaire surmonté d'un aigle et orne, a chaque
extrémité, d’un vase cannelé (9 et 10, p. 348).
Dans le sommet voisin (D), à 150 mètres au sud-est, il y a sur la paroi méridionale un tombeau (p. 345) dont l’inscription (»• 22) avait échappe
aux premiers explorateurs d’el-Héger.
Nous avons déjà signalé le grand monument d’el-Fcrîd, ou Beit ech- Cheikh, qui se dresse majestueusement 500 mètres plus a 1 est.
Nous marchons pendant dix minutes à l’ouest-ouest-sud, et nous arrivons à une colline (D ) où l'on voit sur la paroi ouest un beau tombeau machevé avec une inscription (n“ 28). Il méritera un étude spéciale, car il révèle la manière dont on s’y prenait quelquefois pour exécuter ces mo-
numents grandioses (p. 366 s.). 1
Les quelques tombes situées à cinq minutes de là, vers l’ouest, sont mal
conservées et ne portent pas d’inscription. La suivante, au contraire, qasr es-Sàne ' , est remarquable à tous les points de vue ; par scs dimensions, son style et sa conservation (p. 363 ss.). Le texte placé au-dessus de la porte est aussi net que si on venait de le graver (n° 29). On ne peut malheureusement pas en dire autant d’un grand nombre de textes et de tombeaux
appartenant à la série qui vient après (E. E ).
Les collines les plus septentrionales (E') sont en grès de mauvaise qualité qui s’effrite facilement; par suite, les tombes creusées à cet endroit ont beaucoup souffert et se trouvent dans un piteux état. La première au nord-ouest, dans un rocher isolé, a la façade à moitié emportée. Quatre ou cinq autres, quelques centaines de mètres à l’est de celle-ci, sont aussi fort détériorées (fig. 85). Les suivantes (E), abritées par trois enfoncements successifs, ont un peu mieux résisté, quoique la conservation d’un gram nombre d’entre elles laisse encore beaucoup à désirer. D’ailleurs à une ou deux exceptions près, elles sont loin d’avoir l’envergure des belles tombes de qasr el-Bint. En majorité elles sont de grandeur moyenne ; il y en a même de tout à fait petites, comme les numéros 15, 16, 17, etc. (p. 308).
MÉDAIN-SALEH.
Le groupe F, au sud du précédent, auquel on pourrait facilement le rattacher, ne comprend que cinq tombeaux dont le dernier est inachevé. Le quatrième est très grand et fort beau (F 4,p. 383). Il est remarquable à cause de deux sphinx placés sur les acrotères de chaque côté du fronton
au-dessus de la porte. D’après Doughty, les Arabes rappelleraient « Bet Akhræmat ».
En face de ces derniers tombeaux, à l’est de la ligne du chemin de fer,
Fig-. 85. — Médâin-Sâlei.i. Colline E' vue du nord-est.
sc trouvent des ruines, en apparence insignifiantes, mais qui doivent marquer cependant le site de F ancienne ville, ou du moins le site d’un des centres habités dont l’ensemble constituait la ville de llégrà. Il nous paraît sur, en effet, qu il y eut autrefois plusieurs localités dans la plaine. Sans l’explorer systématiquement, nous y avons relevé sur différents points des traces indubitables d’anciennes habitations (1).
Le sol, en maints endroits, est ponctué de petites buttes de terre à peine perceptibles sur lesquelles on remarque de nombreux fragments de poterie, quelques morceaux de verre et parfois aussi de petits bouts de fer ou de cuivre. Sûrement il y a eu là jadis des maisons. Bâties en terre, elles se sont effondrées depuis des siècles et chaque jour elles tendent de
(1) On se rappelle que, d’après la Iradilion arabe, il y aurait eu autrefois sept villes dans la plaine de Médûin-Sâleh. Quoi qu’il en soit du nombre 7, qui pourrait ne pas être tout à fait authentique, l’autre donnée de la tradition, à savoir la multiplicité des villes, sc trouve confirmée* par ce qu’on voit sur les lieux.
plus en plus à s’unifier avec le sable environnant qui les a déjà envahies; néanmoins, on reconnaît toujours leur présence à un léger exhaussement du terrain et aux indices que nous venons de mentionner.
