‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 60 sur 136 · APPA · texte numérisé non relu

APPA

Ce M(xusxo;ou 13^0 ne serait-il pas le même personnage que celui qui figure dans l’inscription de Bosra, RB.. 1905, p. 953. Celte famille aurait eu une dévotion toute particulière pour « Dûsarâ A’arâ ».

(5) Ephemeris.... I, p. 330.

ici question serait un Maliku III successeur de Rab et II. L argumentation de M. Dussaud est très suggestive sinon tout à fait concluante.

CIS., Il, n° 234.

Après avoir débouché dans le gebel Eflib par la trouee du Diwân, on a, à sa gauche une sorte d’esplanade surélevée de plusieurs mètres, que

ferme, au nord, une très haute paroi de rocher couverte de graffites. C’est le long de cette paroi, à l’entrée d’une petite gorge, que se trouve le texte suivant (1). Excellente gravure et parfaite conservation. Copie (fîg. 101).

Nous lisons :

LCr4r4

L ÜvVr et

Fig. 101. — Médâin-SAleu.

Inscription nab. n" 40 (Copie),

N3.3W3 nn .1 mjy t nu n .2 13 usmeu .3 D2DG1 A

Ceci est le lieu de repos dont a pris possession ' Animu , stratège, fils de Damasippos.

L. 1. — N33ÜTO, la lecture ne parait pas douteuse; notre copie est pleinement d’accord avec celle d’Euting. Ce « lieu de repos », repositorium comme a traduit le Corpus, pourrait être une sorte de siège assez primitif qu’on voit taillé dans le roc, un peu en dessous de l’inscription. Un tel sens ne laisse pas que d’être singulier. Si ce n’élait l’absence totale

de sépultures dans cette région, on songerait volontiers à un tombeau, peut-être simple fosse dans le sol, au pied de la paroi. 33ü?n au sens de « tombeau » est attesté dans la langue judéo-araméenne de Palestine, au moins par une inscription gravée sur la porte d’un hypogée, au nord de Jérusalem (cf. Dk Vogué, Le temple de Jérusalem, p. 131).

L. 2. — ms*, ce mot reviendra assez fréquemment dans les graffites qui vont suivre. Ici nous le prenons, avec les éditeurs du Corpus, dans son acception première : cepit, occupavit. Plusieurs de ces textes paraissent viser en effet, d’une manière presque indubitable, la prise de possession d’un endroit et répondent en quelque sorte à des marques de propriété. Dans certains cas, cependant, “ns* pourrait être aussi une seconde

forme avec un sens doublement actif, correspondant au syr. ^ / « il a

donné en possession ».

(1) Voir le petit croquis des environs du Diwàn, p. 409.

CIS., II, n° 292.

Sur la paroi du rocher taillé qui fait angle au sud du premier tombeau de la série de qasr el-Bint. Grandes lettres très lisibles. Copie (pl. XXV).

""J'2 yoi Souvenir de Mo'awiyu. ,

CIS., Il, n° 292.

Un peu à droite et notablement au-dessous du précédent, avec lequel il ne paraît avoir rien à faire. Caractères plus petits et négligés. Copie (pl. XXV).

...7(?)i' VW2 Mo'awiyu...

La première lettre ressemble beaucoup à un 2, mais ce peut être aussi un Q mal fermé. Nous y voyons la reproduction du mot précédent; c’est aussi ce qu’avait copié Huber ( Journal , p. 412).

Sur la paroi de la montagne, au-dessus d’un rocher qui s’avance dans le bas, au sud de B 1. Grandes lettres, un peu dégradées par endroits, mais dont la lecture ne souffre cependant pas de difficulté. On possédait de ce petit texte une copie assez imparfaite due à lluber ( Journal , p. 414), et dont on n’avait pu rien tirer (cf. CIS., II, 270). Copie (pl. XXV).

NiriN anx xamoxS xrrai .1

Rablbâ a pris possession de cet endroit, pour le stratège.

