‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 36 sur 136 · INSCRIPTIONS NA B AT BENNES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS NA B AT BENNES

roi Maliku. Si l’on veut rétablir le protocole ordinaire, il faut supposer que cette ligne dépassait un peu les autres, ou que la fin en était très serrée; les dernières lettres ont entièrement disparu.

TEXTE INÉDIT

Cette inscription, — gravée sur une jolie petite façade de tombeau qu’ornent deux animaux affrontés devant une rosace de style assyrien, au-dessus de laquelle ils appuient une patte de devant, — semble avoir été grattée intentionnellement. On ne distingue plus que quelques signes entre la rosace et la tête de l’animal de gauche. Nous pensons y reconnaître les cinq caractères innso, dont il est bien difficile de tirer un sens (1).

CIS., Il, n° 198.

Très belle inscription bien conservée, sur une jolie façade de dimensions moyennes, étudiée et reproduite dans la partie archéologique (p. 324 ss.). Ce texte est inscrit dans un cartouche creux, mesurant à l’intérieur 0m,38 de haut sur 0m,57 de large; la dixième ligne est gravée sur le rebord du cartouche taillé en biseau, et la signature se trouve tout à fait en dehors. Les lettres, assez régulières et bien gravées, mesurent 0m,035 de haut. Estampage (pl. XIV).

Nous lisons :

mm ms nbai ma Dana nay u maa nm .1 nm naia mu tamnm nmysab nma naiban .2 Nium phn may cm ma: -fm nmnS ytrn .3 pr p nanpi muni uny p nbm nanim .4 ps:i in nm p:’ in* ]nr m pu p i& nm nid: .5 nmai oaaa nu na napi p in ib© in m nm .6 ma y mus s ama sby ua nay nS n pi amriNi .7 ojp Nbasabi 3 pmaty mucbi ibam NTcmb .8 ri p ana mu psai u p nyba mm pySa .9 m n ana nps m xnaaa nma naiba in Dana .10 maynay na mbNani 11

-ay -12

(l) Voir pl. XXXV, la photographie de ce tombeau, et une description plus détaillée page 311.

\. Ceci est le tombeau qu’ont fait Kamkam fille de Wâ’ilat fille de Jfarâmu,

-■ et Kulaybat sa fille, pour elles-mêmes et leur postérité, au mois de Tébet Van

,5. neuf de Harélat, roi de Nabatène, qui aime son peuple. Et maudissent Dûsarâ

•4. et son môtab et Allât de Amnad et Manûtu et Qaysah quiconque vendra

5. ce tombeau, ou quiconque l’achètera, ou le mettra en gage, ou le donnera , ou fera sortir

G. du dedans un cadavre ou un ossement, ou quiconque y ensevelira quelqu'un autre que Kamkam, ou sa fille,

/. ou leur postérité. Et quiconque ne fera pas comme c'est écrit ci-dessus sera redevable

S. à Dûsarâ et à Hobal et à Manûtu de 5 samdîn (?), et à l’apkal d'une amende de

.1. mille drachmes de Harétat, sauf celui qui produira dans sa main un écrit de la, main de

10. Kamkam , ou de Kulaybat sa fille, au sujet de ce tombeau ; et cet écrit sera valable.

Wahballahi fils de ' Abd'obodat

a fait.

L. 1. — imn, la dernière lettre écrite dans le Corpus et Euting avec un point d’interrogation, nous parait sûre.

L. 4. La lecture niniD, au lieu de mnla, doit être finalement écartée, bien qu’on puisse discuter encore sur la nature de ce môtab de Dûsarâ (1 ). — “Way, la dernière lettre de ce mot est décapitée et il serait possible de lire un 1, bien que le ~ soit beaucoup plus vraisemblable.

L. 8. ’pnttr ou V,‘iaü?- 0n s’est communément arrêté à cette dernière lecture, et le mot a été rattaché à la rac. « maudire » (2). Il faut avouer

que cela donne un sens général assez bizarre et peu en rapport avec le contenu des formules ordinaires. On citait, pour expliquer la présence de ces « 5 malédictions », CIS., 211, 8; mais nous avons vu plus haut, n° 11, que ce dernier passage devait être lu tout autrement, bien que le mot H-'''"1 subsiste toujours. Il semble qu’on devrait trouver ici, comme dans les cas analogues, la mention cl une somme de tant, à verser aux dieux. Au lieu de 1 amende ordinaire de 1.000 drachmes, on leur donnerait cette fois o samdln. Il est difficile de voir dans ce mot le nom d’une monnaie, car il faudrait la supposer d’une valeur par trop considérable, l’amende à payer a la divinité devant égaler au moins celle qui était due à Yapkal. Par

(t) Cf. Cleumoni-G anneau, Recueil d’arch. or.. IV, p. 248 s.; Dussaud, Notes de mythologie syrienne, p. 174 ss.