Un de ces principaux champs de ruines est celui qui est situé dans le triangle formé par les trois grandes nécropoles d’el-Iïéger : qasr el-Bmt, et les groupes E et G. Au nord-est, la ligne de décombres est parfois si régulière que nous nous sommes demandés s’il n’aurait pas existé un mur
d’enceinte en briques. Au sud, sur une petite colline, il y a des arasements de murs en pierres; l’endroit serait bien choisi pour la citadelle. Sur la pente de ce sommet et au pied, du côté de l’ouest, on retrouve, en creusant tant soit peu dans le sable, d’assez nombreuses pierres d’appareil de petites dimensions encore en place. Cela ferait supposer que les fondations des maisons étaient en pierres et le reste en briques sèches. Le cadran solaire nabatéen (p. 303) a été trouvé dans cette région et les soldats y ont ramassé de nombreuses monnaies nabatéennes, la plupart du règne de Harélat IV. Nous en avons vu de très beaux exemplaires entre les mains des officiers (1). Il faut signaler aussi, sur le petit tell, la présence de grandes jarres creusées avec soin dans des blocs de grès. Elles peinent
(1) Nous avons réussi à nous procurer deux ou trois de ces monnaies, mais d’un type corn mun. M. Babelon décrit plus loin, p. 441, la plus curieuse de ces pièces.
MEDAIN-SALEH.
mesurer en moyenne 0m,50 à 0m,G0 de diamètre etOm,75 à 0m,80 de profondeur; l’épaisseur des parois est de 8 à 10 centimètres.
En rentrant au qala'ah, nous faisons un petit détour sur la gauche pour aller visiter, à 1 ouest de la voie ferrée, deux points où l’on voit des décombres semblables à ceux que nous venons de parcourir. Ce sont encore des ruines de maisons en terre; nulle part on ne distingue des pierres de construction, peut-être en découvrirait-on si on remuait un peu le sol.
Le gebel Huârah avec son petit frère le gebel Ilueireh (fig. 86), qui se dressent dans la plaine à une heure et quelques minutes de notre campement dans la direction de l’ouest, paraissent mériter une excursion. La forme particulière de ces deux sommets, leur emplacement, les légendes arabes qui s’y rattachent feraient présumer que de bonne heure ils ont dû attirer l’attention des gens du pays. Nous avons donc consacré une journée à aller les visiter. Ce fut une promenade charmante, pittoresque même, mais moins fructueuse pour l’épigraphie et l’archéologie que nous l’avions espéré.
A trois quarts d’heure environ du qala'ah, nous traversons d’anciennes ruines marquées toujours par des amas informes de terre et des fragments de poterie. Il y a quelques restes d’habitations plus récentes qui donnent bien l’idée de ce que pouvaient être les villages ou villes d’autrefois érigés en ces mêmes lieux : un assemblage de maisons bâties en briques crues de la dernière qualité et recouvertes de branchages avec de la terre battue par-dessus.
Les quelques constructions modernes dont nous voyons les débris à cet endroit, quelques centaines de mètres plus loin au sud-ouest, et un quart d’heure au sud du qala'ah, entre qasr el-Fahad et la voie ferrée, doivent représenter les demeures des gens de Tcima installés, lors du passage de Doughty (1), dans la plaine de Médâin-Sâleh pour y essayer la culture des palmiers. Nous passons à côté d’un puits bouché, auprès duquel on distingue des traces évidentes d’un mur de clôture; çà et là végètent des petits palmiers abandonnés. Les Teimâny auront renoncé sans doute à leur entreprise par suite des exigences et des mauvais traitements des bédouins. C’est grand dommage, car avec un peu de travail et de la persévérance on arriverait à créer une véritable oasis. On trouve partout l’eau à moins de 10 mètres de profondeur et le petit jardin du qala'ah, avec ses beaux palmiers et ses quelques grenadiers, prouve que le sol se prêterait admirablement bien à la culture.