C’est ainsi qu’il faudrait lire, si l’on s’en tenait strictement à l'écriture, à cause de Xalef final dans xs'ui. Mais les négligences trop peu rares chez les graveurs d’inscriptions nabatéennes, à Hégrâ du moins, suggèrent de ne pas faire un tel état de cette forme graphique, d’où résulteraient un nom difficile à analyser et une tournure à la fois insolite et embarrassée.

(I) Ce graffile et les quinze qui suivent appartiennent à la grande colline de qasr el-Bint. Poulies localiser, nous donnons entre parenthèses le numéro d'ordre des tombeaux près desquels ou entre lesquels ils sont placés.

Il est donc plus indiqué de couper tout autrement ... Namox le sens

ainsi obtenu — Rabib’el, stratège — est beaucoup plus naturel. Quel est, en effet, ce stratège indéterminé, pour lequel Rabîbâ aurait pris possession de ce lieu, ou auquel il en aurait fait don? D’autant plus, d’ailleurs, (pie nous avons trouvé, dans deux autres inscriptions de Médâin- Sâleb, la mention d’un Rabib’el stratège; voir nos 34 et 84.

Ninx est un mot très fréquent dans les gra fûtes de Médàin-Sâleh et qui ne parait pas avoir partout la même acception (1). Dans la grande inscription de Pétra, CIS., II, 350 3, on l’a traduit par loculus. Ailleurs, il semble viser un sanctuaire (CIS., II, 235; infra, n" 57). Plus liant, nu 31, nous avons fait remarquer qu’il devait désigner l'endroit où était creusé le sépulcre, ou même le monument tout entier. Ici, nous lui donnerions une signification tout à fait générale : celle de « lieu, endroit ». Le sens de loculus doit être écarté, puisqu’il n’y a point de tombeau. On ne peut trop s’arrêter non plus à celui de « lieu sacré », car sur aucun point de la montagne de qasr el-Bint on ne voit ni bétyles, ni traces d'un sanctuaire quelconque. C’est par excellence la montagne des tombes. Ne pourrait-on pas supposer que la paroi sur laquelle se trouve gravé ce texte a été acquise par Rabib’el — ou Rabibâ (?) — afin d’v creuser un lieu de sépulture et que l’inscription marque la prise de possession de cet endroit? C’est l’idée assez naturelle qu’inspire la connaissance des lieux et cette explication concorde bien avec le sens de Kinx en syriaque.

CIS., II, n° 266.

Au sud de la colline de qasr el-Bint, sur la paroi du rocher. Copie (pl. XXV).

iS'dn dSü? ibn Oui! Salut! Hantalân.

ibz est généralement rapproché de l’arabe J* et il est difficile de nier l’étroite parenté des deux mots. Cependant en nabatéen cette particule, placée en tète des graftites comme une sorte d’exclamation, paraîtrait posséder encore plus de force qu’en arabe. On s’est demandé si ce ne serait pas une contraction deNnbsa; c’est fort possible. En tout cas, quoiqu’il en soit de la dérivation, ce mot semblerait bien rappeler, quant au sens,

(1) Voir sur le sens de ce mot les notes, comme toujours si pénétrantes et si instructives, de M. Clermont- Caniveau, Recueil..., IV, p. 110 s.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

1 exclamation si fréquente dans les conversations arabes, surtout entre bédouins: aJ!j.

A côté du graffite précédent. Copie (pi. XXV).

lin 12 btëDlb Par Raniel fils de Hayyu, salut!

On pourrait traduire aussi : à Parti el fils de...; mais ne faut-il pas voir dans le S du début une sorte de lamed aucloris, identique à celui qui figure en tête de presque toutes les inscriptions tamoudéennes et safaïtiques? Le rapprochement devient assez suggestif, surtout dans des cas comme n° 46, où l’on a simplement un nom propre. — bam, Euting, Sina'it. Inschr., n° 414 I. Ici il y a, devant K, comme un reste de lettre non sans ressemblance avec un y; nous ne pensons pas qu’il y ait lieu d’en tenir compte. —Un, cf. arabe ^ (Ibn Dor., 197) et Yinba (Edting, Sinaït. Inschr nos 131 et 139).