(’) Voir Corpus, I. I. ; Euting, Nabat. lnschr., p. 31 s.; Cooke, N. S. Inscriptions, p. 220 ss.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

contre, on ne peut guère songer non plus à une chose à donner en nature; ce serait en effet un cas exceptionnel et en outre les rapprochements à établir font défaut, ou du moins sont très peu concluants (1). Nous serions assez portés à admettre que le mot en litige désigne une somme fixe, connue de tous, à payer dans une circonstance déterminée et que les profanateurs du tombeau devront verser cinq fois. On pourrait expliquer cela par un exemple emprunté aux coutumes arabes de nos jours. Chez tous les bédouins existe l’usage de se racheter par une somme d’argent déterminée, quand on a commis un meurtre. C’est « le prix du sang », dont le nom et le montant diffèrent souvent beaucoup de tribu à tribu. Chez les Arabes de l’est, cette rançon est généralement appelée muddah, et elle s’élève pour l’ordinaire à 400 megydis, soit environ 1.700 fr. Dans le langage courant, on dira que pour telle ou telle blessure faite à quelqu’un il faut lui payer le quart, la moitié de la muddah ; ou bien que pour un meurtre revêtant un caractère plus grave il faut donner deux, trois ou quatre muddah. Tout le monde sait ce que cela veut dire et personne ne se méprend sur la quantité d’argent à verser. Il en serait de même si, pour déterminer la punition d’un crime qui a une certaine relation avec le meurtre, on disait : celui qui fera cela sera redevable de deux muddah. Le mot de samdîn , dans l’inscription, nous parait répondre aune conception semblable à celui de la muddah, bien que dans la réalité ce soient très probablement deux choses tout à fait différentes (2).

rSsSbSi, Corpus : « et insuper »? ou d’après Nœldeke : « et pro duplo ». On est revenu sur ces premières explications à la suite d une découverte encore récente. Dans une inscription rapportée de Palmyre par M. Sobernheim, M. Lidzbarski a reconnu l’énigmatique bSdsb accompagnant le nom d’une personne et y a vu un tilre religieux (3). Depuis, ce mot a été rapproché de l’assyrien ab(p)kallu (4), dont le sens de « sage » (5) est le plus fréquent et qui sert d’épitliète à un prêtre on a un devin. Il est fort possible que l’apkal nabatéen ait revêtu ce double caractère qui, dans l’antiquité, était assez commun au même individu. Ce devait être en tout cas un personnage important pour qu’on créât ainsi à son profit, dans le cas

(1) Ainsi l’idée de lire piQÜ, à rapprocher de « diamant », ou bien de l'arabe

« espèce de chameau rapide » et par conséquent de grand prix, ne se présente guère à 1 esprit que comme hypothèse à écarter.

(2) D'après un habitant de Bagdad, le mot désignerait, dans cette localité, une mesure poulies céréales.

(3) Lidzbarsri, Ephemeris..., I, p. 202,— Voir aussi, pour l'étude de ce mot, Littmann, Semitic Inscriptions, p. 78.

(4) IIommel, Theolog. Litbl ., 1901, col. 497.

(5) Cf. Dhokhk, Choix de Textes..., p. 34 s. (1. 55), 52 s. (1. 93), etc...

d’une violation de sépulture, une amende de mille drachmes, payée d’ordinaire au roi, quelquefois cependant au stratège (n° 38;. Peut-être ne serait-on pas très loin de la vérité en reconnaissant en lui la première autorité religieuse locale.

TEXTE INÉDIT

Cette inscription est gravée assez grossièrement sur une paroi de rocher non travaillée, a la hauteur de 5 à 6 mètres au-dessus du sol, entre les tombeaux nos 20 et 21 de la série B ou de qasr el-Bint, mais sans relation avec aucun d eux. Elle mesure lm,70 de large; les lettres, fort irrégulières, peuvent avoir en moyenne 0m,08 de haut.

Une ligne en caractères tamoudéens, disposés de haut en bas, l’accompagne tout du long’ à droite. Elle avait déjà été signalée et copiée par lluber [Journal..., p. 417 s.); mais cette copie imparfaite ne se trouvant appuyée par aucune autre reproduction avait résisté jusqu’ici à tout déchiffrement ( CIS ., II, 271). Nous avons pris un estampage (pl. IX) et une nouvelle copie (pl. XXV) de ce texte très intéressant ainsi qu’on va le voir (1).

Nous lisons :

3773 u?“ip7b nmn .2 vn nnx imj)27357 .3 “mrrbN ^ robn .4

“pnun HND 175*3* .5

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