(i) Douciity, Travels..., I, p. 130.
Nous arrivons bientôt à deux rochers énormes, séparés par un large couloir où l'on voit, sur une paroi, une niche votive et sur l’autre deux stèles à peine ébauchées (p. 434). Autour de ces symboles religieux, les o-raffîtes nabatéens et tamoudéens abondent, mais ils sont tous illisibles.
Nous comptons trouver mieux au gebel Hueireh, à un quart d’heure de là; déception complète. Nous y relevons seulement un graffite nabatécn (n° 173) avec quelques lettres tamoudéennes et des ouàsems. Le gebel
Fig, 87. — Paroi orientale du gebel iluârah.
Iluârah est encore plus muet : point d’inscriptions, à peine quelques ouàsems. Par contre, les parois à pic (fig. 87) qui semblent coupées au couteau, donnent à ces deux sommets une physionomie spéciale.
Sur le point culminant du gebel Iluàrah se trouve un dépôt de matière noire mélangée à des cailloux de môme couleur; cela a tout l'air de résidus provenant d’anciens volcans. La légende arabe y place des trésors et des mines de ko fiel. On pourrait y localiser encore beaucoup d’autres merveilles; personne ne sera tenté d’aller vérifier.
Nous sommes ici aux portes du Harrah (fig. 88); nous voyons une fois de près ces montagnes gris de fer, couronnées d’un casque noir : nous les avons longées pendant de longues heures avant d’arriver à Médàin-Sâleh. A considérer ces sommets réguliers qui se développent parfois sur un très long espace, on a l’impression d’avoir devant soi un plateau qui s’est
MÉDAIN-SALEH.
fendillé sous l’action d’un feu intense (fig. 89). Il est dangereux de s'engager à travers ces failles. Seuls les Arabes qui connaissent bien les lieux peuvent s’v hasarder et c’est pour eux un refuge impénétrable. Il paraît qu’à l’intérieur de ces cachettes il y a des sources, de beaux coins de pâturages, voire même des jardins avec des palmiers, des figuiers, des grenadiers et des citronniers. Les Fuqarâ y sont campés en ce moment pour se soustraire aux poursuites des soldats turcs. Aussi ces derniers ne se sentent pas à leur aise aux abords de ce guêpier et nous engagent prudemment à
Fig. 88. — « ... aux portes du narrah ». Gebel Iluârah dans le fond.
nous rapprocher en toute hâte des murs du qalaah. Nous cédons à leurs instances puisqu’il n’y a rien à faire ici, et nous regagnons le campement à travers une série de collines isolées qui s’étendent jusqu’auprès des tombes les plus occidentales d’el-Héger.
Voici, d’un mot, le programme uniforme de nos journées durant la station à Médâin-Sâleh.
Nous partons chaque matin, emportant — sur un chameau que nous avons réussi à acheter d’un gendarme — une échelle longue de 9 mètres, une outre remplie d’eau et les appareils avec tout le nécessaire pour la photographie et l’estampage. Nous avons avec nous un bédouin de Mâdabâ, et quatre soldats bien armés nous accompagnent « pour nous surveiller », suivant l’expression tout à fait juste du major Zaky. Parfois un des deux anciens gendarmes du qala ah ou bien les enfants qui logent à côté font partie de la bande et nous donnent deci delà quelques noms de
lieu qu’ils ont entendu répéter aux Arabes. Nous visitons un à un tous les tombeaux et chaque fois qu’on découvre une inscription nous nous mettons en devoir de l’estamper. Ce n’est pas toujours chose facile, à cause du vent qui souffle régulièrement tous les soirs, quelquefois môme pendant plusieurs heures de la matinée (1). Il est assez ordinaire de déchirer plusieurs feuilles de papier avant d’obtenir un bon estampage. Quand la brise est trop forte, on copie, on dessine ou bien on fait la chasse aux graffites. Le travail n’est interrompu que peu d’instants à midi, pour une
Fig. 8'J. — Les premiers sommets du narrali.
légère collation prise dans l’ombre hospitalière et très archéologique d’un tombeau. On rentre au camp le soir à la nuit tombée .
