‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 21 sur 136 · quiconque les fera sortir à jamais · texte numérisé non relu

quiconque les fera sortir à jamais

L. 1. — pluriel de Nrïtf, communément traduit par « fosse », ou

« loculus ».

Nous sommes à même, cette fois, de nous faire une idée exacte de ce genre de monument. Les deux loculi visés par le texte sont deux manières de couloirs, larges de lm,15, hauts de 3 mètres et profonds de 3m,25, creusés dans la paroi septentrionale du tombeau à 0m,20 au-dessus du niveau du sol de la chambre funéraire et séparés par une cloison, large de 0m,45, sur le devant de laquelle est gravée l’inscription (fig. 175).

Un de ces enfoncements était sans doute réservé au père et l’autre à ses deux fils; la place était bien suffisante pour une double sépulture, quoiqu’on ne puisse pas se rendre un compte exact de la façon dont celle-ci était disposée. On trouvera plus loin, n"s 11, 13, etc., d’autres exemples d’une niche ainsi commune à plusieurs défunts.

L. 2. — munn est incontestablement le même personnage que celui qui figure dans l’inscription n° 1,1. 1. — “PSa, lecture certaine, ce qui permet de lire aussi sûrement ce nom au début de la ligne 2, dans le texte précédent. On connaissait le composé Yisaba {CI S., II, 121); le mot simple pourrait être rapproché de l’arabe « rejeté, exilé ». — xaby est un peu douteux comme lecture; la première et la dernière lettres sont sûres, l’avant-dernière ne peut guère être qu’un J, bien que la barre transversale soit difficile à constater; quant à ce qui reste, on pourrait prendre le tout pour un b dont la boucle, à droite, serait interrompue par le sommet. On aurait donc ainsi Niby, dont l’équivalent arabe Se trouve dans Yâqût (II, 500)' comme nom de tribu. Il faut reconnaître cependant que la forme des autres b dans l’inscription est différente ; aucun

Fig. 90. — Mkdâin-Sâleh. Inscription nabat. n° 2 (Copie).

d’eux n’a débouclé à droite; dès lors il serait assez naturel d’interpréter séparément chaque petit trait, ce qui pourrait donner deux 2 suivis d’un S. La seconde partie du mot ainsi constitué, Nabiiy, se rattacherait assez

bien à la racine arabe « être joyeux, briller », d'où « éclat, blancheur ». Quant à la première, elle serait plus difficile à analyser, à moins de supposer que TJ est mis pour ~TJ. On songerait tout naturellement au nom bien connu de x'Jix~tj (1), mais il est matériellement impossible de le retrouver ici. Tout considéré, la lecture idbj? parait encore la plus vraisemblable; la forme des S varie trop facilement dans un même texte, et parfois sans raison aucune, pour qu’on puisse en faire une base solide d’argumentation .

L. 3. — I2n, nom propre féminin dans l’inscription précédente, I. 2; il s’est déjà rencontré aussi plusieurs fois comme n. pr. masc. ( CIS ., II, 273, 275). Ici il est probablement de ce dernier genre, à moins qu’on ne donne à ’mn un sens un peu large; le petit-fils portait donc le nom de sa grand’mère. — DW la seconde lettre paraît bouclée par en bas, mais cela pourrait être à la rigueur un défaut de la pierre; la partie supérieure est clairement celle d’un n.; Dnttt 'on. doit être considéré comme mis en apposition avec ce qui précède : nous le traduisons par « benê Sahm » ; en pareil cas il serait plus régulier d’avoir en avant la préposition jo. La tribu des Benê Sahm J. j), l’une des plus illustres des

Qoraysites, est bien connue des auteurs arabes ( Kitâb el-Aij., I, 71; III, 1 18 ; XIX, 77, etc.. . ; Yaqut, I, 300 ; IV, 104) ; mais il ne peut guère être question d’elle dans ce texte, si l’ancêtre Sahm est né seulement vers l’an 332 de notre ère, d’après la chronologie proposée par Caussin de Perceval (2). Nous aurions donc affaire à une autre tribu plus ou moins célèbre en son temps et dont l’histoire nous échappe. On pourrait aussi, à la rigueur, suggérer une autre interprétation et voir dans le mot ont? un nom commun à rattacher à la racine arabe d’où « parenté ».

L. 4. — La première lettre est douteuse; nous croyons cependant y reconnaître un 2 plutôt qu’un i. — L’expression anni jn iO^S ttns, « celui qui sépare la nuit du jour », est nouvelle; la lecture est certaine, quoique sur l’estampage la dernière lettre ne soit pas très claire. Cette épithète, prise en elle-même, a une saveur monothéiste qui ne manque pas d’intérêt en pareil endroit et à pareille époque. Cependant comme elle remplace vraisemblablement le nom de Dùsarà, qui apparaît d’ordinaire en pâti) CIS., Il, 157, 173; Clermont-Ganneau, liée, d'arch. orient., I, p. 16.

(i) Caussin de Percevae, Essai sur V histoire des Arabes..., nouv. éd., I, p. 231.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES. 145

reille occurrence, on est assez fondé à admettre qu’elle désigne ce dieu. Elle convient d’ailleurs très bien à une divinité dont le caractère solaire est reconnu de tous et qui, de ce fait, devait avoir pour principale fonction de dissiper les ténèbres de la nuit et de les remplacer par la clarté du jour. Il semble, en effet, qu’on a voulu faire allusion à cette qualité propre a Dusarâ plutôt qu’à sa toute-puissance sur le jour et la nuit en tant que chef du panthéon nabatéen. — nM pourrait être un pluriel, mais on peut y voir aussi une forme sing. correspondant au syriaque c’est même ce qui parait le plus probable, le substantif suivant étant au sing. - kddW. syr. avec aleph prosthétique, pour

désigner « le jour » mis en opposition avec « la nuit ».

CIS., Il, n° 210.

Sur la façade d’un grand tombeau (fig. 171, p. 357), dans un cartouche

mal préparé, haut de 0"\70 et large de O"1, 6 7 ; dans le bas une ligne et un mot sont en dehors du cadre. Les lettres ont été gravées avec une certaine négligence, et l’inscription, entourée de ouâsems arabes, a reçu çà et là quelques coups qui augmentent encore la difficulté de la lecture. Hauteur moyenne des lettres 0"',05. Estampage et fac-similé (fïg. 91). Notre lecture s’écarte sur plusieurs points de celle du Corpus.

Nous lisons :

rurs:b “îfcri 72 ïsurn 72}? 17 87e:> n:7 .1 nmns inbm nNnabi mbibi .2 ttjUN 7x27“i xbi □mbi('i) ïTnan .3 pjpn nn 87322 2ranb .4 unax ni 72pab abi rta .5 p7ï«2 pris* jnb pm .6 nb tins >sSs rm ntys 72sri (n) .7 nmnb ^y27N* n 32? ils m'a n(ip) .8 rn2sn2j?(7) xnn nay am 11223 “Sa .9 «ibps -to

1. Ceci est le tombeau qu'a fait Husayku fils de Huma y du , pour lui-même

2. et pour ses enfants et pour Guzaiyât et Salamu ses sœurs, files

3. de Humaydu, et leurs enfants. Et il n’est permis à personne

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