Au même endroit. Copie (pi. XXV).

'jbmnb Par Hantalân !

C’est sans doute le même personnage que plus haut, n" 45.

A côté du précédent. Copie (pl. XXV).

□btt? b Mm Hamel, salut!

Cette fois le nom de Ram’el n’est nullement douteux. C’est probablement le même individu qui a gravé aussi le graffite n° 45; il aura écrit deux fois son nom, comme Hantalân. Ceci favorise la lecture proposée plus haut.

A droite du tombeau B 20, sur le rocher; grandes lettres qui ont passablement souffert. Identique à Hubër, Journal..., p. 416, n° 47. Copies (pl. XXV).

(?) inl; DYiy 72 obti? Salem fils de 'Âudam (?)...

L’absence d’autre mot que nbtt? en avant de 72 porte à voir dans ces

MISSION EN ARABIE

trois consonnes le nom propre de l’individu qui a trace ce graffite. Neanmoins ce nom propre pourrait être passé sous silence (cf. n" 97); C'! ne serait alors que l’exclamation ordinaire : salut!

□Yiy, ou mïÿ, pourrait être lu aussi DTïSt, car la boucle du 1 n est pas très sûre. Faudrait-il le rapprocher alors de (Ibn Don., 13G, 315) ou de jf- (; id ., p. 193)?

CIS., Il, n" 277.

Un peu avant d’arriver au tombeau B 22, au sud de ce dernier, sur la paroi de la colline. Copie (pl. XXV).

WlÇtro □StiJ’ Salut! Bahsûsu.

Dans le Corpus le nom propre a été lu *nmn; il y a sûrement un a en avant. Huber dans sa copie [Journal..., p. 419, n° 53) l avait d’ailleurs assez bien noté. Ce nom difficile à analyser se retrouve plus loin dans un des graffites du gebel Et lib, n° 158. N’ était l’analogie expresse que fournit cet autre graffite, on supposerait volontiers l’omission d’un -| qui aurait donné la leçon facile ’nzwn 11; on a vu plus haut (n° 7) l’omission de trois lettres dans un texte beaucoup plus soigné.

CIS., Il, n° 272.

A côté du précédent. Copie (pl. XXV).

rrcü n mn Ton ’Si

Oui! souvenir de Hûru fils de ’Ausu, en bonne part.

Les deux noms ne sont pas rares en nabatéen et le premier a déjà été relevé à Médâin-Sâleh, n° 7. — Ce graffite et les deux suivants ont été copiés par Huber [Journal..., p. 419, n° 51), et transcrits dans le Corpus [CIS., II, 272, 273, 275) avec beaucoup d’hésitation, par suite du mauvais état de la copie. Nos lectures sont sensiblement différentes de celles des éditeurs du Corpus.

CIS., II, n° 273.

A côté du précédent. Copie (pl. XXV).

inSRisny n lin tôt

Souvenir de Hayxyu fils de Sa adallahi.

La copie de Huber favorise passablement notre lecture, quoiqu’elle ait été interprétée tout autrement. V>n, au lieu de isp, paraît s’imposer d’après toutes les copies; on peut en dire à peu près autant du second nom, celui-ci bien connu.

CIS., Il, n° 275.

A côté du précédent. Copie (pl. XXV).

mtim mp p un nbur

Salut ! ffayyu devant Dûsarâ.

La lecture de ce texte n’offre pas la moindre difficulté et il faut sans hésiter renoncer à celle du Corpus, fondée sur un mauvais document. Le graveur avait oublié le n dans cnp et il l’a ajouté ensuite en dessous (voir le fac-similé). Cette particularité, qu’avait oublié de noter Huber, a dérouté ceux qui étaient chargés d’interpréter sa copie.