Nous nous sommes attachés principalement à la recherche des inscriptions, tout en donnant aussi une attention spéciale à l’architecture et à ce qui touchait à la religion. Nous avons pris des photographies, des plans et des croquis de chaque type de tombeau, du sanctuaire du Diwân et d’un grand nombre de niches sacrées et de stèles.
(1) Ce vent qui souffle généralement du sud-ouest est parfois très violent et soulève alors des nuages de poussière. Nous avons eu trois après-midi où l’on ne vorait pas à 100 mètres devant soi, à cause du sable qui obscurcissait l'air. C’est ce qui fait que le ciel est ordinairement gris malgré une lumière intense qui nous a souvent trompés. Une seule fois nous avons vu un beau ciel bleu, le 26 avril, au lendemain d'un petit orage qui avait purifié l’atmosphère. La température doit être excessive pendant l'été. Du 6 au 28 avril, nous avions, durant le jour, une moyenne de 35 à 36° cenligr. Plusieurs fois, sous la tente, le thermomètre a dépassé 40°. Mais par contre les nuits étaient fraîches, le thermomètre redescendait facilement à 22° et à 20°. Le 27 avril à 7 heures et demie du matin, il marquait seulement 18°, alors que l'avant-veille il était resté à 40“ durant la plus grande partie du jour.
MEDAIN-SALEH.
Après une quinzaine de jours d’un travail assidu, nous avions à peu près terminé notre besogne à Médâin-Sâleh et nous pensions pouvoir partir pour el- Ela. Mais nous avions compté sans les intrigues et la déloyauté de certains personnages qui firent tout leur possible pour entraver notre marche en avant. Finalement ils y réussirent. Nous perdîmes une semaine a discuter et à envoyer des dépêches; puis, sur des ordres supérieurs et devant des obstacles matériels insurmontables, il fallut rebrousser chemin.
Le dimanche 28 avril, nous quittions Hégrâ, laissant el-'Ela à 3 heures au sud et passant seulement à 14 heures de Teima, sans pouvoir atteindre ni 1 une ni l’autre de ces deux localités qui faisaient partie de notre programme. Dix-huit soldats avec un officier étaient chargés de nous surveiller et de nous ramener à el-Ahdar, d’où nous regagnâmes en chemin de fer la gare de Zîzeh non sans faire, le long de la route, plusieurs étapes prolongées, en particulier à Tebouk et à Ma an. Le 23 mai, nous étions de retour à Jérusalem.
Nous donnons ici quelques texte arabes, rencontrés dans nos lectures, qui ont trait à el-Héger.
Le Qoran parle souvent de Tamoud (1) à el-Héger, mais particulièrement dans sur. xi, 64 ss. ; xv, 80 ss. ; xxvi, 141 ss. ; lxxxix, 8.
Al-Hamdany, Gazîret et-\\rab, p. 131, 1. 15. übJU jyy
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Al- Hamdâny mentionne plusieurs autres fois el-Héger, sans donnée spéciale; cf. p. 121, 10-18; p. 122, 11, 25; p. 217, 3; p. 218, 25.
El-Bekky, Kitdb Mu gain , p. 270
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(1) Pour l'histoire de Tamoud, cf. Caussin de Perceval, Essai sur l'histoire des Arabes, I, p. 24 ss. I) apies Abu l-Feda, Hist. anléisl., p. 114, les Tamoud furent contraints d’émigrer du Yémen dans le Iledjaz. Voir aussi ED MG., XXII, p. 662.
j 38 MISSION ARCHÉOLOGIQUE EN ARABIE.
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