‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 22 sur 136 · valable. Au mois d’Iyar, l’an quarante de Harélat · texte numérisé non relu

valable. Au mois d’Iyar, l’an quarante de Harélat

9. roi de Nabatène, qui aime son peuple. Rûmâ (et) ' Abd' obodat

P) sculpteurs.

L. 1. — le ~ final est très visible, seulement il est en dehors du

cartouche et c’est sans doute pour cela qu’il avait échappé à ceux qui avaient estampé précédemment cette inscription.

L. 2. — ntOU, lecture certaine. Le petit 8 ajouté au-dessus de la ligne entre le 1 et le n est très visible; nous rencontrerons encore plus loin ce même nom (n° 24). — inbïr, aux explicalions fournies sur ce nom par le Corpus on peut ajouter que J— est donné par Yàqût (IV, 30G, 1. 4), comme un nom propre de femme. C’est l’équivalent de Salomé.

L. 3. — □rnSl(l) après le premier mot, au lieu de pb 737 dans Corpus, paraît à peu près certain. Le n et le a final surtout sont très clairs sur l’estampage; seul le 7 pourrait soulever quelque doute, car sa partie supérieure n’est guère visible. 11 faut supposer que le graveur a oublié un 1

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au début du mot; cette négligence, qui d’ailleurs n’est pas rare (cf infra, 1. 9; n° 7, 11. 4, 7 et 9, etc...), s’explique encore plus facilement ici à cause delà répétition de la même lettre. — kSï avec Euting; le nouvel estampage confirme l’existence du ï.

. L' 6' ~ ^ Prn’ Ce de ligne, Laissé sans interprétation par Eu-

ting, a été lu par les éditeurs du Corpus Dn pS. Ici encore le nouvel estampage est suffisamment clair. Les deux premières lettres, abstraction laite de la confusion toujours possible du 7 et du 7, sont sûres; le p est à moitié, effacé, mais sa boucle est 1res franche. Le second mot se lit aussi sans difficuKé. On peut rapprocher pm du syr. qui désigne « quel¬

qu'un d’éloigné, d’étranger ». Un tel individu devait régulièrement être exclu du tombeau de famille, à moins de circonstances toutes particulières, marquées ici par l’expression plïN'n plïN, dont le sens reste toujours un peu vague, Ce terme juridique, très fréquent dans les inscriptions de Médâin-Sâleh, est généralement traduit dans le Corpus par jure hæreditatis. Les éditeurs l’ont ainsi expliqué : « pmi, arabice JlLl, hæredis lecjitimi sensum præbere vix dubium est... ; præposilio s inter vocabula bis repelita dislributivum sensum eis dat. Intell? g endum est ergo « hæres quisque sua vice », hoc est « jure hæreditatis » (1). U est bon de noter cependant que ce n est peut-être pas là un héritier tout à fait ordinaire, car dans un cas au moins (n" 19) on distingue clairement les deux : mil pTsiN utum Sa. Ajoutons que Yasdaq de quelqu’un est aussi parfois distingué de sa postérité, bien qu. il soit dit souvent de celle-ci qu'elle jouira de la possession d’un tombeau, ou y sera enterrée plïM pm* (2). Peut-être d’une manière générale faudrait-il entendre par ni1 2! « l’héritier naturel » et par p~ïs « l’héritier testamentaire ou légal », celui que non plus les liens du sang mais bien la loi appellerait à la succession. Les deux titres pourront se trouver réunis chez le même individu, ce sera même le cas ordinaire; on comprendra de cette manière que les fils possèdent un tombeau piïxa, piïx et que Yasdaq puisse aussi être une personne étrangère.

L. 9. Cette ligne, qui manquait à peu près complètement dans les estampages précédents, se lit tout entière dans le nouveau. Le nom des sculpteurs, Rûmâ et Abdobodat, ne fait pas l’ombre d’un doute; mais il faut probablement restituer entre les deux la copule y On retrouve ces

(1) C1S., Il, 201 3, dans les notes explicatives.

(2) cf. n» io ; nptïNi mmo rnbn nwwb; n» 33 : □nprJ>*iO □rnb‘>L>; n» 19 : « pour

lui-même et ses enfants et sa postérité » pi^sn, p“T2fX ; n° 24, etc... même expression; n° 4 :

« pour lui-même et ses enfants et sa femme » piyjo p7yx na ]771pni 1*T. — Voir Eutino, Nabat. Inschr., p. 37.

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artistes travaillant ensemble clans une autre inscription datée aussi de l’an 40 de Harétat (n" 36).

I 10> Les deux dernières lettres sont un peu obscures, de telle sorte qu’on pourrait lire tout aussi bien le singulier nSds que le pluriel n^ds. Avec le singulier, il faudrait interpréter la fin de la ligne précédente par une tournure grecque : Rihnd fils de ' Abd’ obodat (1). L'absence du 1 entre les deux noms propres fournirait un certain appui à cette conjecture, néanmoins ce serait peut-être un peu téméraire d’admettre ainsi dans un cas de lecture douteuse une construction qui semble nouvelle en nabatéen. Aussi donnons-nous la préférence à la lecture proposée tout d’abord, en faveur de laquelle on peut invoquer, avons-nous dit, un autre texte (n° 36; CIS., II, 209 10).