CIS., Il, n° 276.

A côté du précédent, un peu à droite. Copie (pl. XXV).

isSn cnby "ram aSur

Salut! Taymu serviteur de Halfu.

Ce grafflte égale celui de Huber, Journal..., p. 419, n° 52. La fin a été déchiffrée fout autrement par les éditeurs du Corpus. Néanmoins la copie de Huber, pour imparfaite qu’elle soit, favorise notre lecture. — atSy mot nouveau dans l’épigraphie nabatéenne, égale syriaque « servi¬

teur, esclave » et arabe On a trouvé en palmyrénien le féminin nnnbj? avec suffixe (Lidzbarski, Ephemeris... , I, p. 340).

Quelques pas au nord du dernier tombeau de cette série, B 23, toujours sur la même paroi de la montagne, se trouvent gravés ou peints plusieurs graffites, fort abîmés par suite de la nature du grès particulièrement

friable à cet endroit. Nous y avons relevé celui-ci et les deux suivants. Copie (pl. XXV).

nn niîin tn(N) i32;:n in Vryur

Sa a du fils de Tasbu a pris possession de cel endroit.

Nous interprétons ce texte comme plus haut le n° 43. l*Tï?tt? se retrouve sur un autre point à Médâin-Sâleh ; cf. n° 141; CIS., II, 231. Ce mot correspond à l’arabe A*~,. — I3ü?n, nom nouveau, à rattacher probablement à une racine rattL littfn rappelle le surnom de urn donné au prophète Élie, à cause du lieu de son origine.

Non loin du précédent. En très mauvais état. Copie (pl. XXV).

... 12 *11133 nbü Saint! Kafîru fils de...

11133, nom nouveau, peu flatteur si on le rattache à la racine *.2^3 ou « renier » (1). Ne pourrait-on pas le rapprocher de l’hébreu NT33 « lionceau »?

A côté du précédent. Copie (pl. XXV).

,13“ Nin.K ins‘ DH1N 13 n“2”“23?

'Abd'obodat fils de Arîbas a pris possession de re lieu.

On a rencontré plus haut (n° 9) un 'Abd'obodat fds de Arlbas. Selon toute vraisemblance il s'agit ici du même personnage. Peut-être n’avait-il pas encore creusé son tombeau, à l’ouest de la colline, quand il prit possession de cette paroi. D’autres explications, assez nombreuses, seraient d’ailleurs tout aussi plausibles pour permettre de donner, ici encore, au verbe “riK et au substantif xins la même signification que précédemment, nos 43 et 54.

(1) Celle racine est, à la vérité, susceptible d’autres sens moins injurieux.

INSCRIPTIONS NABATÉENNES.

CI S., II, n° 235.

Dans une gorge du gebel Etlib débouchant en face de la grosse colline de qasr el-Bint, mais à une hauteur inaccessible, de sorte qu’on ne peut y pénétrer qu’en venant par le nord, du côté du Dhvân (1). L’inscription est gravée sur la paroi orientale de la monlagne, à cinq à six mètres du sol. Cependant une saillie du rocher un peu en dessous, sur laquelle on peut

réussir à grimper, permet de l’étudier de très près. Les deux premières lignes ont environ trois mètres de long et les lettres mesurent de 0m,10 à 0'",15 de haut. Copie (fig. 102) et photographie directe.

Nous lisons :

ïqi h'j □mTn rvnKtm dchiki vnsn irusnay jniin nS .1 xnu kiqS nn sinx min h xuitidn nssni labo .2 nS khu nic inx ...(?) ms* .3

1. Oui! Que soit rappelé le souvenir de cAbd'obodat et de cAydu et de Eudémos (?) et du reste de leurs notables, aux jours de

2. Maliku et de Bal fat, stratèges , qui ont dédié cet endroit au seigneur de la maison.

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