CIS., K, n° 219.

Sur la façade un peu abîmée d’un tombeau (fig. 159, p. 344), dans un

Fig. 92. — Médâin-Çàleh. Inscription nabat. n° 4 (Copie).

cartouche large de 0m,54 et haut de 0“,46. La première ligne est foite-

(1) Ci.eumoni-Gannf.au, Éludes d’arcli. or., I, p. 87 et Bec. d’arcli. or., Il, p. 27 s., P- etc..., signale l’emploi de cette construction dans plusieurs légendes de sceaux israélites ; il ne serait donc pas impossible de la rencontrer aussi en nabatéen. On sait qu’elle était très fréquente à Palmjie.

INSCRIPTIONS NABATEENNES.

ment endommagée, ainsi que quelques lettres de la seconde. Un trou creusé dans le bas, près de l’angle, à gauche, a fait disparaître aussi plusieurs mots (1). Hauteur moyenne des lettres 0tn,04. Estampage (pl. XI) et copie (fig. 92).

Nous lisons :

(?) I5?’b57 (is sn'’3.)xi7 -ny 'h msn rm .1 h nnrm mo57bi mb’bi nu^b xmn' .2 (x)3’“T57 52713 X ’UH xbl pl¥X3 pTÏX 03 jl13pn’ .3 K1SD3 3ri3’ if X573’ psi nn 33pn’ n .4 H in’3tt7 ’33 p3 H b 3 3113 IX X3,HD .5 nn N3233 nb xm’ xb an’p(7)¥x in* xbî7 .G X3b(n i3bn)b nbn raur 3N3 on n’3 xn pbn .7 0357 («Scs 1nSx)3m 03 Î103J70357 11333 "Sa .8

1 . Ceci est le tombeau qu’a fait Subaytu fils cle ’Eliu ( ?),

2. juif, pour lui-même et ses enfants et 'Amiral sa femme, pour qu’ils

3. y soient ensevelis chacun suivant le droit ; et il ne sera point permis à aucun étranger

4. d'y être enseveli. Et quiconque voudra écrire sur ce tombeau

5. un don ou une écriture quelconque, parmi les fils de Subaytu qui

6. (est mentionné) ci-dessus, ou bien parmi leurs ayants droit qu'il ne soit point à lui dans ce tombeau

7. de part. Et ceci au premier jour de Ab, l’an trois du roi Maliku,

8. roi de Nabatène, ’Abd obodat fils de Wahballahi, sculpteur, a fait.

L. 1. — -Le nom propre m’3t27 peut être restauré avec assez de certitude d’après la ligne 5; nous croyons, d’ailleurs, reconnaître sur l’estampage la première lettre de ce mot. Après, venait tout naturellement 03, suivi du nom du père. Celui-ci a été lu par les éditeurs du Corpus ]1’3bn, mais il est impossible de distinguer sur le monument aucune trace de 3 pas plus que de 3 final (2). Nous regardons comme certains les quatre derniers signes 1 57 i b; celui qui précède ressemble fort à un 3% même dans l’estampage d’Euting ; on aurait donc 157’b57. Si le nom est complet, on pourrait rattacher la seconde pariie à la racine talmud. N 57’ « germer », et voir dans la première l’adjectif araméen ’bj? = hébreu ]1’bî7, pris subs-

(1) Ce Irou provient ici d’un défaut du rocher, mais il existe dans plusieurs autres inscriptions (n° 5, n° 28, etc.) des trous de sondage pratiqués, nous dit-on, par des bédouins, convaincus que celle écriture marquait l’endroit où l’on avait caché un trésor.

(2) Les éditeurs du Corpus ne semblent pas avoir eu à leur disposition d’autre meilleur document que l’estampage d’Euling, assez défectueux, du propre avis de ce dernier (cf. Euti nc, Nabat. Insc.hr., p. 64). 11 n’y a donc pas lieu de s’étonner des divergences parfois assez considérables <iue peuvent présenter nos lectures.

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tantivement. Ce nom, vraiment juif, serait en quelque sorte l’équivalent de l’hébreu SnïJD (II Chr., 29 13). Il est fort possible aussi que le nom soit incomplet; car, dans le vide qui précède, l’espace est suffisant pour restaurer une lettre de plus. Rien n’empêcherait de lire, par exemple, ïîDbjn, ou toute autre chose semblable, quoique le premier nom soit de beaucoup préférable.

L. 2. — NHini est très clair sur l’estampage; un petit défaut de la pierre en dessus, entre le 1 et le -, pourrait seul inspirer quelque doute sur la nature de cette dernière lettre. Yàqùt (IV, 81) signale la présence de Juifs dans l’ouâdy Qurâ et au Héger, et tout le monde sait qu’il en existait de nombreuses colonies en Arabie quelques siècles avant Mahomet, particulièrement à Yathrib, devenue Médine, et à Havbar (1), située seulement quelques journées au sud-est de Médâin-Sâleh. — mb^n, le premier b, qui avait échappé à Euting, est sûr. — mcyb'i, la partie supérieure des dernières lettres a totalement disparu; le n n'est guère douteux cependant, vu la forme des deux jambages qui restent ; se trouve comme nom propre féminin dans Yàqùt (III, 151, 498).

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